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GRENIER , ». m. Vient du latin grtxnarium. Ce mot ne signifie, expliqué par «on étymologie, que le lieu où l'on conserve le grain. Comme , dans le» maison* rustiques, on destine à cet emploi la partie de la maison qui est immédiatement tous le comble , le nom de grenier est resté affecté aussi a cette partie, dans les maisons de ville, qui, située au plus haut du bâtiment, sous la toiture, se compose de la charpente et de la couverture. ( foyei Comile, Ton-, Charpente).
Grenier est aussi le nom d'un bâtiment construit exprès pour conserver le blé ; mais ce mot, devenu générique , s'applique encore à des bâtimens où l'on met en dépôt d'autres marchandises et d'autres productions de grains.
Chez les Romains, les greniers faisoient partie de la villa fnutuaria. On les plaçoit ordinairement dans l'étage supérieur et à l'exposition du nord, pour préserver le grain des insectes; on les couvroit quelquefois d'une voûte , on les paroit de petites briques, ou on couvrait le sol de terre battue. Les murs étoient enduite d'argile délayée avec de la lie d'huile, et mêlée de feuilles d'olivier au lieu de paille. On j établissoit dilTérens compartimens, dont chacun contenoit une sorte de grain particulier. Du côté du nord on y pratiquoit de petites fenêtres ou des soupiraux, pour que le vent pût y renouveler l'air.
Les Romains désignoient sons le nom à'horreum , que nous traduisons par le mot général grenier, nonseulement les bâtimens destinés aux dépôts de grains, mais encore ceux qui servaient de magasins soit à la viande salée, soit a d'antres provisions.
C'est ainsi qu'aujourd'hui on appelle grenier a sel le bâtiment où l'on conserve le sel, pour être distribué et vendu au public.
Les greniers d'abondance sont de vastes édifices où l'on conserve des grains, pour subvenir aux besoins publics en temps de disette. Il y en a de fort beaux à Lyon, et de très-grands a Rome sur la place de Termini.
Ceux qu'on appelle au vienx Caire les greniers de Joseph n'ont rien d'antique, malgré le nom qu'on leur donne. C'est un assemblage de cours environnées de murs, dont la construction paroit être du temps des Sarrasins. Dans ces cours, qui n'ont ni route ni couverture, on dépose le blé qu'on |>aie en tribut au grand-seigneur, et qu'on apjvorte à ce dépôt des divers cantons de l'Egypte.
GRÈS ou GRAIS, s. m. Pierre de nature siliceuse , composée de grains de sable quartzeux , plus ou moins fortement réunis entre eux par un gluten particulier.
Le gris se partage ou se débite facilement en gros cubes, qui servent a paver les rues, ou en blocs de toute autre forme pour difTérens ouvrages de construction. 11 suffit d'étonner à petits coups, dans une direction déterminée, les parties de la masse de gris:
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on se sert pour cela de marteaux ou de pics tran-
Les gris se trouvent le plus ordinairement par masses ou rochers informes plus on moins gros ; ils se trouvent aussi quelquefois par bancs ou couches de différentes épaisseurs. On observe dans les carrières de gris on grisiires , que les masses en sont moins dures à proportion de la profondeur où elles se trouvent ; et que plus le grès est dur, plus il est aisé de le diviser en morceaux d'nne figure déterminée. Cette espèce de pierre se débite en tous sens, de la grandeur qu'on veut.
I-i taille du gris est dangereuse pour les ouvriers qui le piquent. Ce travail exige de leur part des précautions particulières, a cause d'une poussière extrêmement fine qui en sort , et qui est si subtile qu'elle passe au travers des pores du verre.
On se sert des pierres de gris pour bâtir, dans plusieurs pays où il s'en trouve de propres à cet usage. Employé comme pierre de taille, le gris fait de bonnes constructions; mais il n'en est pas de même lorsqu'il est employé comme moellons, parce que le mortier, qui fait la principale force de ce genre de contruction , ne se lie pas bien avec le gris.
D'Àvilcr cite comme un des ouvrages les plus remarquables exécutés en gris la grotte de la tète du canal de Vaux.
Différentes parties du château de Fontainebleau sont construites en gris. La plus remarquable est le grand escalier extérieur de la cour du Cheval-Blanc, exécuté par Philibert Dclorme.
Le gris bien choisi est propre à U sculpture. On en trouve un exemple dans les deux thermes placés à l'entrée de la cour d'honneur du même château, du côté de la cour des cuisines, qui sont très-estiniés des artistes . tant pour le beau caractère des figures que pour leur exécution.
GRÉSIÈRE . s. f. Nom des carrières d'où l'on tire le grès. Les principales gresiires sont celles de la forêt de Fontainebleau pour les grès propres aux constructions en pierre de taille. Quant aux gresiires qui fournissent le pavé, il s'en trouve aux environs de Rambouillet , de Pontoise , et en général partout où existe le grès, qui paroit abondamment répandu sur la terre.
GRESSERIE oc GRAISSERIE, s. f. On donne ce nom aux ouvrages faits en grès, et plus particulièrement à ceux où l'on emploie le grès en coins, c'està-dire débité en morceaux d'un pied de hauteur sur [ même largeur, et environ st pieds de longueur. Ces coins se posent aux angles des murs, de manière qu'il se trouve sur^ chaque côté de ces angles alternative-
GRÈVE , s. f. C'est le bord d'une rivière ou d'un port, dont le terrain va en pente douce. Ordinaire-
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ment on le pare et on le charge de marchandises. Telle est ce qu'on appelle la Grève à Paris.
Ce mot vient de gravier, sorte de sable qui se trouve au bord des rivières.
GRIFFON. Entre les figures d'animaux capricieux que l'imagination des anciens peuples s'etoit plu à former de l'association d'espèces différentes , il yen a qui ne sont visiblement que des produits fantastiques du génie allégorique , et à l'existence desquels les esprits même les plus crédules n'ajoutent jamais foi. Mais il s'y en trouve aussi que les notions superficielles des voyageurs et des rapports inexacts firent passer pour des êtres réels et existans dans des pays lointains. De ce nombre fut le griffon. Ctésias et OElicu ont clé jusqu'à le décrire. Pline, se fondant sur l'autorité d'Hérodote et d'Aristée de Proconnesie , non-seulement le regarde comme un être dont l'existence est incontestable, mais il lui donne la Sarmatie pour habitation. Selon la plupart des écrivains qui en ont parlé , le griffon cherchoit l'or dans les déserts, ou étoit le gardien des mines d'or. On le représentoit avec le corps du lion, la tète et les ailes de l'aigle, les oreilles du cheval , et, au lieu de crinière, avec une crête de nageoires de poisson.
Quoi qu'on puisse dire de l'opinion qui donna lieu à la crayauce de cet animal évidemment fantastique, on sait qu'il joua un grand rôle dans la mythologie, et qu'on le représenta de mille manières dans les monumens et les ouvrages de l'art. Il fut particulièrement symbole d'Apollon ; on le voit souvent avec la h rc. et quelquefois avec le trépied.
Il est peu d'objets d'ornement pins multipliés dans l'architecture antique. Une multitude de fragroens de frises nous présentent des griffons qni semblent garder soit le trépied , soit la lyre d'Apollon , placée au milieu d'eux , et sur laquelle chacun de ces animaux tient une patte levée. Sur une frise conservée au Muséum Capitolinum, des griffons traînent un char rempli des attributs du dieu de l'harmonie. Ils font souvent partie de ces compositions qui n'eurent probablement pas de signification précise, ni d'autre but que celui de plaire aux yeux , et que nous appelons aujourd'hui arabesques. Leurs queues, dans ces jeux du ciseau , s'entrelacent avec des fleurons et forment des enroulemens capricieux.
On ne saurait dire à combien de sortes d'objets décoratifs, de meubles, d'ustensiles, les griffons ont été appliqués, tautôt |iour former les pieds et li-s supports des tables, tantôt pour soutenir ou |>aroitrc supporter avec leurs ailes des vases, des coupes , etc. Généralement cet animal fantastique offre dans ses contours, ses formes et ses détails , quelque chose de sévère et de léger tout ensemble, dont le caractère, favorable à l.i sculpture, s'allie heureusement avec l'architecture, et y produit un effet large et piquant.
gnffon est devenu dans l'architecture moderne, ainsi que quelques autres créations allégoriques de