GRI
I l'antiquité, un simple objet d'ornement auquel l'œil s'est habitué, et qui est passé en usage dans cette sorte de langage de la décoration , dont on est convenu de ne pas trop scruter ni les élémens ni les raisons.
GRILLE, GRILLES, s. f. Ce mot s'emploie tantôt au singulier, tantôt .m pluriel, pour désigoer des clôtures à maille, soit en fer, soit en bronze, et généralement toute fermeture de métal dont on use dans les bàtimens particuliers, dans les édifices publics, dans les jardins, dans les promenades, !»•« cours des palais, et tant à l'extérieur qu'à l'intérieur des monumens.
Les grilles , dans leur rapport avec l'architecture , peuvent être considérées selon l'emploi qu'on en fait , ou leur application aux édifices, cl selon le goût de leurs formes et de leurs ornemens.
En généra] les grilles, lorsque le besoin le commande, peuvent, comme on l'a dit, trouver place dans un grand nombre d'endroits. Elles furent longtemps un luxe de mode , et l'on peut dire d'étiquette , dans 1rs avant-cours des palais et des châteaux, Les chapelles et les chœuis des églises furent fermés par des grilles. Si la nécessité en motive l'emploi , rien à objecter contre cet usage ; et si les grilles ne sont qu'un assemblage sans prétention de barres de fer, ou peut considérer leur emploi comme d'un effet nul en architecture. Si , au contraire , on prodigue à ces assemblages toutes les ressources de décoration que l'art de la serrurerie n'y |icut pratiquer qu'avec beaucoup de dépenses , alors il est permis de croire que cette dépens»? pourroit tourner d'une manière plus avantageuse an profit des édifices. Par exemple, on a vu toutes les chapelles des plus grandes églises obstruées plutôt que fermées par des grilles qui empêchoient de jouir de l'intérieur de leur local, et rapetissoient pour l'ieil la largeur du vaisseau , et surtout de ses bas-côtés. La suppression de ces grilles, dans la cathédrale de Paris , quoique due à des causes fort étrangiVcs au bon goût , n'en a pas moins rendu service à l'intérieur de cette église , et a cou— I firme la justesse de ces observations. 11 est certain que des balustrades à hauteur d'appui seulement, fermeroient suffisamment les chapelles , sans en cacher la vue , et conserveroient aux bas-côtés le dégagement nécessaire.
Si l'ou considère les grilles sous le rapport de l'embellissement , on conviendra que l'agrément de leur as|iect dépendra beaucoup de celui des formes qu'elles reçoivent. Quoique le genre de matière qu'où y emploie semble ne devoir pas se prêter avec trop de docilité aux caprices de la décoration , on a vu |x)urtant les grilles recevoir pendant très - longtemps les mêmes dessins contournes , les mêmes bigarrures de style que la pierre ou le bois, dans les détails variés de l'architecture. 11 semblerait même
3u'on se serait plu à exiger du fer et des métaux 'autant plus de variétés que leur nature y répugne