‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 244 sur 258 · GUI · texte numérisé non relu

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met a couvert contre les injures de l'air. On en pratique aussi de semblables pour les sentinelles à l'entrée des palais des rois. Ainsi a l'entrée de la cour du château de Versailles il y a des guérites qui servent de soubassement a des grou|>es de figures.

Gl El LE, s. f. En ternie d'architecture ou appelle gueule droite et gueule renverser les deux parties de la c> niaise qui forment un profil dont le coulour est un S. La plus avancée, qui est concave , s'appelle gueule droite ; l'autre , qui est convexe , se nomme renversée.

Gl ICHET, s. m. Terme dérivé, dit-on, du vieux mot huichet, ou petit huis.

C'est une petite porte pratiquée dans le vantail d'une plus grande, et qui sert de passage uniquement aux gens de pied. Ce mot n'est guère en usage qu'en parlant des petites portes d'une ville , d'une forteresse , d'un château , d'une prison.

On appelle guichet de croisée l'assemblage qui porte le châssis de verre dans une croisée. On donne aussi ce nom aux volets qui le ferment par-dedans.

GUILLOCHIS , s. m. Espèce d'ornement d'architreture.

Les guillochis sont ordinairement formés de deux listels ou rcgkets de peu de saillie , qui marchent parallèlement ensemble, et à une distance égale à leur largeur , avec cette sujétion qu'a leurs retours et à leurs intersections ils doivent toujours foi mer l'angle droit ; condition nécessaire et sans laquelle ils n'ont plus de grâce.

Il y a des guillochis simples, formés d'un seul réglet. Il y en a de doubles , et d'autres à cntrelas. Quelquefois on enrichit de roses et de fleurons le milieu de leurs révolutions. Les anciens, qui oui fait un grand usage de cette espèce d'orncniens , l'appliquoient ordinairement sur des membres droits et plats, comme sur la face d'un larmier, d'une corniche , sous les suffîtes des architraves , sur les chambranles des portes et sur les plinthes des bases, quand leurs tores et leurs scotirs étoient ornés.

Les suffîtes de* architraves du temple dit de \fars- F^rngrur à Rome , offrent un bel exemple de guillochis. Ralthazar Peruzzi les a imités avec succès dans les plafonds du portique d'entrée dn palais Massimi à Rome.

Ou donne quelquefois aux guillochis le nom de bétons rompus, et aussi relui de méandres, sans doute à cause de la conformité des retours de cet ornement avec les sinuosités de ce fleuve de l'Asie mineure. ( foyez Méandre).

GUNDAGES, s. m. pl. C'est, selon Perrault, dans sa traduction de Vilruve , l'équipage des poulies à moufles el cordages, avec leurs haleniens, qu'on attache dans une machine, à un fardeau , j>our l'enlever et le descendre.

GUINDAL {Voyez Chèvre).

GUINDER , v. a. C'est enlever un fardeau par le moyen de quelque machine.

GUIRLANDE, s. f. Est le nom qu'on donne le plus ordinairement ;'» un ornement très-commun dans l'architecture , et qu'on appelle aussi feston.

Les guirlandes se composent, soit de fleurs , soit de feuilles, soit de ces deux objets réunis par des cordons. Quelquefois on les fait courantes*, c'est-à-dire continues, le plus souvent isolées, et attachées par les deux bouts à des clous on à des agrafles.

On a dit au mot feston quelle est l'origine de cet ornement, et quel en est le modèle. On orne encore souvent, -lourdes fêtes religieuses et civiles, les édifices solides ou temporaires, avec des guirlaudcs naturelles formi-es de diverses espèces de feuilles , selon l'objet qu'on soleunise on le sujet qu'on veut exprimer. Chaque genre de fleurs ou de feuillages étant affecte 1 l'expression de telle ou de telle idée , on fera des guirlandes, soit de feuilles de chêne ou de laurier, soit de branches de pin ou de cyprès, selon l'intention que le décorateur voudra rendit; sensible.

On peut dire qu'il n'y a pas d'objet d'ornement plus commun, tant en peinture qu'en sculpture, soit en pierre ou "en stuc, soit en bronze. Il est peu de monumens ou d'ouvrages d'art qui ne soient susceptibles d'en recevoir. On en place en dedans et au dehors des palais ou des salles d'assemblées, on en orne les fenêtres, les portes, les niches, les piédestaux, les bases , les autels , les tombeaux , etc. etc.

Toutefois on observera que plus cet ornement est d'une applicalion facile et devenue routinière, plus l'artiste intelligent doit s'en montrer économe. La guirlande est en effet devenue dans l'ornement un de ces lieux communs qu'on emploie et qu'on rencontre partout. Ce ne doit pas être une raison d'en repousser l'emploi , mais ce doit en être une de ne l'employer que dans un sens significatif , et surtout d'en soigner l'exécution.

Les monumens antiques nous ont transmis sur ces deux points, et les meilleurs exemples de l'emploi des guirlandes , et les plus beaux modèles de leur ajustement comme de leur exécution.

GYMNASE, s. m. Ce mot est formé du mot grec -,i «m> , qui veut dire nu. Ce fut dans l'origine le lieu où l'on s'exercoit nu aux divers combats athlétiques. Dans la suite, le gymnase devint en Grèce un établissement public où l'on instruisoit la jeunesse dans tous les arts de la paix et de la guerre.

Dans les plus anciens temps, le gymnase n'étoit qu'une place libre, unie, entourée d'un mur, et distribuée en plusieurs cours séparées pour les divers exercices. Tel étoit, selon Pausanias, l'ancien gymnase d'Elis. Onypratiquoit des allées de platanes, a l'effet de se procurer de l'ombre. Ces allées firent naître l'idée des colonnades et des galeries qu'on y

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] éleva par la suite, autant pour la commodité que pour l'ornement. Bientôt on y multiplia Indivisions. Quel- | ques philosophes commencèrent à y choisir des etnplacemcns propres à y recevoir des auditeurs.

Les gymnases s'agrandirent ainsi de plus en plus, et ils exigèrent de très- vastes terrains pour contenir les différentes salles, les portiques, les stades, les promenades dont leur ensemble dut se composer. A une époque postérieure , les bains en occupèrent encore une partie considérable, {Voyez Bain.)

Vitruve, dans son cinquième livre, donne, sous le nom de palastra , une description fort détaillée d'un gymnase proprement dit. {Voyez Pal.mtha.) Or, il résulte des descriptions de gymnases par les écrivains , que leur disposition n'étoit pas toujours la même, et que selon les circonstances on leur donnoit plus ou moins des parties décrites par Vitruve.

A Elis il y avoil, selon Pausanias, un gymnase très-ancien , auquel on avoit laissé la primitive distribution. On y voyoit un xyste , planté d'arbres et entouré d'un mur, qui servoit à la course. Un autre stade portoit le nom de sacré; un troisième étoit destiné à la course et au pentatblc. Le gymnase d'Olimpie avoit des portiques auprès desquels étoient des chambres où se tenoient les athlètes. A ce gymnase étoient joints un stade et un hippodrome. Athènes avoit cinq gymnases. Les plus célèbres étoient ceux de l'académie, du lycée, et le nosarges.

Les gy mnases étoient au nombre des édifices les plus richement décorés. On y voyoit les statues et les autels des dieux auxquels ils étoient consacres; on y trouvoit encore les monumens des héros, des rois et d'autres hommes célèbres qui étoient surtout en honneur parmi les habitait* de ces villes : des peintures et des lias-reliefs en ortioient les mura. Il n'y avoit pas d'édifices publics qui offrissent aux artistes plus d'occasions favorables au développement des talent. La peinture n'y brilloit pas moins que la sculpture. Le lycée d'Athènes avoit été orné de peintures par un certain Cléogoras. Le gymnase de Mantinée offrent. outre divers tableaux,' la (teinture de la bataille des Athéniens près de Mantinée, et représentée de même qu elle l'étoit dans le céramique d'Athènes. Dans le gymnase de Tanagra on voyoit le portrait en peinture de Corinna , célèbre par ses poésies. Elle avoit la tête ceinte d'une bandelette, en signe du prix qu'elle avoit remporté sur Pindare à Thèbes.

A Rome , au temps de la république , il n'y avoit point d'édifice que l'on pût comparer avec le gymnase des Grecs. Sous les empereurs, les thermes qu'ils construisirent , quoique ce nom indique une autre destination, penvent cependant être considérés comme des imitations du gymnase. En effet, ils se composoient à peu près des mêmes parties. Ils ne revoient également aux différens exercices du corps, et ils renfermaient à peu près les mêmes établissemens d'enseignement public.

Aujourd'hui on donne encore en Allemaguc le

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nom de gymnase aux écolet dan* lesquelles on enseigne les premier* élémens de* sciences et de la littérature.

GYNiECEE. Nom sous lequel les Grecs dési- K noient la partie de la maison habitée par les femmes.

Dau* le* plus anciens temps , le* femmes grecques habitoient l'étage supérieur de la maison , et le rezde-chaussée étoit réservé pour la demeure des hommes. Dans la suite les habitations prirent plus d'étendue, et l'habitation des femmes eut une place distincte dan* le plan de la maison. La partie occupée par les hommes étoit sur le devant , et s'appeloit itndronitis; celle des femme* étoit reculée dans le fond de la maison : on lui donnoit le nom de gynacéeoa gynaconilis. (fo/ez Maison des anciens.)

GYPSE , s. m. Gypsum en latin , >v4" en grec. Mot synonyme de pfdtre. {Voyez ce dernier mot.)

Gypse est le mot qu'on emploie plus particulièrement lorsqu'on parle de cette substance soit en traduisant les écrits des anciens, soit en parlant de* ouvrages de l'antiquité où le plâtre fut employé.

Les anciens firent beaucoup usage du gypse dans k-s travaux de sculpture. Nous lisons, par exemple, dans Pausanias, que le Jupiter colossal du temple de Mégare, qui devoit être exécuté en or et ivoire par Theocosme , fut par économie terminé en terre cuite et en gypse, srsAv r* kcu yv^m , c'est-à-dire que la terre cuite forma les draperies, qui probablement furent dorées, et que le ppse, que nous appellerions laïc, fut employé dans les parties nue* a simuler par son éclat cl son poli l'apparence de l'ivoire.

La preuve que l'on employa chez les Grecs le gypse à faire des moules , se trouve dans ce passage de Pline (I. xxxtti ) qui regarde Lysistratc, frère de Lrsippc. Il fut le premier, selon cet écrivain , qui ait mis en usage la pratique de mouler les portraits sur nature , c'esl-à-dirc de prendre sur la face même de la personne une empreinte en gypse , dan* laquelle on couloit une cire qu'on retoueboit sans doute, ou d'après laquelle, comme d'après l'original, il étoit facile au Kulpteur d'étudier et d'imiter son modèle.

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