‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 25 sur 258 · A, APP · texte numérisé non relu

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Clandius Crassus , surnomme l'Aveugle , le mime qui ■ à Rome l'eau Appia, fit construire cette I voie , à laquelle il donna «on nom , et la fit ais la porte Capètie jusqu'à Capooc. De là fut continuée jusqu'à Brindcs : on ne sait ni par qui ni à quelle époque. Upivéroest fait de longues et fortes dalles de pierres irrégulièrement taillées. Appui» , par les dépenses qu'exigea ce travail , épuisa le trésor public.

■ Un bon marcheur '«lit Procope) peut en cinq jours faire toute la voie Appiennc. Elle est assez large depuis Rome jusqu'à Capoue, pour que deux chars puissent passer à l'aise en se rencontrant. C'est , continue cet écrivain , de toutes les voies romaines , la plus remarquable. Appius y ht conduire les pierres des carrières les plus éloignées , car les campagnes voisines n'en fournissent pas de semblables. Toutes les pierres en sont tellement polies et équarries , leurs joints sont si exacts et leur liaison si étroite , sans qu'il y entre aucun corps étranger, qu'on croiroit y voir plutôt l'ouvrage de la nature que celui de l'art. Quoique depuis lant de siècles elle soit sans cesse battue par le grand nombre de voitures et de chevaux qui y passent, cependant on ne voit pas qu'aucune de ces soit désunie, rompue, ou a"

C'est plus sans doute aux ravages de la barbarie qu'à ceux du temps qu'on doit attribuer la destruction de ce monument par lui-même indestructible de la puissance romaine, et dont il reste encore des fragmeus considérables , comme on le dira tout à l'heure.

Les difficultés de ce grand ouvrage furent sans nombre , et exigèrent , pour être surmontées , toute la conslance et toute la grandeur des moyens que les Romains seuls ont pu employer. Un des plus considérables dm être , comme le dit Procope, le transport des matériaux. C'est à deux milles de Rome , et près du tombeau de Cécilia Métella , qu'est située la carrière des pierres dont cette route est pavée; mais cette carrière , qui étoit à portée pour une certaine distance , dut à la lin cesser de présenter ses ressources à mesure que l'ouvrage s'éloigna ; en sorte qu'on est tenté de croire, comme le conjecture aussi Panvinius, qu'on y employa des pierres de la même qualité qui se trouvent dans les montagnes de Pouzzol et de tapies. Il faut lire l'ouvrage de Pralilli {délia via Appia rironosciuta) , pour concevoir toute l'immensité de cette entreprise el l'intelligence qui en dirigea l'exécution. Sans doute, dit cet auteur, la voie Appienne auroit eu bien plus d'étendue, si Appius Claudius principalement , et ensuite ceux qui la continuèrent depuis Capoue jusqu'à Brindes, n'avoient eu en vue autant la brièveté et la commodité que le plaisir et l'agrément ; Us surmontèrent, avec des i croyables, toutes les difficultés, aj ' Ugnes , remplissant les vallons, et nombre de ponts.

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tons les autres chemins antiques, consistoit en un massif de maçonnerie sur lequel étoient posées et assemblées les grandes dalles ou pavés. Il y a des deux côtés une espèce de trottoir qui sert encore de contrefort à tout ce massif, et empêche le dérangement des pierres, (fer., au mot Ciiemis, les détail* de la construction des" routes antiques. ) De douze en douze pus, il y a des pierres plus elevées que les trottoirs. Elles servoient à se reposer, et aux cavaliers pour monter à cheval. Au bout de 1000 pas, ou de 7 58 toises, il y avoit une pierre ou colonne milliaire.

La largeur de la voie Appienne, comme on l'a vérifié en beaucoup d'endroits où elle s'est conservée, n'est pas partout la même : du coté de Rome , elle a 26 pieds de large , quelquefois an peu plus , et quelquefois moins. Au milieu des marais Pontins , elle étoit plus spacieuse , afin qu'aucun embarras ne put arrêter les voyageurs , et les exposer à tomber dans les marais. On trouve qu'elle y a jusqu'à 36 pieds de largeur, y compris les parapets et les 1 v est plus élevée dans le miUeu, pour < libre écoulement aux eaux des deux côtés. Au milieu de ces marais , il en reste un fragment tri-s- considérable , qui s'étend en droite Ugne sur nne longueur de sept à huit lieues ; et depuis leur dessèchement, sous Pie VI , on fait sept milles sur l'ancienne voir. A l'endroit appelé Torre Ire Ponti, on trouve la pierre du 3*/ mille compté de Rome. Comme cette voie y est ptus élevée qu'en aucun autre endroit ; on peut y voir à découvert la forme de celte belle construction , sur une longueur de 3 00 pieds; «Uns le milieu, il y a deux arcs presque enterrés où passoit la .Vinfa; ils avoient 18 pieds d'ouverture, à en jager par le segment qu'on en voit : ils sont séparés par une pile de 8 pieds de large , sur laquelle sont les ruines de celte ancienne tour, appelée Torre Ire Ponti , parce qu'il y a près de là un troisième arc , qui recevoit la Teppta. Vers Terracina et Fondi , la voie Appienne a environ 2<f» pieds; mais près d'Itri, à la montée comme à la uescente de la montagne , die se rétrécit et arrive à peine à 20 pied*. Puis de la plaine de l'antique Formies jusqu'à Carrigliano, et jusque vers Sinuessa et l'ancien pont sur le petit fleuve , appelé Saon , elle va toujours en s'élargissant et s'embcUissant. On peut encore en juger > présent parla partie qui en existe , et qui a environ 20 pas de large, reste précieux conservé en entier avec les trottoirs, les reposoirs, el nne borne milliaire rompue. Il y a quelques années qu'on trouva sur le chemin de Naples à Rarlctta , et du côté de Trani , une des pierres militaires de cette route ; elle sert aujourd'hui de borne au coin d'une rue de Cériguola , gros bourg de la

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APPUI, S. m. du latin

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