‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 40 sur 258 · ARD · texte numérisé non relu

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nn« clef et de»

(forez Bossage.)

ARCL'EIL. Bourg de l'Ile-de-France, a une petite lieue au midi de Paris. On voit encore, dans plusieurs endroits entre Arcueil et Paris, les restes d'un aqueduc construit en cailloutage, qu'on croit avoir été fait par l'empereur Julien II pour conduire les eaux a son palais de Paris. Ce palais étoit situé où est aujourd'hui l'hôtel de Cluni ; plusieurs vestiges très-remarquables en existent encore rue de la Harpe. On y montre une partie d'édifice asseï entière, et qui porte le nom de thermes de Julien, (foy. Théines.) L'aqueduc bâti a Arcueil par Marie de Médicis est placé à côté de l'ancien.

ARDOISE, s. f. Pierre d'un bleu noirâtre qui se débite par feuillets pour servir à la couverture des Là u mens. Elle se trouve à. une grande profondeur (Lins La terre; mais elle n'y est ordinairement qu'une espèce d'argile, et elle acquiert sa dureté en étant expotée à l'air. Ce n'est pas qu'en creusant beaucoup , on ne trouve quelquefois de l'ardoise dure et sèche. Elle est alors disposée par bancs , dans lesquels sont des fentes si près Les unes des autres, que les lames qu'elles forment ont très-peu d'épaisseur. C'est par ces fentes qu'on les divise lorsqu'on les desline à servir de couverture aux bâtimens.

On ignore si les anciens l'eni) Lovèrent à cet usage. Il paroit qu'en plu d'un endroit on s'en servit comme de moellons pour la construction des murs. C'est ce qoe prouvent U plupart des murs d'Angers, qui sont bâtis de blocs d'ardoise. H est vrai que cette pierre est si abondante anx environs de cette ville, qu'elle a dû être préférée à toute autre. On trouve la le» plus fameuses carrières d'ardoise, et c'est de la province d'Angers que s'en fait le plus grand commerce pour le royaume et pour tes pays étrangers. On y distingue quatre espèces d'ardoisières ou pierrerières : la première s'appelle la grande carrée forte, dont le millier fait à peu près 5 toises : la seconde, la grande carrée fine, dont le millier fait 5 toises a tiers : la t, la petite fine, dont le millier fait 3 toises: ., «n nomme la quatrième, la cartelU. On emploie cette dernière »ur les dûmes. Le millier de cette ardoise fcit environ 2 toises et demie. De ce» différentes sortes) d'ardoises, la plus noire, La plus luisante et La pins ferme est la meillenre.

On a découvert a quelques lieues de CharlevilLe de l'ardoise aussi belle et aussi bonne que celle d'Angers , quoiqu'elle n'ait pas une couleur aussi bleue et aussi noire. U y a encore des ardoisières à Murât et », auprès de la petite ville de i en Flandre , à la cote de Gènes , dans les mon- Savoie et en Angleterre.

On prétend que les premières ardoises ont été tirée» du pays d'Ardes en Irlande, et que c'est de ce pays, appelé en Latin Ardesia, que cette pierre a été

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suit :

Abdoise cartelette. C'est le nom de la plu» petite ardoise, et qu'on taille quelquefois pour les dômes, comme on en voit i celui de La Sorboune.

Ardoise Ardoise dont on fait des carreaux

et des table». On tire cette ardoise des cote» de Gènes, et les Italiens s'en servent comme d'une planche sur Laquelle ils peigneut.

Ardoise fine. On appelle ainsi une ardoise qui est mince, comme on donne le nom d'art*»** forte à celle dont l'épaisseur est double de V ardoise fine.

Armmse grosse on rouge, on plutôt noirr. C'est l'ardoise la plus commune.

Quant à la m.inîèrr d'employer l'ardoise en verturc, voyez Couver, titre.

ABEA cbea les Romains aveit plu» d'une signification ; c'étoit du le sol sur lequel on bâtitsoit une maison {voyet Al»E), ou la place qui l'enviroonoit, et qui précédoit les temples. (Vbyei PutcF.) Sur une médaille ou est représenté le fameux temple de Paphos, bâti par Agnpenor, on voit devant son frontispice une place en demi-cercle \ c'étoit YArea; cellixi étoit fameuse, dit Pline , parce qu'il n'y pleuvoit jamais; et c'est pour cette raison que les monétaires n'auront pas manqué de l'indiquer. Tacite en parle ansi , et ajoute d'autre» détails qui confirment l'explication qu'on a donnée de cette médaille.

ARELATA. {Voyez Arles.)

ARÈNE, s. f. Étoit le sol, ou la partie de l'amphithéâtre dans laquelle on exécutoit les jeux , on les combats de gladiateurs et de bètrs féroces. C'étoit proprement la scène île ces sortes de spectacles; son étendue étoit proportionnée à la grandeur de l'édifice, et sa forme étoit ordinairement ovale comme celle de l'amphithéâtre. ( Voyez Amphithéâtre. ) C'est autour de l'arène qu'étaient pratiquées le» loges ou voûte» qui renfermotent les, bêle» destinées aux combats. On lui donna le nom d'arène, parce qu'ordinairement cette aire étoit sablée , afin , dit-on , que le sang répandu s'imbibât et disparût plus promptemeut. L'arène devenoit quelquefois un grand bassin qu'on remplissoit d'eau , et qui servoit aux jeux naumachiques. Quelquefois, par le moven d'arbre» qu'on y plantoit, elle se rhangeoit en une forêt où l'on donnoit le spectacle de la chasse.

On désigne encore dans certains pays, sous le nom d'arènes, en prenant la partie pour le tout, ce» fameux amphithéâtres que les Romains y élevèrent a si grands Trais : ainsi l'on dit les arènes de Nîmes. Il est encore fait mention dans nos anciens historiens des arènes de Reims, de Périgueux et de celles de Paris. Ce nom subsiste aussi dans quelques autres villes de France, qui n'ont plus le moindre vestige

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A«ewe. (forez Arr.ussÉ.)

ARÉNER ou S'ARÉNER , v. a. C'est s'affaiblir rxtraordinairemciit. Un bâtiment »'arène, ou par sa l rup grande charge , on par le vice de sa construction.

AREOSTYLE. (Voyez Ab.sostti.c.)

AREOSISTYLE. (Voyez Abaoristyle.)

AREOTECTONIQT E, adj. C'est cette partie de foitilication et d'architecture miliUire qui ooncei-nc l'art d'attaquer et de combattre.

A II ESTE ou ARÊTE, s. f. C'est l'angle ou k tranchant que font deux surfaces droites ou courbes d'une pierre quelconque. Lorsque les surfaces concaves d'une voûte composée de plusieurs portions de berceau* se rencontrent en angles «aillans, on l'appelle Dorf/f rfWte. (Voyez Vocte.)

ARESTE DE LUNETTE. C'est l'angle où une lunette se croise avec un berceau.

AREST1ER , ». m. Principale pièce de boit d'un comble qui en forme l'arête ou l'angle saillant.

ARESTIER DE PLOMB. C'est un bout de table de plomb au bas de lW.fr/erde la croupe d'un comble couvert en ardoise. Dans 1rs grands bàtimens, sur les combles en dome, ces arestiers revêtent toute l'encoignure, et sont faits de diverses figures, ou en manière de pilastre, comme au château de Clagni ; ou en manière de chaînes de bossages, ou pierres de refend, comme on eu voit aux gros pavillons du Louvre.

ANGEL1US, architecte grec, vivoit avant Périclès, c'est-à-dire 45o ans avant l'ère vulgaire. On ne sait autre chose de lui , sinon qn'il avoit composé un ouvrage sur les proportions des ordres, dans lequel il dounoit la description d'un temple ionique consacre à Esrulape. On croit qu'il l'avoit fait élever chez les Tialliens, peuple de l'Asie mineure.

ARGILE, s. f. Terre pesante, compacte et glissante, h'argile a de la ténacité et de la ductibté lorsqu'elle est humide ; mais elle devient dure en se séchant, et ce changement de consistance n'en désunit point les parties : c'est pourquoi cette terre est propre à différens usages. On en fait des vases de toute espèce, des tuiles, des briques, des carreaux, des statues et des omemens de sculpture. (Voyez tous ces mots.)

ARIST0T1LE. (Voyez tunn.)

ARITHMÉTIQUE , s. f. Est la science des nombres, qui sert aux calculs des toisés et des opérations géométriques de l'architecture, et à l'estimation des ouvrages.

Vitmve recommande la connoi; à l'architecte. (Voyez Architecte.)

ARLES, ville de France, foudée avant la domi-

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nation des Romains dans cette contrée. Elle était déjà célèbre lorsque Jules César faisoit la guerre dans les Gaules. Il la nomme, dans ses Commentaires, Arelata. Elle est encore fameuse aujourd'hui par les restes d'antiquité qui y subsistent, tant en dehors qu'en dedans de la nouvelle ville. Outre un grand nombre de tombeaux , de colonnes avec leurs chapiteaux , de bustes et de piédestaux, on y voit des débris d'aqueducs, d'arcs, d'un capitole et de plusieurs temples ; mais on ne découvre plus de traces du beau pont qui joignoit les deux parties de la Tille séparées pr le Rhône, non plus que de la place environnée de colonnes et de statues décrite par Sidonius Apollinaris.

L'une des plus considérables antiquités de celle ville est l'amphithéâtre bâti par les Romains , lequel n'a jamais été achevé pr le haut. Il a environ 1280 pieds de diamètre, et 120 arcades en deux étages, (io pour chacun. Ces arcades ont ao pieds de haut, sur 17 à 18 de large. L'amphithéâtre est situé dans un lieu inégal et penchant, et est établi sur le roc. Les fondemens des murailles ont plus de deux toises d'épaisseur, et les pierres énormes qui les composent ne sont liées par aucun ciment. Il y avoit deux entrées principales. L'arène est entièrement comblée et remplie de maisons ; toutes les constructions intérieures sont détruites. De tous les sièges qu'occupoient les sénateurs, il n'en reste plus que deux dans la longueur d'une toise et demie. Ce monument, antérieur à celui de Nîmes, fut aussi plus grand et plus magnifique; mais il s'en faut beaucoup qu'il soit aussi entier. (Voyez Amphithéâtre.)

L'obélisque A' Arles, placé au milieu de la grande place, est un des plus précieux monumens de cette ville, et le seul de cette nature qu'on voie en France. On ne sait dans quel tenq» ni par qui il fut transporté. Il est de granit, tout uni et sans hiéroglyphes. Sa hauteur est de 5a pieds. Il demeura long-temps caché en terre dans le jardin d'un particulier auprès des murailles A' Arles, proche du Rhône. Le pyramidium étoit rompu ; mais on le retrouva dans un autre endroit. Le tout fut restaure1 et élevé, en 1670, sur un piédestal de 10 pieds de haut, et consacré à Loais-lc-Grand, sous la figure du Soleil. Il est supporté par quatre lions sv mbolesdela vilicd'v**riV.f,quia pour armes un lion accroupi, et est terminé à son sommet par un globe azuré, avec les armes de France, au-dessus duquel est un soleil. Dans l'endroit qu'on appelle les Champs-Elysées , l'on découvre tous les jours des sarcophages antiques. On y en a remarquide très-larges, faits pour deux personnes , avec une séparation dans le milieu. Charles IX étant entré à Arles, Catherine de Médicis fit apiwrtcr a Paris plusieurs de ces tombeaux qui avoient été choisis par les

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