SECONDE PARTIE
DE I.' ARCHITECTURE ORECQTE.
Il serait sans doute agréable av suivre l'histoirede V architecture
tier développement , et depuis cette époque jusqu'à sa totale décadence ; ensuite depuis sou renouvellement jusqu'à l'époque actuelle. Mais, comme on le voit, un tableau aussi étendu ne saurait s'approprier au système d'un dictionnaire. Ces notions doivent donc te présenter divisées , aux .ut ides particuliers dont les mots leur correspondent. Nous allons compléter cet article selon le pbn que nous avons indiqué , et par conséquent aussi avec b brièveté qui lui convient. Dans le |
tracé l'histoire i logie.
Rien de plus difficile, même avec le secours de l'histoire et des traditions, que de fixer à toutes les inventions humaines leur premier commencement. J'emploie à dessein ces deux mots, qui sembleraient offrir un pléonasme. Mais b vérité est qu'en beaucoup de choses le premier pas, ou si l'on veut le point de départ, finit par être un problème Beaucoup d'arts naissent inaperçus , et sont long-temps * croître, sans qu'on y fasse attention. Lorsque enfin ils sont arrivés au point d'intéresser b curiosité sur leur passé, on est trop loin de leur origine pour qu'on puisse y remonter avec quelque certitude.
Certainement, s'il est un art qui cache ton ori-
cine, c'est bien l'architecture. Combien lai fallut-il de siècles pour parvenir, ton* ce nom , a s'assimiler aux autre* arts imitateurs de la nature? Combien même lui fallut-il de temps avant < l'avoir pu , sous le simple titre d'«rr de bâtir, occuper une place entre les inventions utiles aux besoins des premières sociétés.
ainsi qu'on l'a >, porta trop lisiblement écrits dans son ensemble , et sur tous ses détails , ses titres originaires, pour qu'on puisse se méprendre sur ie genre qni lai donna naissance. L'ordre dorique est donc ; h h iv nous on témoin irrécusable , qui dé|xwe de l'état primitif ou cet art dut se trouver avant d'avoir accompli toutes les épreuves par lesquelles il déçoit passer pour arriver à son complément.
L'ordre dorique nous a montré qu'il n'est antre chose que la continuation et le perfectionnement do système primitif de la construction en bois. Le fait seul de l'imitation visible des assemblages de la charpente démontre clairement la transposition qni eut lieu du bois a la pierre : or, il est prouvé qu'avant qu'une suite d'essais eût réalisé les formes et les dispositions d'un modèle fragile en de solides constructions, tous les édifices en Grèce furent des assemblages de bois, d'abord grossiers, puis raffinés de plus en plus, et enfin susceptibles d'offrir à l'art et au goût des combinaisons qui fixèrent le système de l'architecture grecque.
Les témoignages historiques et incontestables qu'on produira aillears («or-. DoaiqciE, Bois, Cabane , etc.) nous prouvent que beaucoup de temples furent d'abord construits en bois , et dans les mêmes types que ceux qui leur succédèrent en pierre.
Toutefois il ne nous semble pas qu'il soit possible d'asseoir sur quelque chose de positif l'époque de cette transformation. Qu'il noua suffise d'avoir pa établir cette notion, comme la première à placer dans l'ordre chronologique de V arc hit et turc grecque. Du reste, rien i attendre sur cet objet des ruines de hausses les plus anciennes qu'on rencontre en Grèce. Quelle que puisse être l'authenticité des époques en ce genre , tous ces débris sont étrangers a Varchitecture, ce ne sont que d'anciennes murailles que le temps n'a pu encore anéantir, et où il n'y a aucune trace d'art.
Si ou consulte les plus anciens écrits, Homère se présente a nous avec des descriptions assez magnifiques de palais ; mais on n'y trouve rien qui puisse faire naître l'idée d'ordonnances de colonnes, ni d'aucun système régulier. Chei ce poète les édifices se font remarquer par le prix de la matière , plus que par celui de la forme. Le choix et le poli des pierres en font le principal mérite, comme la richesse des métaux semble faire la première beauté des œuvres réelles de b sculpture ; rien à trouver à l'appui de cherche, dans le palais d'Alcinous.
C'est a l'ordre dorique , si nous
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trement qu'en spéculation son histoire, qu'il faudrait demander de nous enseigner les témoignages des premiers essais de l'art de bâtir en pierre. Quoi qu'il en soit, la dénomination de cet ordre ne prouve point que son invention ait été due à Doras. On croit plutôt qu'il reçut son nom pour avoir été employé au temple célèbre que ce prince, selon Vitruve, a voit élevé à Argos en l'honneur de Junon. Peut-être aussi le dut-il aux Do riens , chex lesquels son style se serait accrédité avant de se répandre dans le reste de la Grèce. Toujours est-il certain que les plus anciens édifices , ceux du moins qui réunissent le plus de témoignages en faveur de leur antiquité, sont de cet ordre, qui , comme on le verra ailleurs, a dû précéder les autre*.
Mais il n'est pas douteux que l'espace de temps qui comprend l'époque de Périclès et celle d'Alexandrele-Grand, vit les trois ordres constitutifs de l'or-
t^'tittcînT't 3f f^ii'. .ni 1 o w i jwrltilioii . I j«i \ 10 ^\ C%
Perses à Marathon avoit procuré b paix a toute b Grèce. Athènes devint bientôt le centre des sciences et des arts. C'est a cette époque , comme l'observe Diodore de Sicile , que tous les talens firent une sorte d'explosion. Ce fut alors qu'on se mit a reconstruire les édifices et les temples renversés ou brûlés par les Perses. Alors furent élevés dans le Partbénon , dans les Propylées et d'autres monumens , ces modèles de grandeur et de beauté , dont les débris aujourd'hui b leçon des architectes.
L'ordre ionique semble avoir obtenu , i vers cette époque , les formes , les proportions et les ornemens qui ont établi son rang entre l'ordre de b force et celui de b richesse. L'ionique fnt l'ordre de b grice. Prit-il naissance dans l'Asie mineure , ou reçut-il de ce pays et de son climat voluptueux le goût d'ornement , de délicatesse et de grâce qui le caractérise?
Callimaque avoit déjà précédé l'époque dont nous parlons. Si toute son invention , comme on l'a dit ailleurs {voyez Acanthe , Corinthien) , se borna i substituer dans le chapiteau de cet ordre la feuille d'acanthe a celle de l'olivier, l'ordre corinthien , dont on trouve peu de restes en Grèce , aurait suivi le sort des autre* arts ; et Y architecture , si on b considère dans b fixation de son système , dans l'établissement des ordres , dans l'exécution des plus beaux édifices , avoit parcouru , vers le siècle d'Alexandre , tous les degrés dont il devenoit peut-être nécessaire qu'elle dût progressivement descendre . surtoi géant dans le reste des nations.
Les relations qui paroissent avoir existé ciennetnent entre b Grèce et l'Etrnrie donnent à entendre , si l'on en juge par le goût et le style archaïque des objets de sculpture qu'on découvre journellement dans l'ancien pays des Etrusqnes, soit que ces communications remontèrent a un temps où l'art n'étoit ps encore développé en Grèce, soit que
( ton architecture. Ce qui lait prendre le à beaucoup de personnel en ce genre , c'est que l'on confond le» grandes constructions de murs de ville ou de fortifications et les grands ouvrages de l'art de bit il , qui ne consistent que dans la taille cl fciévatiou «le grands massifs de pierre , avec l'art proprement dit, qui est l'œuvre du génie, du goût, et le résultat de combinaisons que l'étude de la nature inspire. L'Etrurie toutefois, dans son ordre toscan, nous moulreuae tulle, affinité avec l'ordre dorique de* Crées., qu'on ne saurait te réfuter à y voir le résulta* de communications très - parùcu-
Etruaquet employèrent long-temps le bois dan» les constructions et l'ordonnance de leurs temples. La preuve s'en trouve dans l'emploi que les Kotuains, au temps de Y itruve , faisoienl encore de cette matière , et dans son application au temple qu'ils appeloient mtcaii.
Cet état stationnaire de Y architecture considérée comme art est confirmé encore par l'analogie des autres art* du demain , qui ne paroissent point avoir suivi, chez le» Etrusques, l'état progressif qui les caractérise en Grèce. Toutefois , c'est a l'Etrui ic que Rome, dans ses premiers siècles, dut ce qu'elle eut d'architecture et d'arts. C'est à ses artistes que Tarqtiiu confia la construction de ce fameux égoût, ouvrage vraiment prodigieux par sa solidité , et daus lequel on crut voir, après coup, un présage de la grandeur future de Rome. Le goût de construction simple et peu ornée des Toscans convint |>endant long-temps aux mœurs austères d'une république belliqueuse et pauvre. Le* richesse* des matières et de l'art ne dévoient s'y introduire qu'avec la corruption des nu eu rs et le cliangement des institutions.
Auguste comprit que les jouissances des arts de luxe dévoient remplacer celles de la liberté politique. Il employa toutes le* ressources propres à opérer ce dédommagement. Aussi te vantoil-il d'avoir transformé en marbre Rome qu'il avoit trouvée d'argile. Titc-Live l'appelle fauteur et le restaurateur des s. Les plus grands maîtres de la Grèce accoudant cette nouvelle capitale de* arts. A cette époque l'architecture parott avoir été portée au degré le plut haut qu'il lui ait été donné d'atteindre 1 Home , tant dans la pratique que pour la théorie , dont \ itruve renferma , dans son traité en dix livre* le* notions didactiques. Le Panthéon fut alors bâti par Agrippa , gendre d'Auguste.
La passion pour les grands monumens augmenta encore tout set successeurs. Ce|iendant sous Tibère, Cafigula et Claude, ht goût paroîl avoir déjà dégénéré. Néron montra pour tout les arts moins de goût que de manie et d'ostentation. Il s'épuisa en entreprises colossales, en prodigalités de tout genre. Toutefois, son règne fut un des plus favorables aux grandes entreprises de Yarchitetturc. Sévère et Celer coostrueil pour lui le palais qu'on appela la Manon dorée.
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Sous le règne heureux de Trajan , Va reprit un goût de sagesse et de grandeur où i s'être peint le caractère de ce célèbre et sage empereur. Les ares de triomphe, la colonne triomphale et le magnifique forum que le temps a plut ou moins respectés , attestent le haut degré où cet art s'éleva sous ses auspices. L'architecte Apollodore eut une grande part dans toutes les entreprises du règne de Trajan. Ce fut lu», dit-on , qui érigea cette fameuse colonne , chef-d'œuvre entre les merveilles du forum auquel cet empereur donna ton nom,
et les Antooin* firent aussi briller Yarckiteeture d'un astre grand éclat. Le premier exerça luimême cet art. Cependant, sous le règne des Antonio*, l'art, ainsi que l'observe Winckelmann, touchait à son déclin. L'éclat qu'il jette à cette époque ressemble à cette vive lueur que produit une lampe au moment de s'éteindra.
L'arc de Sept i me Sévère signale une des époques
a quelque peine à concevoir comment la sculpture, (1p|ïuis 1*1 3 ivi™ ui*ft*lc * svoit dc^otodnc *IU poiut on ce monument nous la montre. L'arc vulgairement agipelé des Orfèvres n'a presque plus rien du goût et du caractère de la bonne architecture. Les profils en tout vicieux -, le* ornetneua surchargent et écrasent les membre Sv
\j architecture , soutenue pendant quelque temps par l'amour d'Alexandre Sévère pour le* arts , parut succomber enfiu tout la chute del'empircd'Occident. Cependant elle survécut encore à la ruine des autres arts. Dans un siède où il n'exsstoit plus un statuaire
mirer les restas qui t'en sont conserves jusqu'à i L'immensité du palais du même empereur, a Sptlatro , montre aussi de quels, effort* Y architecture eti.it alors encore capable. C'est a la même époque à peu près, ou au siècle d'Aurélien, qu'on rapporte les \astas constructions de Palmyrc et de llalbeck dans la Galo-Syrie. .M«l<; ré de* licences de goût et des détail* vicieux, il faut s'étonner, au milieu de ces i la grandeur des plans et de la tions, i
On Bourroit ici-den; dénuée du secours des
après s'être élevée avec eux et par eux , ne les a pas aussi suivis dans leur chute. Plus d'une considération morale, tirée du principe de leur nature , c'est— a -dire du genre de leur imitation , pourroit rendre raison de la différence de leur destinée. Qu'il suffise de faire observer qu'il y a , dans Y architecture, une partie plut subordonnée que dans les autres arts aux mesures et à de* procédés technique* qui permettent à des copistes sans génie de transporter presque sans variations sensibles les démens et les détails des ouvrages qui le* ont précédét. A cette considération technique ajuu-
influence différente de* causes politiques de ce temps sur le» différens arts. C'eut qu'à cette époque on abat» toit les statues, on eflaçoil les images biun plus facilement qu'on n'eàt pu renverser les édifices. Il y a plus , le culte pouvoit changer dans bien des t e m pies , ■ leurs farines. Les mêmes colonnes s'emnt à de nouveaux édifices. Enfin , on n'avoit i, mais il falloit toujoura quelques- » de cette inégalité dans h '
arts du dessin.
Mats un sort commua devoit bientôt les ensevelir tons sons les mêmes ruines. La translation du siéfçe «le l'empire à Byzancc , en divisant les forces de l'Etat et les ressources de l'art , porta le coup mortel à l'un et à l'antre. Vainement Constantin voulut que sa non- Telle métropole put atteindre à l'antique splendeur de Rome ; tous les efforts qu'il fit pour l'embellir prouvèrent que les productions du génie sont , plus qu'on ne le pense , indépendantes de la puissance des rois. ' i
L'Italie abandonnée a la fureur des Yisigoths, te vit dépeuplée de tont ce que Constantin y avoit laissé. Une destruction générale lit rentrer dans la poussière le plus grand nombre des monusaens de l'an» i orgueil de Rome. Ce qui en accéléra La ruine fut introduit par la détresse et l'ignorance, de faire servir à des constructions nouvelles les matériaux des monumens antiques. Ln oubli honteux des
sion de tous les membres de l' a rc lutte tu rt, et acheva pat ce mélange d'en mire perdre l'idée et la mémoire. La méthode d'établir des arcades sur les colonnes pour suppléer les plate-bandes des architraves, contribua à faire oublier de plus en plus les divisions originaires de son système constitutif. D'abus en abus, am en vint à une confusion d'où devoit naître une i de bâtir et d'orner les hituneus, qu'on apt , si l'on vent , le rotlt gotkiaue, l ne tiennent plus à l'histoire de l'art l sou» les rapports que nous avons définis. Ici donc commence un véritable interrègne dans l'art de Y architecture . Semblable à ces fleuves qui disparaissent quelque temps cachés sous terre , et qui n'en sortent que pour reprendre un plus grand cours, Part dont nous parlons, enfoui pendant les siècles d'ignorance, se remontre enfin triomphant des causes qui l'avoient subjugue, cl son empire va se répandre chea le plus grand nombre des peuples de la terre.
itefois ,. il faut dire qu'au milieu des ténèbres l, quelques rayons du bon goût se firent apercevoir. L'église de Saints-Sophie, bâtie par Justinien, à Constantinople,dansle n° siècle, transmit aux architectes de Saint-Marc a Venise, vers le 1 1* siècle, quelques-uns de ces rayons dont nous avons perlé.
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I firent apercevoir en plus d'une ville d'Italie. Dans 1 ce même 1 1* siècle ( i o63) fut élevée a Pise la grande cathédrale , dont on admire aujourd'hui et la belle conception, et les matériaux provenus de constructions antiques, dont l'architecte Hnsrhctto sut faire un bon emploi. Chacun des siècles suivans, jusqu'au l5% vit renaître et s'accroître progressivement, dans la tour de Pise, dans l'église de Padoue, dans celle dé la Trinité à Florence, dans la basilique de Sairrté- Croix et celle de Sa intp-Marie-des- Fleurs de la même ville, dans le CampoSanto de Pise, ainsi que dans beaucoup d'antres édifiées, et l'amour des grandes entreprises, et les traditions de l'architecture antique.
L'Italie marcholt donc a grands pas vers la restauration de tous les arts de la Grèce et de l'antique Rome Enfin Brunelcschi parut.
Bruuclcschi fut le premier qui, l'échelle et le compas à la main, ]uixourut les ruines des monument de l'antiquité. Le premier des modernes, il reconnut et distingua les ordres grecs, et il fut le premier qui, après avoir retrouvé les lois et les principes de l'art, en fit à de nouveaux ouvrages de justes et véritables applications, {fuyez Bki .\ ti.tv:m Dans l'érection de la vaste coupole de Sainte-Mai ie-des-Fleurs, il ouvrit la voie aux grandes entreprises de Y architecture moderne, «t dans l'ordonnance en colonnes de son église de Saint - Laurent , on vit reparoître pour la première fois l'ordre corinthien avec toute la régularité de ses proportions et toute l'élégance de son chapiteau à feuilles d'acanthe. Cet architecte passe à juste titre pour le restaurateur de Y architecture.
Bientôt après parut LéonnBatiste Alberti. Il fut, dans le fait, le second des artistes modernes qui aient construit selon les préceptes de Vilruve et les erreniens de Varchitecture antique. Successeur de Bruuclcschi, U rechercha, dans ses ouvrages, plus d'élégance et tie variété d'orne inenj. bon traité de r Architecture , le seul que Les modernes puissent iparer à celui de Vilruve, fit peut-être
goûter, dans son temps, l'art des anciens, que ne l'auroit pu faire l'ouvrage même de l'architecte romain, dout les nombreuses obscurités n'avaient point encore été dissipées par le flambeau de la critique.
Enfin, secondée par La protection éclairée et le génie des Médicis ou des souverain» Pontifes, pail'émulation qui s'établit entre toutes les villes de l'Italie, Varchitecture parvint, en peu de temps, au degré le plus haut que les modernes aient atteint. Faire une mention , même abrégée , des monumens qu'ont produits, dans l'espace de deux siècles, les architectes les plus célèbres de l'Italie , ce se roi t sans doute une manière intéressante de terminer oet abrégé historique. Mais ces détails, quelque abrégés qu'il fût possible de les présenter , ailongeroient d'autant plus inutilement cet article, qu'ils doivent trouver leur place aux noms qui appartiennent a chacun de ces
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Architecture arabe. { Voyez Arabe Architecture.)
Abchitecture Chinoise. (Voyez ChinoUe Architecture. )
Architecture Éotptiekne. (Voyez Egyptienne Architecture.)
ARCHITECTURE Éthique. ( Voyc* Étrusque Architecture.)
Architecture FEirrrE. (Voyez Décoration.)
Abchitecture Gothique. (Voyez Gothique Architecture.)
Architecture Grecque. (Voyez Grecque Architecture.)
Architecture Moresque. (Voyez Moresque Architecture.)
Architecture Romaine. (Voyez Romaine Architecture.)
ARCHITRAVE, s. m. Du grec «fx« principal, et du latin traùs, poutre.
C'est le nom qu'on donne à la principale poutre, qui porte horizontalement sur les eolonnes, et qui fait une et la première des trois parties de l'entablement. On nomme aussi l'architrave, épistyle , du mot latin epistylium, fait du grec ixi, sur, et rvA»«, colonne. {Voyez Entablement.)
Cette partie de l'architeiturc est une de celles dont il est très-iinportant de bien connoitre l'origine, pour lui conserver le caractère de force qui satisfait l'œil et assure aux parties supérieures de l'édifice toute leur solidité. h'arefutrave est, en quelque sorte, le fondement de la tète de l'édifice.
Il est trop visible, et par l'ctymologie du mot, et par l'ordre naturel des choses, que {'architrave, dans les édifices de pierre, est la représentation des sommiers, ou jioutrcs de bois, dont l'architecture grecque conserva la ressemblance, pour que nous nous arrêtions à prouver ici ce que personne ne sauroit raisonnablement contester. (Voyez ce que nous avons dit au mot Architecture.)
Les anciens n'employèrent , en général, qu'une seule pierre , d'une colonne à l'autre , pour la construction de leurs architraves. La facilité qu'ils avoicnl de faire entrer des marbres , ou des pierres très-dures dans leurs édifices , servit a donner à leur architecture une solidité aussi réelle qu'apparente. L'usage de ces architraves monolithes les mit dans le cas de serrer leurs entre-colonnemens , et de leur donner cette âpreli, d'où résulte le plus grand effet de leurs colonnades et de leurs péristyles. L'est encore à cela qu'on doit attribuer cette grandiosité . et cette saillie considérable des chapiteaux grecs dans le dorique : elles avoient pour objet de diminuer la jHjrtée des architraves.
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Cependant, il est faux, comme l'ont prétendu quelques modernes, que c'ait été par ignorance de la coupe des pierres , et des nouvelles méthodes en ce genre, que les anciens aient constamment suivi la première pratique. A l'un des plus anciens édifices de Rome, au Capitole, on voit encore la partie inférieure ! d'un architrave, à laquelle pendent ce qu'on appelle les gouttes , avec huit chapiteaux doriques. L'espace qui est entre deux de ces chapiteaux prouve qu'il en manque un, et, autant qu'on peut le présumer par l'architrave, il doit y en avoir en seize. Cette face d'architrave est faite de petites pierres de deux palmes chacune, lesquelles, dit Winkelmann, sont taillées 1 de la même manière qu'on le (eroit aujourd'hui en pareil cas. L'n exemple a peu près semblable se rencontre dans l'édifice des Tutelles à Bordeaux , a eu juger du moins par le dessin que Perrault nom eu a conservé. Ce monument , qu'on croit avoir été bâti peu de temps après Auguste, fut détruit le siècle dernier : on y voyoit un architrave, dont la construction étoit composée d'un sommier posé sur chaque colonne, ^£'un cu,vcau »u milieu, appuyé par les soinfier les anciens d'ignorance à ce sujet , eTprouvent I que , s'ils suivirent habituellement l'autre méthode , I ce fut parce qu'elle offroit une plus grande solidité. Les plus anciens monumens nous présentent encore une autre manière de construction dans leurs architraves, et dont l'heureuse disposition a, plus qu'aucune autre , contribué à la conservation des édifices où elle se trouve. Au temple de Pcestum et de Ségeste, à ceux de la Concorde et de Junon-Lucine à Agrigente , les architraves sont formés de deux grandes pierres posées de champ, ou sur leur longueur, et l'une par derrière l'autre, qui forment conjointement l'épaisseur du mur, et portent ensemble sur deux colonnes. On voit aux angles saillans qu'elles font liaison à l'extérieur, et qu'a l'intérieur elles forment un onglet. Ce genre de construction tenoit à ce système général de solidité , qui eml) rassoit , chez les anciens , autant l'avenir que le présent. C'est une des maximes de la construction antique , de diviser et de disposer tellement les principaux membres de l'ar- | chitecture , que , bien que dépendans les uns des autres , l'un pnisse rependant être endommagé, sans entraîner pour cela la ruine du tout. II faut attribuer à la pratique de cette maxime la conservation I de ce grand nombre d'édifices antiques qui subsistent I encore aujourd'hui. L'on en sent toute l'ntilité pour | les temples que nous avons cités plus haut ; car, quel- P ques-unes des pierres de l'architrave ayant manqué , y elles n'ont point entraîné la ruine de la frise ni de la !^ corniche , qui n'ont pas laissé de se soutenir ; ce qui !| ne seroit pas arrivé , si l'architrave eût été d'un seul ! morceau ; car tout l'entablement seroit tombé avec J lui , et ces bcanx monumens n'existeroient plus. A ! Rome cependant, les architraves , dans presque tous
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pièce de marbre, ainsi qu'où le voit au Panthéon, aux temples de la Fortune virile , de la Concorde , d'Aotooin, de Faustine, de Jupiter-Stator, de Mars-Yengeur, de Jupiter-1 onnant.
Dana les paya modernes , où la privation de marbre* et le peu de dureté des pierres ne permettent point les architrave* monolithes , on a cherché à y suppléer par les plate-bandes a claveaux. Les arthit , ainsi construits, se composent de plusieurs
: , en sorte qu'elles forment ensemble une voûte plate ; et coaunc ces voûtes ont beaucoup de poussée , on a imaginé plusieurs moyens pour les entretenir. .forez Plate-Bande. : L'usage d'accoupler les colonnes a introduit , surtout en France, cette méthode de construction ; elle s'y trouve même nécessitée par la grande étendue que les entre-colonnemens exigent de* architrave* dans cette vicieuse disposition des colonnes. Cette méthode a été pratiquée au Val-de- Grâce, aux Invalides, a Parts; et Perrault , avec beaucoup d'armatures de fer, en a fait usage avec succès au péristyle du Louvre. On en a donné un plus frappant exemple encore au péristyle de la nouvelle église Sainte-Geneviève. Par de nouvelles combina isous des ligamens de fer, et en évidant encore le* claveaux pour en diminuer le poids, on prétend l'y avoir portée i a pins grande perfection. Le temps et l'expérience de plusieurs siècles peuvent seuls aj>prendre le degré de confiance qu'on doit avoir dans ce genre de
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de goût au sujet des architraves à claveaux ; dans plusieurs édifices où ils sont employés, il semble qu'on ait cherché à rendre visible l'artifice de leur construction, et qu'on se soit plu à en laisser briller l'appareil, soit en lui conservant sa pureté, soit même en le marquant d'une manière plus distincte encore. Cependant il est constant que cette méthode de construire n'a d'autre objet que de remédier à l'insuffisance des matériaux, et de réparer, par les ressource* de l'art, de la nature. Dès-Ion, quelque brillantes
qu'on en fait dissimule mal l'indigence < moyens auxquels ils suppléent, et n'est qu'u dresse de l'art. L'œil ne voit pas sans regret cette multiplicité de parties remplacer le tout solide et ii.tègre qu'elles doivent représenter. L'esprit qui les décompose n'y aperçoit qu'un assemblage dont il calcule la durée et dont il prévoit la ruine. La colonne la solidité tait le principal caractère, l'architrave et elle , un acconformitéde rapporta que ce fait disparoitre. L'architrave morcelé et subdivisé d'une manière trop sensible en tant de petites parties, perd, au moins quant à l'apparence , l'idée de solidité et de continuité qui doit en être l'essence ; et il dément en quelque sorte son origine. D'après cela, il semble que , lorsqu'on
est obligé de mettre en œuvre cette supercherie de construction, l'on devrait en cacher le secret, soit en faisant disparoitre avec soin , par un poli exact, tous les joints des claveaux , soit eu les masquant par de grandes dalles de pierre , qui redonneraient i l'architrave l'air de continuité qui lui est si essentiel.
La forme de l'architrave varie suivant les diflerens ordres : au toscan ou dorique, il ne doit avoir qu'une face toute pleine ; cela est plus conforme au caractère de force attribué à cet ordre, et à cette maxime véritable de l'architecture, que la multiplicité des parties détruit l'apparence de la grandeur. C'est ainsi qu'en usèrent les Grecs dans tous leurs temples dorique*, où l'architrave domine et se trouve prononcé avec la plus grande énergie. Aux temples de Pccstum, sa hauteur est supérieure à celle de la frise , et son espace n'est divisé par aucune |iartie. On la retrouve conformée de la même manière dans les temples doriques d'Athènes et de la Sicile, ainsi qu'au théâtre de Marcellusà Rome, où cet ordre a conservé encore, par la suppression des bases, son ancien et primitif caractère. Mais dans un édifice dorique découvert à Atbano , par l'u ni Ligorio, l'architrave se trouve divisé en deux bandes ou faces , dont l'inférieure est moindre que la supérieure, et en est séparée par deux petites moulures. Aux thermes de Dioclélieu, la moulure qui sépare ces deux parties est ornée d'un ruban ; ce qui s'éloigne entièrement de l'esprit de cet ordre , lequel ne doit tirer sa beauté que de sa force et de sa mâle proportion. Chambray accorde qu'on puisse introduire deux faces dans l'architrave dorique, pourvu qu'on ne passe pas jusqu'à trois, comme dans les autres ordres ; ce qui , dit-il, serait une faute notable, et introduirait la confusion entre les ordres. L'on peut affirmer cependant que cette première licence, qui peut en entraîner d'autres, est aussi dangereuse en elle-même que contraire au véritable esprit de l'ordre dorique.
Yitruve s'étend peu sur les mesures de l'architrave dorique; sa hauteur totale , dit-il , ainsi que celle de sa plate-bande (c'est ainsi qu'on traduit le mot tarnia, qui, en grec et en Latin, veut dire bandelette), avec les gouttes, doivent être d'un module ; la platebande doit avoir la septième partie d'un module ; les gouttes sous la plate-bande, au droit dps triglyphes avec le triangle, doivent prendre la sixième partie d'un module; la Largeur du dessous de l'are lui rave aura celle du haut de La gorge de la colonne.
Yoici les règles que donne Yitruve pour la proportion des architraves ioniques: ■< La mesure de* arthi- » trat'CJ doit être telle que, si la colonue est au moins
■ de 12 i i5 pieds, on donne à l'architrave La hau-
- leur du demi-diamètre du bas de La colonne. Si
- elte est de 1 5 à 20 pieds , on divise La hauteur de la » colonne en 1 3 parties, aJin d'en donner une à Yar- » chitrave. De même, si elle est de 20 à 25 pieds, que
■ cette hauteur soit divisée en 12 partie* et demie. » dont on donne une à l'architrave. Si la hauteur de
» la colonne est de a5 à 3o pied*, on la divise en i a » parties, et Y architrave en a une. Celui-ci doit avoir, » dans sa partie inférieure qui pose sur le chapiteau, » la même largeur que le haut de la colonne a sous le
■ chapiteau ; et le haut de {'architrave doit être aussi > large que le bas de la colonne. La cymaise de Var- » chitrave doit en avoir la septième [Kirtie, et sa saillie » doit être égale à u hauteur. Le reste se divise en
■ i ? parties , dont il faut donner trois à la première >. bande , quatre à la seconde , et cinq à celle d'en » haut. >■
L'architrave ionique se divise en trois bandes ou faces , qui vont en augmentant de hauteur l'une sur l'autre ; en sorte que celle de dessous est la plus étroite. Celle de dessus est surmontée d'une moulure en forme de cjmaise, et d'une baguette, qui la séparent de la frise. Ces faces ne sont pas toujours perpendiculaires : quelquefois elles se trouvent inclinées. Cette forme d'architrave se voit dans presque tous les édifices antiques, comme au temple de Îlïinerve-Poliade à Athènes, au temple de la Fortune-\ irile à Rome, ainsi qu'au théitre de Marcellus.
Ces formes et ces divisions sont généralement les mêmes pour l'ordre corinthien : cependant, en jetant les yeux sur les monumens antiques de cet ordre , on observe que cette partition des faces de Varchitrave y varie depuis deux jusqu'à quatre. Dans un bel entablement du frontispice de Néron, rapporté par Chambra v , l'architrave n'a que deux faces ; et dans l'édifice antique de Bordeaui dont nous avons parlé plus haut, il en a jusqu'à quatre, avec de petites moulures entre quelques-unes des faces. Cette grande subdivision de parties paroît n'avoir été employée dans ce monument que pour y compenser la privation de la frise et de la corniche. Mais la division la plus ordinaire , celle qui plaît le plus à l'œil , et dont il y a le plus d'autorités, est la division ternaire.
La décoration de Varchitrave, dans le dorique, se réduit aux gouttes pendantes dessous les triglyphes : quoique elles semblent appartenir autant a la frise dont elles sont l'accessoire, elles font cependant partie de l'architrave. Nous avons vu que , dans les plus beaux monumens doriques, les Grecs et 1rs Romains en conservèrent Varchitrave lisse et sans ornement. Quant à l'ionique et au corinthien , l'embellissement de leurs architraves consiste , en grande partie , dans des faces ou bandes dont on a parlé , et que les Romains appeloient fascia, jiarce qu'elles ressemblent , en quelque façon , à des bandes ou rubans étendus dans des largeurs différentes. Il consiste aussi eu rangs de iierlrs, en feuilles d'eau, et autres ornemens du même genre qui séparent les bandes. \ itruve nous apprend que le plus ancien corinthien , n'ayant point encore de caractère bien déterminé dans ses proportions . empmntoit quelquefois les membres de l'ionique, et «uelquefoi* ceux du dorique, et qu'il a voit alors M des gouttes dans son architrave. Il ne nous est resté aucun exemple de cette pratique.
ARC
Il est des architraves qu'on appelle mutilés , c'està-dire, dont les moulures sont arrasées ou retranchées, pour recevoir une inscription, comme au temple de la Concorde, à Rome, et au portique de U Sorbonne , du côté de la cour, à Paris. Cette licence est vicieuse ; elle rend l'entablement monotone et pesant; elle est inutile, puisque ces inscriptions peuvent être mises dans la frise , qui , de sa nature , est lisse. {Voyez Frise. )
Il est encore des architraves qu'on nomme coupés, parce qu'ils sont interrompus dan* l'espace de quelque entre-pilastre, a tin de laisser monter les croisées jusque dans la frise. On peut en remarquer de semblables à la façade des Tuileries, dans les ailes qui •ont décorées de pilastres d'ordre composite; mais cette pratique est tout-à-fait contraire au principe de la bonne architecture , et ne doit être suivie par aucun architecte , malgré le nombre prodigieux d'exemples qu'on remarque de cette licence dans la plupart de nos édifices.
ARCHIVES, i. f. pl. Lieu destiné à la garde des titres, Chartres, papiers qui contiennent les droits, prétentions, prérogatives d'une maison, d'une ville ou d'un royaume. Ce mot vient du latin arca , coffre, ou du grec j.-vw.-,. Les archives des Romains étoient conservées dans le temple de Saturne.
ARCHIVOLTE , s. m. Ce mot dérive du latin. arc us voiutus , arc contourné. Sous ce nom, l'on
i entend le bandeau orné de moulures qui règne à la tète des voussoirs d'une arcade , et qui vient se terminer sur les impostes. {Voyez Imposte.) Le* archivoltes doivent être ornés à raison de la richesse ou de la simplicité des ordres. Leurs faces se divisent, se multiplient ou se diminuent de la même manière et par les mêmes raisons que celle des architraves {Voyez Architrave.) Elles reçoivent aussi les mêmes
I ornëmens et les mêmes détail* de moulures. Vigoofe
] ne donna au toscan qu'une «eule bande Le dorique a son archivolte composé de deux face* ; l'ionique et
1 le corinthien en admettent trois. L'archivolte est ordinairement décore d'une agraffe ou console ( voyez Acraffe}, dont le caractère et la forme dépendent aussi de la décoration plus ou moins grande de l'arcade et de l'ordre qui s'y trouve appliqué. On le couronne par des figures de victoires ou autre* <jui le
! par le ceintre de l'arc et l'angle de la colonne et de l'architrave. C'est ainsi que sont ornés la plupart des arcs antiques dans lesquels ou peut trouver les plu« beaux modèles d'archivoltes.
On appelle archivolte retourné celui dont le bandeau ne finit |ias, mais qui , retournant sur l'imposte, se joint à un autre bandeau. Cette manière est pesante , et ne convient que dans une ordonnance rustique.
L'archivolte rustique est celui dont les moulures
interrompues par
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