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Il rite d'éviter. On ne |x ut pas dire la même cliose du siècle où vivoit Arnolphe. C'est du milieu des ténèbres de la barbarie qu'il fait sortir cette lumière pure dont le» premier» rayons vont éclairer tous ses successeurs; c'est au milieu de la confusion de toutes les parties de l'architecture , qu'il assigne a chacune sa place et son rang; c'est du chaos enliu qu'il fait naître l'ordre. Mêlées et travesties dans le gothique, Li construction , la disposition et la décoration se disputant leur» droits, ne conscrvoieiit entre eues ni mesure, ni convenance. Amolphe distingue ces trois parties , et donne à chacune des lois qui établissent l'équilibre entre elles. Si dans ce monument il ne porta point la décoration au degré des deux autres parties, il n'en faut pas moins avouer qu'il servit encore l'art par cette foi blesse même. Ce fut sans doute beaucoup que d'avoir pu renoncer à tous ces colifichets, à toutes ces puérilités gothiques qui défiguroient l'architecture de son temps. La décoration ne pouvoil se perfectionner et être ramenée a son véritable esprit , que par La connoissanec et l'étude des monumens antiques : Arnolphe ne les connoissoit pas. S'il ne devina point le génie de la décoration, il eut au moins le mérite de sentir tout le vicieux de celle qui reguoit de son temps. Cette considération doit lui faire pai'donner l'espèce de pauvreté et de nudité dont son monument porte l'empreinte; pauvreté précieuse , puisqu'en désabusant d'un vain luxe qu'elle dédaignoit , elle permit aux richesses antiques d'en prendre la place.
C'est sous ce» pointe de vue que l'artiste doit considérer ce monument à jamais fameux. Quand on pense à ce qu' Arnolphe eut d'abus et de vices à éviter et à combattre, à tout ce qu'il pouvoit faire de mal et qu'il ne fit pas, à tout ce qu'il mit à la place de ce qu'on employoit avant lui , on voit qu'indépendamment des beautés réelles, qu'on ne saurait contester à son ouvrage, il faut lui savoir gré de tous les vices dont il s'est abstenu; lui faire un mérite de toutes les fautes qu'il n'a point commises : de sorte que , quand le monument ne serait point un chef— d'oeuvre, l'architecte n'en serait pas moins un des plu» grands hommes de l'architecture.
Mais on sera toujours forcé d'y admirer, avec Michel-Ange, une conception grande et hardie, une disposition sage , solide et légère a la fois , une combinaison de forces, qui, par cela qu'elle n'est que juste, étonne moins, mais aussi n'a rien d'exagéré ni qui avertisse l'œil des moyens mis en œuvre pour en trouver l'équilibre. On y reconnoltra une construction dont les principes ont changé l'ancienne manière de bâtir et qui préparait l'architecture à
j recevoir l'application de l'art et «le la méthode des anciens. Enfin on y verra le modèle des plus grands et des plus beaux édifices modernes en ce genre.
L'église de Sanla-Maria del Fiore , divisée en trois nefs formées par de vastes arcades oeintrées , le tout en pierre revêtue de marbre en plusieurs en-