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j des affût*. Les caoooi et les matières de métal sont rangés tout autour, à découvert , sur des lits de bois ou chantiers. Au-dessus des portiques doivent régner de grandes galeries propres à servir de magasins pour les fusils, épées, baïonnettes , pistolets et autres munitions de guerre qui doivent être à couvert.
On trouve plusieurs règles fort utiles, touchant la construction des arsenaux , dans l'Architecture de Goldman, liv. IV, chap. 11, p. 1^0; dans la Manière d'ordonner toutes sortes de portes de villes, de pouls , d'arsenaux, par Sturm ; p. 5.4 '• et dsus le second Essai d'Architecture de M. Fausch, part. 11*.
ARSENAL de marine. Grand bâtiment près d'un port de mer, où demeurent les officiers de marine , et où l'on tient toutes les choses nécessaires pour construire, équiper et armer les vaisseaux. Vitruve, liv. V, ch. xil , recommande que les arsenaux, pour les navires , soient tournés vers le septmtriou , parce que , dit-il , l'aspect du midi , à cause de la chaleur, est sujet à engendrer des vers et antres insectes qui carient le bois. Il faut aussi se donner de garde de les couvrir en bois , de crainte du feu. Leur grandeur ne sauroit être définie; mais elle doit être capable de contenir su large les plus grands 1 aisseaux.
ARSINOÉ, ville de l'ancienne Egypte, nommée jadis Crocoditopohs, on ville des Crocodiles, étoit la capitale du nôme appelé Arsinoite. Ce nom lui fut donné très-postérieurement. C'étoit celui de l'é|>ouse et sœur de Plolémée Philadelphe.
On trouve encore dans cette ville et dans le Fayoum , nom moderne de l'ancien nôme, un assez grand nombre de restes et de débris d'antiques constructions. De la ville ancienne , on ne voit plus qu'une grande montagne de ruines et de décombres, dont l'étendue, selon la nouvelle Description de l'Egypte, a environ trois à quatre mille mètres du midi au nord, et deux à trois miUe dans l'autre sens. Des fragment de statues en granit et en marbre, des débris d'une multitude de vases en terre et en verre, partout des constructions en briques démolies, voilà ce qui frappe les yeux.
Près de r. mies ces ruines, ou, pour mieux dire, à un quart de lieue du terrain qu'elles occupent, il existe encore un obélisque de granit rouge renversé à terre, et qui, en tombant, s'est rompu en deux morceaux. Les deux blocs de granit sont encore gisans l'un au bout de l'autre. Sa hauteur totale étoit de 3f) pieds ?. ponces. Les grandes faces, si l'on en juge ■par la seule qui soit visible , sont ornées de cinq tableaux d'hyéroglvphes qui en occupent la largeur. Ces tableaux sont placés les uns au-dessus des autres, et séparés par une réglette. Ce que cet obélisque a de remarquable, c'est qu'au lieu de se terminer par un yj ramidion, à la manière du plus grand nombre «le ces aiguilles, son extrémité a la forme d'une portion de cvlindre, dont la base se rapproche d'une courbe
ART
parabolique , qui termine le profil supérieur de chacun des petite coté*. Cet obélisque peut être considéré crainte le seul monument bien conservé de l'antique Crocodilopolis, depuis Arsinoé.
ART, s. m. Il ne sauroit être ici question d'embrasser, même d'une manière abrégée , tout les rapports sous lesquels le mot art peut être considéré, tant il y aurait de distinctions nécessaires à établir en on sujet si étendu.
Pour n'en cher que dru» , il y aurait , avant tout, à distinguer ce qu'on appelle arts mécaniques de ce qu'on nomme arts libéraux ou beaux-arts. Il faudrait ensuite faire, dans cette dernière partie, une division nouvelle des arts du dessin. Plus la matière poarroit être étendue , plus il est dans la nature et l'esprit de ce Dictiounaire d'en restreindre la théorie à un seul objet, c'est-à-dire, à l'art de l'architecture» C'est ce que nous tacherons de faire , après une trèscuurtc analyse de ce qui constitue les points de critique communs aux différent arts, autrement dit les points de vue sous lesquels ou peut les considérer.
Or, il nous semble que cette sorte de critique peut envisager chaque art dans sa nature propre , c'est-àdire , dans ce qui compose ses elcuicns ou ses attributions spéciales ; dans ses moyens, c'est-à-dire, dans ce qui compose l'action particulière qu'il lui est donné d Y ici ver sur nos organes et sur notre aine ; dans sa fin, c'est-à-dire, dans ce qui compose le genre de i et d'impressions qu'il peut produire, ou de i qu'il doit satisfaire.
Quoique tous les beaux-arts soient enfant d'une mère commune, ils n'en diffèrent pat moins entre eux dan* leur nature propre , dans leurs faculté* et dans leur but.
Ils diffèrent dans leur nature propre , parce qu'ils n'ont chacun, dans leurs attributions respectives, de correspondance directe qu'avec un certain genre donne de besoin ou de plaisir, lis diffèrent dan* leurs moi.ns, parce que ces inoyeus sont bornés par la diversité de leurs instrumeus, et par les barrières que la nature a établies entre le* ditférens organes du corps et entre les facultés diverses de notre .mie. Ils diffèrent dans leur fin, qui est de plaire , autant que diffèrent, et les routes qu'ils doivent parcourir, et le* besoins auxquels ils doivent correspondre.
Par exemple , quoique le plaisir de l'harmonie •oit dans le* attributions de la musique aussi bien
rde l'architecture, cependant l'espèce particulière moyens propres à ces deux arts , et la différence des organes qui peuvent eu jouir, fout qu'U n'y a aucune ressemblance entre lés effets sensibles de l'une et de l'autre harmonie. C'est qu'il y a dan* ce qui constitue la nature propre de ces deux arts la même diversité qu'entre le sens de l'ouïe et celui de la
elle et des et se con-
ART
çoit encore plus facilement à l'égard de ce qui forme la fin ou le but de chacun.
Ainsi , il est de* arts dont la fin principale est d'exprimer, de peindre, et d'émouvoir en nous les passions. Leurs moyens tout les images des choses ou immatérielle* ( dans la poésie ) , ou matérielles ( dan* la peinture). Le but de l'architecture, qui n'imite aucun être sensible et n'exprime que des rapports abstrait* , est de produire en nous des impressions résultant des idée* d'ordre, de proportion, de grandeur, de richesse , et d'autres qualités semblables.
La poésie, par de* moyeu* intellectuels, c'est-àdire, par l'entremise des idée*, nous fait voir le* choses. L'architecture, par les choses mêmes et l'emploi des objets les plus matériels , nous fait apercevoir les rapports les plus intellectuel*.
On ne s'étendra point ici sur le* détails et le* applications d'une théorie qui, même eu abrégé, serait la matière d'un grand ouvrage , et dont on trouvera quelques deveioppenicns aux mots Architecture, Imitation , etc. Il nous suffit de faire voir que chaque art étant différent par sa nature propre, par ses moyens et par sa fin, c'est des diverses applications de cette distinction élémentaire, que doit résulter la définition théorique de l'art de l'architecture.
Nous dirons donc que , considérée tout le rapport de sa nature essentielle, l'architecture est un art fondé sur le besoin, et dont l'un it.it km purement idéale n'a rien de matériel ou de positif; qu'il tire de la nature , et de* arts qui en «ont l'imitation sensible, des analogies imitative*, mais qu'il n'imite aucune réalité; que ta forme n'est autre chose pour l'esprit, qu'une combinaison de rapport* de proportions et de raisons, qui plaisent d'autant plus qu'ils sont plus simplement exprimés.
Nous dirons que, considérée sous le rapport de ses moyens, l'architecture en emploie de deux espèces ; •avoir, les moyens matériels ou ceux de la construction , qui comprennent tout ce qui a rapport à la solidité, au calcul, à la science de la mécanique, etc. c'est-à-dire , au besoin physique; et les moyens intellectuels, qui tendent à produire ce qui doit plaire , tout à la fois, à la raison et au goût : et c'est ce qui en fait uu des beaux-art* ou arts du génie.
Nous dirons que , considérée sous le rap|K>rt de sa fin ou de son but, l'architecture participant de deux principes . celui du besoin et celui du plaisir , a réellement une double fin ; l'une , indépendante de l'art pris moralement , est de former à l'homme , et aux divers emplois de la société , des demeures et de* abris sûrs, commodes, solides; l'autre de faire servit
tion, les formes et leurs combinaisons, ports , leurs proportions , leurs ornement, et l'accord des parties avec le tout, soit au plaisir des yeux, snit à celui que produit sur l'une tout ensemble qui devient une imitation des harmonies de la nature , dan*
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D'où il résulte que l'architecture pourrait le définir un art mixte, enfant du besoin et du plaisir, qui doit nous servir et nous plaire, par l'union des formes les plus convenables aux besoins matériels de l'homme et des rapports les mieux assortis aux plaisirs de rame et de l'intelligence.
Cette définition , si elle embrasse bien l'universalité des emplois de l'architecture , et indique avec justesse son double principe, nous fait aussi coince que cet art offre de difficultés. Obligé de u plaisant , et de nous plaire en servant , on voit qu'il n'en est point où la partie matérielle, nu technique, et la partie morale, ou poétique, soient séparées par un plus grand intervalle. Quoique l'art de l'éloquence participe aussi de l'exigence de ces deux conditions, il faut reconnoitre cependant que le plaisir et le besoin y sont bien plus cootigus , bien plus liés entre eu» , et que le discours , qui est leur moyen commun , est aussi leur point d'union nécessaire. Mais quel rapport y a-t-il cotre la forme commandée par le besoin dans l'architecture, et la forme d'où résulte l'idée d'ordre et de beauté ? Quelle analogie entre ce qu'exigent les nécessités de murs , de piliers, de toiture, et les harmonies de proportions, d'ordonnances et d'ornemens? Nous convenons que les idées d'ordre , de symétrie et de rapports harmonieux , ont leur principe dans la nature de notre esprit. Mais l'idée de leur application à l'art de bâtir est tellement loin d'être une propriété nécessaire de l'exercice de cet art, que l'on ne trouve cette application chez aucun autre peuple , portée , à beaucoup près, au même point et avec la même perfection que chez les Grecs. Telle fut . en effet , chez eux l'intimité de la liaison entre l'utile et le beau , que si , dans leur architecture ■ on considère le point de vue du besoin , aucun autre n'en porte plus visiblement l'empreinte ; en sorte qu'on pourrait croire que jamais on n'y eut en vue le plaisir, et que si on l'examine du coté de la beauté et du plaisir, on serait tenté de penser qu'elle n'aurait jamais reçu la loi de la nécessité ou du besoin.
Il faut avouer que cette heureuse alliance aurait pu ne jamais se rencontrer ; et dans le fait , nous ne voyons pas qu'elle se soit produite ailleurs ; tant doit être rare cette juste combinaisou des élémens du besoin et du plaisir, soit dans les ouvrages des hommes, soit aussi dans les organes et les qualités de leurs auteurs. C'est de cet accord que naquit l'art en Grèce. C'a été, depuis, du désaccord des deux élémens qui se le disputent , que naquit le plus ou le moins d'altération de ses principes et de son goût, suivant que des causes dont on ne saurait rendre compte ici , donnèrent la supériorité particulièrement a la partie d'agrément , c'est-à-dire à la décoration , sur le système de l'ordre, et la raison fondamentale des types originaires , sarquoi reposent les règles de l'art. Tout art, en effet, doit avoir des règles, qui, le génie,
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entre lesquelles son action peut s'exercer librement. Maison conçoit que tant que ces règles ne posent pas sur un fondement plus solide que celui de l'exemple et des autorités arbitraires, soit des maitres, soit d'une routine aveugle, et tant qu'elles ne s'appuient pas sur un parfait accord entre le plaisir et le besoin, leur inefficacité en doit amener le discrédit.
ARTIFICE (FEUX D'.) L'art d'exécuter ces sortes de feux et de produire toutes les formes , tous les effets qui en dépendent par les différentes combinaisons du salpêtre, du soufre, du charbon et du fer, est traité fort au long dans le Dictionnaire des Arts et Métiers; nous y renvoyons nos lecteurs.
L'architecture n'a de rapport aux feux d" artifice, que par la décoration dont elle fournit les modèles , et dont elle dirige les différentes parties.
Les feux d'artifice s'exécutent ordinairement sur ce qu'on appelle des théâtres d'artifice. Supposant un dessin de théâtre arrêté, tant pour l'invention dn sujet que pour la décoration, il faut faire des plans, des profils et des élévations de la carcasse de charpente qui doit porter le genre d'édifice qu'on veut imiter par des décorations postiches. On y représente ordinairement des arcs de triomphe , des temples , des obélisques, des fontaines, même des rochers et des montagnes.
Quoique la charpente qui compose U carcasse du théâtre soit un ouvrage destiné à durer peu de jours, on ne doit pas négliger la solidité de son assemblage. Etant recouverte de toiles ou de planches qui en forment les décorations, et donnant prise au vent, elle pourrait être culbutée par une bouffée imprévue. On fait ces ouvrages dans des lieux particuliers et fermés, pour y diriger l'assemblage. Lorsque toutes les pièces sont bien faites , présentées et numérotées , on les démonte ponr les apporter sur la place où le spectacle doit se donner. Les revêtemeos de la carcasse de charpente se font ordinairement de toile peinte à la détrempe : on en termine les bords par des châssis de planches contournées, suivant que le dessin l'exige , en arcades , en festons , en consoles , en trophées , en vases . etc .
l,r> colonnes de relief isolées se font de plusieurs manières à leur superficie , car le noyau est toujours nécessairement une pièce de bois debout. Lorsqu'elles sont d'un petit diamètre, comme de 12 a i5 pouces, on peut revêtir ce noyau avec quatre ou cinq dosses, c'est-à-dire , de ces croûtes de planches convexes que laisse le premier trait de la scie. Si au contraire la colonne est d'un grand diamètre , comme de 4 pieds, on peut les revêtir de différentes manières , î ° de planches arrondies en portion convexe , en diminuant un peu de leur épaisseur vers les bords , suivant l'exigence de l'arc de cercle que leur largeur occupe ; 2° de planches minces resciées , appelées iw liges, qu'on peut plier en les douant sur d circulaires posés d'espace en espace horizontale
ART
le long de la hauteur de b colonne , de manière à prendre la convexité qui leur convient. On peut les revêtir aussi de toiles clouées, en rapprochant un peu le» ce in très qui embrassent le noyau de la colonne; eofm , de plâtre ou de torchis , si l'on est en un lieu ou le plâtre soit rare.
Lorsque les revètemens sont de planches ou de voliges, il convient, pour en cacher les joints, d'y peindre des cannelures à côte, ou à vive arête, suivant la nature de l'ordre de la colonne , et même des rudtntures. On peut aussi y peindre des bandes de bossage, s'il s'agit de couvrir des joints horizontaux. 11 est visible que les colonnes de relief coûtent beaucoup plus que celles en plate peinture , qu'on emploie ordinairement aux décorations des théâtres ; mais aussi l'effet en est incomparablement plus beau.
Tous les détails relatifs a la décoration des feux d'artifice se trouvent dans le Traité des feux d'artifice, par M. Frézier, d'où l'on a extrait le peu qu'on vient de dire.
Ces sortes de représentations sont susceptibles de toute la pompe de l'architecture, et l'architecte y peut prodiguer les richesses de l'art et du génie. C'est là que , par un véritable enchantement , il peut produire et faire succéder en un instant, sous nos yeux , tout ce que l'imagination est capable d'enfanter de merveilles. Tout ce que la fable , l'histoire , la géographie , les phénomènes de la nature , peuvent inspirer de sujets analogues à la fête , entre dans la composition des magiques tableaux dont l'architecte devient l'inventeur. Au moyen des machines et des figures qu'on peut mettre en mouvement , il est peu de sujets qui se refusent a la décoration des feux d'artifice. Il en est cependant qui , par analogie avec les moyens employés par l'artifice , peuvent se prêter i une plus heureuse illusion : de ce nombre sont le combat des anges , d'après Milton , b chute des géans, l'incendie de Troie , les forges de Vulcain, et d'autres objets de même genre , susceptibles d'être embellis de tontes les ressource, de la poésie et de toutes les variétés des arts.
Un feu d'artifice doit toujours être animé par
Îielque sujet historique, fabuleux ou allégorique, ous ceux qui ne mettent en oeuvre que les dilférens effets de l'artifice ne plaisent qu'aux yeux, et manquent en grande partie l'intérêt qu'ils peuvent produire. L'imitation est la première condition de tous les arts; il est dans la nature des choses que tout spectacle représente un sujet comme une action. Quoi de plus insignifiant et de plus muet pour l'esprit, que ces feux d'artifice dont tout le mérite consiste dans lés diverses oppositions de couleurs et du jeu varié des combinaisons du feu. C'est bien d'eux qu'on peut dire que tout le plaisir se dissipe en fumée , puisqu'ils ne bissent aucun souvenir, ni aucune trace dans l'esprit.
Indépendamment des ressources de l'art que l'arpent fournir à l'artificier, il doit encore le
qui eu les cou
ART
l'ordonnance des , trent dans b composition , et qui deviennent les couleurs du tableau. 11 doit veiller non-seulement à re que ces feux soient assortis les uns aux autres , soient contrastés dans leur ton et dans leurs mouvemens . mais encore à ce que toutes les parties en soient combinées avec le pbn général du spectacle indiqué par b décoration.
On sait que b poudre et les feux d'artifice étoieiit en usage à b Chine bien des siècles avant qu'ils fussent connus en Europe. On a même appris des Chinois plusieurs excellentes pratiques , qui ont été adoptée* par nos artificiers. Ce peuple, qui a poussé très-loin l'art des feux d'artifice, et il a excellé dans b variété des formes, des couleurs et des effets. On dit aussi que les Moscovites sont supérieurs dans cet art, et que leur artifice est surtout remarquable par b combinaison des figures , des mouvemens et des contraster du feu artificiel. La France a perfectionné la composition et la partie de décoration dans les feux d'artifice. On a conservé le souvenir et les dessins de plusieurs de ces feux , dont nous ne donnerons ici aucune description , parce qu'on les trouve détaillés à l'article Artificier, dans le Dictionnaire des arts et métiers. Les plus fameux furent celui de ilioG, donné par le duc de Sully dans b plaine de Fontainebleau ; celui de 16 1 2, a l'arsenal ; un autre , b même année, fait a la Saint-Louis, sur b Seine; celui de il*» , aussi sur cette rivière , a l'occasion de l'entrée de Louis XIV à Paris , après son mariage ; celui de b paix en 1739; un autre b même année, à l'occasion du mariage de Madame Première de France ; il fut exécuté sur le Pont-Neuf et sur b rivière, etc.
La cérémonie annuelle de b présentation de b haquenée au pape par le connétable du roi de Naples. b veille de Saint-Pierre , donnoit lieu tous les ans . dans b ville de Rome, a deux feux d'artifice, dont l'un se tiroit la veille, et l'autre le jour de la fete. La beauté de ces feux dépend oet de b magnificence du connétable, qui en faisoit les frais. En général , leur mérite consistait moins dans l'art de l'artificier que (Lins celui du décorateur ou de l'architecte. Il n'étoit pas rare d'y voir des imitations fort belles de temples ou d'autres monumens, mais dont le défaut étoit d'être sans rapport avec l'exécution du feu, qui n'en dessinoit point les contours. Elles sembloient être plutôt des représentations durables, faites pour figurer au jour, que des décorations postiches, et qui ne doivent attendre leur beauté que de b variété des feux , ou de leur union avec l'artifice. On a fait de toutes ces décorations un recueil dans lequel on peut trouver des idées heureuses et des compositions aussi variées que bien adaptées aux caractères différens que d'archi
qui
ARTISAN, s. m. Nom qu'on donne à professe un art mécanique
,4 ART
tri, que d'avoir annobli les arts d'agrément a l'exclusion des arts de première nécessité ; d'avoir distingué dans un même art l'agréable d'avec l'utile, pour honorer l'un de préférence à l'autre ; et cependant rien •le plus raisonnable que ces distinctions, à les regarder de près.
« Le premier objet des récompenses est d'encourager les travaux. Or, des tr"™* |,U' ^e,na^,ent flue
l'adresse de la main, la'sagacite de» organes, eTune industrie facile à acquérir par l'exercice et l'Iiabitude, n'ont besoin, pour être excités, que de l'appât d'un bon salaire. On trouvera partout des hommes robustes , laborieux , agiles , adroits de la main , qui seront satisfaits de vivre à l'aise en travaillant, et qui travail* leront pour vivre.
» A ces arts , même aux plus utiles et de première nécessité , on n'a donc pu offrir que la perspective d'une vie aiaée et commode , et les qualités naturelles qu'ils supposent ne «ont pas susceptibles de plus d'ambition. L'a me d'un artisan, celle d'un laboureur, ne se repait point de chimères; et une existence d'opinion l'intéresseroit ioiblcinent. >•
Quelque vraies que puissent être ces réflexions, on est cependant obligé de convenir que les arts mécaniques participent beaucoup, suivant leur espèce, an peu d'estime ou a la considération personnelle de ceux qui les exercent. La différence des jugemens a cet égard résulte des variétés d'opinion sur l'importance plus ou moins grande du savoir exigé par chaque profession mécanique. Disons aussi que du plus ou du moins d'intelligence ou d'instruction de ceux qui s'y adonnent , on passe naturellement a l'estime ou au peu de cas qu'on fait de leur profession , et réciproquement.
Tout homme, en effet , lorsqu'il mérite d'être considéré, communique à sa profession une estime qui ne peut qu'être avantageuse a ses progrès. Les artisans, a Rome, étoient citoyens, et donnoient leurs suffrages daus les comices. Les Crrecs surtout srmlilent avoir encore plus méconnu les distinctions d'estime entre les arts libéraux et les arts mécaniques , entre les artistes et les artisans. Tout artisan qui excelloit dans sa profession pouvoit se flatter, en Grèce , de voir son nom immortalisé, comme celui des plus habiles artistes. Nous connoissons encore le nom d'/tfrchitelés, ce fameux tailleur de pierresqui se distingua dans l'art de tailler les colonnes. On érigea , dans l'ile de Naxos, des statues à un certain ltixas, qui donna le premier la forme de tuile au marbre peiitliéliquc, pour en couvrir les édilices. Les noms de plusieurs autres artisans en differens genres nous sont également parvenus , et nous voyons que certains ouvrages prenoient le nom de l'ouvrier qui les avoit imaginés ou perfectionnés.
ARTISTE, s. n'.Ce mot est un synonyme du
ASP
synonymes , a prétendu lui affecter une différence d'emploi et de signification, eu égard au mot artisan.
Artisan, mot générique, fut d'abord la traduction unique des mots grec, latin, italien, n^-mr, artifex, artigiano, et signifia celui qui exerce un art quelconque.
Mais bientôt la distinction établie entre les arts mécaniques et les arts libéraux voulut que les professions de chacun de ces genres d'arts se distinguassent aussi par une variété de désinences du même mot, et le mot artiste fut donné à ceux qui exercent les arts du dessin.
Les anciens ne paroissent point avoir connu ces susceptibilités de distinctions, et nous trouvons le nom A'artifex donné aux hommes les plus célèbres par leur génie et leurs ouvrages. Cicérou, eu parlant de Phidias, dit : Ncquc enim illc artifex ciim facerrt Jotùs formant aut Minervat, etc.
Toutefois nous trouvons dans le latin un autre mot synonyme , celui A'opifex, qui a pu, ou d'après l'usage , on nonobstant l'usage , exprimer une différence d'idée entre les deux espèces d'arts dont on a parlé.
ASI1VELL1 frères , architectes célèbres. Ils étoient de Bologne , ou du moins \ i voient dans cette ville , vers l'an t too. Ce fut a peu près dans ce temps-la qu'ils bâtirent la grande tour de Bologne, a laquelle on a donné leur nom , et qui passe pour être une des plus hautes de l'Italie.
ASPECT, s. m. On entend par ce root la position dans laquelle un édifice ou ses différentes parties sont situés. On dit qu'un bâtiment est dans un bel aspect, lorsqu'on découvre une belle vue du lieu où il est placé : alors aspect est synonyme d'exposition. / i or. Exposition.) Mais le plus souvent aspect s'entend du point de vue pour lequel un bâtiment est fait ; on dit qu'il présente un bel aspect, lorsque l'ensemble de son ordonnance frap|ie agréablement les yeux du spectateur. Quelquefois aussi aspect se dit eu égard a l'effet que doit produire un édifice pour la place qui est en face. Dans ce sens, on doit accommoder et proportionner à son aspect l'ensemble et les détails , en raison de l'espace cl de la nature du local d'où l'on doit l'envisager. Sous cette acception , aspect n'est autre chose qu'optique. {Voyez Optique.)
Aspect se dit aussi relativement aux jardins. Il s'entend du coup-d'«ril que présentent ou les dispositions de l'art , ou les pointa de vue naturels dout l'artiste sait profiter pour la composition de son tableau.
Ces differens effets d'aspect ne peuvent bien se rencontrer que dans les jardins d'une certaine étendue, et dont le terrain irrégulier prèle a la variété des scènes et aux moyens d'en conserver la vue | Toutes les parties du paysage environnant, ménagées \ avec art pour être aperçues séparément ou au tm-
vers de* plantations artificielles , fc ment ce que nous appelons aspect.
L n terrain qui ne consiste qn'en plaines ne saurait fournir d'heureux aspects. Il est trop uniforme en lui-même ; et les variations que l'art pourroit y introduire deviendroicnt trop dispendieuses. Va pars montneux et parsemé de collines offre na tu relie ment toutes les inégalités de terrain qui animent la nature et ses aspects.
Il e*t donc de l'intérêt du goût , en ce genre , d'éviter les aspects trop bornés. Les yeux et l'imagination sont attristés de trouver trop tôt la (in d'un lieu qui leur plaît , et de l'idée que, parvenu à ce point, il faudra rr/venir sur ses pas. Il est des aspects pour toutes les saisons , pour toutes les heures du jour. On peut remarquer que ces scènes ou aspects font d'autant plus d'effet qu'elles sont moins attendues, et qu'il y a plus d'objet» e
ASSEMBLAGE, s. m. Se dit en architecture de l'art de réunir tus partir* avec le tout , tant par rapport a la décoration extérieure, que par rapport k l'intérieure. Cet art se manilestc principalement dans {'assemblage des ordres. Lorsqu'on décore un grand édifice, on place les ordres les uns sur les autre*, en ayant soin que les plus forts portent les plus foililes , que ceux-ci soient toujours plus délicats que les premiers. Ainsi, il faut que le dorique soit soi» l'ionique, et l'ionique sous le corinthien ; en sorte que les axes
Si les colonnes sont entièrement isolées, si elles sont chargées de tout le poids de l'entablement , Vitruve veut que celles du second ordre soient toujours d'un quart moindre* en hauteur que celles du premier, et celles dn troisième d'un quart moindres que celles du second. Cette règle, quoique fondée sur le principe 1 qne nous venons de prescrire , est cepen- \tScamozti. Le sentiment de ce dernier
est que la
du pied de la
supérieure
-, parce que, seton lui, la diminution des ordres, en montant, devient alors [Jus naturelle. Serlio rentre dans la doctrine de Vitruve , en prescrivant qne l'ordre supérieur ait toujours le* trois quarts de celui sur lequel il pose immédiatement, excepté aux édifices qui ont nn rustique nu pour première ordonnance.
M. Behdor, après avoir examiné ces différais senti mens , a cru qu'on devoit préférer la règle de Scataoïzi a toutes les autres. Voici ce qu'il prescrit a cet égard, et sur quoi il fonde sa préférence:' Lors-
• qu'on voudra mettre deux ordres l'un sur l'autre,
• il faut , dit-il , après avoir déterminé la diminution » de la colonne inférieure, se servir du deuù-dia— » mètre du haut du fût pour le module qui doit ré- » gler l'ordonnance supérieure ; par exemple , voulant » mettre le corinthien sur l'ionique , la colonne io-