‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 59 sur 258 · BAC · texte numérisé non relu

BAC

BACCIO D'AGNOLO , architecte florentin , né en i |t\i , et mort en i5.)3. Sa première profession fut U sculpture en bois. Il la quitta pour l'architecture, dans laquelle il se rendit célèbre, sans y avoir eu de maître et sa ru en avoir étudié les premiers principes ailleurs que dans l'analogie qui lie ensemble tous les arts du dessin. C'est au sujet de cet architecte, que Yasari observe la facilité avec laquelle l'architecture avoit été professée dans les premiers temps par beaucoup de personnes qui en ignoraient jusqu'aux termes et ne connoissoieut pas même les élémens de la perspective. Il est vrai, ajoutc-t-il, qu'on ne saurait exceller dans l'architecture sans un très-bon jugement, et sans avoir une connoissanec très-pratique de la peinture et de la sculpture , soit en marbre, soit en bois. La raison de cette facilité qu'ont les peintres et les sculpteurs a apprendre l'architecture , continue Yasari , est que les uns et les autres , soit dans les rapports des statues avec les édifices, et de l'ornement avec l'architecture, soit par la nécessité de faire cl de peindre les fonds d'édifices dans les tableaux , sont forcés de connoître cet art , et de faire l'étude des mesures qui y sont relatives. ( f^oyet Architecte. )

Ce fut donc par cette route que II parvint à l'intelligence de l'architecture. Après avoir sculpte les belles stalles du chœur de Santa Maria Novctta , fait les ornemens de l'orgue de cette église , et beaucoup d'autres ouvrages de ce genre à Florence , il quitta sa patrie pour aller à Rome, où il consacra son temps a l'étude de l'architecture. De retour à Florence , il eut occasion d'y développer son nouveau talent, lors de l'entrée que fit Léon A dans cette ville, où il éleva à l'honneur de ce pontife plusieurs ares de triomphe en bois. Bientôt la réputation qu'il s'étoit acquise lui procura la conduite des édifices les plus considérables. Il eut part à la construction de la salle du grand pabis. Il bâtit le palais Bertolini , sur U place de la Trinité , et le couronna par un bel entablement copié sur un frontispice antique. Yasari , malgré toutes les beautés qu'il y admire , lui reproche trop de hauteur. Bacrio eut à essuyer bien d'autres critiques dans la décoration de ce pabis. On n'avoit point encore imaginé, avant lui , d'orner de frontons les fenêtres des palais, d'employer les colonnes à l'embellissement des portes, ainsi que les autres membres de l'entablement. Cette innovation de notre architecte lui attira des satires et des railleries de toute espèce. On lui reprochoit d'avoir fait une église en voulant faire un palais. Bacrio ne répondit à tous ces sarcasmes que par cette inscription , qu'il fit placer en grandes lettres sur la porte du palais : Carpere promptiuj quàm mu tari.

lu grand nombre de plais dont l'énumcration serait trop longue, et qui ornent la ville de Florence, ont assura à Baccio une place illustre parmi les grand* architectes. Il eut part à toutes les entreprises considérables de son temps. Bruncleschi avoit laissé à terminer la galerie qui devoit environner la grande coupole de Santa Maria dcl Fiorc. Les dessins qu'en avoit faits ce grand homme s'étoient perdus. Baccioful chargé de cet ouvrage. Il en fit le dessin et les modèles. Déjà il avoit mis h main à l'œuvre , et déjà l'on en avoit exécuté la huitième partie : Michel-Ange, à son retour de Rome, vit qu'on tailloit les pierres d'attente que Bruneleschi avoit laissées à dessein ; il trouva petits et mesquins les projets de Baccio y il comparait sa galerie à une cage à poulets. Enfin il fit l un autre projet , qui n'excita que des débats entre les artistes; les opinions se partagèrent, et l'ouvrage est resté imparfait.

Baccio, quoique employé aux plus grands travaux de l'arclùtecture , n'avoit pas renoncé entièrement à ceux de la sculpture d'omemens. Yasari nous apprend qu'il n'avoit pat quitté la boutique qui lui servoit d'atelier; c'étoit au contraire le rendez-vous d'un grand nombre d'amateurs, et surtout des premiers artistes du temps. Raphaël d'Urbin , jeune alors, Sansovino, Philippino, Mayano, leCronaca, les San Gallo, s'y rassembloient , particulièrement l'hiver, pour y discourir sur les arts, et Michel-Ange se rendoil quelquefois a ces réunions.

Baccio mourut à quatre-vingt-trois ans , laissant trois fils, Giuliano, Philippo et Domcuico. Le premier lui succéda dans les ouvrages qu'il avoit commencés.

BADE. Y il le antique de Suisse ; elle se nom moi t autrefois Aquat tltlvtlia ou Castellum A quorum . Elle dut sa première origine a ses bains, qui étoient déjà célèbres du temps d'Auguste. « C'est une chose » tont-à-fait admirable , dit La Martinière , que ses •• bains se soient conservés jusqu'à ce jour durant tant » de siècles. On a trouvé une très-grande quantité de » monuiueus de son ancienne magnificence , qui jus- " ii lient ce qu'en dit Tacite. L'an ijfao, comme on » ouvrit la grosse source des bains, on y trouva quel- » ques figures de divinités païennes, quelques statues » d'anciens Romains, faites d'albâtre, et quelques » pièces de monnoie romaine en bronze. »

BADIGEON, s. m. Espèce de peinture en détrempe dont se servent les maçons pour donner aux enduits de plâtre la couleur de la pierre. Elle se fait avec des recoupes de pierres écrasées, passées au tamis et délayées dans l'eau. On trace ensuite sur cet

et de

porte*, de* arc* en rôtissoire , de» p claveaux.

Oo t'en sert aussi pour réparer le* défauts des pierres ou de leurs joints , en y mêlant du plâtre , et

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