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BADIGEONNER , v. a. C'est colorer avec du badigeon un ravallcment en plâtre fait sur un pan de bois, ou sur un mur de moellons, de briques, etc. Quand on veut que le badigeon imite la pierre de Saint-Leu , qui est plus jaunâtre, on v met de l'ocre , pour le rendre plus colore.

On badigeonne encore avec différent colorantes , par exemple , des murs et < noircis par le temps, pour 1 delà,

BAFFA. (^o/m Pathos.)

BAGANX'M , selon Ptolémée , et Bagacum , suivant l'Itinéraire d'Antonin, est une ville très-antique du Hainaut. Elle se nomme aujourd'hui Bavay , et elle est encore célèbre par les beaux restes d'antiquité* qu'elle renferme. In grand nombre de ruines attestent que cette ville, actuellement fort petite, était autrefois aussi étendue que florissante.

La pierre à sept coins est un des monument les mieux conserve* qu'on y voit. Elle est posée aujourd'hui au milieu de ht place. On la substitua , dans le siècle , a une autre plus ancienne et d'une

Dt aboutir sept chemins militaire*.

Le* habitans de Bavay appellent murs des Aldus les reste* du bel aqueduc qui amenoit l'eau de cinq lieues de distance , depuis Floursîe et Avesnes. Elle passoit sou» la Sambre , remontoit par des tuyaux de plomb dans un château d'eau , d'où elle étoit dirigée dans un canal pavé de terre cuite , porté par des arcades. A l'embouchure de cet aqueduc, on remarque encore les vestiges des lia ti mens spacieux et magnifiques qui formoient les thermes. Les bains étoient pavés de pierres bleue* très-polies, et d'une grandeur extraordinaire. Les cloaque* qui formoient les décharges des eaux de ces bains servent aujourd'hui de caves aux habitans de Bavay.

Il y avoit dan* l'enceinte de* ancien* murs ruine* de cette ville un superbe monument , érigé en l'honneur de Tibère lors de son arrivée a Baganum. Le* statues de cet empereur et de Livie, sa mère, y étoient placée* , avec une inscription qu'on voit encastrée aujourd'hui dans la muraille qui entoure la maison des Oratoriens. On y admire encore le* deux statues dont nous avons parié.

BAGUETTE , s. f. Petite moulure ronde , moindre qu'un astragale, et quelquefois taillée d'ornemens, dont on se sert dan» le* profils d'architecture.

, d'un

BAI ,37 Elle reçoit plusieur* nom*, de la diversité de ses ornemens. Ainsi l'on dit :

Baguette à roses. C'est celle qui est taillée en ruban tortillé autour, tant plein que vide, avec roses sculptées dans les intervalle*.

Baguette à rubans. C'est une baguette taillée en rubans tortillé* ou croisés , ou tortillés double , et aussi avec baguettes et feuille* de laurier sculptées dans les intervalles.

Baguette à cordon. Moulure i don tortillé avec ou sans feuilles sculptée intervalles.

Il en est encore plusieurs, k feuilles I à feuilles de chine, a bouquets de laurier. ( Foyez AjrrasoALE.)

BAIIU , ». m. C'est le profil bombé d'un de mur, de l'appui d'un quai, d'une fossé ou d'une balustrade.

BALE. {Foyez Baies.)

BAIES. VilW antique d'Italie située entre le cap Misène et Puteoli , aujourd'hui Pouizol, dans un golfe particulier qui fait partie de celui de Napies. Fort petite par elle-même , si l'on en croit Jotèphe , qui l'appelle une villette , cette ville ne dut sa réputation qu'au luxe des Romain*. Les constructions dont ses environ* furent bientôt rempli* lui donnèrent enfin l'apparence d'une très-grande ville. Aristohule, roi de Judée , débarquant a Baies pour venirâ Rome , se croyoit arrivé dans la capitale de l'univers. Baies étoit le lien que les riches et le* voluptueux de Rome avoient choisi pour en faire le centre de leur* débauches, et y cacher leurs dérèglemens à leurs concitoyens t aussi fut-il bientôt décrié. On le mettoit , ainsi que Canope en Egypte et Dapliné près d'Antioche , au nombre des séjours de la licence et du libertinage. Si le sage , dit Sénèque ( Epit. u) , veut choisir une retraite , il ne préférera point Canope , quoique personne n'empêche d'y vivre en homme de bien ; il songera tout aussi peu à Baies , etc. Mais les scrupules des Romains se dissipèrent bientôt. La beauté du climat , La richesse du port, le grand nombre de maisons délicieuses qui bordaient cette côte , en firent une des villes le» plus fréquentées de l'Italie. Les restes prodigieux de* c qu'on y i deur.

On voit sur son rivage trois édifices qu'on appelle des temple* , et qui , plus probablement , ne sont que des restes de palais ou de thermes.

Le premier *e nomme temple de Vénus. C'est une rotonde ruinée dont une partie de voûte subsiste encore , quoique elle ne «oit soutenue que d'un côté. On y remarque trois chambre* , qu'on appelle chambres ou bains de Vénus. Il n'y en a que deux qui méritent attention. L'une est sur un plan carré : le plan de l'autre «t moitié carré, moitié ovale. Les

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voûte* de ces deux chambres sont reparties en caisson) remplis de stucs de la plus rare beauté. On y voit représentée d'une manière admirable Venus Ànadyomène, avec des tritons, des néréides, etc. Cm ouvrages se sont bien conservés jusqu'à nos jours, ce qu'il faut attribuer au peu de relief qu'ils ont.

Le second de ces temples , que les uns disent être de Mercure, et d'autres d'Hercule, est à cent pas du premier. Il consiste dans une grande rotonde bâtie en briques. Sa forme et sa construction sont trèsbelles. Elle reçoit le jour par une grande ouverture circulaire au sommet de la conpole , comme le Panthéon de Rome, et par quatre autres fenêtres. Son diamètre est de vingt-cinq pas communs, et sa voûte est elliptique.

Le troisième édifice, auquel on a donné le nom de temple de Diane , quoiqu'il soit probable que c'était une partie des thermes de Pison . est encore une rotonde en briques dont la voûte s'est écroulée , et dont le diamètre inférieur est de < \o pieds 7 pouces. Le plan extérieur est octogouc. Sept grandes fenêtres et quatre vastes niches divisent l'intérieur. On y remarque des conduits qui occupaient l'épaisseur des murs, et portoient les eaux du haut en bas de l'édifice. Il y a aussi plusieurs galeries presque enterrées. Tous ces édifices sont bâtis en briques, dans un paya cependant où la pierre est très-commune. A l'égard des voûtes, elles «ont faites la plupart d'une lave trèsspongieuse et très-légère , qui ressemble a la pierreponce. Cette matière est très-propre à former aussi de vastes coupoles qui ne sont point destinées à supporter de grands pokls. ( l'oyez Lave. )

Ce qu'on appelle le tombeau d'Agrippine est une partie de bâtiment en forme de demi-cercle , avec des gradins et une galerie tout autour, ce qui semble indiquer un théâtre. La voûte est ornée de corapartimens en stuc , traités de peu de relief, et dont les cadres , ainsi que les figures, sont du goût le plus excellent. On dislingue aussi sur ces murs des restes de peinture. Ce lieu est enterré, et l'on n'y peut entrer que par une ouverture faite exprès. On ne saurait même s'y tenir debout, tant le terrain est exhaussé : aussi les (lambeaux dout on se sert pour v voir les précieux ornemens de la voûte l'ont tellement enfumée , qu'on a de la peine à en distinguer la trace.

Les environs de Baies sont remplis de souterrains sans nombre ; un des plus fameux est celui qu'on appelle eento camerrttc, les cent chambra. C'est une suite de chambres voûtées qui communiquent les unes dans les autres. On les nomme aussi labyrinthe ; et dans le fait on pourroit s'y égarer. Elles sont presque toutes comblées, et l'on n'entre dans la plupart qu'avec beaucoup de peine. Il s en a aussi de plusieurs étapes, les unes au-dessus des autres. Toute cette construction , dont on ne devine pas l'emploi , paroit avoir eu pour objet principal de servir de base et de soutien aux terrasses de quelque grand édifice.

Le monument le plus entier qu'on voie près de

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Il Baiet est celui qu'on nomme la piseina miroUU, la citerne admirable. (fôr« Cinta>re.) C'est un grand bâtiment situé à 800 toises au midi de cette ville , entre mare morte et le rivage de la mer. Il a 216 pieds de long , sur 8^ de large. Il est soutenu par &ti gros piliers disposés sur quatre files. On croit que

I cette citerne fut bâtie lorsque Agrippa conduisit uuc armée navale a Misène, ou bien du temps de Pisou , pour donner de l'eau douce i ce port.

Les restes des maisons de plaisance qui bordoient cette côte, et dont une partie s'avançoit jusque dans la nier, ne laissent plus aujourd'hui que des doutes sur leurs foi-mcs et sur leurs anciennes dénominations.

BAIGNOIRE, s. f. C'étoit, dans les bains des anciens, un vaisseau destiné a se baigner. On peut croire qu'il s'en faisoit de plus d'une manière. M. Burette le donne à penser, en nous apprenant qu'il y en avoit de deux sortes, les unes fixes et les autres mobiles. Ces dernières se Irouvoient faites exprès pour être suspendues eu l'air ; on y jniguoit, au plaisir de se baigner, celui d'être balancé et comme bercé par le mouvement qu'où imprimoit à la baignoire. C'étoit peut-être à cet effet qu'on atUchoit de chaque coté de la baignoire ces grands anneaux dont on voit la représentation figurée aux baignoires de marbre qui nous sont parvenues.

Nous n'en connoiasons que de cette dernière ca~ pèce. Elles ne différaient entre elles que par la qualité du marbre et par l'étendue qu'on leur donnoit. Il est peu de fontaines à Borne qui n'aient pour bassin une de ces baignoires antiques. Les plus ordinaires sont en marbre blanc ; il s'en trouve eu basalte, eu granit et en porphyre. Les moindres, pour l'étendue, ont six pieds de long; il paroit qu'elles ne servirent que pour une seule personne, et dans les bains particuliers. Mai» il y en avoit dans de plus vastes dimensions qui occupaient les grandes salles des thermes, et oû plusieurs pcrsouuessebaignoienlà la fois. Telles sont les baignoires de la villa AfeJki et celles des fontaines de la place Farnèse.

Ces dernières sont de granit oriental. La plus grande a 18 pieds de long sur 10 de large, et 4 pieds 3 pouces de liant. Les bords, ou ce qu'on appeloit lahrum, ont i5 pied* de large. Ils servoient à s'asseoir, ou du moins à s'appuyer, pour se laver plus commodément. Le ville de la baignoire a 16 pieds de long sur 7 pieds et demi de large, et 2 pieds 10 pouces de profondeur; de sorte qu'il pouvoit contenir douze à quinze personnes. L'autre est un peu moins grande ; elle n'a que 18 pieds de loug sur 9 pieds 1 pouce de large. Le vide est de 1 5 pieds et demi de long, sur G pieds et demi de large et 2 pieds o pouces de profondeur. On trouve aussi d'autres baignoires ornées de bas-reliefs et de tètes de lion qui servoient à l'écoulement des eaux.

11 faut distinguer des baignoires dout nous ve-

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nova tic parler, et qu'on nointnoit baptisteritun, celles qui étaient en forme de bassin creusé ou saillant. On les nomiuoit piteina. 11 y en «.voit de telles dans tous les bains publics; et cette sorte de baignoire étoit principalement destinée à la multitude. Il s'en trouvoit aussi quelquefois dans les bains particuliers, a en juger par la description qne Pline nous fait des siens. On entre, dit-il, dans la salle de* bains, où est un réservoir d'eau froide. Cette salle est grande et spacieuse. Des deux murs opposés sortent deux baignoires circulaires, si larges et si profondes, qu'on pourrait y nager à l'aise. ( Fuyn Bims. )

Dans les usages modernes, les baignoires se font de cuivre rouge. Elles ont ordinairement 4 pieds et demi de longueur, sur > pieds et demi de largeur, et environ at> pouces de hauteur. Ces baignoires sont eta niées en dedans pour empêcher le vert-de-gris, et sont souvent décorées en dehors de peintures à l'huile, relatives à leur usage. Pour plu» de coiuiuoledans des linge» piqués et de» oreilcotés. A leurs extrémités supérieures robinets à droite et a gauche -, l'un pour distribuer de l'eau chaude amenée de l 'étuve ; l'autre de l'ean froide tirée du réservoir. Au fond de la baignoire est pratiquée une bonde qu'on lève pour faire écouler l'eau , à mesure qu'on a besoin d'en remettre de la chaude, ou de la renouveler, selon le temps qu'on veut rester au bain. Cette bonde fermée con- . l'eau; et lorsqu'elle est levée, elle se précipite i un tuyau de décharge , d'où elle se perd dan»

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Ces baignoires sont ordinairement placées dan» de» niches, qui prennent le plu» souvent la forme d'un de leurs cotés, et sont couvertes d'nn baldaquin ou impérial décoré de pentes et de rideaux.

Par économie , les baignoires se font quelquefois de bois , et se portent chez les particuliers.

BAIN ou BOUIN, s. m. On dit maçonner à bain ou a boum de mortier, lorsqu'on pose les pierres, qu'on jette le» moellons, et qu'on assied les pavés en

BAIN, BAINS, s. m. , du latin balneum, bai- *ea. C'étoient cher les anciens des lieux plus ou moins spacieux, plus ou moins publics, consacrés à l'usage alors universel de, se baigner.

Ce mot comporte donc un très-grand nombre de notions. Il en est qui sont relatives a la santé, c'està-dire à l'usage que la médecine en peut prescrira selon les maladies et selon la diversité des climats, etc.

En nous bornant aux notions relatives a l'objet de ce Dictionnaire, nous trouvons qu'elles seraient encore trop nombreuses pour être la matière d'un seul article. Mais comme il exista deux noms donnés chex le» anciens aux établissetnens des bains publics , savoir : Balnea et Thtrma, nous diviserons ce qui,

I sous ces deux mots, est relatif à I ' deux articles.

Au mot bain, nous traiterons de» pratiques particulières a l'usage de se baigner, soit dans les édifices publics construits pour cet objet , soit dans les maisons particulières où rarchiteetc devoit établir des locaux plus ou moins spacieux

thermes, nous douncrons, d'après les monument encore existons, des descriptions étendues, soit de la construction et des détails , soit de la distribution , soit de la décoration des bains , envisagés dans leur rapport s|iécial avec l'art de bâtir et l'archi-

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