BIA
celle d'un œuf , à force de bras, toute cette une heure, et on en forme des tas vingt-quatre heures en
et durant trois ou quatre jours en hiver,
BEVEAU ou BIVEAU, s. m. C'est un instrument semblable à une fausse éqnerre, dont les branches sont quelquefois mobiles et quelquefois fixes, avec cette différence qu'une des branches est ordinairement courbe ou bombée , selon la douelle d'un arc ou d'une voûte, et l'autre droite, selon le joiut de coupe. Quelquefois aussi uu bras est bombé et l'autre creusé. Il y en a encore dont les bras sont creux en dedans.
Cet instrument sert principalement à prendre l'angle formé par la surface courbe d'une voûte et les joints de chaque pierre ou voussoir; à décrire toute sorte d'angles, et à marquer l'inclinaison des plans. Il a plusieurs autres usages relatifs h la coupe des pierres, qu'on peut voir dans les Traites de De-
Biveau vient du latin bivium, qui veut dire chemin fourchu.
BIAIS, adj. On entend par ce mol les obliquités qui se rencontrent dans la. construction d'un bâtiment , dans un mur de face ou mitoyen , et qu'on ne peut éviter, à cause des coudes que forment souvent les rues d'une ville ou d'un grand chemin, ou le | terraiu d'une maison voisine. Le talent de l'architecte est de les éviter, de les faire disparaître, ou de en tirer parti. Les jeunes archi- ; trop , dans les projets qu'ils font I, se proposer de semblables diffi- ! à les surmonter. Elles se préfréquemnieut dans la construction des édifices civils, que celui qui ne saurait opérer que sur des superficies régulières éprouveroit à tout moment , dans la plupart des villes , des obstacles au développement de ses talens. Le grand art eu architecture est de savoir mettre à profit les défauts mêmes et les irrégularités du terrain. Cependant on ne peut qne blâmer certains projets modernes, dans lesquels on a gratuitement , el sans nécessité, disposé de biais i édifices. Parts offre plus d'un exemple de ce : volontaire; et le Théâtre Italien , du côté qui sur le boulevard , est peut-être le plus révoltant de tous.
On distingue plusieurs sortes de biais; et ce terme te caractérise , suivant les cas , de la manière suivante.
Biais, gras ou maigre. Le premier a lieu lorsque l'angle d'obliquité est T aigu.
et le second lorsqu'il est
a par tète. Déviation d'un plan qui provient de ce que le mur de l'entrée d'une voûte , droite ou
BIB aot
rampante , n'est pas d'équerre avec ceux qui portent la voûte.
Biais passé. On appelle ainsi la fermeture d'un arc ou d'une voûte sur les piédroits de travers par leur plan.
BIAISER, verb. n. Etre porté obliquement, n'être ps d'équerre. La galerie du Louvre biaise du côté de la rivière , c'est-à-dire, qu'elle forme un angle obtus avec le jiéristyle.
BIA3SCO ( Basthélemi ) , architecte, né dans le territoire de Corne. Le désir de se distinguer sur un théâtre plus digne de ses talens le porta à Gènes , où il fut bientôt employé. On le chargea de la construction du nouveau môle et de la nouvelle enceinte de la ville. Parmi les édifices qui lui acquirent, dans cette ville , une grande réputation , on distingue trois palais qui appartiennent k la maison ttalbi , et le beau collège occupé ci-devant par les jésuites. Sa magnificence est telle qu'on l'appeloit leur palais.
BIBLIOTHÈQUE, s. f. Ce mot, composé de deux mots grecs (6i6ai« livre , el theca ou rrpositorium) , lieu où l'on serre , signifie un endroit destiné au dépôt des livres.
L'usage des bibliothèques est aussi ancien que la culture des sciences et des arts chez les peuples ch ilisès.
Il y avoit une bibliothèque sacrée dans le temple de Jérusalem , moins considérable par le nombre que la qualité des ouvrages qui la composoient. Lrs
ptiens curent de grandes bibliothèques . Diodore
de Sicile nous apprend que le roi Osy manduas en avoit fait construire une dans cet immense édifice qu'il avoit , dit-on , destiné à lui servir de tombeau . Au-dessus étoit cette belle inscription 4"XM . remède de famé. Muratori l'a fait revivre dans la riche bibliothèque que Modènc doit à ses soins.
Il ne nous reste plus que des souvenirs douloureux de ces fameuses bibliothèques des rois de Pergamc, de celle d'Alexandrie, de celles de la Grèce, el des nombreuses collections publiques et particulières qui existaient dans Rome , et que la conquête du monde avoit dû rendre aussi précieuses que nombreuses.
Vitruve nous apprend qu'il y en avoit dans toutes les maisons de grands, et que l'usage en étoit devenu général ; mais il ne nous dit rien de leur construction, de leur forme, ni de leur disposition. Ses préceptes sur ce sujet se bornent à recommander de tourner les bibliothèques du côté du soleil levant , <• parce que, dit-il, leur usage demande la lumière » du matin , outre que les livres ne se gâtent pas tant » dans celles qui sont orientées, que dans celles qui » regardent le midi et le couchant; celles-ci se trou- » vant sujettes aux vers et à l'humidité qui , c » temps qu'elle fait naître et nourrit les vers, » tribue encore à faire moisir les livres. ■•
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On a trouvé dans une maison de campagne d'Herculanum une petite bibliothèque, d'où l'on a tiré huit cents manuscrits antiqu es. La pièce où ils étaient renfermes n'étoit pas d'une grande étendue. Tout autour règnoient des tablettes élevées au-dessus du plancher, de la hauteur d'un homme , afin de pouvoir y prendre commodément les manuscrits ; d'autres tablettes isolées conpoient en deux ce cabinet par le milieu ; elles étoient de la même hauteur, et l'on pouvoit en faire librement le tour.
Les bibliothèques des Romains étoient composées d'armoires, dans lesquelles on plaçnit les livres ou rouleaux, et on les distinguoit par des nombres divers. Vopisque (in Tacito, c. vin) dit que la bibliothèque Llpienne avoit un livre d'ivoire dans la sixième armoire : Habet bibliotheca Ulpia in armario sexto librum elephantinum . Celle de Pline le jeune, dans sa maison de Laurentum, étoit également enfermée dans des armoires : la pièce qui la contenoit étoit circulaire et voûtée , et percée de fenêtres qui suivoient le cours du soleil : Cubiculum in apsidâ curvatum, quod ambitum sotis fenestris omnibus sequitur. Dans l'épaisseur des murs étoient des armoires en forme de bibliothèque , contenant une collection choisie de ses livres usuels : Paneti ejus in bibliotheca speeiem armarium inserlum est, quod non légendes libras sed leetitandos capit.
Les grandes bibliothèques publiques et particulières étoient embellies avec art de toutes les recherches du luxe ; on y prodigua même toutes celles de la décoration. Les intervalles qui n'étoient pas remplis par des armoires, étoient incrustés de plaques d'ivoire et de verre colorées diversement. Doece parle de ces ornemens(Co/iWaf. pios. 5) : jVcc bibliotheca potins comptas ebore ne vitro parietes, quàm tua mentis sedem requiro. On y vovoit aussi des statues en or, en argent et en bronze. CVtoient, comme Pline le dit, les effigies des grands hommes dont les ames immortelles habitaient ces demeures, et parlaient encore dans leurs ouvrages. Lorsqu'on ne pouvoit avoir leurs véritables portraits, on les restituoit d'après les notions que la tradition pouvoit en avoir conservées, ou d'après l'idée que leurs ouvrages laissoient présumer de leur figure. C'est à cette heureuse supposition que devons le portrait idéal
d'Homère. Ce genre de décoration étoit bien le plus convenable à ces sortes d'édifices. L'usage d'orner les livres des portraits de leurs auteurs avoit été connu pareillement des Romains. Marcus Yarro, selon Pline, paraît en avoir été l'inventeur.
Rome comptoit un très-grand nombre de bibliothèques. La découverte de l'imprimerie les a multipliées bien davantage chex les modernes. La liste seule des plus fameuses formerait un article considérable : mais les notions littéraires ou historiques que ce sujet comporte sont aussi étendues qu'étrangères à notre objet, n 'avant à l'envisager que du coté de l'architecture. Le "peu de monumens qu'on peut ci-
ter comme remarquables et dignes de leurs usages ne nous permettra point de longues descriptions.
La bibliothèque du Vatican, la plus fameuse par son ancienneté , par sa grandeur et le nombre de manuscrits précieux qu'elle contient, offre une suite de pièces en enfilade qui comprend une des ailes du Vatican, dans la longueur de l5o toises. Sa décoration consiste en armoires fermées, où sont les livres; elles sont ornées, dans toute la longueur, de vases dits étrusques, du plus beau choix et de la plus grande rareté. Cette longue galerie se termine, dans un bout, par le Musaum ehristianum et la Stanza de papy ri , dont l'architecture, la décoration et les peintures ont fait tant d'honneur au célèbre Mengs; et de l'autre elle aboutit au nouveau Muséum , auquel elle communique par une porte et un escalier de marbre qui répond à la grande entrée de la rotonde. La grande salle qui précède cette galerie et fait le principal vaisseau de la bibliothèque , a içj6 pieds de long sur 4» de large ; elle est partagée par sept piliers qui soutiennent la voûte; le tout est surchargé de peintures dont les sujets sont très -analogues au local , mais dont leur peu de mérite fait encore mieux sentir l'indiscrète profusion. L'on ne peut admirer dans la bibiothèqtte du Vatican que sa grandeur, sa belle disposition, et les détails curieux que le zèle des pontifes y a rassemblés pour l'instruction et le progrès des arts; l'édifice en lui-même n'a rien de particu- ] n ■ renient adapté au caractère et à la bienséance d'une bibliothèque. Ce n'est qu'un grand local dont on a approprié l'intérieur à sa nouvelle destination.
Le nom de Michel-Ange a rendu célèbre l'architecture de la bibliothèque de Médicis, à Floreuce. Le vaisseau qui la contient fut bâti exprès pour son usage, et décoré par ce grand artiste. Son intérieur poiie un caractère sérieux , assez analogue au local, mais qui vient plus peut-être de la couleur I bruue de la pierre que du style même de l'architecture. Sa décoration consiste en pilastres et en niches où l'on retrouve le cachet de Michel -Auge et ce goût des détails capricieux qui le font si aisément reconnoître; la construction de l'escalier n'en porte pas moins l'empreinte. Cependant l'ensemble de la salle et sa proportion ont quelque ch<ise de grand et d'harmonieux. L'extérieur de l'édifice n'offre rien de remarquable. (Voyez Bconaroti.)
La bibliothèque de Saint-Marc à Venise , bâtie par Sansovino, présente, tant au dedans qu'au dehors, l'idée d'uu monument plus riche et plus analogue à son objet. Malgré les contradictions que l'architecte y éprouva du côté de remplacement , du coté de la hauteur à laquelle il dut s'astreindre , par la largeur donnée du terrain , et par l'élévation des vieilles Pmcuraties ; malgré les jalousies de ses ennemis, et les traverses de toute espèce qu'il eut a combattre , Palladio jugeoit que cet édifice étoit le plus riche et
Ule mieux orné qui eût peut-être été fait depuis les anciens jusqu'à nos jours. Deux ordres constituent
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l'ordonnance extérieure de son architecture ; le premier est un dorique très-riche . et l'autre un ionique fort régulier, sur lequel règne une frise d'un goût exquis. L'entablement, très-riche lui-même, a pour couronnement une balustrade qui porte de belles statues, dues aux meilleurs disciples de Sansovino. Toute cette décoration est aussi magnifique et noble que pure et sévère. Les galeries de l'ordre dorique sont très-belles; les arcades en sont d'une belle proportion, et enrichies de figures sur les archivoltes; l'entablement en est maie, et la distribution des triglyphes est la plus exacte qu'on puisse voir. Les croisées du second ordre sont en arcades, dont les arebi-
cade du milieu conduit à un vestibule, où l'on trouve un bel escalier partagé par deux rampes très- ornées ; il est bien construit et voûté, mais un peu sombre. La pièce qui précède la bibliothèque est un salon qui servoit jadis pour les leçons publiques. Un en a fait depuis un cabinet ou muséum, enrichi destitues et de bas-reliefs; ce sont autant de monuniens précieux de l'antiquité. De là on passe dans la bibliothèque , qui occupe sept arcades du bâtiment dans sa longueur, et trois pour sa largeur; son plafond est orné de compartimens peints par les plus fameux artistes du temps.
Paris est peut-être la ville qui offre le plus de bibliothèques , et les plus considérables par le nombre et le choix des volumes; mais ces monumens
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présentent, la plupart, que l'idée d'un vaste magasin de livres. Les arts n'ont encore rien fait pour embellir ces temples de la science et du génie. La Bibliothèaue du Roi , la plus immense de l'univers, est peut-être celle de toutes qui doit le moins trouver place dans un ouvrage où l'on n'envisage ces sortes d'édifices que du coté de l'art qui les embellit. La bibliothèque de l'abbaye de Sainte- Geneviève doit pourtant obtenir une mention honorable ; elle se distingue de toutes les autres de la capitale par une belle disposition adaptée à son usage, et par une décoration non moins conforme à la nature du monument. Une grande croix grecque forme quatre vastes salles réunies par une petite coupole ; les bustes des plus grands hommes, anciens et modernes, placés sur des gaines, y rappellent l'usage antique d'orner les bibliothèques , et en font une galerie de portraits dont le spectacle est aussi intéressant que le coup-d'oeil en est flatteur.
Nous lisons dans la Vie de Jacques Gibbs, architecte anglais, la description d'une bibliothèque par loi bâtie a Oxford en 1 747 ; elle mérite de trouver ici sa place; on l'appelle la bibliothèque Radcliffe, du nom d'un célèbre professeur en médecine qui laissa Ao,ooo liv. sterling , ou 840,000 fr. pour cet objet. Cet édifice est une rotonde qui a un soubassement rustique , orné de plusieurs portes et de pluan-dessus duquel s'élève une colonnade
avec deux rangs de fenêtres et de niches placées alternativement. Sur l'entablement de cette colonnade règne une belle balustrade, avec des acrotères portant des vases; le tout est terminé par une belle coupole, d'un goût très-noble et très-simple. L'extérieur de cet édifice est d'un aspect majestueux , et ses détails sont d'un style élégant et pur. On ne peut critiquer, dans la disposition générale, que le second ranj; des fenêtres, qui ressemble a une espèce d'entresol, et les frontons inutiles qui sont sur les portes. L'architecte n'a |ias donné de moindres preuves de son gout a l'intérieur de ce monument, soit dans la distribuliou des apparteniens et des salles du rez-dechaussée, soit dans celle de l'étage supérieur. On trouve dans ce dernier une grande salle en forme de rotonde, décorée de pilastres ioniques, où l'on conserve les livres.
Quoique les bibliothèques soient des monumens qui exigent de l'architecture un style grave et soutenu , elles n'en comportent pas moins toute la richesse et toute la magnificence de l'art , qui peut v déployer ses ressources ; celles de la décoration peuvent s'y employer aussi avec succès. Un monument en ce genre, digne de sa destination, est encore un île ceux que l'intérêt commun dus arts et des lettres sollicite depuis long-temps , et qui n'ont jusqu'à présent exercé qu'en projet l'imagination des artistes.
BICOQUE , s. f. Se dit d'une petite ville ou d'une place mal fortifiée et de peu de défense.
BIENSEANCE, s. f. Lest par ce terme que l'on rend celui de décor, employé par Vilruve, et c'est celui qui |icut le mieux en faire comprendre le sens dans l'application qu'il en fait. La bienséance, selon l'écrivain romain, étoit une des qualités constitutives de l'architecture. ■ C'est elle qui fait que l'as- » pect d'un édifice présente un ensemble raisonné, » dont toutes les parties, loin d'être disposées au ha- » sard, sont toutes appuyées sur l'autorité. La bien- » séance est fondée sur la nature des choses et sur » l'usage ; ce que les Grecs expriment par le mot » thematismos .
» Par exemple, si l'on a égard à la nature des » eboses, on ne fera point de toit au temple de Ju— » pi ter foudroyant , ni à celui du Ciel , non plus qu'à » ceux du Soleil et de la Lune ; mais ils seront découverts, parce que ces divinités se font connoître en >• plein jour et par toute l'étendue de l'univers. D'a- ■• près les mêmes principes, les temples de Minerve, » de Mars et d'Hcrcaie, serout d'ordre dorique, parce « que la vertu de ces divinités a une gravité qui ré- » pugne à la délicatesse des autres ordres ; tandis » que Vénus, Flore, Proserpine et les Nvniphesdes » foutan u - , en doivent avoir d'ordre corinthien : la » gentillesse des fleurs, des feuillages et îles volutes » dont cet ordre est embelli convient à la légèreté de 1, et est d'accord avec la véritable bien-
séance. Il ne l'est pas moins de faire d'ordre ionique les temples de Juiion , de Diane , de Dacchus et des autres dieux de celte classe ; parce qac cet ordre, qui tient le milieu entre la sévérité du dorique et la délicatesse du corinthien, se trouve assorti au rang de ces divinités , et représente ..s-< / bien leur nature particulière.
» La seconde base «le la bienséance est l'usage. Il demande, par exemple, que, si l'intérieur des édifices est riche et somptueusement décoré, le dehors et les vestibules le soient aussi dans la même proportion : si le contraire existoit , que le dedans eut de l'élégance et de la beauté , tandis que les abords seroient pauvres et chétifs, la bienséance en seroit choquée .Un eu violeroit aussi les régies, si dans des architraves doriques on plaroit des denticules, si l'on tailloit des triglvphes sur des architraves ioniques, soutenus par des colonnes a chapiteaux oreillés, parce qu'en transposant ainsi les formes propres d'un ordre , et les attribuant à un autre , on hlesse les yeux du spectateur, habitué à voir ces choses disposées d'une .mire manière. • \ itrnve nous indique assez par là trois sortes de bienséances : la première est une bienséance relative à la nature même des édifices, et à la qualité des êtres ou des personnes pour lesquels ils sont élevés. Ailleurs, il nous dit encore que la bienséance exige qu'on proportionne a l'état des personnes, la richesse des habitations. {Voyez Appartement.) D'où l'on voit que cette bienséance qui , dans les temples , fixe a chaque dieu l'ordre qui lui convient selon son rang ou sa nature, et dans les édifices civils proportionne le degré de richesse à la condition des personnes, rentre daus ce que nous appelons le caractère propre à chaque bâtiment , relativement à sa destination et à son essence. {Voyez Caractère.)
La seconde sorti* de bienséance est relative a l'accord d'un édifies), et à celui que ses différentes parties doivent avoir entre elles : sous ce point de vue, bienséance veut dire accord et harmonie. {Voyez ces mots.)
La troisième espèce de bienséance est celle de l'usage ou de l'habitude : elle a rapport aux objets qu'un long usage a consacrés, et dont ou ne doit point se permettre de changer les formes ou la disposition, |iarrr que ces dérangemens, qui ne sont d'aucun avantage pour l'art, prést nteroient , sans nécessité, un nouvel ordre de choses, d>nt l'étrangcté ne pourrait qtie blesser la vue. {Voyez Convenance.)
III l.Z, s. m. ( Hydraulique. ) C'est un canal qui contient et conduit «les eaux , pour les faire tomber dans les roues d'un moulin.
BILBOQUET, s. m. Nom qu'on donne à tout j»etit carré de pierre , qui , ayant été scié d'nn plus gros, reste dans le chantier. On appelle encore bilboquets les moindres carreaux de pierre provenus de la démolition d'un "
BILLOT, s.
bois gros et court
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. Est en général un morceau de qui sert à toutes sortes d'usages.
BIPEDA , brique ou tuile de deux pieds romains anciens de longueur. On voyoit à Borne , du temps de Fabrctli , les voûtes d'un ancien portique , formées de briques de 3 pieds, bipedat , et de briques d'un pied et demi. Elles étoient réunies |iar leurs extrémités , et formulent une épaisseur de 3 pieds et demi. La première assise cumuiem^iil à l'intrados par la bipeda , et se terminoit à l'extrados par la brique d'un pied et demi ; la seconde coinuieuçoit à l'witrados par la brique d'un pied et demi , et se ( nnit à l'extrados par la bipeda: ainsi de i nativciuent. {Voyez Briqce.)
BISCUIT, s. m. On appelle ainsi les cailloux qui restent entirrs dans le bassin , après que la chaux est éteinte ou détrempée.
BISEAU, s. m. Se dit d'une extrémité coupée en talus. La plus grande partie des moulures se taille en biseau avant de recevoir l'arrondissement qui leur convient. Les plus anciens monumens de l'ordre dorique nous font voir l'échiné du chapiteau taillée en biseau. Cette forme s'arrondit dans la suite, et vint a former un quart de rond. {Voyez Doriole.) Les profils laissés ou taillés en biseau donnent à l'architecture un caracti're de force et de sévérité ; on peut quelquefois en admettre l'emploi. {Voy. Chanfrein .)
BISTRE , s. m. Est une couleur faite avec de la suie détrempée, dont se servent les dessinateurs pour laver leurs dessins. Les peintres et architectes anciens l'cinployoient de préférence à toute autre ; tous les dessins anciens sont lavés au bistre.
BITU ME , s. m. Terre grasse , qui tient de la i turc du soufre, et qui sert de mortier de Bagdad en S> rie. Il en est de deux espèces : le bitume dur, nui se tire des carrières, etloAcfu/nr liquide. C'est «le ce dernier que Sémiramis fit liaisonner les briques des murs de Bahylonc. Celte espèce <le ciment ne peut s'employer qu'avec la brique; il se lie parfaitement avec elle, mais il a l'inconvénient de ne point résister aux impressions de l'air dans les joints des paremens extérieurs; l'action du soleil le fait évaporer, et les jonctions de briques se minent insensiblement ; il y arrive enfin l'effet contraire de celui qu'éprouvent les constructions de Naples, où , comme on sait . la pierre se corrode, et laisse en saillie tous les joints ou toutes les assises du ciment. Aussi les anciens en faisoieut les couches d'une épaisseur presque égale à celle des petites pierres qu'ils ce l>ays.
BIZARRERIE, s. f. Terme qui exprime l'architecture,
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naires, et dont le seul mérite veauté même qui en fait le vice.
On distingue en morale le caprice de la bizarrerie. Le premier paroit être le fruit de l'imagination; le second , le résultat du caractère. Le caprice se manifeste dans les goûts, la bizarrerie dans les humeurs. Le caprice rend ridicule, la bizarrerie rend insupportable. Le caprice suppose de la légèreté, et semble n'être qu'une habitude fâcheuse qui peut se corriger ;
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: changer. Le capricieux enlin n'est pas bir, mais il est difficile que le bizarre ne soit pas en même temps capricieux.
Cette distinction morale peut s'appliquer à l'architecture , et aux effets différena du caprice et de la bizarrerie qui ont lieu dans cet art. Le goût capricieux est celui qui fait un choix arbitraire des formes connues, et qui par un mélange indiscret tend à dénaturer les principesde l'art ; le goût bizarre est celui qui les fronde, et qui , par un emploi de formes extraordinaires, cherche à renverser tout principe. Le premier entraine l'idée d'inconséquence et suppose l'oubli des règles ; le second résulte de la réflexion , et annonce un projet déclaré de les mépriser ou d'en faire de nouvelles. Le caprice produit un jeu puéril dont les suites peuvent cependant devenir dangereuses : la bizarrerie enfante uu svstèinc destructeur de l'ordre et des formes dictés par la nature. Le caprice n'agit en général que sur les détails ; la bizarrerie attaque les formes constitutives de l'art. Les abus naissent du caprice ( voyez Asus) ; les vices sont de la bizarrerie. Le caprice dicta qnelquesi des lois que l'usage et le respect de l'antiquité ont consacrées dans l'ornement : les plus grands hommes, les plus beaux siècles de l'art , l'art luimême, en ont éprouvé le pouvoir; la bizarrerie ne se rencontre ni dans l'antique ni chez les grands maîtres moderues. Ainsi le caprice a pu se montrer quelquefois sans la bizarrerie, mais celle-ci, à coup sûr, ne paroit jamais sans l'autre. Vignola et Michel- Ange ont quelquefois admis dans leur architecture des détails capricieux; Borromini etGuarini ont été les maîtres du genre bizarre. {Payez Bon non 1*1.)
Si la bizarrerie dans les mœurs porte plusieurs caractères de celle qu'on remarque dans les arts, et si elles émaneut toutes deux d'un même principe, les résultats de ce principe sont fort différeus quant à l'action qu'elles exercent, c'est-à-dire quant a la contagion de cette action. On observera que le vice de la bizarrerie dans les mœurs est une maladie ordinairement de quelques individus, lorsque dans les arts on voh qu'elle devient, si l'on peut dire, une épidémie.
C'est ce qui nous sera peut-être expliqué par les deux principes généraux qui , chez les modernes surtout , produisent la bizarrerie dans le règne des arts. L'un de ces principes nous paraît résider dans la itions modernes; l'autre
nous semble dépendre en particulier des passions et des intérêts qui exercent leur empire sur les artistes.
On ne saurait s'emiiècher, 11 uant au premier principe, de reconuoître à cette maladie moderne, comme caractère , une tendance particulière à se lasser des meilleures choses, et un dégoût produit par la : même de l'abondance. C'est effectivement, et en I genre, du milieu de la richesse et des jouissances que se développe ce malaise qui empoisonne les plaisirs, rend insipides les simples beautés de la nature, et appelle les raffinemens d'un goût corrompu.
Sans citer en preuve de ceci l'exemple des autres arts, l'Italie moderne nous offre, dans les révolutions que l'architecture a subies chez elle, la preuve la plus frappante de ce qu'on vient d'avancer. Les chefsd'œuvre de tout genre abondoient à Rome ; dans tous les raonnmen» qui s'y étoient multipliés , l'œil de l'artiste ne voyoit que des leçons et des modèles ; le géniejles anciens, ressuscité par les Bramante, les
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i , les Vignola , avoit ajouté à la théorie , qui ne parle qu'à l'esprit , les documens de la pratique, la plus éloquente pour les yeux. Qui n'eût pensé qu'un tel concours de causes devoit y maintenir le goût dans sa pureté, et le préserver au moins des grands écarts? Cependant le siècle suivant devoit être celui de la bizarrerie. La perfection rapide de l'art devoit , dit-on , en amener la chute. Le génie parut épuisé par les efforts qu'il avoit faits; les yeux s'étoient lassés des formes simples : on appela la simplicité monotonie , la sagesse froideur ; l'attachement aux règles parut de la stérilité, et l'innovation prit la place de l'invention.
On sait assez ce que furent les ouvrages produits sous l'influence de ce principe malfaisant, {f^oyei Borkomi m .) Scroit-il donc vrai que la perfection même à laquelle le génie fait , à de certaines époques, arriver ses œuvres, soit et doive être le principe du mal qui succède au bien? Ceci pourrait n'être qu'un paradoxe : nous ne croyons pas que le vrai , le bon , le juste, soient causes de leurs contraires; et nous peusons que si an semblable effet paraît se produire dans la succession du bon et du mauvais, il ne saurait être ni direct ni immédiat , mais qu'il tient a quelque autre cause mains apparente et bien plus réellement active.
Cette cause de la bizarrerie , nous la trouvons dans le goût immodéré de la nouveauté introduit chez les peuples modernes |>ar l'esprit de commerce , devenn l'esprit dominaut. Son influence n'a pu qn'ètre funeste à tous les ouvrages de l'esprit et aux arts du dessin. L'habitude, amenée par l'intérêt mercantile, de tout changer, de tout renouveler, et le plus promptement possible , dans une multitude d'objets de nécessité ou d'agrément, de besoin ou de luxe, ne peut pas ne se point communiquer aux arts, dont toutefois les modèles ne peuvent jamais changer. Il est vrai que ces modèles sont invariables ; mais ce qui peut toujours varier, c'est le goût de ceux qui les
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reproduisent, et la fantaisie de ceux qui en jugent l'imitation. Entre cet arU, l'architecture, plu* qu'aucun autre, est exposée aux influences de l'esprit de mode , parce que son Trai modèle ne frappe pas les yeux par une existence ou une foruie réelle. Se pourroit-il, en effet , que tout étant dans un état de mobilité continuelle, au milieu d'une société, l'art de former ou d'embellir les demeures et les édifices eût des principes plus fixes que celui qui les liabite ?
L'arcbitecturc invoqua donc le secours de la bizarrerie. Celle-ci marche toujours à la suite de la mode; on se cache derrière elle. Un besoin réciproque les unit. La mode verroit bientôt tomber son pouvoir, si la bizarrerie cessoitde rajeunir ses attraits. Leur union assure leur autorité. L'une se charge d'inventer, l'autre de prêter ses charmes à l'invention. Le secret de la bizarrerie est connu. C'est par l'exagération qu'elle procède, c'est par les excès qu'elle saisit les sens. C'est par l'extraordinaire qu'elle capte les suffrages. Formes les plus incommodes , contours hors de tout usage , dispositions étranges , voilà ce qu'elle fournit à la mode , pour qui tout est bon , pourvu que l'objet du jour diffère du celui de la veille. Introduite dans l'architecture, la bizarrerie trouva grande matière à j développer ses ressources. {forez Borromim.)
Sans doute les arts «lu dessin, et l'architecture surtout , se seroient préservés de» caprices de la mode et des travers de la bizarrerie , s'ils eussent trouvé chez les modernes comme chez les anciens , dans la stabilité des mœurs, dans la fixité d'institutions protectrices, dans l'influence même d'un grand nombre de besoins, une véritable sauvegarde contre les exigences de l'esprit de commerce , et particulièrement de ce luxe de vanité puérile qui est devenu en quelque sorte aujourd'hui le principal aliment des artistes. Or, comme on le voit , l'esprit de luxe en petit ne saurait produire rien de grand. Tout tend donc à se rapetisser au gré d'un nombre infini de petites fantaisies. Dès-lors rien de grand dans les entreprises de l'art ; et sans grandeur dans les causes, il ne saurait y en avoir dans les effets.
On vient d'indiquer une des sources de la bizarrerie qui affecte le régime des beaux-arts dans le principe général de la nature et de la constitution des nations modernes. Indiquons en peu de mots le principe particulier dont les effets agissent particulièrement sur les artistes, et les portent à la bizarrerie.
Ce principe est celui qui produit un faux amour de gloire, et fait dédaigner les routes battues par les prédécesseurs. Le mérite de l'originalité est rare en chaque genre. Comme il a toujours fait la réputation de ceux qui y sont parvenus, une vanité ignorante persuade aisément que, pour fixer sur soi les regards, il faut se faire remarquer à quelque prix que ce soit. Dès-lors, confondant la singularité avec l'originalité, l'artiste ambitieux à contre-sens négligera cette étude des grands modèles, qui est la véritable initiation à