‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 77 sur 258 · BLA · texte numérisé non relu

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de la chaut; il 1a terre est My y mêle un sixième de chaux et .m tant de bourre.

La seconde couche se fait avec de la chaux éteinte depuis six mois au moins, et de la bourre fine de tondeur de draps; si l'on a de la terre d'un beau blanc , on peut en mêler un peu avec de la chaux après l'avoir réduite en poudre très-fine : ce mélange rendra l'enduit plus ferme.

Les revètiasemens faits avec le blanc en bourre , qu'on appelle aussi batisodage , acquièrent une beauté supérieure à ceux qu'on fait en plâtre, mais ib n'ont pas la même solidité. On se sert encore de cette matière pour plafonner, pour faire des corniches, des cadres ou des profils : ceux-ci se poussent au calibre avec encore plus de netteté que ceux en plâtre.

Les plafonds de blanc en bourre se font en deux couches, comme le» autres enduits ; la première s'applique sur un lattis , comme pour un plafond en plâtre. On prétend que cette sorte d'end uit résiste mieux à l'humidité que le plâtre, et que, dans le cas où un plafond de cette nature seroit bâti sous un toit où seroit une gouttière, l'eau n'y feroit qu'un seul trou. On y trouve encore l'avantage d'en réparer facilement ies endommauemens.

Le blanc en bourre se fait avec de la chaux , du sable , de la terre franche , de la terre glaise , de la craie , de la marne ; mai» la meilleure matière est la

BLANCHIR, v. a. Se d it en architecture de» procédés qu'on emploie pour redonner k un édifice sa première blancheur et la fraîcheur de la nouveauté, que le temps lui a fait perdre.

Ces procédés sont de deux genres. Les plus coûteux et les plus efficaces consistent a regratter les murs, c'est-à-dire à emporter leur superficie au moyen du marteau et de la ripe. {foy. Regratter.) Ils sont aussi le* plus dangereux, parce qu'ils tendent à altérer les membres délicats de l'architecture , et surtout la finesse des ornemens et des profils. Ce moyen n'est bon que pour les superficies lisses et les grandes parties; on ne doit se le permettre qu'avec beaucoup de réserve pour les colonnes et autres objets du même genre dont il ter le «

Le procédé le plus ordinaire , le plus expéditif et le moins coûteux , consiste à passer un lait de chaux sur l'édifice qu'on veut blanchir, et ensuite une ou plusieurs couches de blanc à la colle. Son inconvénient le plus ordinaire est d'obstruer les détails des ornemens, d'ôter aux profils leur vivacité, d'arrondir les angles, et de donner a l'architecture de la pesanteur. Dans les Pays-Bas, on blanchit tous les ans les façades des maisons ; le climat semble exiger cette recherche de propreté. En Italie, on ne blanchit en général que l'intérieur des maisons et des palais ; c'est le plus souvent pour donner de la clarté.

BLO 207 Cet art de rajeunir l'extérieur des édifices est fort en usage i Paris, et la nature des matériaux semble encore en nécessiter l'emploi : le plâtre , la pierre poreuse et blanchâtre qui entrent dans la composition de presque tous les édifices, passent en peu de temps, surtout du cote du nord , au ton le ptus noirâtre ; le contraste en devient choquant avec les bâtitnens modernes, et la facilité du blanchiment paroit indiquer le meilleur remède a cette espèce d'inconvénient. Cependant on a vu les dangers attachés aux deux genres de procédés qu'il met en œuvre. Si la propreté ou le plaisir des yeux peut en justifier l'usage dans

publics en dédaigne l'emploi ; ce ton de vétusté que le temps leur imprime, ajoute encore à l'idée de respect ; la belle architecture n'y perd rien , et celle qui aurait besoin de cet artifice pour ramener l'attention sur ses charmes oubliés, y gagnerait encore moins. Le respect pourtant qu'on doit aux monumens du génie ne s'étendra pas superstitieusement jusqu'à la pnussière qui pourrait en dégrader l'aspect. L'entretien qu'exigent les édifices doit aussi se porter aux soins qui peuvent, en maintenant la propret»1, < ou prévenir les procédés dangereux que la de blanchir emploie au détriment de l'art et de la pureté de l'architecture.

BLOC, s. m. C'est le nom qu'on donne a un quartier de marbre ou de pierre grossièrement équarri , tel qu'il sort de la carrière ; lorsqu'on l'y fait préparer exprès et tailler de certaine forme et grandeur, on l'appelle bloc d'échantillon.

Les peuples anciens , les Egyptiens surtout, ont employé dans leurs constructions en pierre de taille des blocs d'une grandeur prodigieuse. Ces masses énormes , qui firent la solidité des édifices , font encore l'admiration de ceux qui visitent leurs ruines : elles font supposer dans les constructeurs de ces temps les plus grandes ressources mécaniques et de vastes moyens pour les mettre en reuvre. La construction moderne n'ofTre plu* de semblables merveilles; l'art de la coupe des pierres, perfectionné de nos jours, en tient lieu ; les plus grands édifices n'exigent l'emploi de ces blocs extraordinaires que dans un petit nombre de cas particuliers.

\jp plus vaste monument du dernier siècle, l'église de Sainte-Geneviève, ne nous en fournit qu'un seul exemple, que nous rapporterons.

Aux angles du fronton du péristyle, on a employé deux blocs en pierre de Conflans, de 9 pieds en carré sur 5 de hauteur, qui produisoient plus de j 1 1 pieds cubes, et qui pesoientde 5a,ooo a 53, 000.

Pour amener un de ces blocs depuis le port des Invalides jusqu'à Sainte-Geneviève, il a fallu onie jours et sept nuits ; on s'est servi pour .cela de deux cabestans, tournés chacun par huit hommes, qui se relayoient de deux heures en deux heures. La disqu'on lui a fait parcourir étoit de 2600 toises.

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I. '.«litre bloc a été amené du même endroit rn motos de 3 heures, avec soixante-trois chevaux attelés trois a trois.

Lorsqu'on a levé ces pierres en place , elles pctoienl toutes taillées environ 3o milliers.

On lésa montées par le moyen d'un grand treuil fait exprès, auquel on avoit adapté deux roues à chevilles, chacune de X$ P"*1» de diamètre , sur lesquelles il y avoit quarante-cinq hommes. Chacune de ce» pierres, posée en place, a coûté près de 1 0,000 f.; ce qui prouve comhien les constructions en grandes pierres deviennent dispendieuses.

Bloc, se dit encore d'nne espèce de marché par lequel un entrepreneur s'oblige a faire différens ouvrages pour une somme fixe, sans ponvoir exiger rien de plus sous prétexte de toisé ou d'évaluation. On appelle aussi cette csnèce de marché for/ait.

BLOCAGES, s. m. pl. Ce mot est un diminutif de bloc, et on le donne a de petites pierres brutes irrégulières, qu'on emploie sans aucune préparation pour la construction «le certaines fondations ou dans l'eau; ou les jelte pèle-inèle avec le mortier. On les emploie aussi pour garnir le milieu des murs et des gros massifs. ( Voyez Maço.snemi: e> Bmjcaces.)

BLONDEL (Fsa.xçois) naquit en 1617.

Une sorte de singularité a voulu que ha auteurs des trois mon u mens que la France place en tète de tes plus célèbres ouvrages d'architecture , n'aient j .1 fait de cet art leur profession spéciale. Le premier architecte du Louvre , Pierre Lescot , de la famille d'Alissv, fut abbé île Clagny et chanoine de l'église de Paris. L'auteur du célèbre péristyledu Ixmvre, Claude Perrault , étoit docteur en médecine ; François Blondel, à qui Paris doit , dans l'arc triomphal de la porte Saint-Denis, un des chefa-d'ueuvre du siècle de Louis-le-Grand , fut envoyé par le roi dans les cours étrangères , et dev int nuréchal-dc-camp. Il n'avoit consacré sa jeunesse ni à l'étude des arts, ni à l'exercice de l'architecture.

D'heureuses circonstances concoururent à lui en faite, liai Ire le goût , à lui en procurer les conooissances. Henri-Auguste de Loménie, voulant achever l'éducation de son (ils, Âgé de seize ans, a la grande école des voyages, lui donna pour mentor François Blondel. Le gouverneur et l'élève partirent au mois de juillet ibîî, et parcoururent pendant trois ans les contrées du nord , celles de l'Allemagne et de l'Italie.

Les voyages ont surtout la propriété de former d'habiles négociateurs, classe d'hommes peu nombreuse , et dont les Etala de l'Europe, pour leurs intérêts divers, ont le plus grand besoin. Blondel se trouva porté dans cette carrière. On sait qu'il fut employé à plusieurs négociations auprès de divers princes étrangers. Une mission honorable qu'il eut en qualité d'envoyé extraordinaire du roi à la Porte ottomane , lui donna l'occasion , ainsi qu'il nous l'ap-

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prend lui-même dans son Cours d'Architecture , de voir ConsUntinople et de visiter l'Egypte. L'objet de sa mission étoit de réclamer contre la détention de l'ambassadeur de France aux Sepl-Tours. Le négociateur, de retour en France, fut récompense de sou succès par un brevet de conseiller d'état. La faveur du roi réiervoit à ses talens un prix |ilus flatteur, puisqu'il devoil les rendre plus utiles. Blondel rénnissoit aux connoissance* littéraires un savoir profond dans les mathématiques. Il fut choisi pour les enseigner au grand dauphin, fils de Louis XIV. Le collège royal le compta depuis parmi les lecteurs et professeurs de cette science.

Il eût été difficile qu'un homme aussi instruit que Blondel eût vu sans beaucoup d'intérêt et encore plus de profit les grands modèles de l'art de bâtir, que se* voyages l'avoient mis à même «l'admirer. La seule impression des monumens de l'antiquité suffirait pour produire, sinon le besoin, au moiua le ilesir d'être architecte. Blondel n'attendoit |ilus qu'une occasion pour s'en reconnoitre le talent. Il avoit quarante ans lorsqu'elle se présenta en iim t.

La rivière de Charente, qui est d'une largeur assez considérable vis-à-vis la ville de Saintes , y est traversée par un pont composé de deux parties. La moins considérable avoit été ruinée autant de fois que rétablie , de sorte qu'à cet endroit on oe passoit plus la rivière qu'eu bateau. Le roi , voulant qu'il y fût fait un |K>nt solide , donna ordre à Blondel de se rendre à Saintes, et de mettre la maiu à celte entreprise. I n pont de trois grandes arches, avec une plus petite, fut bientôt établi par tous les moyens propres à en assurer la solidité, et l'autre partie fut raffermie dans ses fondations. Le tout fut terminé par un arc de triomphe à deux ouvertures. Sa largeur est égale à sa hauteur. Il est décoré d'un ordre de pilastres corinthiens cannelés, dont les entablemens servent d'imposte aux bandeaux des deux ceintres.

L'académie des sciences s'attacha Blondel en 16%). Vers le même temps, le roi avoit ordonné que les ouvrages publics à faire désormais dans Paris violent exécutés suivant un plan général tracé par cet architecte, et dont les dessins durent à cet effet être déposés à l'Ilôtel-de-Ville-

II y avoit jadis au bout de la rue Saint-Antoine l une porte construite pour une entrée triomplialc de I Henri II. On voulut, en 1672, agrandir sa masse . qui avoit d'ailleurs besoin de quelque restauration. Blondel fut chargé de ce double travail. Il ajouta deux arcades à la porte. Puis, par l'addition d'un attique au-dessus de la porte du milieu, ainsi que de deux plus petits sur les arcades inférieures , il parvint à faire d'un ouvrage mesquin et semi-gothique un monument de quelque importance. Il méritoit «l'être conservé, soit comme historique, soit pour quelques belles sculptures de Padlo Pouzio , soit comme témoignant du goût et du style de deux âges. [ Cependant un siècle s'étoit à peine écoulé depuis sa

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restauration , quand différente* raison* de dégagement et de commodité publique , lorsqu'il s'est agi d'élargir cette entrée de Paris, en ont déterminé la destruction.

Pareille fatalité s'est attachée à un autre monument du même genre élevé par Btondcl pour une autre entrée de Paris; je veux dire l'arc de la porte Saint-Bernard, dont la composition lui avoil coûté le plus de peine, vu les sujètioi xs extraordinaires auxquelles il fut asservi , et dont il rend compte dans son Traité. Quelques inconvénietis de sa position pour la libre circulation des voitures motivèrent sa suppression en 1792. Rien toutefois n'eut été plus facile que d'accorder, dans l'emplacement qu'il occupoit, l'intérêt du monument avec celui de la commodité publique. Ce n'est donc plus que dans les livres qu'il est possible d'en retrouver l'image.

À vrai dire, ce monument fut improprement appelé arc de triomphe. Sous le rapport de sa disposition , qui offrait deux arcades égales , il rentrait j.h.tôt dans la classe des portes de ville, auxquelles conv ient la double ouverture, l'une pour les entrans, l'autre pour leasortans. Telle est la propriétéqui lesdistinguc des arcs de triomphe. Ceux-ci , ramenés à leur destination et à la convenance de leur emploi, dévoient offrir une seule grande arcade au passage du triomphateur, accompagnée de deux collatérales plus petites. La décoration du monument de Blondel n'annonçoit rien non plus qui fut relatif aux exploite militaires du roi. ( On peut voir les détails de cettt décoration au mot Ane triomphai.. )

Blondel avoit préludé , dans les deux ouvrage* dont on vient de faire mention , a la composition du plus grand monument triomphal qui jusqu'alors eût été élevé chez les modernes, et même chez les anciens Romains. Il parait en effet douteux qu'aucun des arcs de triomphe érigés aux empereurs ait jamais été porté a une aussi grande élévation que celle de l'arc appelé de la porte Saint-Denis, à Paria. Pour la description et la discussion critique de ce grand et magnifique ouvrage, nous renvoyons le lecteur à l'ar-

lick AaC TRIOMPHAL. ^

Blondel, et un des plus beaux du plus beau règne, avoit paru menacé d'une dégradation qui affectoit moins la masse de sa construction que les détails et l'exécution de ses ornemens ; il a été , depuis quelques années, réparé avec beaucoup de soiu et d'intelligence dans toutes ses parties, et rendu à sa première intégrité.

Ce n'est pas le nombre , mais la qualité des ouvrages, qui fait les réputations. Celle de Blondel u'iuroit pas besoin d'uue plus grande éoumeration de travaux; et l'on conçoit que, partagé comme il le fut entre des occupations fort diverses, il n'a pas pu fournir à l'histoire de l'architecture une liste de travaux très -nombreuse. Nous ne devons donc pas omettre la mention d'un grand bâtiment qui fut

I construit sur ses dessins ; on vent parler de la corde— rie de Kocbefort, édifice composé de deux étages, dans une longueur de 7.16 toises (sans compter les pavillons) , sur une largeur de a4 pieds. Blondel, dans son Traité d'architecture compte «les procédés qu'il mit en oeuvre ( voyez Fondement) pour opérer la solidité de» fondations de ce bâtiment, dans un terrain glaiseux, entre un ' canal et la rivièrede h Charente. Aux forges de l'a r*e- I nal de la même ville , et dans quelques parties de sa corderic, il sut s'approprier assez heureusement une porte du genre rustique , qui y fait un très-bon effet. C'est celle que Serlio a insérée dans son recueil comme un reste d'antiquité existant encore de son temps, et qu'on appeloit le camp des soldats de Trajan.

Les travaux de Blondel furent récompensés par la place de professeur et directeur de l'académie d'architecture établie en 167 1 . Le Cour» que nous connoissons de lui renferme les leçons qu'il dirtoit aux élèves de cette école royale. Les ordres y sont traités selon les principes des anciens et des meilleurs mai-

1 très modernes. Cet excellent ouvrage prouve que l'auteur avoit su joindre aux grandes connoissances qu'il avoit acquises pour lui , l'art de les développer

I et de les rendre utiles aux autres.

Outre ce Cours d'architecture, qui forme un gras volume in-folio, il publia beaucoup d'autres ouvrages, entre lesquels on cite une Comparaison de Pindart et d'Horace; — des Notes sur f Architecture de Savot; — Y Histoire du Calendrier romain; — VArt de jeter les bombes; — et une Nouvelle manière de fortifier les places. Ces deux derniers ouvrages lui méritèrent le grade de maréchal-dccarap. Louis XI Y , auquel il les présenta en ito^S, n'en voulut pas permettre la publication avant que les fortifications qu'il faisoit faire à plusieurs places de guerre ne fussent achevées:

Blondel mourut en 1(586.

BLOQUER, v. a. Signifie employer, pour établir un ouvrage de maçonnerie, de petites pierres brutes mêlées sans ordre avec du mortier plus ou moins liquide , comme on le pratique aux ouvrages fondés dans l'eau. (fojei Blocage.)

BOCCANERA (Mamn). Architecte né à Gènes, et qui vivoit dans le quatorzième siècle.

Nous ignorons si sa famille alors étoit illustre; mais depuis elle a donné des doges à la republique, et plusieurs hommes dislingues par leurs emplois.

C'est à Bocranera que la ville de Gènes est redevable du commencement de son grand mole ; il en fit jeter les fondations, qu'il forma de blocs énormes de pierre arrachés aux montagnes voisines. B acheva l'.irsenal des galères, qu'un autre architecte avoit commencé, et il fit cette partie du bassin dans laquelle les vaisseaux se mettent à couvert.

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En 1 33o, il augmenta considérablement le porl ; enfin il construisit plusieurs aqueducs pour porter des eaux a U ville.

BOIS, s. m. L'article qui suit immédiatement celui-ci traite du bois dans ses rapports matériels avec l'art de bâtir, c'est-à-dire la construction ou la pratique de la charpcntcric , et 1rs notions qui se rattachent à l'emploi de cette matière.

Déjà nous avons , à l'article architecture (voyez ce mol), envisagé le bois comme ayant été, dans l'emploi primitif qu'en firent les Grecs en l'appliquant a leurs constructions, le modèle des formes, des dispositions et du système de rapports, de proportions et d'ordonnances qui constituèrent leur architecture , dirvenuc pr la suite celle de tous les peuples. Nous avons fait entendre à cet article , comme nous le ferons au mot cabane et a quelques autres encore, dans quel sens on doit entendre cette sorte d'imitation, jusqu'à quel point on doit porter les déductions de ce principe, et quel esprit dirigea autrefois le goût des Grecs dans cette assimilation positive à la fois et métaphorique. Nous nous bornerons ici à faire voir que ce fut et que c'est toujours une nécessité pour l'homme de se donner, dans son architecture , un modèle plus ou moins sensible , auquel viennent s'appliquer, selon les progrès de l'esprit humain, de nouvelles combinaisons imiutives , puisées dans un ordre d'idées plus relevées, plus abstraites, c'< dire dans les lois générales de la nature et les morales de notre intelligence.

Que les premiers hommes, après l'époque de la vie plus ou moins sauvage ou agreste, se trouvant réunis déjà en sociétés, et ayant besoin de constructions plus étendues et plus solides, aient, à ce commencement de civilisation, imaginé à priori et sans un instinct déterminé par une habitude préalable , de créer , avec l'emploi de pierres taillées, un ensemble de combinaisons raisonnées et harmouiruses entre elles, c'est ce que la raison ne saurait admettre. Elle admet tout aussi peu ce qu'on appelleroit en ce genre l'action du hasard : ce qu'on nomme ainsi produit quelquefois de ces rencontres singulières, de ces accidens partiels d'agrégations de formes, où l'on se plaît à voir un jeu de la nature; mais que le hasard fasae naître un ensemble de combinaisons imitatives, où rliaque chose ait sa raison, et surtout la propriété d'en rendre compte, voilà ce qui ne saurait jamais

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s, avec plus on moins de dépense ou d'économie , exigences et aux progrès des sociétés. Les Grecs,

Ce ne fut pas à une simple action d'un principe inconnu , que les premières sociétés, dans leur enfance , durent les premières combinaisons que la nature leur suggéra pour se former des abris. Partout où il y eut des forêts, ce fut, au contraire, une nécessité , nous l'avons montré {voyez Architecture), d'employer le bois aux premières constructions du besoin. Mais il est dans la nature de cette matière de se prêter, avec plus ou moins de moyens et d'i

mens.

aux ex

dans leur premier état de civilisation, uc purent point s'em|>èchcr d'augmenter, d'améliorer, et de réduire à une forme plu» déterminée, les premiers essais du besoin : ce fut ainsi qu'ils façonnèrent peu à peu , au gré des convenances que la nécessité leur dictoit, l'œuvre rustique formée d'arbres ou de poutres grossièrement taillées, pour des habitudes grossières ellesmêmes.

Ceci n'a rien d'arbitraire : ce n'est point là une fiction ; c'est une sorte d'histoire écrite d'après nature. Il n'y eut donc rien de fortuit dans les élémens du premier art de bâtir ches les Grecs; ce fut tout simplement une succession d'effets naturels, dérivant du pi-incipe le plus naturel de l'art de bâtir le plus simple.

Les premières constructions où il entra plus d'art fureut ainsi nécessairement celles qui urtraeoïcnt le plus fidèlement leur modèle : la charpente fut donc , et dut être pendant long-temps, la construction habituelle. Comme l'art de façonner les bois comporte , dans les applications dont il s'agit ici , d'assez nombreux degrés, on ne saurait dire combien de temps les Grecs mirent à épurer les plans, les formes, les proportions de leurs temples, par exemple , et à façonner en bois les colonnes et leurs têtes, les cntablemens, les combles ou leurs frontons.

On ne saurait dire non plus à quelle époque précise la pierre vint prendre la (ilare du bois dans ces édifices, (iette théorie ne demande ni ne comporte aucune autorité chronologique . Ce qu'on peut dire, c'est que , comme on voit par l'histoire le bois employé dans l'architecture, long-temps après que le travail de la pierre en avoit pris U place, il est bien possible et mime probable que le travail de la pierre put, long-temps encore après, se trouver uni à celui du bois , comme nous apprenons de Vitruve que cela s'étoit pratiqué chei les Etrusques.

N ous n'avons effleuré ici ce peu de recherches sur les causes originaires de l'architecture grecque, que pour montrer quel rôle l'emploi du bois dut y jooer, et que les ouvrages primitifs de l'art de bâtir eu cette matière furent, chef le* Grecs, et ne purent point ne pas être les modèles de l'architecture en pierre.

A défaut de reuseignemens aussi certains et de traditions aussi positives sur les architectures de divers

par la distance des cette vérité, qui s'applique à tout : c'est que l'homme ne crée rien, selon le vrai sens du mot; que IVx nihila nihil est pour lui un arrêt irrévocable ; et qu'il lui faut toujours, dans toutes ses œuvres, un antécédent , dont très— souvent l'existence s'est tierduedans la nuit du passé. Ne pouvant donc point généraliser notre théorie et l'appliquer à toutes les architectures, nous nous contenterons de citer encore à son appui les de l'architecture appelée gothique.

antres peuples, séparés de lieux ou des temps.il nous

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En considérant, dan» le» églises et ment du moyen âge, la proeérité de leur» nef», le» jet» multiplié» de tous ces torons dont les nervures, qui se croisent sur les surfaces des voûtes, semblent imiter les ramification» des arbres, on ne tauroitdire a combien de ridicule» hypothèses ont donné lieu ce» ressemblances tout-à-fait fortuites (1rs procédés de la construction avec les production» de la nature. On a prétendu que c'était dans les forêt» que l'art de bâtir du moyen âge avoit été chercher ses modèles s on a voulu von, dans la hauteur de* voûtes gothiques et de leurs ceintres , la copie d'une allée i, m*aà les branchages te croisent et s'en- Yains rapprochetnens, émané» peut-être , sans qu'on »'cn doute, de l'antique doctrine grecque, u bien constatée par les fait» et par la tradition, c' esta-dire, de l'influence que la construction en bois avoit eue sur son imitation en pierre.

Eh bien ! ce que n'ont point aperçu les critiques modernes, a l'égard du système de bâtir et de voûter des architecte» appelés (on ne sait pourquoi) gothiques, c'est qu'il y eut dans ce système un pro-

cédé imilatif a peu près du même genre.

Ou développera ce système à l'article gothique {voyez ce mot) , et l'on y trouvera les notions historiques, ainsi que les autorités qui le confirment. Mous nous contenterons de dire ici, en peu de mots, nue ce fnt véritablement le bois qui fournit à cette architecture le» élément, les procédés et les modèles de sa manière d'être. Oui , le bois : non pas, comme on a voulu l'entendre, dans les forêts; mais bien le bois travaillé , façonné , modifié dans des construction» précédentes. En un mot, ce fut U charpenterie , ce fut l'art de couper, de débiter, d'assembler les bois en piliers, en sommiers, en arbalétriers, en poinçons, etc. art qui fatsoit alors, comme il fait encore aujourd'hui dans la plu» grande partie de l'Europe, les frais de toutes les lùtisses, grandes ou petites, des maisons, des palais, et surtout des églises.

On verra , a l'article gothique, que ces voûte» dont on veut aller chercher les modèles dans les forêts, ne sont autre chose que des charpentes qui formol

pies , c'est-f-llirc', de» assemblages de bois de charpente , dont les intervalles se remplissoient avec de la maçonnerie. L'on voit effectivement qu'en supprimant par la pensée ces remplissages, on trouve précisément cette carcasse de charpente, telle qu'on la pratique encore aujourd'hui ; seulement , vers les treizième, quatorzième, quinzième siècles, on lit tout en pierre ce qu'auparavant on faisoit tout en tois.

Nous terminerons cet article en faisant observer que, outre les propriétés du bois au-dessus de la pierre, il faut compter celle qu'il a de te prêter aux idées les plus simples et aux plus composées. La pierre ne peut que très-rarement fournir de» pièce être exposée à se rompre ; son

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veut des machines. I.e bois s'accommode aux plus grands e*]iacemens comme aux plus petits ; il comporte toutes les façons , tous les contours, toutes les configurations. Difficilement, ou très-tardivement du moins, l'usage des voûtes s'introduiroit dans les constructions d'un pays qui n'auroit pour bâtir que de la pierre. C'est peut-être par- là qu'on explique le mieux cette absence de toute partie ■ cintrée, de tonte forme circulaire, de toute voûte, dans les monument de l'Egypte. Rien, au contraire, ne fut plut facile au travail du bois que de ceintrer des pièces de charpente, de le» courber, de le» associer par l'art du charpentier, pour former des arcades et des voûtes. Oui , la voûte dut i travail du bois.

BOIS. On désigne par ce mol , dan» l'art de bâtir, la substance dure dont est formée la partie essentielle du tronc et des branches des arbres.

Le bois est une des matières dont l'usage est le plus général dans tous les genre» d'édifices, dont l'emploi ne taumit se Line indifféremment, et dont le choix contribue le plus à la solidité des constructions. Ce choix exige donc, de la part du constructeur, une connoissaucede la nature de cette substance, de sa texture , des causes qui produisent ses qualités essentielles , la force et la solidité.

Les /'•'(.>, relativement à l'usage qu'on en fait dans les édifices, te distinguent en bois de rharpente, de menuiserie et de placage. On ne traitera, dans cet article, que de ceux de la première espèce , et particulièrement du bois de chêne. Les notions relative» aux autres se trouveront dans les articles Placage et HlMOMItUK.

plus grande attention ; ils sont les plus considérable» et les plus importans de tous, soit qu'on considère les grandes dimensions dont ils sont susceptibles, soit qu'on examine le» qualité» qu'il» doivent avoir pour pouvoir former de» ouvrages solides et durables. Souvent ils sont destinés à soutenir les plus grands fardeaux, à résister aux plus grands efforts, à subir toutes les intempéries de l'air; tantôt, selon les pays et les circonstances , ces bois composent la totalité des édifices; tantôt ils n'entrent que comme partie du bâtiment , et s'uniasent aux autres genres de construction; presque partout ils composent les planchers et les toit»; et dans tous les cas ils seront susceptibles de la plus grande durée , s'ils ont les qualités requises , la dureté, la solidité, la fermeté.

La pierre a sans doute tur le bois l'avantage de la dureté, de la pesanteur et de La fermeté; elle a de plus celui de pouvoir résister à toutes les intempéries de l'air, de n'être pas sujette à se tourmenter, à changer de forme et de volume, de procurer enfin aux édifices qui en sont construits une solidité, une celle qui peut résulter de

stabilité plu» grande que l'emploi du bois.

aia BOI

Le» avantages du bois sur la pierre sont d'être I moins fragile qu'elle , d'être plus facile à travailler, et d'un transport |>lus commode. Le bois étant formé de fibres longitudinales qui sont très-roides et fortement unies entre elles , peut également servir à tirer et à porter, il peut être posé debout, en travers, ou être incliné. La pierre , au contraire , composée de parties grenues réunies en tous sens, ne peut résister solidement qu'a l'effort de la pression. On a vu cependant des exemples de ti'ès-grandes pierres posées comme des pièces de bois, surtout dans les édifices antiques des Egyptiens et des Grecs; mais ces aortes de positions, qui font supposer une ténacité peu commune dans la pierre, sont presque toujours forcées , et contraires à la nature des pierres les plus ordinaires.

Le plus grand inconvénient du bois dans les édifices, est d'être sujet aux incendies. Cette raison a peut-être, plus qu'aucune autre, contribué a discréditer l'emploi du bois et à en diminuer l'usage. Peut-être lui doit -on la découverte de l'art des voûtes, et ces moyens ingénieux de suppléer aux toits , aux planchers et aux poutres.

Il est pourtant une infinité de circonstances ou, s'il s'agit par exemple d'édifices hydrauliques, l'on ne peut pas substituer la pierre au bois. Pour la construction même des édifices tout en pierre, il faut bien encore mettre les bois en œuvre. Ils sont indispensables pour les ceintres, les échafauds, les machines, qui ne peuvent être exécutés qu'en cette matière. Dans ces cas, et dans tous les autres qu'il est inutile de rapporter, le bois île chéue est celui qu'on emploie le plus elle plus souvent : c'estaussi sur lui que vont porter principalement nos recherches.

Le bois de chêne, en général, est sans contredit le meilleur qu'on puisse employer pour les ouvrages de charpente. Il possède au plus haut degré les qualités essentielles à ce genre d'ouvrages. Il se trouve des chênes assez grands pour fournir des pièces de bois de Go à 80 pieds de long, sur 1 pieds d'équar-

Quant à la dureté de son bois, le chêne a l'avantage sur tous les arbres qui peuvent fournird'aussi grandes pièces. Il est aussi le plus pesant de tous ceux de sa taille , celui qui se conserve le mieux à toutes le) intempéries de l'air ; plongé dans l'eau , enfoncé dans ta terre , il est capable de la plus longue durée. Ou dit ordinairement que le chêne est cent ans à croître , qu'il se maintient cent ans, et qu'il est cent ans à dépérir.

L'expérience a prouvé que lorsque ce bois a été coupé daus une saison favorable, et employé sec et à couvert des injures de l'air, il dure jusqu'à six cents ans; emplovè sous terre ou daus l'eau, il subsiste jusqu'à quinze cents ans.

Quant à sa force , il n'a pas moins d'avantage sur tous les grands bois de construction. Sa texture uniforme est également propre à la charpente , à la mo-

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nuiserie, à la construction de toutes les machines.

Lorsqu'on est obligé d'employer le bois de chêne encore vert, on doit avoir la précaution de le laisser long-temps dans l'eau , qui dissout et enlève toute la sève ; c'est le moyen le plus propre pour empêcher le bois de se pourrir et d'être rongé par les vers. Il faut aussi avoir le soin d'enlever toute la partie extérieure ou l'aubier.

C'est le nom qu'on donne aux dernières couches de bois qui te sont formées dans un chêne , et qui n'ont pas encore acquis toute la solidité dont elles sont susceptibles. L'aubier comprend douze à quinze cercles ou couches ligneuses, et quelquefois vingt-cinq. Ce bois, qui est tendre, est sujet à se corrompre alternent; il craint également la piqûre des vers. Aussi est-il défendu aux ouvriers d'employer aucun bois où il y ait de l'aubier.

Cependant M. de Buffon a trouve le moyen de rendre l'aubier aussi ferme et aussi durable que le reste du bois. Ce moyen consiste à écorcher l'arbre sur pied. Les Allemands, chez qui les Hollandais vont chercher leurs bois de menuiserie, n'ont pas d'autre secret pour leur procurer la qualité qu'exige ce genre d'ouvrage. Les expériences de M. de Buffon à ce sujet ont donné les résultats les plus salisfaisans. L'aubier des arbres écorcés et laissés sur pied est deveuu aussi dur que le cœur. Le bois de chêne étant celui qui produit le plus d'aubier, se trouve dans le cas de ne plus éprouver de si grauds déchets, et l'on peut, par cet expédient , profiter de toute la grosseur de l'arbre.

IjC bois de chêne, ainsi que celui de tous les autres arbres, varie de pesanteur, de dureté et de densité, selon la nature du climat et du terrain où il a crû. La densité du bois est toujours en rapport avec la durée de son accroissement. Les arbres qui croissent le plus lentement ont toujours le bois le plus dur, le plus pesant et le plus compacte , et par conséquent le plus fort. On ne distingue pas d'aubier dans les arbres mous, tels que le tilleul, le bouleau, l'aulne, le ceiba , le baohad ; ou plutôt le bois de ces arbirs n'est qu'un aubier qui n'acquiert jamais la dureté du bois, p.) iv.- qnc la substance ligneuse reste toujours dans son premier < -t.it , sans jamais se durcir. C'est |M>ur cela qu'ils sont sujets à être rongés des chenilles , de» scarabées et autres insectes qui s'y logent et s'en nourrissent.

Des expériences faites sur la force du bois de chêne , il résulte qu'elle est proportionnelle à sa pesanteur, c'est-à-dire, que de deux solives de même bois et de mêmes dimensions , la plus pesante sera la plus forte. Cette observation fournit un moyen facile de cunnoitre avec la plus grande facilité quel est le bois qui convient le mieux pour la charjieiite.

l.-i pesanteur du bots varie dans un même arbre. Celui qui est tiré de la partie inférieure de l'arbre est plus pesant qne celui du milieu , et celui-ci pèse plus que celui du haut tle l'arbre et de» branche».

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Ainsi , lorsqu'il s'agit de choisir une pièce faut la tirer de la partie inférieure de l'arbre.

Dans les arbres qui n'ont pas acquis toute leur croissance , le bois pris vers le creur du tronc est jJus dur que celui qu'on prendrait a la circonférence. Selon les expériences de M. de H u lion , cette dureté croît en proportion arithmétique. Dans les arbres parfaits ou qui sont parvenus à toute leur croissance, la dureté du centre a la s; etd

:cux qui commencent a dépérir," le dur que la circonférence. Cette s

i fait voir combien il serait avantageux de ne couper les arbres que dans le temps où ils ont pris toute leur croissance.

La pesanteur moyenne du bois de chêne, dam les arbres nouvellement abattus , est depuis soixante-dix jusqu'à soixante-quatorze par pied cube. Pour que ce MM Mil propre à être employé en charpente, il faut qu'il ne pèse que soixante à soixante-cinq livres. I-e plus grand degré de dessèchement que ce bois puisse acquérir est du tiers de son poids; de sorte que la moindre pesanteur d'un pied cube de bois de chêne parfaitement desséché est de cinquante à cinquante-trois livres. Le bois de chêne trop sec est causant et beaucoup moins fort que le bois des arbres nvcllement coupés. Celui-ci a plus de force ,

il pliera sous une moindre charge ; employé dans la charpente, il sera de peu de durée, et se corrompra facilement. Celui qui est moyennement sec , c'est-àdire, qui n'a perdu que le sixième de son poids, est celui qu'il faut préférer ; il doit peser de soixante a soixante-trois livres.

Les fibres du bois nouvellement coupé, étant encore remplies de sève , sont plus liantes , plus follement unies que dans le bois tout-à-fait sec. Dans ce dernier, elles ont plus de raideur et d'adhérence ; ce qui fait qu'il se fend plus facilement et qu'il rompt tout à coup sous une charge beaucoup moindre que celle que pent porter le bois vert.

Les fibres du bois moyennement sec sont plus roides que celles du bois vert , et plus adhérentes que celles du bois sec. Aussi ce degré moyen de dessèchement est celui qui donne le plus de force et de consistance , et qui convient le mieux à la charpente.

Dans les ouvrages de charpente, les bois agissent tantôt par leur force absolue, tantôt par leur force relative. Ou entend par force absolue, l'effort qu'il faut pour rompre un morceau de bois en le pliant par les deux bouts selon la longueur de ses fibres. La force relative du bois dépend de sa position. Ainsi une pièce de bois posée horizontalement sur deux appuis, se rompra plus facilement, et sous un moindre effort que si elle étoit inclinée. L'effort sera d'autant moins grand, que ces pièces seront plus longues. L'effort décroît leur

et de 8

i .mu , que ces pièces sérum puis longues. ■oit aussi presque en raison inverse d« r. Ainsi une pièce de 6 pouces d'é|iaisl pieda de long , porte un peu plus du

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double d'une autre de l6 pieds de long, de même gi-osseur et posée de même.

l*a force absolue du bois ne dépend que de sa grosseur. Il faudrait un effort égal pour rompre deux morceaux de bois de même grosseur, eu les tirant par les deux bouts selon la longueur de leurs fibres, quoiqu'ils fussent d'une longueur inégale.

Après le bois de chêne , celui dont on fait le plus d'usage pour la charpente, est le sapin. Dans cette espèce de bois, ainsi que daus tous les arbres résineux, le bois des arbres mâles vient moins haut ; il est plus dur, et convient mieux aux ouvrages de charpente. Le sapin femelle passe pour le plus grand de tous les arbres.

Le bois de sapin, quoique plus léger que le chêne, est susceptible de porter un plus grand fardeau. Selon M. Parent, sa force est à celle du bois de chêne comme i it) est à ioo, c'est-à-dire qu'elle est près d'un cinquième en sus. D'après les expériences que nous avons faites sur ces deux espèces de bois, nous avons trouvé que la force du bois de sapiu , posé debout et d'aplomb, est quelquefois un tiers plus grande que celle du chêne posé de même. Cependant le bois de sapin étant posé horizontalement sur deux appuis, porte moins que le bois de chêne. Dans cette seconde position, sa force est à celle du bois de chêne comme 8 est à 9, Le bois de sapin étant tiré par les deux bouts, se rompt tous un moindre effort que le bois de chêne. Dans ce dernier cas, leur rapport de force est comme 11 à 17. Ainsi quand il s'agit de poutres, de moïses ou de clefs pendantes , le chêne vaut mieux que le sapin. Le bois de sapin se conserve mieux avec la mortier et le plâtre que le bois de chêne ; c'est pourquoi l'on devrait le préférer pour les planchers recouverts en dessus et en dessous. Le sapin est surtout propre à faire ces voûtes légères qu'on attribue à Philibert de Lormc, quoique Serlio en ait parlé avant lui et qu'il en ait cité des exemples fort anciens, Uni en France qu'en Italie. (fo/M Voitïs

KN BOIS.)

Un emploie encore pour les ouvrages en charpente le châtaignier, l'orme, le hêtre, le peuplier, lecharme, le noyer, l'érable, le frêne, le tilleul, l'olivier et l'aulne ; en Italie, on fait usage du mélèze, du larix, du pin, du cyprès, du platane; dans le Levant, on emploie le cèdre : mais tous ces bois sont inférieurs , pour la durée, au chêne et au sapin. Après eux viennent l'orme, le châtaignier, le noyer; les cèdres, les cyprès, les larix et les mélèzes ensuite. Ceux-ci ont le défaut d'être cassans ; les autres n'ont ni la force requise, ni ne peuvent promettre la durée nécessaire aux grands édifices : aussi ne doil-on les employer qu'à défaut des précédens.

On fait usage en Afrique des bois du palmier, de l'acacia, du ceiba, du boabad, etc. En Amérique, outre le chêne et le sapin, on use du bois d'acajou , qu'on appelle cèdre de Saint-Domingue. Il est un des plus I— "- — *— ~- ; — ' — '

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leur ; il a aussi , pour la charpente , priétés du chêne. Sa texture est beaucoup plus belle, lus fine; il se travaille mieux et reçoit un beau poli, e balatas est encore une espèce île grand arbre dont on se sert pour bâtir en Amérique. On en distingue de plusieurs sortes ; le meilleur est le balatas rouge de Saint-Domingue ou sapotiller marron. Cependant, on observe en général que les boit de charpente d'Euniieux que cenx de» autres parties du Ceux d'Asie sont trop secs , ceux d'Afrique ux d Amérique sont trop humides.

Après ces connoissanecs générales sur le boit, nous allons le considérer suivant ses espèces, ses Tarons et ses défauts ; ce qui divisera le reste de cet article en trois parties, qui contiendront, par ordre alphabétique, les différentes sortes de boit.

[Do BOIS SELON SU ESPECES.]

Boit de chêne rustique ou dur. C'est le boit qui a le plus gros fil, et qu'on emploie dans la charpente rie.

Bois de chine tendre. Bois qui est gras, c' est-adire, moins poreux que dur, et avec peu de fil; il est propre pour la menuiserie et la sculpture.

Bois dur et précieux. C'est ainsi qu'on caractérise les différentes ebrnes, les bois de la Chine, de violette , de Calembourg, de cèdre et antres, qu'on débite par feuilles pour les ouvrages de placage et de marqueterie, et qui reçoivent un poli fort luisant

Bois léger. C'est tout boit blanc , tel que le sapin, le tilleul, le tremble, etc. qui sert à faire des cloisons et les planchers à défaut du chêne.

Boit résineux Un comprend sous ce nom le sapin, le piccas et autres arbres qui portent de la résine. Ces boit, employés dans les bâtimens, sont sujets aux araignées, comme on peut le remarquer en plus d'un endroit

Bois sain et net. Bois qui est sans ma la mires ,

x, fistules, gales, etc.

[Du sois SILO* SES façons.]

Bois affaibli. Bois dont on a diminué blement de la forme d'équarrissage pour le rendre d'une figure droite , courbe ou rampante , et pour laisser des bossages aux poinçons , aux poteaux des membrures, etc. Ces boit se toisent de la grosseur de leur équarrisaage, pris au plus gros de leur bossage.

Bois apparent. Se dit de celui qui étant mis en oeuvre dans les planchers, cloisons ou pans de boit, n'est point recouvert de plâtre.

Bois bouge. C'est un bois qui a do bombement on qui courbe en quelque endroit.

Bois corroyé. C'est, en charpenterie, un bois qui est repassé au rabot ; et en menuiserie , celui qui est aplani a la varlope.

Boit de brin et de tige. Bois dont on a seulement ôlé les quatre dusses I taches pour l'équarrir, et qui

BOI

sert pc

de bois et les i

Bois d 'échantillon On appelle ainsi les pièces de bois de certaines grosseurs et longueurs ordinaires, comme elles sont dans les chantiers.

Bois <f équarrissage . C'est un bois qui est équarri au-dessus de six pouces, et qui a différera noms, suivant ses grosseurs.

Bois de refend. Est celui qui se refend par éclats pour faire du merrain, des lattes, des échalas, du boit de boisseau pour les treillages, etc.

Bois de *£'ag'- Boit qui est propre à refendre,

planches.

Bois en grume. Bois qui est ébranché, et dont la tige n'est pas équarrie ; il sert , de sa grosseur, pour les pieux des palées et pilotis.

Bois Jlachc. Ou donne ce nom au bois qui peut être équarri sans beaucoup de déchet, et dont les arêtes ne sont pas vives. Les ouvrier* appellent cautibar celui qui n'a du Jlachc que d'un coté.

Bois gauche eu déversé. Bois qui n'est pas droit ir rapport à se* angles et à ses côtés. Bois lavé. Bois dont on ote tous les traits de la scie, et dont on enlève toutes les rencontres.

Bois méplat. Celui qui a beaucoup plu* de largeur que d'épaisseur, menuiserie.

Bois courbes.

Boit vif. C'est un bois dout les arêtes sont bien vives et sans flaches, et dont il ne reste ni aubier.

[Dll BOIS SELON SES DEFAUTS. ]

par i

qu'à

cau-

Bois blanc. Bois qui tient de La i et qui se corrompt facilement.

Bois carié ou vicie'. Bois qui a nœuds pourris.

Bois gétif. Bois qui a des gerçur sées par la gelée.

Bois mort en pied. Boit qui est sans i qui n'est bon qu'à brûler.

Bois nouailleux. C'est un bois qui est plein de nœuds qui le rendent défectueux et sujet à se casser aux endroits où il se trouve chargé, ou lorsqu'on le débite.

Boit noueux. Est celui qui est plein de noeuds.

Boit qui te tourmente. Boit qui se déjette, n'étant pas sec lorsqu'on l'emploie.

Boit ronge. Boit qui s'échauffe et qui est sojet à te pourrir.

Boit roulé. Boit dont les cernes sont séparées, et qui, ne faisant pas corps, n'est pas bon à débiter.

Boit tranché. Boit dont les rueuds vicieux ou les fils obliques coupent la pièce, et qui, à < défauts, ne peut pas résister à La charge.

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