‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 78 sur 258 · BON · texte numérisé non relu

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Bois sacrés. Les bois avoient été les premiers lieux destinés au culte îles (lieux. Dans les temps où li s hommes ne connoissoicnt ni villes ni maisons, et lorsqu'ils liabitaient les bois et les cavernes , ils choisirent les lieux les plus écartés, les plus sombres, les 1< •rets impénétrables aux rayons du soleil, pour offrir des sacrilices ; ils y élevèrent des autels et des temples. Pour retracer cette çoit toujours, ««qu'on le

i, et ils étaient a«

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■acer cette ancienne coutume , on pla-

Cet uu|>e se retrouve en Egypte. Le dromos des temples égyptiens était planté de palmiers, d'arbres fruitiers et d'autres espères. C'est Hérodote qui nous l'appreod , en parlant «lu temple de BubaMes et de plusieurs autres édifices sacrés , autour desquels se Irouvoient des plantations consacrées i la divinité.

L'usage en était général en Grèce. Apollon avoit son bois à Claros; Eaculape avoit le sien a E|)idaure. On s'y rassembloit , on y célébroit des jeux

tion du bois qui environnoit le temple de Venus a Guide : u Le parvis, dit-il, était rempli d'arbres

■ fruitiers, qu'où voyoit toujours chargés de fruits.

• Parmi eux se trouvuient entremêlés quelques pia- - Unes et quelques cyprès , pour avoir de l'ombre.

■ Là fleurirait le myrte consacré à la déesse , et le

• laurier racine, quoique son ennemi. Chaque arbre

• était eutortiUé de lierres ou de pampres chargés de » raisins, qui faisoient un bel ombrage, outre que . Bacchus et Venus s'accordent fort bien ensemble, > et font un mélange très-agréable. Sous ces arbres

• étaient dressées des tentes pour le peuple, sous les-

• quelles plusieurs se rèjouissoieiit et

• plaisirs conformes au lieu. • Il y avoit à ~

sacrés.

BOISER , v. a. C'est couvrir les murs d'une chambre ou d'uu appartement d'ouvrages de menuiserie, assemblés, moulés, sculptés, etc. Les appartemens boisés sont moins I rouis, moins humides et plus sains en tous temps, {/^ojez Lamrrisser.)

BOISKKIE, s. f. Ouvrage dp menuiserie où l'on emploie le boit de chêne , de sapin et d'autres pour les appliquer contre les murs des appartemens. Le plus propre à faire de belles boiseries est le chêne de Dancmarck, parce qu'il a moins de necudset de défauta que celui des pays plus chauds.

BOMBÉ ot COURBÉ, adj. C'est ainsi qu'un caractérise un arc qui a environ soixante degrés.

BOMBEMENT, s. m. C'est la convexité , curvité ou renflement d'une solive , d'un arc , etc.

BONBANC (Pierre de), foyez Pierre.

ferme-

que l'on pose dans un tiou à l'endroit le plus creux de l'étang, pour le vider à fond par une pierrec ou un aqueduc.

BORD, s. m. Est en général ce qui environne quelque objet.

Bord de Bassin. C'est la tablette, ou le profil de pierre ou de marbre , le cordon de gaxon ou de rocaille , qui pose sur le petit mur circulaire , carré Ou à pans, d'uu bassin d'eau.

BORDEAUX, foyez Boi'rdeaI'X.

BORDURE, s. f. C'est un profil en relief rond, carré ou ovale, le plus souvent sculpté, peint ou doré, qui renferme quelque tableau, bas- relief ou panneau de cnmparticuens. On donne plus volontiers le nom de cadres aux bordures carrées, (/lot . Cadre. )

Bon dire de r*vÉ. Nom qu'on donne aux deux rangs de pierre dure et rustique qui retiennent les dernières moires, et qui font les bords du pavé d'une chaussée.

BONDE, s. f. (Hydraulique.) Espèce de fermeture d'étang ou de bassin, en forme de cone tronqué, I!

BORNE, s. f. Pierre qui sert de terme et de limite à un héritage, ou qui marque l'étendue et les censives d'une terre seigneuriale ; sur cette pierre sont ordinairetneut les armes ou le chiffre du seigneur. Les arpenteurs plantent les bornes aux encoignures des terres , et mettent des témoins au-dessous ou à certaine distance, [t'ayez Témoin de Borne.) Cela se pratique dans les ouvrages publics, comme les ponts, etc.

Borne de bâtiment. Espèce de cône de pierre dure , placé a l'encoignure ou au-devant d'un mur de face, pour le défendre des charrois. Ces bornes ■ont adossées aux murs ou isolées ; et quand elles renferment une place en avant d'un liàtimcnt sur une voie publique, c'est une preuve que cette place est dépendante de l'édifice , et que le terrain appartient an propriétaire du bâtiment.

Borne de cirque. Pierre en manière de cône, qui servoit de but chei les Grecs pour terminer la longueur du stade , et qui régloit chez les Romains la course des rhevaux dans les cirques et les hyppodromes. {foy. ces mots.) On la nommoit meta.

Bf )R N E, adj . C'est en général ce qui a des lx>mcs, des limites. On dit qu'une maison est bornée , lorsqu'on ne peut l'augmenter ; qu'une vue est bornée, lorsqu'elle est située dans un lieu d'où l'on ne voir de loin à ranse des montagnes ou des bois.

BORNOYER, v. a. Regarder d'un seul reil, en fermant l'autre , pour juger, par trois ou plusieurs jalons , ou corps quelconques , de la droiture d'une ligne, pour ériger un mur droit ou pour planter des arbres d'alignement.

BORROMINI. Né en iV,, mort en i<T>7.

le diocèse dcConie , fut la patrie de

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Borromini. Son père, qui étoit architecte, l'envoya à Milan , dès l'âge de neuf an*, étudier la sculpture , à laquelle on le destinoit. Après sept années de travail et d'études dans cet art , le désir de s'y perfectionner le conduisit à Home. Il y fut reçu par un maître marbrier, son compatriote, qui étoit occupé à la marbrerie de Saint-Pierre, et bientôt il fut associé à ses travaux. La vue de cette superbe basilique lui fit naître le désir d'en dessiner et d'en mesurer les principales parties; ses heures de repos dans le jour ne lui suffisant pas |x>ur ce supplément de travail, il se retrancha celles du sommeil.

Charles Maderne, son parent, alors architecte de la fabrique de Saint-Pierre, remarqua le zèle de ce jeune Itomme. Charmé des dispositions qu'il lui vovoit, il lui donna les premières leçons de son art, et l'envoya chez un autre maître pour apprendre la géométrie. Les progrès de Borromini furent tels, qu'au bout de fort peu de temps Maderne, qui d'abord se bornoit à lui faire mettre au net ses dessins, l'emplora même aux ouvrages que lui avoit confiés l rbain VIII, après la mort de Grégoire XIII. Le jeune homme, an milieu de ses occupations, savoit réserver des momens a la sculpture. Il fit entre autres choses, dans Saint-Pierre , les chérubins qui tiennent des festons a n^dessus du bas-relief d'Attila, et ceux qu'on voit sur les portes de l'église. Il se seroit adonné de plus en plus â la sculpture, s'il eût été le maître de satisfaire son goût pour cet art; mais Mademc , accablé d'infirmités, se faisoit remplacer par lui dans tous ses travaux d'architecture. Sa mort étant arrivée en ir»o>.r), Bernin lui succéda dans la place d'architecte de Saint-Pierre. Il ne fut pas difficile à Borromini de s'introduire auprès de ce nouvel ordonnateur : les travaux auxquels il avoit déjà pris part dans la grande basilique, lui donnoient naturellement accès auprès de Bernin , et lui dévoient assurer de l'emploi. Leur union aurait pu être durable, mais les dillérends qui s'élevèrent entre eux la firent bientôt cesser.

La jalousie fut le vice dominant de Borromini. Cette passion , capable toute seule d'altérer et de flétrir tous les germes du talent, s'étoit développée de bonne heure en lui ; Bernin en devint le principal objet. Borromini souffrait impatiemment sa gloire; il sonlTroit encore avec plus de peine de se voir comme dans un rang subordonné chez un homme de son âge; car quelques mois seulement séparaient les dates de leur naissance. Il brùloit du désir de se montrer son rival. Malheureusement c'étoit encore moins à son talent qu'à sa renommée qu'il portoit envie; c'étoit son éclat nui l'importunoit. Aussi ne visa-t-il qu'à l'éclipser. Tous ses soins tendirent à lui dérober des entreprises, a paraître plus employé que lui , à l'être en effet : il y réussit. La protection d'I rbain VIII servit à souhait sa jalousie.

Il entreprit pour lui l'église de la Sapienza. Il continua les travaux du palais Barbcrini, dont Beruin

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| «voit toutefois la suprême direction. Le couvent de Saint-Philippe de Ncri , son oratoire et sa façade, l'église du collège de la Propagande , une partie du bàtimect de l'église de Sainte- Agnès à la place Yivone , la nouvelle décoration intérieure de Saint— Jean-dc-Latran : tous ces travaux l'occupèrent , ou à la fois ou successivement.

Borromini parvint bientôt à en recueillir ce qu'il ambitionnoit par-dessus tout , le bruit de la renommée. Elle s'étendit si loin, que le roi d'Espagne, ayant résolu d'agrandir son palais à Rome, lui commanda un projet. Malgré son inexécution , il valut à son auteur l'ordre de Saint-Jacques et une gratification de mille piastres. Le pape l'honora aussi de l'ordre du Christ : pour lui marquer davantage son estime, Sa Sainteté le lui conféra elle-même; trois mille écus comptant et une pension mirent le sceau à cette faveur.

On lui confia encore le bâtiment de Sanl-Andrea aile Fratte; le plais des Falconieri, à Rome, qu'il fut chargé de restaurer ; celui de la Rufina à Frascati, celui du prince Scavolino à la fontaine deTrévi, et beaucoup d'autres ouvrages, dont quelques-uns trouveront une mention à là fin de cet article. Nous omettons encore nombre de demandes et de commissions étrangères , qui lui valurent des récompenses utiles et honorables Enfin, son ambition n'avoit plus à redouter de rivalité ; cependant son humeur envieuse lui faisoit toujours voir des défaites dans les succès de Bernin , et un ennemi dans l'homme qui avoit trop de goût pour ne pas blâmer ses caprices. Bernin , en effet , le regardoit comme un novateur téméraire, destiné à corrompre toute l'architecture. Il lui arriva aussi alors d'obtenir la conduite d'un édifice déjà confié à Borromini , qui en avoit donné les dessins ; cette préférence fut pour celui-ci l'occasion d'un ressentiment qui ne connut plus de terme , et elle le livra aux noirs chagrins qui depuis ne cessèrent point de le dévorer.

Pour s'en distraire, il résolut d'aller en Lombardie. La distraction du voyage ne put chascr son ennui , qui le ramena bientôt à Rome , où son mal devint irrémédiable. En vain, pour y faire diversion, donna-t-il un libre cours à tous les caprices de son imagination , dont il projetoit de faire graver le recueil. Il presidoit à ce léser travail, lorsqu'un accès d'hypocondrie fit désespérer de sa vie. On crut que le moyen de lui tranquilliser l'esprit étoit de le soustraire à toute application ; la nature de son état einpèchoit qu'on ne le laissât seul : cette contrariété irrita encore son mal, et ne fit qu'en aggraver les effets; bientôt il dégénéra en oppression de poitrine et en nne espèce de frénésie. Il demandoit sans cesse les instrumens de son travail , et on s'obstiooit à les lui refuser. I ne nuit d'été, ne pouvant trouver de repos, il demanda plusieurs fois une plume et du papier pour écrire, mais en vain : aigri de ce nouveau refus, il s'élance de son lit, au milieu des plus affreuses im-

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précations, se saisit d'une épée, et s'en perce; ses domestiques accoururent à ses cris, et le trouvèrent baigné dans son sang. Il vécutencorc quelques heures, et assez pour se repentir du suicide qu'il venoit de commettre. Ainsi périt, en 1667, à l'âge de soixantehuit ans, cet artiste, victime de la jalousie qui avoit empoisonné sa vie et corrompu son goût.

On demandera peut-être pourquoi nous attribuons a l'envie ce travers de jugement et de goût qui caractérise les productions de Borromini. C'est que toute envie a son principe dans un faux orgueil , qui fait supporter im)>aticmmeut toute supériorité et persuade de se préférer aux autres.

Or, ce qu'on reennnoitra dans les rapports d'individu à individu , on le trouve tout aussi vrai dans les relations générales de peuple à peuple , de siècle à siècle, de génération à génération. Oui, il y * un sentiment d'envie général , qui porte les peuples, les siècles , les générations, à mettre à l'enchère les uns sur les autres. Ce sentiment , restreint dans de justes bornes , s'appelle émulation , et produit d'heureux effets. Mais si l'orgueil toujours croissant exalte de plus en plus la jalousie des succès passés et des gloires anciennes, il ne lui restera pour se satisfaire que de porter à l'excès le mépris des règles et des routes suivies par les prédécesseurs- De la la manie de l'innovation.

Disons encore que cet esprit d'al>crralion aura aussi ses degrés , jusqu'à ce qu'une envie de plus en plus orgueilleuse le porte jusqu'à la folie.

Ce fut le fait de Borromini. Il ne lui fut pas donné d'arriver de prime abord au renversement de l'arrhi- », autrement dit des principes, des raisons, des 1 qui en ont fait un art. Déjà depuis quelque 1 principes et ses lots avoient subi plus d'une altération. Bemin lui-même avoit porté l'art k ce point de luxe et de relâchement qui ne pouvoit guère laisser à ses successeurs, pour faire de l'originalité, d'autre ressource que celle de la bizarrerie. Si celte dernière place n'eût pas été occupée par Bernin , tout porte à croire que Borromini s'en se roi t emparé. Peut-être même auroit-il pu la partager; mais son humeur jalouse ne souflVoit point de partage.

Cherchant la renommée à tout prix , et confondant l'idée d'invention avec celle d'innovation , il crut inventer en architecture, en prenant tout-à-fait le contre- |iied de ce qui avoit été établi avant lui, en niant qu'il pût y avoir une raison naturelle , un principe d'ordre dans les élémeus de l'art des Grecs, et en substituaut à des combinaisons émanées de la nature des choses les irrégularités du hasard et la négation de toute raison. Dès-lors toutes les formes deviurcut , sous son crayon , la matière d'un jeu fantastique et dans lequel l'esprit se trouvoit même dispensé de tout travail d'invention. Quelle difficulté y a-t-il , en effet, à renverser un édifice , et à rassembler ensuite ses débris sans autre ordre que celui du caprice? Qui est-ce qui n'est pas habile à détruire, cl qui est-ce

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qui ne trouve pas aisément des collaborateurs de destruction ?

Borromini ne lit donc autre chose que renverser tout le système de l'architecture grecque sans le remplacer par aucun autre. Or, on voit que ce qu'il y eut d'absurde dans cette prétention d'innover en architecture, c'est que dans la vérité il u'y avoit de nouveau que le désordre ; car il ne se produisit aucune forme nouvelle. Ce n'étoit que le bouleversenirnt de l'ordre, et l'invention n'étoit que de la destruction. Borromini n'en conservoit pas moins toutes les parties des ordonnances, tous les détails imitatifs ; seulement il décomposoit les unes , et , transposant les autres , il employoit chaque membre , chaque objet , à l'inverse de sa signification et au rebours de IV que sa nature lui assignoit. C'est ainsi, qu'il donnoit à uu frêle détail d'ornement U [ de supporter, lorsque, rendant inutiles et oiseux les membres destinés à soutenir , il donnoit l'apparence de la foiblesse à ce qui avoit besoin de paraître fort, et renforcoil ce qui n'aurait dû exprimer que de la légèreté. Fout son esprit consista à établir un démenti coutiuuel entre ce que sout les choses et ce qu'elles doivent paroilre , affectant de prendre en tout l'inverse de ce que les anciens avoit'ut fait. Une ondoyante flexibilité prit la place de toute rectitude de forme. Le mixtiligne se substitua à l'unité. II. s contours chantournes serpculèrent sur toutes les parties d'entablemcnt; à la sévérité de l'architrave ou de la corniche on vit surcéder les molles ondulations que le caprice peut imprimer à une pâte flexible.

La méthode de construction de Borromini, ou l'emploi qu'il lit des ressources de la bâtisse, dépose d'une assez grande habileté de sa part. Il y fut adroit et ingénieux. Ou serait tenté de croire qu'il ne s'étoit autant perfectionné dans ses procédésque pour y trouver plu» de facilité à réaliser des compositions inusitées. Il y a un accord toujours naturel et facile entre les forme» simples et la solidité de U construction. C'est pour ployer et faire obéir les matériaux de l'art de balir aux tours de force d'une imagination capricieuse , qu'il faut recourir à un emploi de moyeusdifficultueux.

C'est dans l'ornement surtout que Borromini» suivi avec le plus d'évidence la manie de contredire tout ce qui l'avoit précédé. Il change, retourne, renverse, pour changer, retourner, renverser. Il met en haut ou en bas ce qu'avant lui on avoit mis en bas ou

Dirait , rdifictt , nuui quadrit* ruinntlu.

Est-ce bien la peine , d'après la 1 nous venous de donner du goût de cet architecte , d'entrer dans le détail de ses monumens ? Fatiguerons-nous le lecteur par la description indigeste de plans mixtilignes, de frontons en enroulement, de corniches mutilées, de pans coupés en lozangrs , de consoles retournées , de gaines renversées , de cartouches bigarrés, d'ailerons à l'envers, et de tant

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d'autre« mesquineries ? Nous n'allongerons donc pas cet article pr la description de monumens qui ne sont que les applications de toutes ces bizarreries.

Une simple liste abrégée des principaux ouvrages de cet artiste, devenu trop célèbre, complétera, dan» la seule vue de l'histoire, les notions qu'elle seule pourroit exiger.

Une des plus célèbres entreprises de Bommini fut la restauration de l'intérieur de l'église de Saint- Jean-dr-Latran. On sait qu'elle est, après Saint- Pierre, la plus grande de Rome. Sa principale nef étoit, comme celles de toutes les anciennes basiliques chrétiennes, formée de colonnes en diflerens marbres tirés des ruines de l'antique Rome. Dans un siècle de décadence, on s'étoit contenté de construire audessus des colonnes un simple mur, sans décoration architecturale , qui nortoit immédiatement la charpente du plafond. Bommini imagina d'envelopper ces colonnes d'un massif de construction en maçonnerie. Il décora toute la hauteur de l'église en pilastres fort élevés, entre lesquels il plaça de grandes niches saillantes d'un effet pompeux et grandiose. Le plan de ces niches est ovale. Elles sont ornées de colonnes composites en beau vert antique. Clément \I v fit placer les statues des douze apôtres en marbre, exécutées par les plus habiles sculpteurs du temps, entre lesquels on distingue Rusconi et Le Gros.

Au collège de la Sapienza , on montre comme un des rhefs-dVeuvre de Borromini le clocher de la chapelle , qui est fait en spirale. C'est certainement un morceau unique pour la bizarrerie. L'église n'est peut-être pas moins extraordinaire que son clocher. Le* corniches et d'autres détails y offrent les plus

singuliers L'orato

L'oratoire de la Chiesa-Nuova, sa façade et la maison des Oratoriens, sont dignes d'une mention particulière. On v admire, sous plus d'un rapport , un grand mérite de construction , une intelligence peu eommnne dans les dégagemens , la distribution et les dispositions intérieures.

L'église de Sainte-Agnès et sa façade sont, de tons ses ouvrages, le morceau le plus sage ou le moins bizarre. Le portail est accompagné de deux clochers faits en forme de tours trop élevées pour la largeur du frontispice.

La façade du palais Pamphile(Dorin), sur la place dn Collège Romain, porte écrit dans ses étranges profils le nom de Bommini.

L'église de Siint-Charlcs-aux-quatrc-fontaines 1 fasse pour son chef-d'œuvre , et elle en est véritablement un de bizarrerie.

Le collège de la Propagande , de forme triangulaire, fut décoré par lui de corridors et de galeries intérieures qui ont un grand air de magnificence.

Derrière ce collège, on voit le dôme de Saint- André délie Fratte, dont La composition t de figurer avec le clochrr de la Sapienza ; i partie de la décoration est restée '

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Le même défaut d'exécution se trouve a l'église des Sept-Doulcurs et à San Pietro in Montorio , dont la façade n'a point été achevée.

BOSSAGE, s. m. Ce mot, synonyme de ion. te dans les bàtimens, s'applique en général à toute éuiinenec qu'on bisse sur la surface d'une pierre. Telles sont certaines bosses pratiquées à dessein autour des tambours des colonnes à plusieurs assises, pour préserver dans la pose leurs joints de lit, et pour en faciliter le |>osage.

Ainsi , dans son rapport avec la construction , le bossage est une saillie non façonnée que l'on ménage sur les pierres, soit pour en opérer après coup le d ressèment au ciseau, soit pour y sculpter des ornenicns, ligures, etc. On l'appelle bossage brut.

Dans son rapport avec l'architecture, on appcllc boss pratî

tri buées symétriquement ou par compartimeus réguliers sur les paremens des murs, des piédroits, et même des colonnes , soit que dans cette pratique les bossages suivent les joints de l'appareil réel des pierres, soit qu'on substitue à cette réalité l'apparence d'un nouvel arrangement.

C'est donc sous ce dernier rapport que le bossage sera considéré dans cet article , où l'on recherchera : l° l'origine du bossage ; 7." quel jut l'emploi (tu bossage chez les anciens; 3e l'abus que les modernes ont /ait du bossage ; :\° quel usage raisonnable on en peut faire.

ssagr taillé celui qui consiste en saillies laissées ou aliquées par art sur 1rs pierres d'un édifice, et dis-

§ I,r. L'origine du bossage.

Nous l'avons indiquée déjà par la i du mot. Elle se découvre man" dans la pi-atique de la taille on de la pose des pierres, et dans les diverses méthode* de l'appareil chez les anciens. C'est là qu'il fant la voir. Nous regardons comme superflue , pour ne rien dire de plus , l'hypothèse d'Algarotti 1 cet égard , qui croit voir dans le bossage une imitation des poutres horizontales dont 1rs premières cabanes auniient été composées. Autant vaudrait y voir les lits de tontes les assises de pierres. Tout, au contraire, nous montre en ce genre nne pratique née de Li taille de la pierre, résultat d'abord fortuit d'une construction plus ou moins grossière , ensuite d'une recherche étudiée dans la manière de diversifier, selon les circonstances, l'aspect et le caractère des élévations.

Tout porte à croire que les plus anciens constructeurs eurent la coutume de bâtir avec des pierres taillées et dressées, mais seulement dans les quatre surfaces qui dévoient se joindre a d'autres pierres, laissant brut le purement extérieur. Ce procédé évitoit le risque d'en altérer les arêtes dans la pose. Les murs ainsi élevés, on ravaloit la surface antérieure, et on la rendoil parfaitement plane. Quelquefois, soil teui|M , soit

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lace put rester brute. C'est ce qu'on appeloit nutique A*s*r). Cependant cette aorte d'imperfection laissée à quelque* édifices put devenir le modèle qu'une imiution raisonnée se sera depuis approprié, et dont, comme en beaucoup d'autres objets, le plaisir de la variété aura emprunté l'emploi au besoin.

De la les bossages et ensuite les refends ( voyez ce mot) , qui ne sont qu'un bossage moins prononcé et d'un effet plus doux.

On est teaté de croire aussi qu'une sorte d'ostentation put accréditer celte pratique. Dans un temps où l'on devoit tirer une vanité particulière de la grandeur des pierres qui composoient les édifices , où un des grands intérêts de l'appareil consistait dans le choix des plus grands matériaux, et dans l'apparente rcgularité de leur emploi , il est probable qu'on aura dû regarder l'em|iloi du bossage comme un moyen de mettre en évidence et de (aire briller le mérite de la construction, par l'importance et dans la difficulté du transport, de la pose des matériaux, et de leur travail.

i , comme cela est bien probable , la nature i que l'on vient d'indiquer donna naissance : primitif du bossage en grand, il y en a un re moins considérable , et qu'on pourrait détail , dont l'origine ne paroit être autre chose que le caprice du hasard, ou l'inachèvement de plus d'une partie d'ornemens à quelques membres d'architecture. Dans plus d'un édifice, quelques parties étaient restées brutes ou en masses qui n'atteudoient que le ciseau du sculpteur. Les veux se familiarisèrent avec ces manques d'exécution , et on les prit pour l'effet «l'un dessein prémédite. Par exemple, en plus d'un profil, soit d'entablement , soit de ceintre* et d'arcades, des moulures commencées pour servir de repères se trouvèrent interrompues par des claveaux que le ciseau n'avoit pas encore attaqués. On attribua au goût ce qui n'était que le résultat de l'inexécution ; et l'on en vint à imiter avec soin ce qui n'était que négligence ou imperfection.

Les preuves de ces méprises se trouvent surtout dans les édifices du bas-âge. On en voit de frappantes à Spalatro, en Dalmatie. On sait que Dioctétien avoit envoyé a Paras chercher au fond de ses carrières tout ce qui s'y trauvoit de colonnes , de morceaux d'entablemens, de fragtnens de corniches, propres à être employés. Dans le nombre, il 's'en trouva d'anciens qui a voient été exécutes par d'habiles artistes grecs. 1 lusieurs aussi n'étaient qu'ébauchés et dégrossis. Tout cependant fut emporté. L'ignorance de l'architecte mit indistinctement tout en ceuvre. Ce vaste palais offre aujourd'hui dans ses ruines la preuve de cette compilation indiscrète de formes employées telles que le hasard les avoit procurées.

On y remarque surtout ces bossages de détail dont l de parler. On voit qu'on y prit pour des i ce qui n'offrait que des formes ac-

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et préparatoires. Cela s'observe surtout dans les frises bombées qui n'offraient , en cet état , autre chose qu'un bossage où l'ornement devoit être sculpté , soit en rinceaux , soit d'un autre genre. On n'en saurait douter, quand on voit certaines parties de frise où les ornemens commencés restèrent interrompus. C'est pourtant à de pareils hasards qu'est due, dans des mon u mens contemporains, la pratiqne des frises bombées qui, contre toute espèce de convenance, a fini par s'introduire dans l'architecture. Le bossage, considéré comme variété d'ornement sur plus d'une partie, ne saurait s'appu ver d'une meilleure autorité.

S 11 De r«'>pbi du bossage en grand chet tes anciens.

Les monuiuens de la Grèce nous ont conservé peu d'exemples de l'emploi du bossage en grand et proprement dit. Mais, ainsi que nous l'avons déjà fait entendre , il y en a d'un genre subordonné, qui n'en diffère que par l'étendue des compartimens et par la saillie qu'on laisse aux pierres; et c'est celui des refends. Or, nous le retrouvons appliqué au soubassement du monument choragique d'Athènes (vulgairoment dit Lanterne de Dcmosthènes). Ce soubassement est construit en pierres, lorsque le reste de l'édifice est en marbre. INous voyons cette pratique introduite dans l'exécution d'édifices romains, qu'on croit être du temps de la république, et elle s'appliqua volontiers aux murs des temples. Vitruve ne permet guère d'en douter, quelle que soit l'obscurité du passage où il prescrit l'emploi d'une pratique qui consiste (dit-U) à laisser autour des joints monta tu et des joints de lit , des saillies formant d'agréables compartimens. lient circùm coagmenta et cubilia, eminentes exprèssiones graphicoteram efficient in aspectu dilectationem . { Vitruve, liv . 1 v , ch . 5 . ) Galia ni a voul u entendre par eminentes expressiones, l'épaisseur du mortier débordant de chaque joint ; ce qu'on accorderait volontiers dans les bâtisses de moellons ou de briques , mais non dans les constructions en pierre. Or, les murs dont parle ici Vitruve sont ceux des

et la construction a laquelle s'applique ce pa

de quadrato saxo aut marmore, en pierres de 1

ou de marbre, à la vérité d'une modique étendue.

Au reste , les exemples de bossages en manière de refends aux murs des temples sont trop multipliés pour qu'on s'arrête à en produire les autorités nombreuses dans des mon u mens encore existans. Le temple de ISîmes, dont les murs sont extérieurement taillés en refends, suffirait a justifier l'interprétation que nous avons donnée du passage de Vitruve : et effectivement, on peut dire que ce travail de compartimens,ainsi relevésen bosse, jette une agréable variété dans l'aspect de l'ordonnance (in aspectu délectationem).

Le bossage proprement dit , c'est-à-dire celui qui

aao BOS

offre 1'exprcssioii 1res- ressentie des pierre» relevée* en boues fort saillantes, se trouve, dans ce qui nous reste des constructions romaines , appliqué avec dis— crétion et conveuance aux espèces d'ouvrages qui en comportent l'emploi. Ainsi le voyons-nous employé à des souhassemeus , à des arcades, à des murs d'enceinte. Dans cette dernière catégorie, on doit citer la vaste muraille qui enfermoit à Rome le forum de Bforvi (et qu'on appelle aujourd'hui la muraille de Part de Pan tano). Elle est construite en pierre nommée peperino , à la réserve des plinthes et de l'entableincut , qui sont en twertino. Le genre appelé rustique trouve là son plus beau modèle, et l'on croirait qu'il en aurait exclusivement servi aux architectes florentins. Le caractère du bossage y est très-hardiment prononcé, sans avoir néanmoins de prétention à paroitre excessif. Plus d'une inégalité de mesure entre les bossages semble montrer qu'on ne s'y étoil pas astreint a la parfaite régularité d'un dessin arrêté, cl que probablement une partie du travail des pierres fut exécutée en place , au gré des matériaux mis en œuvre.

On trouve à Rome d'autres exemples de bossages convenablement appliqués au caractère de l'édifice. Tels sont ceux de l'aqueduc de Claude, formé de grands portiques en arcades ; tels encore ceux de la Porte- Majeure, autrement appelée l'arc de Drusus, et qui sert en même trm|is de support au canal de l'aqueduc. Le nom d'arc de Drusus , par sa double destination, serait une autorité trop équivoque pour ju»tifier l'emploi du bossage à un arc de triomphe , ainsi qu'on aura lieu de le faire observer plus lias.

On croit que le genre rustique ou de bossages, appliqué aux portiques de la Curia hostilia à Rome, pourrait n'être que l'effet du manque d'achèvement de ce monument. Tout, effectivement, semble y indiquer que l'ouvrage n'a point été terminé. ( .cite apparence rustique, -ni reste, lie saurait produire qu'un très-bon effet ilans une construction à plusieurs rangs d'arcades, dont l'inférieur, aujourd'hui enterré, soutenoit un second rang destiné à servir de soutien à la artie du mont Ctelius qui regarde le Palatin et le

paille «J

.Mais il existe encore aujourd'hui At d'architecture romaine, et qui furent entièrement terminés, où le bossage le plus caractérise est entré comme résultat combiné d'un dessein fixe et d'une rouijtosilion arrêtée.

Tels sont l'amphithéâtre de Pola en Italie , et le grand amphithéâtre de la ville de Vérone.

Ce dernier surtout nous présente le genre de bossages très-prononcés, mis en œuvre dans l'élévatiou entière «les portiques extérieurs, et mêlé à l'ordonnance des pilastres qui en décorent les piédroits. L'ne chose même assez remarquable, c'est que le troisième rang de portiques, ou celui d'en-haut, est plus court, plus h .nul , plus chargé de bossages que les deux rangs inférieurs. Au reste, ce genre ainsi employé

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dans de grandes masses à un édifice dont le caractère devoit être celui de la force et de la solidité , et associé aux formes des piédroits et des portiques , ne parait devoir rien offrir de contradictoire avec les principes avoués par le goût et les convenances de l'architecture. Quant au mélange du bossage avec les ordres, on peut encore accorder ici une distinction à faire entre des pilastres et des colonnes isolées. La colonne, en effet, partout où elle est employée, devient objet principal , et sa forme doit rester inaltérable. On peut dire, au contraire, que le pilastre mêlé au bossage n'est qu'un accessoire qu'il est permis de subordonner aux exigences d'un autre motif devenu nécessairement principal dans l'ensemble d'un monument.

A l'exemple près des colonnes adossées de la Porte Majeure qu'on a déjà citée, ouvrageqni pourrait bien n'être qu'un ragrénient maladroit des siècles de la décadence, et peu propre à servir d'autorité, on ne voit pas que les anciens aient jamais été jusqu'à dénaturer l'esprit du type originaire sur lequel s'est formée la colonne , et qui sert de base au système de l'architecture. Or, rien n'est plus propre à produire cet effet, que la dissection du fût de la colonne entrecoupée par des dés de pierre ; car il y a , dans ce cas, un véritable combat entre deux élemens de construction opposés, qui ne peuvent que s'entre-détruirr. Toutefois nous verrons cet abus arriver chez les modernes jusqu'aux colonnes entièrement isolées.

§ lll. De talus du bossage chez les modernes.

L'emploi que les modernes ont fait du bossage est loin de présenter la même modération et une aussi intelligente discrétion que chez le» anciens, il étoit naturel qu'il en arrivât ainsi. A mesure qnc l'art, en se propageant ou en se renouvelant , s'éloignoit des temps et des lieux qui l'avoient produit , il devoit de plus en plus jterdre de vue les principes qui lui avoient donné l'être. Dès le temps de la renaissance de tous les arts à Florence, ou voit dominer dans l'architecture un principe lie construction qu'on a eaucoup de vraisemblance avoir été i, cl peut-être une imitation non de l'architecture des Etrusques , mais simplement des débris de leurs constructions gigantesques, encore debout dans quelques ouvrages «les cités antiques de ce pavs. La nature y offre aussi aujourd'hui, comme jadis, une telle abondance d'énormes matériaux et de la plus robuste qualité, que le goût s'y trouva porté ver» un genre de solidité qui aujourd'hui nous («irait excessif. C'est à ces causes qu'on jieut attribuer, dès les treizième et quatorzième siècles, ces masses de bâtiment renforcées de bossages, qui , comme nous le prouvent les premiers ouvrages du palaao vecchio, précédèrent de beaucoup ceux du palais Pitti. Si l'on consulte le* fonds d'édifices qui ornent les peintures du <;.,!).>.->, nu à Pise, on y voit le goùl du bossage

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devenu général dan» la Toscane long -temps avant Druneleschi , et te perpétuer long - temps encore après lui.

Toutefois, quand on considère ces imposantes façades des palais Pitti , Strozzi, Kiccardi et autres, si le yoùt peut se plaindre d'une espèce d'immodéralion eu ce genre, si l'tril en éprouve des impressions ou monotones ou fatigantes , la raison n'y trouve aucun sujet de murmures : ces énormes façades d'édifices uc présentent aucune mésalliance de style , aucun mélange d'ordres, aucune contradiction de princi|ies ou de convenauces ; bien plus , on est porté a croire que ce style fut lui-même un effet des mœurs du temps. Si l'on pense qne ce goût de construction appliqué aux palais put tenir aux habitudes des clii— leatix forts dans toute l'Europe de celte époque , on s'étonnera peu que, même sans nécessité, et comme cela arrive en tout , un certain courant de mode l'ait rendu commun aux habitations urbaines des grands et des riches.

Mais , en laissant de côté les considérations qu'on vient d'effleurer, ou ne se lassera point d'admirer, dans les masses imposantes de ces plais, le caractère de hanliesse et de force porté au plus haut point par l'emploi du bossage, et on tirera de cet emploi la conséquence que le bossage exige de grandes lignes, des masses imposantes, et de spacieuses superficies.

C'est ainsi que Brunelescbi nous le donne à considérer dans sa composition du palais Pitti , vu à l'extérieur. 11 paroit certain qu'il u'avoit laissé ni projet ni dessin de la partie intérieure. Ammanati , chargé de rattacher à la masse du dehors la composition de sa cour, jugea avec raison, sans aucun doute, que le style du bossage y étoit d'une convenance obligée; mais il voulut associer a ce stvle les ordonnances de colonnes, et de colonne» entières, quoique adossées aux trumeaux des fenêtres ou aux piédroits des arcades, (t'oyez Amman ati. ) C'est ici , malgré ce qu 'offre d'imposant cette colossale structure, que se développe le vice du svstème porte trop loin. ÎNoua avons vu , à l'amphithéâtre de Y érone , de simples pilastres se confondre et disparaître, en quelque sorte, sous le revétisaeinent des bossages ; mais au palais Pitti ce sont les trois ordres de colonnes entières dont on voit les fûts adossés, coupés |iar des bandes alternatives de bossages quadrangulaircs et de tambours circulaires. En louant ici et U grandeur de l'entreprise , et la mâle fierté d'une exécution hardie, on ne peut s'empêcher de trouver ces beautés -là de trop, dès que la raison s'en trouve exclue.

Cependant nous devons faire observer que , si les monument de la Toscane moderne concoururent a répandre dans l'Italie le genre du bossage, les autres écoles d'architecture de ce pays l'ont employé avec beaucoup moins de profusion et plus de goût - Viguola et Palladio l'ont considéré comme moyen de variété dans l'emploi des matériaux ; comme propre à caractériser U force, soit dans les soubassemens, soit dans

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Iles chaînes d'appui des bâtiraens, soit enfin dans tout ce qui porte et qui butte, et comme élément de résistance ou indice de solidité. Au lieu d'en faire l'unique moyen de décoration dans les façades des palais, ils ne l'y ont introduit que comme accident propre à faire valoir, par son contraste, les parties lisses, et comme | la musique entremêle le forte au piano. Ils ont d'ailleurs usé plus souvent encore du bossage modéré, I qu'on appelle refend, dont on a parlé plus haut , et dont ils ont su faire un heureux intermédiaire entre les parties lisses et celles qui sont relevées en bosse.

Les anciennes relations d'art entre l'Italie et la France introduisirent de bonne heure dans ce dernier pays le goût du bossage. Serlio, un de ses plus grands partisans, avoil dû y en propager l'usage. Philibert de Lorme y en rapporta la manie plutôt que le goût , par suite de son long séjour en Italie. L'usage qu'il en fit au château des Tuileries ne trouva pas beaucoup d'approbateurs. On voit ce genre assez mal approprié , et avec une recherche de sculpture aussi puérile que fastidieuse , a la galerie du Louvre bâtie sous Henri 111.

Mais Marie de Médicisen répandit plus qne jamais la mode dans son grand palais (dit du Luxembourg), qu'elle fit construire après la mort de Henri IV. De Brosse, choisi par elle pour en être l'architecte, soit de lui-même, soit, comme cela est probable, pour seconder le désir qn'avoit la reine de retrouver a Paris des souvenirs de Florenre, sa patrie, prit modèle, non pour l'ensemble du plan ou de la composition générale, mais |Mur le style de construction en bossages, sur la cour du palais Pitti . dont on a parlé. L'architecte française, dans cette imitation, beaucoup adouci le caractère des bossages florentins(uov'. De Brosse), par la manière surtout d'envelopper ou d'interrompre les fûts de ses colonnes. Dirons-nous que cet adoucissement ait été une amélioration? Peut-être une telle modification ne pouvoit servir qu'à substituer la mollesse à la fierté, la lourdeur à l'énergie, et la monotonie d'un stvle mitoven à l'effet rode mais imposant d'un caractère hardiment prononcé. Tant il arrive souvent aux moyens termes d'avoir tort ! Cet exemple n'influa point , en France , sur les j grands maîtres du siècle suivant ; les architectes du Louvre s'étoient d'avance préservés de cette manière. On ne la retrouve guère aux monumens publics qui depuis furent élevés jusqu'à nos jours, si l'on excepte l'are de la porte Saint-Martin, orné de bossages vemiiculé» , dont on a toujours blâmé l'application , faite surtout à un monument de ce genre. ( Payes Bcllet.) Plus d'une raison , puisée soit dans la nature des matériaux, soit dans les caprices de l'usage ou du goût, avoit fait renoncer à l'emploi du bossage, lorsque, vers la lin du dernier siècle, on le rit reparoître dans des constructions élevée» , sous le nom de barrières, à presque toutes les entrées de Paris.

Nous n'avous \u jusqu'ici le bossage chez 1rs anciens, et même les modernes, employé qu'à des

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murailles, à des soubassemens , à des portiques ou piédroits, c'est -à-dire, à des masse» de constructions qui ne reclament point la scrupuleuse observation des types originaires sur lesquels se fonde l'emploi des colonnes isolées dans des ordonnances régulières. Nous avons signalé déjà le commencement de l'abus dont nous voulons pa rlcr, soit an plais Pitti iHorence , soit à Paris au palais du Luxembourg. Mais cet abus devoit encore faire un pas, en s'tfppliquanl à des colonnades formées de colonnes isolée». C'est ce qui a eu lieu aux colonnes doriques isolées, formant péristyle autour de» deux corps de bâtiment connus sous le nom de barrières à la principale entrée de Paris (telle de l'Etoile). On y voit toutes les colonnes formées alternativement de dés quadrangulaires et de tambours; l'isolement de ces colonnes contribuant à augmenter l'effet repoussant de tous les angles, produit l'aspect le plus propre à offenser et la raison et les veux. Il est à croire que l'excès de ce vice pourroit en avoir été le remède , en servant à décrier l'emploi du bossage.

$ IV. Quel usage raisonnable peut-on faire du bossage ?

D'après ce qui précède immédiatement ce paragraphe, doit-on proscrire de l'architecture l'emploi du bossage ? Dans quelles circonstances et avec quelle* reserves peut-on le mettre en œuvre?

Il nous semble , quant à U première question , que rien de ce qu'on a dit dans tout cet article n'a pu tendre à proscrire ni de la construction en général, ni même de l'architecture , une manière de façonner les pierres qui a pour elle l'usage , souvent la nécessité, et quelquefois la convenance et le goût. Reste donc à déterminer les cas et circonstances où l'emploi du bossage peut avoir lieu , et 1a mesure qui convient à cet emploi. Or, U progression que nous allons uer nous paroît la plus propre à servir de régu- ■ en cette matière. Cette progression, la simple nous la montre dans la nature des parties , des et des types qui constituent diversement les ouvrages et les compositions de l'architecture.

Ainsi , toutes les parties des édifices qui ne se fondent sur aucune espèce de représentation plus ou moins imilalive d'un modèle préalable , où la pierre n'est substituée par la fiction de l'art a aucune autre matière, tels que murs, corps plcius, massifs, souliasscmens , etc. : tontes ces parties , disons-nous , sont celles où le bossage convient essentiellement. Là est incontestablement sa véritable place. On doit ajouter que cette pratique , née de la taille même des pierres, et suggérée par la nature de la matière, produit aux endroits dont on a parlé nn effet conforme à leur destination. Les anciens, on l'a vu, nous ont transmis toutes sortes d'exemples de ce genre , et dans ces exemples les raisons qui les autorisent.

Par snitc des mêmes convenances, on ne sauroit

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| condamner l'emploi du bossage dans les façades des habitations , c'est-à-dire dans toutes les élévations qui semblent n'être que des murs percés , surtout quand il n'y entre aucune ordonnance étrangère, aucun mélange d'ordres. L'extérieur de tous les palais de Florence est de ce genre , et si l'aspect des bossages y paroit excessif ou monotone , on ne sauroit le trouver défectueux quant à la raison.

Dans les portiques, les arcades, leurs piliers on piédroits, dans tout ce qui ne tient que par une analogie plus ou moins éloignée au système imitatif de l'architecture, le bossage pourra s'introduire, poun u qu'il y soit conduit par un goût économe et intelligent.

Si les ordres y paroissent sous la forme de pilastres, leur mélange avec le bossage y deviendra une licence autorisée, comme on l'a vu plus haut , par des exemples assex importons, et par une réserve qui sollicite l'indulgence.

Mais de la licence naît presque toujours l'abus; et c'est ce qu'on a vu aux palais Pitti et du Luxembourg. Ni la raison ni le goût ne sauroient admettre que la colonne , unie à tous les membres de la modénaturc, faussant ainsi tous les titres de son origine, et démentant le système qui l'a produite , se bisse morceler et découper au gré de l'épaisseur des pierres et du tracé de l'appareilleur.

La licence a produit l'abus, l'abus va prétendre légitimer le vice. Tel sera l'excès dans lequel tombera l'emploi du bossage, et où nous l'avons vu tomber, en le trouvant appliqué partiellement aux seules colonnes d'un édifice, non plus comme soumis à un ajustement général, mais se détachant sur des murs entièrement lisses, et formant péristyle à l'entour. La colonne alors, selon l'expression de Laugier, n'est plus colonne , mais un amas de tronçons entassés , à modules inégaux , dont l'ensemble n'appartient plu* qu'à une création du pays des chimères. De ce genre sont les barrières dont on a parlé.

Ainsi , il nous semble que la règle la plus sûre à suivre pour l'emploi judicieux du bossage, doit dériver de la distinction à faire entre Us parties de construction où la pierre n'est employée que comme pierre , et celles où , revêtant diverses formes, elle devient, par l'art de l'architecture, représentation plu» ou moins effective d'un modèle originaire. Cette seule distinction peut servir à motiver l'admission ou l'exclusion du bossage; et elle nous dispensera d'indiquer les genres d'ouvrages qui en motivent , en autorisent ou en repoussent l'emploi. Ainsi, on comprend que les murs, les remparts, les ponts, les aqueducs, les forteresses et bien d'autres bàtimen» , selon le caractère plus ou moins prononcé qui leur convient , admettront le bossage ou le refend, qui en est, si l'on peut dire, le diminutif, {.Voytx Refe-sb.)

I ■ bossage reçoit diverses variétés de détail, qu'on distingue par les expressions suivantes. On dit: Bossage à anglel. Celui qui , étant chanfreiné et

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de

joint à un droit.

Bossage à eavet. Est celui dont la minée par un cavet entre deux filets.

Bossage en chanfrein. C'est nn bossage dont l'arête est rabattue, et qui ne se joint pas avec une autre, mais qui laisse entre les deux un petit canal.

Bossage à doucine. C'est celui dout l'arête rabattue est mêlée d'une doucinc.

Bossage arrondi. On appelle ainsi celui dont les arêtes sont arrondies, comme aux bandes des colonnes du palais du Luxembourg, à Paris.

Bossage continu. C'est ainsi qu'on appelle, par exemple , celui qui règne sur toute l'étendue d'une façade.

Bossage en liaison. Ce bossage représente les carreaux et les boutisses, et est séparé par des joints montans de pareille largeur et de pareil enfoncement que ceux de lit.

Bossage en pointe de diamant. Bossage dont le parement a quatre faces, qui se terminent a un point lorsqu'il est carré, et qui a une arête quand il est rectangle.

Bossages mttès. Ce sont des bossages de deux différentes hauteurs, mêlés alternativement , et qui représentent les assises de haut et de lias appareil.

Bossage ravali. Est celui qui a une table fouillée en dedans d'une certaine profondeur, bordée d'un listel , et séparée d'un autre bossage par un canal carré.

Bossage vcrmicuU. C'est nn i tillé en tortillis. (Voyez Verhicllé.)

BOSSE, *. f. C'est, dans le parement d'une pierre , une petite élévation que l'ouvrier y laisse , pour indiquer que la taille n'en est pas toisée. On supprime ensuite cette élévation dans le ragrément.

On appelle bosse de pat'é une petite éminence sur le parement d'un revers ou d'une chaussée de pavé , causée soit par le manque d'égalité daus l'affermissement de l'aire ou de la forme, soit par la pesanteur de quelque charrois , qui aura produit ce qu'on appelle une Hache.

Bosse ronde. On distingue par le nom de ronde bosse les ouvrages de sculpture qui sont en plein relief ou qui out leur totale rondeur, comme sont les statues, les bustes, etc.

On appelle en demi-bosse les ouvrages de sculpture adhéivns à un fond , et dont le relief a la moitié de la rondeur de l'objet représenté. Mais l'usage est d'appeler généralement bas-relief (voyez ce mot; tous le» ouvrages de sculpture qui ne sont pas en ronde bosse, et quel qne soit le degré de leur saillie.

L'architecture emploie tons les ouvrages de sculptnre qu'on vient de désigner, selon la diversité des lieux , des emjdacemcns , des corps auxquels on les applique , et des effets qu'on veut produire.

bosse formoient les

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compositions des denx frontons du temple de Minerve , à Athènes. Il paroit, d'après l'exemple du temple d'Egine , dont on a retrouvé les statues tombées et enterrées en avaut de chaque face de l'édifice, que ces statues de ronde bosse ornoieut aussi ses frontons ; d'où l'on a conclu qu'à l'égard des frontons dans l'ordre dorique , qui |>ermet de leur donner une assez grande profondeur, l'usage auroil été de les orner MM des figures de ronde bosse

Du reste, on sait assez que tous les genres de bosse ou de relief sont admis dans l'architecture ; car il faut le dire à l'égard de ce nombre infini de bas-reliefs antiques qui nous sont parvenus, tous, et il s'en trouve des plus saillant, et d'autres du moindre relief possible ; tous, disons-nous , proviennent des ouvrages de l'architecture. (On excepte ceux qui, en très-petit, appartiennent aux travaux métalliques. ) B est même permis d'affirmer que chez les anciens on ne fit point, comme l'ont pratiqué les modernes, des bas-reliofs wolés en guise de Ubleaux. (t'oyez Bas-relief.)

C'est à l'architecte qu'il appartient de déterminer le plus ou le moins de bosse et de saillie que doivent avoir les ouvrages de sculpture qu'il admet à figurer sur les fonds des édifices. Indépendamment des rapports de la faculté visuelle du spectateur, on comprend qu'il dépend de la saillie des ouvrages ru bosse, ou d'altérer à la *ue les formes, les lignes et les surfaces qui doivent les recevoir, ou de rompre l'harmonie générale par des effets trop marqués, ou , en supposaut l'excès contraire , de devenir trop peu sensibles et de nul effet.

BOUCHE , s. f. Signifie le plus souvent l'entrée, l'ouverture d'un lieu , d'un objet quelconque , comme d'un puits, d'un tuyau, d'une carrière.

BOUCHERIE, s. f. C est uu lieu destiné à tuer les bestiaux et à vendre la viande. Chez les anciens, il paroit que chacun de ces deux usages avoit un local particulier ; que le lieu ou l'on tuoit n'étoit pas le même que celui où l'on vendoit : par conséquent le mot de maeellum n'est pas exactement représenté par celui de boucherie. Le maeellum designoit particulièrement le marché aux viandes, aux poissons et autres comestibles Cependant on a traduit souvent ce mot par celni de bouchtrie; et l'on voit que, suivant l'acception générale, cette dénomination lui convient toujours en partie.

D'après cela , nous croyons ponvnir porter à cet article , et désigner comme des boucheries antiques, les monumens indiqués sur une médaille de ftéron et dans les jilaus du CapHole, par le mot de maeellum.

Le premier fut sans doute un édifice remarquable; cela se prouve par le soin qu'on prit d'en faire mention dans la médaille où l'on en voit le frontispice. C'étoit aussi celui qu'on appeloit maeellum magnum.

cirques, atix amphithéâtres, et l'on y admirait cet esprit particulier au peuple romain, qui prodiguoit le luxe de l'art aux plu» simples monumens d'utilité publique. On n'a voit épargné dan» celui-ci, ni le* colonnes , ni les portiques, ni aucune des autres richesses de l'architecture.

Le mot de macellurn , écrit sur le plan du Capitolc, en face d'un édifice orné de colonnes, ne permet pas de douter de sa destination : mais si l'on en rapproche la forme de celle qui est indiquée par la médaille dont nous avons parlé, on peut croire que ce n'étoit point le même édifice : au reste , ce fragment de plan n'indique pas moins de grandeur et de richesse dan» cette sorte de monument que le témoignage de la médaille. On voit que la façade de l'édifice est précédée d'une colonnade qui régnoit aussi sur les cotés, comme le prouvent quatre colonnes en retour, dont la fracture du marbre à cet endroit empêche de suivre la continuation.

Chez les modernes, et dans la plupart des petites villes , le local où l'on tue les bestiaux se trouve encore être le même que celui où l'on débite les viandes. Cependant, en plus d'un pavs, on a depuis quelque temps renoncé a cet usage , qui forçoit d'introduire, non sans danger, les animaux dans toutes les rues. On n'a pas liesoin de dire à quels autres iucouvéniens ce genre de commerce étoit sujet.

A Paris, depuis une vingtaine d'années, on a élevé, et à grands frais, aux extrémités de la ville, de vastes édifices, sous le nom d' 'abattoirs (voyez ce mot), où les liestiaox sont conduits |*ur être abattus, et où chaque boucher ou débitant de viandes va les cher- î cher |iour les conduire dans sa boutique, les y dépecer i et les étaler en vente.

BOl CLE , s. f. Gros anneau de fer ou de bron/e, qui >crt à heurter à une porte cochère. Il y a de ces anneaux qui sont fort riches, qu'on orne de moulures et de sculptures. On connut mieux la boucle sous le nom de heurtoir. (Voyez ce mot.)

BOl CLES. Petits ornemens en forme d'anneaux L entrelacés sur une moulure ronde, tels qu'une baguette, un astragale.

BOUCLIER , s. m. Ce fut un usage cbe* les Grecs et les Humains de suspendre dans les temples la boucliers pris aux ennemis. Ceux qu'on y vovoit « toient de deux sortes, les uns réels, les autres votifs, ou qui n'étaient que la représentation des premiers. Ces derniers étoient des espèce* de disques de métal, que l'on consacrait, soit à la mémoire d'un héros, soit en action de grâce d'une victoire. La sculpture s'empara de cette pratique; elle fournit bientôt un genre d'ornemens propre à l'architecture, cl dont l'emploi s'est perpétué jusqu'à uos jours.

C'est particulièrement dans les frises des édifices qu'il trouve sa place; c'est aussi là, suivant Winckelr

maiin, qu'on en plaça les originaux dans les premiers temples.

■ Lorsque dans la suite , dit-il, on forma les espaces qu'on appelle métopes, on songea à leur donner quelques ornemens; ces ornemens durent leur origine aux boucliers dont on décorait la frise de l'entablement, et qu'on suspendoit , selon toute apparence, aux métopes. Au temple d'Apollon à Delphes, on avoit suspendu des boucliers d'or faits des dépouilles des Perses après la bataille de Marathon , et ceux que le consul Mummius lit attacher à la frise du temple dorique de Jupiter à Elis étoient dorés. Les armes du poète Alcée, qu'il abandonna en fuyant, et que les Athéniens pendirent au temple de Pallas, sur le promontoire Sigée, étoient probablement placées au même endroit de l'entablement. » Dans le premier passage de Pausanias, que uous venons de citer, les traducteurs latins et les autres ont lu le chapiteau au lieu de l'entablement et de la frise ; cependant iTifvAitr signifie bien réellement cette |«rtie de l'entablemeut qui va d'une colonne à une autre; mais, ici comme ailleurs, il est pris pour l'entablement entier, ou bien pour la frise en particulier. Au reste, il y avoit aussi des boucliers attachés aux colonnes du temple du Jupiter à Home.

<> Ces boucliers réels donnèrent, dans la suite, lieu de placer de* boucliers en lus-relief dans les métopes, et cet ornement a été employé aussi par les architectes des temjw postérieurs dans l'ordre dorique, comme on peut le voir à plusieurs palais de Home qu'on a décorés pareillement d'autres armes et trophées militaires, semblables à ceux du temple de Jupiter Capitolin. »

Le bouclier qu'on emploie dans les frrw» est ordinairement ovale; il est chargé de tètes ou de

Eieulcs de Gorgones , de lions ou d'autres animaux. Jui qu'on ap|N.'lle naval est distingué |«r deux eilroulemcns.

BOL" DIX. (Voyez 1W.)

BOl DOIR, s. m. Ce mot se dit d'un petit cabinet où l'on se retire pour être seul. Dans la distribution des appartenons, c'est une petite pièce voisine de la chambre à coucher et du cabiucl de toilette , et particulièrement à l'usage des femmes. Le caractère propre d'un boudoir est celui de la mollesse, du luxe et de la galanterie. On y ménage ordinairement un jour doux, surtout des points de vue agréables à l'extérieur. Si l'on peut se procurer l'aspect d'un jardin particulier, les berceaux, les treillages, les volières, v feront un bon effet. Au défaut de la nature, l'art peut prêter ses ressources, et, par la magie de la peinture ou de la perspective , produire d'heureuses illusions. La décoration intérieure d'un boudoir ne refuse ni les tableaux , ni les statues ; mais la petitesse du local les admet rarement : à moins que leur proportion ne soit en rapport avec celle de la pièce, et que les sujets ne s'accordent avec son caractère. Les recherches

de l'ameublement font le principal mérite de* boudoirs. On y admet les glaces , le» étoffes choisies , des élégans, des meubles précieux, tous objets qui tiennent plus à la légèreté du goût i de l'art.

BOUEUX, adj. Se «lit , dans les arts, des ouvrages mal fiais, d'une moulure mal rechampie, de la sculpture mal réparée, de la maoonnerie mal ragréée, «lu la menuiserie mal profilée , etc.

BOUFFER, t. a. Se dit d'un mur dont l'intérieur n'a pas de liaison avec les parpmcnj , lesquels s'écartent, y laissent du vide , et poussent au dehors.

BOUGE, s. m. Petit cabinet, placé ordinairement à coté d'une cheminée (et dans ce cas il y en a deux) , qui sert a enfermer diflerens objets d'usage.

Bouge est aussi une petite garde-robe, où il n'y a place que pour an petit lit.

BOULANGERIE, s. f. C'est, dans un palais, dans une maison de campagne, on dans une communauté, un bâtiment destiné à faire le pain, et «posé de plusieurs pièces, comme fournil , lien où l, pannetene, pétrin, larmier ci autres.

BOULE, s. f. On donne ce nom en général à font corps rond , de quelque matière qu'il soit , et à quelque usage qu'on le destine : il est synonyme de globe; mais globe, ainsi que sphère, ont d'autres acceptions.

On place souvent des boules de pierre ou de marbre dans les édifices : quelque insipide que soit ce genre d'omemens, on ne le trouve que trop répété, soit au bas des rampes, soit sur des piédestanx dans les jardins.

Bori.r d'amortissement. C'est un corps sphérique qui termine quelque décoration , comme on en met à là pointe d'un clocher, ou sur la lanterne d'un dôme, et auxquels on a soin de proportionner son diamètre. La boule de la coupole de Saint-Pierre, à Rome, est de brome , avec une armature de fer en dedans : elle a été faite avec beaucoup d'artifice : son diamètre a pins de H pieds. Le col qui l'unit à la lanterne est creux; on y a ménagé une échelle, par le moyen de laquelle on monte dans l'intérieur de la boule, dont la capacité peut contenir seize personnes.

BOULEUTERIUM. Etoit chex les Grecs le lieu d'assemblée du conseil municipal, une espèce de basilique, où les juges d'une ville rendoient la justice au peuple. Pline nous parle d'un bâtiment de cette espèce et de ce nom , qu'on voyoit dans la ville de Cixique. Sa charpente étoit faite et assemblée de la

t pour la retenir : il n'y «voit ni dons , ni chei ! le tout étoit disposé de manière qu'on pouvoit et remettre les solives du plancher, sans user m,- le reste de l'assemblage. Cyùei

BOU 235 et bolenterion vocant adificium amplum, sini ferreo elavo, ita dispositâ eonlignatione, ut t irabes sine fuituris ae i

BOULIN, s. m. Petit trou ou logette qu'on dispose autour d'un colombier pour servir de nid aux pigeons, qui y pondent leurs œufs et couvent leurs petits. On fait ces boulins de terre , de brique , et même de bois.

Bocliks, ». m. pl. Pièces de bois qu'a dans les murs, on qu'on serre dans les baies des L-t résilions ( pemr échafauder. On appelle trous de boulins, les trous que l'échafaudage a produits dans les murs. > itrove les nomme enlumbaria, parce qu'ils sont semblables à ceux se nichent les pi-

BOURDEAUX, ville de France , et capitale de la Guieone. C'est l'antique Bcanwatx'M.

Les restes d'édifices romains que les curieux y remarquent prouvent assex sa grande antiquité. Plusieurs existent encore : mais le plus beau de tous , et le Palais des Tutiles, fnt détruit le : heureuse ment Perrault nous en si cou— min exact, et un allons rapporter en entier:

«J'ai, dit— il, dessiné cet édifice sur le lieu, quatre ans avant sa démolition. It m'a semblé que je ne devois )»s laisser passer cette occasion de conserver et de faire passer à la postérité l'idée de ce superbe monument , qui étoit un des plus magnifiques et des plus entiers qui fussent restés en France, de tous ceux que les Romains y ont autrefois bâtis.

» On ne sait pas certainement ni quand, ni par qui cet édifice a été construit ; il y a seulement quelques conjectures qui peuvent faire croire qu'il est du temps de 1'eniprrrnr Claudius; et la principale est fondée sur ce qu'en fouillant, il y a environ soixantedix ans, on a trouvé trois statues antiques, qu'on croit être de l'empereur Chndins, de Drnsus son père, et de Messaline sa femme; car on a trouvé avec ces statues des fragmens de marbre gravés d'inscriptions, qui font voir assex clairement que deux de ces statues étoient , l'une de Drnsus, et l'antre de l'empereur Claudius; ce qui fait croire que la troisième statue, qui n'a point de tète , est de Messaline , et que C. Julius, surnommé Vindrx, qui avoit fait ériger ces statues et construire les anciens édifiers de Bourdeaux , gouverna les Gaule* au commencement de l'empire de Claudius , auquel temps Messaline avoit tonte la puissance et le gouvernement entre les mains. Il y a apparence que Vindex , ayant fait bâtir quelque édifice , il y fit placer les statues de ces princes avec celle de Messaline. Elles sont avec leurs inscriptions dans la cour de 1 hotel^ie-ville de Bourdeaux.

» Ce monument étoit au penchant d'une colline sur laquelle est située la partie de la ville qui des-

rend ver» la Garonne , où est le port. Il étoit bâti de j grande» pierres aussi dures et aussi blanches qu'est notre liais. Sa ligure étoit un carré oblong, de l5 toise» tic longueur sur 1 1 de large ; sa hauteur étoit île 11 pieds ; tout autour étoient rangées .> j colonnes, 8 sur les grandes faces, et (i aux petites. Ce carré; nui étoit comme une base ou stylobate continu , étoit presque tout solide de maçonnerie , revêtu en dehors I de grandes pierres taillées , et rempli en dedans de I moellons bloqués ou jetés pêle-mêle avec le mortier, n'y avant de vide que pour une cave qui étoit dans le bas , et dont la voûte ou plancher n'a voit pas plus de 9 pieds de haut. Ce plancher étoit tout droit et tout plat , et u'étoit point soutenu par la coupe des pierres , mais par l'épaisseur du massif, qui avoit plus de l a pieds selon la méthode des anciens , qui don noient aux planchers plus de a pieds d'épaisseur, sans compter les poutres et les solives. C'est ainsi que ^ itruve l'enseigne au premier chapitre de son septième livre.

■> Ce plancher, par-dessous, étoit (ait comme le ciel d'une carrière, et il proissoit que les mur» d'alentour ayant été bâtis, on avoit laissé la terre en dedans à la hauteur que devoit avoir le plancher, et que sur cette terre on avoit jeté le mortier et les pierres dont on avoit rempli le reste jusqu'en haut , et que , le massif étant sec , on avoit oté la terre de dessous. Cette sorte de plaucheis, de même que les autres décrits par V itruve, |>ourroient être appelés des planchers fusibles , étant faits d'une matière coulante que l'on jette comme en moule.

» Ce stylobate continu étoit double, y en ayant un |K>sé sur un autre ; et il y a lieu de croire que celui de dessous étoit pour gagner la hauteur de la pente de la colline, et que le second commençoit au droit du rc/-de-clja ussec de l'entrée ; de manière que l'on montoit sur l'aire où les colonucs étoient placées, par un perron de vingt et une marches.

» Les colonnes avoient 4 pieds et demi de diamètre , et n'étoient distantes l'une de l'autre que de 1 pieds, ce qui faisoit que leur disposition approchoit du genre pvenostyle. Lllcs étoient cannelées, et composées de plusieurs assises ou tambours de ■>. pieds «le hauteur : ces tambours, de même que tout le reste des pierres taillées, étoient posés sans mortier et sans tenon ; les joints en étoient presque imperceptibles. La plupart des bases n'étoient que commeulées à tailler. Les cannelures, sous l'astragale du haut de la colonne, n'étoient point en manière de niches, comme elles le sont ordinairement ; niais elles avoient la figure contraire.

» Les chapiteaux étoient selon la proportion que A itruve enseigne, n'ayant pis plus de hauteur que le diamètre de la colonne; ils étoient aussi, selon le précepte de cet écrivain, taillés à feuilles d'acanthe.

» L'architrave étoit composé d'un sommier posé sur chaque colonne, et d'un claveau au milieu, appuyé sur deux sommiers ; cet architrave faisoit un

ressaut d'environ 6 pouces au droit de chaque colonne, pour soutenir des caryatides en bas-relief, de to pied» de hauteur, adossées coutre les piédroits de» arcades, qui étoient au-dessus de l'architrave à la place de la frise. Les caryatides avoient la tète sous les impostes des arcades , et au droit de chaque caryatide, au-dessus de l'imposte, il y avoit un vase dont le pied se terminoit en pointe, à la manière des urnes ou vases à renfermer le vin.

» Ces arcades formoient un autre architrave pareil au premier, au-dessus duquel il n'y avoit rien. Le dedans comme le dehors étoit orné de caryatides ; elles étoient au nombre de 44 , parce qu'il ne pouvoit y en avoir en dedans , au droit des colonnes des angles.

>• Des a4 colonne» de cet édifice , il n'eu restoit que 17 , et il paroit, par la figure d'IIelias Vinetus, que de sou temps ( il y a environ cent vingt ans) il v eu avoit encore 18. Deux des colonnes de la face qui regardoit sur le port , au droit de la citadelle, étoient fort endommagées de coups de canon , qui avoient emporté dans quelques endroits jusqu'au quart d'un tambour sans avoir pu les abattre. »

On peut voir la figure de ce monument , remarquable à plus d'un titre , dan» le Vitruvt de Perrault, page 1IO,

Le célèbre Spon, à son retour de Grèce cl d'Italie, avoit examiné les antiquités de Bourdeaux , et les avoit jugées dignes de son attention ; il remarqua surtout la Porte Bas;e.

C'est un monument dont la construction solide s'attribue au siècle d'Auguste , sous lequel on bàtissoit pour l'éternité. Le* Goths et les Vandales, les Sarrasins, les Normands, dans tous les ravages qu'ils ont fait souffrir à cette ville, ont respecté ce bel ouvrage. Il a été chanté par les plus anciens jtoètes:

Bourdetni , vante loi monument ; Tel de U vieille Home étoit le fondement.

Plus angiute est U Porte Bnw

Que le lu <i I portail d'un p*Uu ;

Son tnlique et «unerbe ausie Voit les «cela caoler, ••■>• iVbr.oler j.-uii.

Le pilais Galien porte encore le nom de l'empereur sous lequel il fut bâti. C'étoit un bel amphithéâtre, que les a miens titres de Hmi nie nu 1" nomment les Arènes; il étoit ovale, et avoit 227 pieds de long sur i.fode large.

BOURSE, ». f. Lieu où s'assemblent les marchands pour traiter des affaires relatives au commerce.

Ou ne croit pas qu'il y ait eu chez les anciens d'édifice qui répondit absolument à ce que nous appelons proprement bourse. Le» basiliques en tenoient lieu , en réunissoient toutes les propriétés , et renfermoient tout ce qui avoit rapport au négoce et aux gens d'affaires, (f'ojez BvsiUQte.)

Toutes les villes de commerce modernes ont un lieu consacré à l'assemblée des négociait*, où ils se

BOÛ

rendent tous les jours à une heure marquée. Quelquefois c'est une place entourée de portiques et plantée d'arbres; le plus souvent c'est un édifice consistant en plusieurs portiques au rez-de-chaussée , avec salles et bureaux destinés aux banquiers. Ou les nomme place, loge du change, ou bourse.

La bourse de Londres (ou royal échange), bâtie aux dépens de Gresham, après l'incendie de la ville, en i(kki, passe pour avoir été élevée sur les dessins d'inigo Jones, mais on la croit eu même temps une de ses moindres productions; elle a 2o5 pieds de long sur 1 80 de large. Cet édifice a dans le milieu un pavillon décoré d'un ordre corinthien, avec un arc trèshardi, accompagné dedeuxautresqui sont plus petits. C'est du milieu de cette partie de la bourse que s'élève une superbe tour, décorée de trois ordres, savoir, l'ionique, le corinthien et le composé. On a condamné l'arcade rustique , parce que les pleins n'ont qu'un quart de la longueur de l'arc, et font paroitre cet édifice trop foible. La partie supérieure du hâtinicut est terminée par une balustrade et ornée de

Bot:

On cite encore la bourse d'Amsterdam, bâtie par Dankers. Elle fut commencée en iT>o8, et finie en i(ii3. Cet édifice a '>'«> pieds de long sur ijode large. Il est soutenu par trois grandes arcades , sous lesquelles passent des canaux. On trouve au rez-dechaussée un portique qui environne la grande cour, au-dessus duquel sont des salles soutenues par quarante-six piliers ; chacun d'eux est numéroté, et assigné à une nation ou à des marchandises du même genre. C'est dans cette cour, ou dans ses environs, que les négocians se réunissent pour parler de leurs affaires. On voit au-dessus une grande salle, et un marché pour les différentes marchandises.

Mais depuis quelques années a été terminé à Paris le plus grand, et sans contredit le plus magnifique édifice de ce genre qu'il y ait jamais eu, et que probablement il doive jamais v avoir.

Le plan de la bourse de Paris est celui d'un temple antique périptère, d'ordre corinthien, ayant vingt colonnes a chacun de ses flancs , et quatorze colonnes dans chaque face , en comptant deux fois celles des angles. La largeur de l'édifice est de 5o mètres , sa longueur est de 88. Ces colonnades procurent un assez ample promenoir autour des murs, qui sont percés d'arcades.

Deux choses distinguent cet édifice des temples péri ptères : l'une, de n'avoir pas de frontons; l'autre, d'avoir ses murs percés par des arcades. En effet , l'élévation se termine , en avant et en arrière , par un simple entablement. Du côté antérieur, le péridrame, comme l'auroient appelé les Grecs, ou le promenoir dont on a parlé , s'élargit jusqu'à la mesure de 8 mètres.

L'intérieurdu monument se fait remarquer pai un ' , où aboutit un escalier qui cons, mais surtout par une

vaste salle, dont la longueur est de 3a mètres et demi et la largeur de 18 mètres. Tout à l'entonr règne une galerie de 3 mètres de large, sur laquelle dégagent nombre de salles consacrées à différens services. Cette grande salle se fait encore remarquer par une décoration du meilleur goût; et des peintures en grisailles omeut sa voûte; ces peintures, outre leur mérite intrinsèque, ont encore celui de faire l'illusion complète de bas-reliefs réels et d'une grande saillie.

On ne saurait généralement faire trop d'eloges de l'architecture extérieure de ce monument : l'ordre corinthien y est traité dans les meilleures proportions, l'exécution des détails lie laisse rien à désirer. La partie des ornemens intérieurs, et de ce qu'on appelle le décor, y a été traitée avec beaucoup de goût et de talent. A considérer le monument en lui-même et abstraction faite du caractère qui auroit dû être celui de sa destination , on ne peut lui refuser un haut degré d'admiration ; c'est un des plus remarquables monumens du siècle. Il paroil même qu'il avoit pu être entrepris et commencé dans la vue d'uue autre destination parle premier architecte, M. Brongniart. Sans aucun doute, un édifice de cette nature auroit dû rap|ieler l'idée de la basilique antique dans son plan , son élévation , et le caractère de son ordonnance ; quelques édifices modernes , entre autres la basilique de Palladio à Yicence , auraient pu offrir des types plus et mieux en rapport avec un rendezvous de commercans et de gens d'affaires. Toutefois ce genre de critique ne saurait aujourd'hui s'adres&cr à personne, et encore moins à l'habile architecte, M - La Barre , qui doit avoir l'honneur de son exécution et de toutes ses distributions intérieures, et qui' n'a point à répondre du motif premier qui lui fui imposé.

BOLRSEAU, s. m. Moulure ronde, qui règne dans les grands bàtimeus, au haut des toits couverts d'ardoise- Il y a une bande de plomb au-dessus du boursrau , qu'on nomme bavette. Le petit membre rond qui est sous la bavette se nomme membmn. On donne le nom à'annusure ou basque à la pièce qui est au droit des aresticres et sous les épis ou amortissemens , parce qu'elle est composée en forme de basque, {forez la planche xxui des Principes d'architecture de Félibien.)

BOL SILLLIl , v. a. Maçonner avec du chaume et de la terre détrempée. En ce pays-là on n'a ni pierre m plâtre; on ne fait que bousiller.

C'est aussi faire quelque ouvrage sans soin , sans exactitude, sans propreté. C'est un ouvrage qu'on a bousilU.

BOISILLELR, s. m. Celui qui travaille en bounllage. Se dit aussi figurément des mauvais ouvriers en toute sorte d'ouvrages.

BOL SI N, s. m. C'est le dessus des pierres qui t de la carrière, et qui est une espèce de croûte

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