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Brasse de Toscane ou de Florence. Maggi fait celte mesure de 20 pouces 6 ligues 4 point»; Lorini, de ai pouces 4 ligne* <* 6 points; Scamoui, de 22 pouces 8 lignes; et M. Picard, de 21 pouces .{ lignes.
BRASSERIE, s. f. Bâtiment qui contient les cuves, les chaudières, les moulins et autres inslrumens et ustensiles pour faire la bière.
BRAYER. (.Voyez Cable.)
BRAYETTE. {Voyez Tobe cobbomui.)
BRÈCHE, s. f. Ouverture provenuc à un mur par violence ou par vétusté. Ce mot vient de l'allemand brechen, qui signifie rompre.
BRECHE. Pierre composée de fragmens d'autres pierres liés entre eux par un gluten , qui est quelquefois de même nature, et d'autres fois d'une espèce particulière. {Voyez Mabbbe.)
V oici les différentes espèces de ce marbre.
Brèche antique. C'est une brèche qui est mêlée, par taches rondes d'inégale grandeur, de blanc, de bleu, de rouge, de gris et de noir.
Brèche Hanche. Brèche mêlée de violet, et de gris, avec de grandes taches blanches.
Brèche coraUrte. C'est une brèche qui a 1 taches couleur de corail, et qu'on nomt brèche serancoline.
Brèche dorée. Brèche mêlée de taches jaunes et
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Brèche grosse ou grosse brèche. Est celle qui est semée de taches rouges, noires, grues, jaunes, bleues et blanches, et qui est ainsi appelée parce qu'elle a les couleurs de toutes les autres brèches.
Brèche isabelle. On nomme ainsi celle qui a de grandes plaques de couleur isabelle, avec des taches Manches et violettes piles.
Brèche a" Italie. Il y en a de deux sortes, l'antique et la moderne. La brèche antique est noire, blanche et grise ; la brèche moderne est quelquefois mêlée de violet : on la nomme aussi brèche violette.
Brèche noire ou petite brèche. C'est celle qui est mêlée de gris-brun et de taches noires, avec quelques petits points blancs.
Brèche des Pyrénées. Brèche qui a le fond brun , et qui est mêlée de diverses couleurs.
Brèche savarèche. Brèche qui a le fond violet et brun, avec de grandes taches blanches et isa belles. Il y a de la petite brèche savarèche, appelée ainsi, parce que les taches en sont plus petites.
Brèche sauvelerre. C'est le nom de celle qui est par .tache* jaunes, grises et noires.
Brèche selle basi oa de sept bases. Brèche qui a le fond brun, mêlé de petites taches rondes de bleu sale.
Brèche de Vérone. Est celle qui est mêlée de rouge pile, de rouge cramoisi et de bleu.
Brecht -violette. Brèche d'un brun sale , avec de longues bandes violettes. Elle vient d'Italie.
BRIQUE, s. f. Sorte de pierre factice, de couleur rougeitre, composée d'une terre grasse , pétrie , mise dans un moule de bois, et cuite dans un four, où elle acquiert la consistance nécessaire au bâtiment.
L'usage de la brique est des plus anciens. Cette invention , propre à suppléer aux pierres naturelles dans les endroits où elles tout rares et de mauvaise qualité, est une de celles que l'on trouve déjà perfecfectionnéesdès les premiers siècles connus de l'architecture. Les premiers édifices de l'Asie étoient de briques sécbées au soleil ou cuite* au feu, mêlées de paille ou de roseaux hachés, et cimentées de bitume. C'est ainsi, selon l'Ecriture, que la ville de Babylone fut bitte par Meinrod. Les murs si vantés dont Sém ira mis la fit enclore , et que les Grecs mirent au nombre des merveilles du monde , ne furent bâtis que de ces matériaux. A croire aux relations de qucW ques voyageur», les restes encore existans de ces laineuses constructions en démontreraient, s'il en étoit besoin, l'étonnante solidité.
Ce genre de bâtir ne fut pas inconnu aux Eg) ptiens. L'histoire nous apprend que le travail des briques étoit un de ceux auxqueb ils condamnoieut les esclaves et ceux que le sort de la guerre avoit réduits à cette condition. Ce fut le principal moyen dont l'un des Pharaons se servit pour opprimer les Israélites. On retrouve encore aujourd'hui des briques dans les ruines de l'Egypte.
Les Grecs usèrent particulièrement de ce genre de construction ; ils le préféroient souvent a la pierre, et les Romains en usèrent de même s le* uns et les autres firent usage des briques crues et des briques cuites. Il pamit cependant que la première méthode ne fut en vogue que dans les premiers temps. On se dégoûta par la suite de matériaux qui avoient une trop courte durée, et l'emploi des briques cuites prévalut. Cette opération paroissoit d'abord plus dispendieuse , à cause du prix de* combustible* 1 mais la promptitude du travail et la brièveté du temps faisoient plus que compenser ce surcroit de dépense.
Section Irt. — Des briques crues.
Les première* briques furent composées de terre grasse ou argileuse, broyée avec de la paille hachée.
La meilleure terre pour cet usage , selon Y itruve . devoit être légère, crayeuse, blanche ou rouge. Après que les briques étoient faite* , il falloit les laisser sécher à l'ombre pendant deux ans , avant de les mettre en œuvre. Cet écrivain conseille de ne faire ce» briques qu'en automne , parce que l'humidité de cette saison fait que le milieu sèche avant le* tu perd ci es. Il avoit observé que, lorsqu'on fabriquoit les briques au t
que le milieu fût sec; de renfermée venant a s'évaporer, faisoit fendre les superficies déjà sécbées. Ces briques, ainsi fendues et gercées , se brisoieot faedement , et n'étoient plus propres à aucun usage. Aussi les magistrats d'I tique
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ne permettoient d'employer les briques que cinq ans après qu'elle» avoient été fabriquée», afin qu'on fût assuré qu'elles étaient bien sèches el de lionne qualité.
Les anciens faisoient les briaues crues de trois formes différentes ; les unes, qu ils appeloient didoron , avoient un pied de long sur un demi-pied de large. C'est de cette espèce que les Romains se scrvoient ordinairement. Les deux auti-cs espèces n'étoient en nsage que chez les Grecs. Ils appelaient les unes pentadoron, et les autres tetradoron. Le pentadoron avoit cinq palmes sur tous sens, et le tetradoron quatre. On se. servoit du pentadoron pour la construction des édifices publics, el du tetradoron pour les hitimen* particuliers. L'on faisoit aussi des ilciui-briqurs de chacune de ces cs|>èecs.
Lorsqu'ils bàtissoicnt leurs murs, ils leurdonnoient une brique et demie d'épaisseur , et ils mettoient alternativement d'un coté un rang de briques entières, et île l'antre un rang de demi- briques , en sorte que les briques de chaque rang formulent une [ double liaison , l'une en parement , et l'autre dans l'épaisseur du mur, et a l'extérieur le mur paroissoit fait de briques entière».
Vitrine, d'où l'on a puisé ces notions, nous apprend encore qu'à Pilana en Asie, et dans les environs de Marseille, on faisoit des briques crues si légères , que , étant bien sèches , elles iiageoient sur l'eau , parce que , dit-il , la terre dont elles étoient faites étoit de la nature des pierres ponces. Il estirooit beaucoup ces briques, par la raison qu'elles ne chargenient point les murs; et elles n'en avoient pas moins la propriété de résister à toutes les injures de l'air.
On n'a point, ainsi qu'il est naturel de le penser, trouvé de briques crue» dans les restes qui nous sont parvenus des édifices antiques. Aussi le* commentateurs de Vitruvc out été d'avis difleit-ns sur leur forme; les uns, comme Barbara et Ruscoui, ont pensé qu'elles étoient cubiques; les autres ont cru qu'elles étoient méplates, ou dans la forme des briques cuites que l'on fit depuis. Cependant , si l'on fait attention à la manière dont Y itruve s'exprime lorsqu'il parle des briques que les Crées appeloient | pentadoron, on verra qu'elles étoient ainsi nommées parce qu'elles avoient cinq palmes en tous sens : Quod esl quoqun versu quinque pnlmarum : d'où il résulte qu'elles étoient cubiques, «clou le sentiment de Barba ro et de Rusconi.
M. de La Faye est aussi de la même opinion. Ce» briques, dit-il , avoient le volume des pierres de taille que nous employons communément dans nos bitimen». l,e temps très-considérable qu'il falloit pour sécher ces briques serait encore une preuve de leur volume et de leur épaisseur. Il est a croire que l'espèce de briques crues ap|ielée didoron, dont se ser- \ oient ordinairement les anciens Romains , pouvoit être la Aemi-brique, ou la moitié du tetradoron des Grecs, qui avoit quatre palmes ou un pied romain
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sur tous sens ; de sorte que le didoron devoit avoir un pied en carré , sur un demi-pied d'épaisseur, ou , ce qui revient an même , quatre palmes en carré , sur deux palmes d'épaisseur.
Vitruvc, en parLiut de» briques entières qui étoient cubiques, ne leur donne , par le mot quoquo versu, qu'une seule dimension, parce que cette mesure est la même pour tous les cùtés : mais il indique au didoron deux mesures différentes, en disant qu'il avoit un pied sur un demi-pied , c'est-à^lire quatre palmes en carré, sur deux palmes d'épaisseur. La raison sur laquelle Galiani se fonde pour prétendre que les briques crues des anciens étoient méplates, est qu'on n'en trouve que de celte dernière forme dan» les ruines des édifices : mais, comme il ne nous est parvenu que de» briques cuites, on ne saurait conclure de la forme des unes à celle des autres; et Galiani lui-même avoue qu'on ne trouve plu» de briques crue» dans aucun édifice antique.
Il paroit donc qu'il étoit plus naturel aux anciens d'empli i\ h' dans les briques crues la forme cubique , a l'imitation des pierres de taille, que la forme méplate dont ils n'avoient pas de modèle . et qui n'aurait pas donné, à beaucoup près, la solidité et la consistance nécessaires. D'ailleurs, aurait-il fallu deux ans pour la faire sécher, ou cinq , comme le prescrivoient les magistrats d'I tique ? H esl donc probable que l'on n'a commence à faire les briques méplate* que lorsqu'on s'est avisé de les faire cuire.
M . de La Faye a fait un mémoire pour prouver que les briques crues des anciens n'étoient qu'un composé de mortier ; il cherche a appuver son s\ stème de plusieurs passages et autorités de \ itruve et de Pline. Rien, sans doute, n'empêche de croire qu'il soit possible de faire avec du ciment des pierre» factices, surtuut en le préparant selon la méthode de M. de La Faye; mais on ne voit pas la nécessité de cette supposition pour expliquer la méthode des briques crues des anciens.
Et d'abord , si les briques crue» eussent été faites de ciment , sans doute on y eût employé la même " composition que l'on remarque aux liaisons des briques cuites ou des pierres ; mais alors, d'après la dureté rcconuuc du ciment des anciens, qui égaloit celle des pierres les plus dures, pourquoi ces briques, qui auraient eu la propriété de résister à toutes les injures de l'air, se seroient- elles anéanties toutes, au point qu'on n'en ait jamais trouvé dans aucune ruine d'edilices antiques?
L'exjiérience de plusieurs peuple* modernes d<*ment encore cette supposition, ou la rend inutile. En Egypte et dans plusieurs endroits de l'Asie , l'on fait usage de briques crues, composées «le la manière indiquée par * itruve. Au lieu d'être mince* comme le» briques cuites, elles out a peu près la forme de nos moellons; Pockocke dit qu'elles ont 13 à iS pouces de long , g pouces de large , et .) pouce» et demi d'épaisseur
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La terre crue petit donc donner aux bàtimens des matériaux solide», selon sa qualité et les préparations qu'on lui fait subir. Le pisay qu'on fait dans le Lyonnais et le Dauphiné en est une preuve : il n'est com- |iosé que de terre franche et pulvérisée , ensuite un peu mouillée et bien battue; lorsque les murs de pisay sont recouverts à l'extérieur d'uu enduit de mortier, ils peuvent durer plusieurs siècles ; quaud ils sont bien secs, ils ne forment absolument qu'un seul corps, dans lequel on perce des trous pour des portes ou fenêtres, sans avoir besoin d'étaiement. On parle ailleurs de ce genre de construction, (foret Pisay.)
Section II. — Des briquet cuites.
Quoique Vitruvc fasse mention de 6rii/ues cuites, l'on comprend DM, parla manière dont il en parle, que l'on en faisoit peu d'usage à Rome de son temps. Connue on ne peut pas toujours, dit-il , se procurer les matériaux qu'on désircruit , il faut savoir se servir de ceux que l'on trouve à sa jiortée : dans certains endroits, on trouve des pierres de taille ; dans d'autres, des cailloux; ailleurs, des moellons, des briquet crues ou cuites.
Mais, au huitième chapitre du second livre, il dit qu'à Rome on ne se servoit pour les murs que de tuileaux. Il appelle cette maçonnerie structura tettacea. Il nous apprend aussi pourquoi l'on ne |»uvoit user à Rome de briquet crues. La raison étoit que, pour faire avec de tels matériaux des murs solides, il auroit fallu que leur épaisseur eût été de trois rangs de briques, ou tout au moins de deux, ce qni auroit fait des murs trop épais, et pris trop de terrain dans une ville telle que Rome, où il y avoit une très-grande quantité de citoyens à loger; aussi, pour ménager l'espace, les lois ne permettoient pas de donner plus d'un pied et demi d'épaisseur aux murs mitoyens : c'est pourquoi l'on étoit obligé de les faire en petites pieires ou en tuileaux , structures tettaceis.
Dans le même chapitre , après avoir expliqué la manière de bâtir des murs en briques crues pour les édifices hors de Rome , \ itruve recommande de recouvrir le haut de ces murs «l'une maçonnerie en tuileaux, d'un pied et demi de hauteur, qu'il nomme encore structura tett^ea. Cela est indispensable , ajoute-t-il, afin que, dans le cas où quelques tuiles du toit viendraient à être cassées ou emportées par le vent , cette maçonnerie en tuileaux puisse empêcher le mur en briques crues d'être mouillé on détérioré par la pluie. Il recommande encore de donner beaucoup de saillie à l'entablement qui couronne ces sortes de murs, pour en éloigner, le plus qu'il sera possible, les eaux de pluie qui coulent des toits.
Quant aux tuileaux , continuc-t-il , on ne peut pis connoitre tout de suite s'ils sont bons ou mauvais pour la maçonnerie ; il faut qu'ils aient été éprouvés pendant quelque temps sur les toits, ex|iosésà la pluie, à la chaleur et à la gelée. S'ils ont été faits de bounc
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terre et s'ils ont été bien cuits , ils seront bons à être employée en maçonnerie, et résisteront à toutes 1rs intempéries de l'air. C'est pour cela que les murs construits de vieilles tuiles éprouvées par l'acliou de l'air sont les plus solides.
Tout ce qu'on a rapporté de \ itruve prouve que , de son temps , ou ne se servoit que de tuileaux , et que ce n'a été que sous le règne des empereurs que l'usage des briquet cuites s'est réellement introduit , pour la construction des thermes et des grands édifices qu'ils élevèrent a l'cnvi.
Le Panthéon est un des premiers monumens considérables où les Romains aient employé la brique cuite. Tous les restes des édifices bâtis du temps de la république nous font voir un autre genre de construction et de paremens de murs ; c'est l'appareil à réseau, reticulatum. Il étoit encore le plus en usage du temps de Vitruve; le mausolée d'Auguste, les ruines du théâtre et de la maison de Pompée , ne nous en offrent point d'autres. Les ouvrages antérieurs à cette époque étoient construits selon la méthode d'appareil qu'on appeloit opus incertum, ou à joints incertains.
Quoi qu'il en soit du temps précis où les Romains employèrent la brique cuite, il paroît, par les débris de tous les édifices , qu'ils les fabriquoient toutes de forme carrée.
Les recherches opérées dans les édifices antiques de Rome en ont fait voir de trois dimensions. Les plus petites ont 7 pouces et demi en carré, sur un pouce et demi d'épaisseur ; les moyennes ont 16 pouces et demi en carré , sur 1 8 à 20 lignes d'épais , et les plus grande» sont de 22 pouces en carré, sur 22 lignes d'é|>aisseur. Ou employoit les petites , de ■ pouces et demi, pour revêtir les murs en blocage; et
| qu'elles fissent uue meilleure liaison avec le
massif, on les coupoit transversalement en deux triangles : le grand coté se mcltuit en parement, et la pointe dans l'intérieur.
Pour relier encore mieux les paremens des murs avec l'intérieur , qui étoit en blocage , de 4 P'«>* 4 pieds on posoit un ou deux rangs de grandes briaues carrées, de t(i ou de 22 pouces. Ces grandes briquet servoient aussi pour former les ceintres des arcades de construction ou de décharge qu'on praliquoil dans les édifices.
On ne rencontre point, dans les bàtimens antiques, de briquet longues, comme celles que l'on fait actuellement ; il ne paroît pas que l'on en fit usage. Elles ne sout propres, eu effet , que pour les cloisons d'une seule largeur de briquet; mais pour les murs plus épais et les revètemens , les briquet carrées et triangulaires valent mieux.
A la terre destinée à faire des briquet cuites les Romains mèloient du tuf pilé , connu aujourd'hui en Italie sous le nom de tperone, qui est jaunâtre, et qui devient rougeitre dans le feu. Cette couleur se re-
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tronve encore dans le grain intérieur de U brique.
Un grand nombre de briques , tirée* de* construction» antique*, portent de* Mgle» ou lettre* initiale* de quelque» nom*. Le comte de Cay lus en a rapporté une ou se trouve le nom de Trajan. « Quoique cette briqut, dit-il, ne présente d'abord qu'un objet de curiosité , elle ne laisse pas de nous mettre à portée de comparer la conduite de* anciens avec celle des modernes , par rapport à la solidité des constructions , qui, pour l'ordinaire , ne dépend que de ta bonne ou mauvaise condition des matériaux.
• L'attention qu'on donnoit à la fabrique et principalement à la cuisson de la brique , prouve la sagesse des anciens. Le sentiment attaché aux idées de U postérité s'est établi dans Rome dès le temps de sa fondation, par lVxemple, le secours et les instructions que les Etrusques en ont donné aux Romains; mais ce* pratiques raisonnables régnoient dans le monde long-temps avant l'existence de ce nouveau peuple. On le prouve par une brique égyptienne très-bien conservée, sur laquelle ou a moulé une fort belle tête d'Isis. Un pareil exemple, à dire la vérité, ne serait pas à suivre ; car cette magnificence est absolument eu pure perte : mais les inscriptions dont les Romains prenoient soin de les charger nous montrent que l'utilité publique étoit regardée, par les plus grands personnages de l'empire, avec une considération qui les empècboit de songer à la matière pour ne s'occuper que de l'objet , c'est-à-dire de l'utilité publique. »
L'usage de la brique ne s'est point perdu dans l'Italie moderne. Il est des villes qui en sont entièrement et uniquement construites. A Rome, la brique entre pour plus de moitié dans toutes les constructions. Les formes qu'on lui donne aujourd'hui ne sont pas les mêmes que celles des anciens ; mais sa qualité , lorsqu'elle est bien choisie et fabriquée avec soin, est de peu de chose inférieure a celle qu'elle eut autrefois. Les plus grands architectes l'ont employée avec succès, et souvent l'ont préférée à la pierre. Palladio surtout la mit en œuvre avec une sorte de prédilection. Il en donnoit pour raison que les édifices antique* qui avoieut été bâtis en briques étoient l>eaucoup mieux conservés que ceux où l'on avott employé la pierre. Il est hors de doute que les constructions de ce genre sont d'une plus grande durée. Les briques, étant beaucoup plus poreuses que la |..erre , attirent la chaux, et se lient fortement entre elles, au point de ne former qu'une seule masse. Les |iores trop serré* de la pierre empêchent au contraire cette liaison intime. D'ailleurs les briques sont beaucoup plus légères. Elles ne sont pas non plus sujettes à être calcinées dans un grand incendie.
Malgré tous ces avantages, et beaucoup d'autres encore , on ne fait pas à Paris un grand usage de la brique. Peut-être la qualité de terre qui lui est propre est-elle moins abondante aux environs de cette ville . peut-être la nature du ciment imparfait qu'on > emploie est-elle moins favorable a ce genre de bà-
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D tir , peut-être la cherté de* combustibles en a-t-elle J fait hausser le prix. Cette dernière raison pourrait être la pins forte. Le prix de la briqtu est dépendant du prix des matières combustibles; cela étant, l'emploi de cette matière ne peut qu'aller toujours en diminuant. La durée de tous lès bàtimens anciens où elle fut mise en œuvre doit sans doute faire regretter qu'on en ait à peu près abandonné l'usage.
Un ne l'emploie presque plus ici qu'aux cheminée* et aux cloisons. Noos ne laisserons pas cependant de rapporter ses différens noms, tirés de ses formes et de ses usages.
Briques de champ. Sont celles qui sont placées sur leurs côtés pour servir de paré.
Brique de chantigole ou demi-brique. Elle n'a qu'un pouce d'épais; les autres dimensions sont comme celle* de la brique entière. Elle sert, entre des borduresde pierres, aux àtres et aux contre-cœur» des cheminées.
Briques en épi. Celles qui sont placées sur l'angle diagnnalement , en manière depoint de Hongrie.
Brique entière de Paris. Est ordinairement de 8 pouces de long, sur j de large et i d'épais.
Briques en liaison . Sont celles qui sont posées sur le plat , liées moitié par moitié les unes sur les autres, et maçonnées avec plâtre et mortier.
Quant a la manière de faire la brique, voyez le Dictionnaire des Arts et Métiers, a l'article Br Ïoceteme .
BRI QL ETAGE de Marsal. On trouve, en fouillant à une certaine profondeur, à Marsal en Lorraine, et aux environs , ce qu'on appelle communément briquetage. C'est un amas de morceaux de terre cuite, rougeatres , semblables , pour la matière , aux brique* cuites. Ils n'ont point été moulés; mais on leur a dunué, en les pétrissant avec les mains, toutes sortes de formes bicarrés. On en voit plusieurs où l'empreinte de la main est parfaitement marquée.
!BRIQUETER , v. a. C'est contrefaire la brique sur le plâtre avec une impression de couleur d'ocre rouge , et y marquer les joints. On briquette . aussi en faisant un enduit de plâtre mêlé avec de l'ocre rouge, et (pendaut qu'il est frais employé) en traçant les joints profondément , qu'on l'emplit avec dn plâtre au sas. On pent encore passer une couleur rougeàtre sur la brique même , et faire les joints avec du plâtre.
BRIQUETERIE. Tulejue.)
BRISE, s. f. (Hydraulique.) C'e*t une poutre en bascule , posée sur la tète d'un gros pieu , laquelle sert à appuyer par le haut les aiguilles d'un pertuis.
BRISE-COU, s. m. Terme vulgaire qui exprime | un défaut dans un escalier , comme une marche plus P ou moins haute que les autres, un giron plus ou | moins large, un palier ou un quartier tournant trop I étroit , une trop longue suite de marches à collet dans ! un escalier a quatre noyaux.
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BRISE-GLACE, t. m. Ponts-et-n h» m , C'est
devant une palée de pont <lc bois, du coté d'amont, un rang de pieux en manière d'avant-bec, lesquels sont d'inégale grandeur, [rayez le Traité a'rs Pontset- Chaussées, parGautier, chap. xxvu.)
BRISIS , §. m. C'est l'angle que forme un comble brisé, c'est-à-dire, la partie où vient se joindre le faux comble avec le vrai , comme sont les combles à la mansarde.
BROCATELLE, s. f. Marbre mêlé de petites nuances de couleur Isabelle, jaune, rooge, pâle, gris. On l'appelle communément broeatelle d'Espagne, parce qu'il Tient deTortosc en Andalousie , où on le tire d'une carrière antique.
Il T a aussi de la broeatelle antique qu'oo tiroit de Grèce, près d' Andrinople . trayez Marske.)
BRONZE , s. m. On désigne par ce mot un alliage de cuivre , d'étain et de zinc. C'est donc un métal compose , qu'on modifie diversement selon les variétés du mélange dont U se combine.
Nous ne parlerons ici du bronze que sous les rapports qu'ont avec l'ardu lecture les ouvrages formés de ce métal Ces rapports sont de deux genres. On emploie en effet le bronze dans la construction , et on le fait, de plus d'une manière , entrer dans la décoration des édifices.
Sous le premier rapport , celui de la construction , les anciens Romains tirent un grand usage de ce métal. On peut juger par les crampons de bronze que nous offrent tous les recueils d'antiquités, quelle fut leur attention à produire la solidité de leurs bàtimens, et quelle fut la raison de la préférence qu'ils donnèrent au cuivre sur le fer pour opérer la liaison des pierres. Presque toutes les ruines d'edific font Toir que, outre le chois et la parfait des matériaux, outre la simplicité et la trait dans la coupe des pierres, ils les assuroient core par des crampons de bronze. Ce métal fut constamment eniplove par eux a cet usage, vu la propriété qu'ils lui avoient reconnue de se conserver sans altération, surtout lorsqu'il a pris son vert-de-gris et qu'il n'est en contact avec aucune niatii ( Foytz Cb MM . )
Aujourd'hui , soit cherté du bronze et bon du fer, on emploie ce dernier presque exclusivement à la liaison des pierres; et l'on sait que sa prompte et facUe oxidation annulle bicutot l'effet du crampon. Nous ne trouvons guère à citer d'autre emploi moderne du bronze en crampons qu'aux marbres des jardins de A ersailles. On l'y voit en effet appliqué aux bassins, aux balustrades et autres parties d'assemblage ; et on l'y trouve , après un siècle et demi , aussi sain et entier que le premier jour. Cet exemple ne devroit-il pas trouver des imitateurs?
On ne sauroit cependant dissimuler l'espèce d'inconvénient attache à l'emploi des crampons de bronze
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dans la construction des édifices. Oui , ces précautions prises par les anciens , et qui temUoient
ce qui en a pu accélérer la destruction. On douter qu'aux temps des invasions des Barbares, on aura tenté d'extraire des joints de pierres les métaux dont l'ignorante cupidité de ces temps s'exagéra la valeur. Peut-être, selon une autre opinion , la disette de métaux propres à faire des roonnoies força-t-elle les Romains eux-mêmes a fouiller en les déshonorant les monumens dé la gloire de leurs ancêtres.
Entre les diverses explications qu'on donne de ces trous nombreux qu'on voit sur les |iaremens des édifices en pierre, plus ou moins ruinés, à Rome, il ne paroit pas douteux qu'il faille admettre celle de l'exde bronze entre les joints des
Mais l'antiquité tira du bronze un parti relatif à la construction , plus grand et beaucoup plus dispendieux. Je veux parler de l'emploi qu'on en fit, au lien de charpente en bois, pour servir de plafond et de couverture a des intérieurs, ou trop spacieux pour recevoir une voûte soit en pierre soit en i ou dont on vouloit assurer la durée contre le i de l'incendie. Peut-être encore n'eut-on en vue que d'y exciter l'admiration par l'idée de richesse et de magnificence qui s'attache à tout ce qui est rare et dispendieux. N'envisageant encore ici l'emploi du bronze que dans ses rapports avec la construction, nous avons deux exemples très-notables à en rapporter.
L'un est celui de celte vaste salle des thermes de CaracaUa appelée cel/a Solearis, que les architectes , au rapport de Spartien , s'aecordoient à regarder comme un ouvrage inimitable. {CelUtm Sotearem architecti negant posse ulld imitatione quâ farta est fieri.) Il paroit que son plafond étoil formé d'un treilis métallique eu bronze, et que cette matière y avoil été prodiguée dans les trumeaux de toutes les fenêtres. On l'avoit appelée Soiearis, parce que, dit-on , tout ce treillis imite"
sures.
1- n autre monument , le Panthéon d'Agrippa , étoit parvenu jusqu'au dix-septième siècle avec la plus grande partie des bronzes qu'on avoit fait entrer dans sa construction. Sous son péristyle on voyoit i core les poutres et les solives de bronze formant l'a
scmblagc général de cette charpente. La mémoire et l'idée s'en seraient peut-être perdues , si Scrlio , qni avoit pu admirer cette étonnante structure, ne nous
virer cette étonnante structure, ne en avoit conservé quelques dessins dans son traité d'architecture.
On doit donc se représenter une véritable cliarpente assemblée selon les procèdes ordinaires de celles qu'on fait en bois, c'est-à-dire composée d entrait* , de | tannes et de chevrons de bronze. Toutes ces pièces étoient jointes par des fiches ou clous du même métal. ( I n île cet clous t'est consen t , et se voit au palais Barberin.) Autant par économie de
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■ que pour alléger le poids de tout l'ensemble , i et «olives étaient creuse»; mais Serlio ne i apprend point quelle épaisseur avoit le bronze. L'intérieur du péristy le se partage , comme l'on sait, en trois parties formées par le plan de l'architecte. Les deux parties latérales dévoient être plafonnées , niais celle du milieu étoit couverte en berceau comme l'indique leceintre régnant au-dessus du chambranle extérieur de la porte. Or toute cette partie ceintréc fortnoit une voûte en brome , c'est-à-dire composée de tables ou plaques de la même matière , attachées à la pièce ou |x>utre de bronze qu'on appelle entrait , et aux chevrons , également de bronze , qui d'un bout I sur l' entrait , et portoient de l'autre sur les
que, selon l'opinion de son temps, cette voûte étoit de la plus grande i
et qu'il y avoit des omemens incrustés en argent.
Il est facile d'apprécier soit la qualité , soit la quantité de ces bronze s , par les deux niasses, l'une de la chaire de Saint-Pierre, l'autre du baldaquin de cette église , le plus volumineux , sans aucun doute , de tous les ouvrages en bronze qui existent aujourd'hui ; en pensant , de plus , que ces deux ouvrages colossaux n'absorberont pas la totalité des bronzes du Panthéon, et que l'excédant de ce précieux métal fut employé à fondre les canons du château Saint-Ange.
Il nous reste à parler du second rapport sous lequel le bronze trouve place dans l'architecture, c'està-dire, de son application à la composition et à l'embellnisement des édilices chez les anciens. Cet emploi semblera peut-être incroyable à ceux qui ne savent apprécier les moyen» et les oeuvres de l'antiquité que d'après les oeuvres et les moyens des modernes.
Cependant, on voyoit à Lacédémone un temple tout en bronze, ouvrage du célèbre Gitiadas, nsl'â avoi
, de Chalcicecos. Il étoit élevé sur la plu colline de la ville , celle qui teuoit lieu de citadelle. Le frontispice de ce temple et toutes ses parties apparentes, depuis le comble, jusque v comprises les bases des rolonues , étoient entièrement revêtues de plaques eu broiue, cliargées de sculptures. Pausa— nias avoit vu ce merveilleux ouvrage , et sa description nous prouve que, outre la valeur île la matière, l'art y avoit prodigué des béantes qui auraient pu atténuer la censure d'un critique au»tère , qui n'a vu là, dit- il, qu'une ostentation exagérée d'uu luxe oriental. Selon ce censeur (de Paw, Recherches philos, sur les Grecs, tom. Il), la qualité intrinsèque de ce métal n'ajoutait rien au prix des ornement. En eux-mêmes, oui ; nuis il y a dans tout ouvrage, après la valeur morale de l'art, qu'apprécie l'esprit, la valeur matérielle ou mécanique du travail , qui s'adresse au sens extérieur et complète sa beauté. Selon le censeur, le monument aurait pu s'exécuter beaucoup mieux en pierre; et enfin (ajoute-
e du cetebre Uitiadas, qui avoit précédé de 3oo ans l'âge de Phidias. C'étoit celui de Minerve, laquelle avoit pris de ce monument le
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t— il) , jusque-là sans exemple en Grèce, il n'y i point d'imitateurs , parce qu'il s'éloignait très- fort des règles ordinaires. D'abord on ne comprend pas , lorsqu'on ennnoit les procédés des arts, pourquoi la pierre aurait produit de meilleurs ouvrages que le ■létal. On comprend encore moins qu'il y ait eu et qu'il y ait des règles relatives à la matière dont l'art du sculpteur doit user.
Pausanias ne non» a donné que quelques détails de cet étonnant édifice , et seulement de son intérieur. Selon son récit, Gitiadas avoit représente en bronze, sur les mm- intérieurs, les travaux et les aventures d'Hercule , les exploits des Tyndarides , et l'enlèvement des lilles de Leucippe. On y voyoit plusieurs autres aventures myUiologiques , telles que celtes de Vulcain , de Persée , de Minerve. On y distinguoit un Neptune et une Amphitrite, dont la beauté l'emportoit sur celle des autres ligures.
Nous ne quitterons point ce sujet sans réfuter la prévention depuis long-temps enracinée dans l'esprit des modernes, et qui tend à proscrire de l'architecture tout mélange de couleurs, toute diversité de matières. Peut-on nier, en effet, qne les anciens aient compris en quoi réaidoit essentiellement la beauté de l'architecture, lorsqu'on voit que leurs monumens, tout ruinés et dégradés qu'ils sont , nous servent de types, de modèles et de régulateurs en ce qui constitue la perfection de l'art? On peut cependant affirmer qu'il n'est aucun de ces monumens , modèles de goût , qui u'ait perdu par les effets de la spoliation , de la dégradation , et de tous les agens destructeurs, précisément ce que le goût moderne repousse comme un vice. Ou est loin, en effet, de concevoir à quel poiut les richesses de toutes les matières , et toutes le» recherches de luxe , appliquées aux moindres détails, lurent portées dans les monumens aujourd'hui les plus vantes de leur génie. Loin d'imaginer que la richesse matérielle pût nuire à la beauté essentielle ou intellectuelle , ils ne cessèrent jamais de regarder cette réunion comme une perfection de plus. Nous verrous ailleurs qu'ils suppleoient aux marbres , par les couleurs qu'ils donnoient aux pierres , ou aux enduits propres à dissimuler la pauvreté des matière», et nous ferons voir encore, qu'à défaut de métaux précieux , ils en contrefaisnient l'apparence par la dorure. ( Aor. ce mot.) Mais continuons de dire à quelles parties d'embellissement et de décoration ils aiipliquèrcnt le f
Le Panthéon nous en va fournir plus d'un . pie. Ce monument aurait pu , comme le I Sparte, prendre le nom de Chalcicecos, tant le bronze y avoit été prodigué. Son fronton nous prouve effectivement, par les trous multipliés qu'on y observe aujourd'hui , que des crampons avoient du servir à fixer dans le tympan, soit des figures de bas— relief (car la profondeur de cette partie dans l'ordre corinthien n'eût pas suffi à des statues de ronde bosse ) , | soit, si l'on veut, d'autres objets d'ornement que tout
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doit faire présumer avoir été des ouvrages en bronze.
A d'autres monumens , comme aux arcs de triomphe , et fortout à celui de Constantin , on observe des trouf différer» de ceux dont on a |>arlé ci-dessus , et i {voyez CkAMroN) , et qui . Ceux-ci sont creusés
, et ils l'avoicnt été pour le t des ornemens de brome qu'on en a enlevé*. Ils n'avoient pas du servir davantage au scellement des lettres d'inscriptions qu'on ne place jamais dans de semblables frontons. Tout donne donc à penser que le fronton du Panthéon fut rempli d'« mens en bronze.
Le bronze ornoit encore les routes des plu* grands édifices. Celle du Panthéon , divisée en cinq rangée* de grands caissons, est le plus notable et le plu* au-
^nreTVxcTÈraUf' iT"
le milieu , étoient de bronze doré ; nais de tout le métal qui 1 .nlh.it autrefois dan* cette voùtc, il ne reste plus qu'un cercle de bronze à l'ouverture supérieure, qui sert de fenêtre au monument.
Quand nous ne saurions pas que les anciens ornèrent souvent leurs colonnes de chapiteaux en brome , le Panthéon nous l'apprendroit encore. Il paroit qu'avant la restauration de Septime Sévère, qui avoit changé l'ordonnance intérieure du monument , l'ordre qui y régnoit avoit des chapiteaux en broute de
Cet ajustement de chapiteaux corinthiens de métal a des colonnes de marbre , nous est clairement indiqué par les colonnes de SpaLatro. On y voit le tambour à nu du chapiteau corinthien , aminci, et taillé de façon à recevoir le* ornement de leui liages qui dévoient s'y ajuster , et qui , ou ne le furent pas dans le temps , ou furent enlevés par la suite.
Quatre colonnes antiques de brome, parvenues jusqu'à nous , attestent encore aujourd'hui la magnificence antique en ce genre , et la variété des emplois que l'on lit autrefois du bronze, tant «Uns la construction que pour la décoration de* édifices. \ enuti dous apprend que ces colonnes qui couronnent aujourd'hui d'une manière si pompeuse l'autel du Saint- Sacrement à Saint-Jean de Latran , furent trouvée* près de celte église, ainsi que le cheval de Marc-Aurèle. Elles sont de bronze doré , cannelées , et ont 9 pied* de circonférence ou 3 pieds de diamètre ; ce qui , vu la proportion de l'ordre, fait ?4 P1"!* de hauteur. Ou prétend qu'elle* étoient autrefois dans le temple de Jupiter Capitnlin.
Nous ne dirons rien ici des quatre énormes colonnes qui forment le support du baklaquin de Saint- Pierre, le plus grand ouvrage de bronze qu'aieut exécuté les modernes {voyez Baldaquis et MURIT} , et qu'on se plairoit à vanter davantage , dans le point
BRO a35 de vue de cet article, si la valeur n'en étoil pas trop atténuée |iar la perte du I pens duquel il fut exécuté.
ports avec l'architecture rtles édifices, c'est celui dis portes faites et ornées en sculptures de ce métal. Non* renvoyons pour la roonoiwance, les détails et les descriptions de ces sortes d'ouvrages , au mot Pobtc.
BROSSE (J ACottK* m . ; Quoiqu'on ignore jusqu'au lieu et jusqu'à la date de la naissance et de la mort de ce célèbre architecte, le* édifices qu'il a dans la capitale de la France, et qui lui assurent un des premiers rangs parmi les architectes français, nous donnent bien de qnoi suppléer aux particularités oubliées de sa personne et de sa vie.
On sait , et ses mnnumens en font assez foi, que de Brosse vécut dans la première moitié du dix-scj>tième siècle, sons Marie de Médicis. Cette princesse, veuve de Henri 1^ , forma le projet de construire un palais où elle fût logée plus commodément qu'au Louvre. Elle acheta donc en 161 1 , et j ..un la somme de 90 mille livres, l'hôtel de Luxembourg qui tomboit en ruines, et qui a douné son nom au nouveau Palais. On joignit au terrain de cet hôtel ceux de
la grande étendue que le bâtiment et ses jardin* occupèrent depuis.
Marie de Médicis, née à Florence, avoit dû y contracter le goût d'architecture dont on a rendu compte à l'article Bossage. Il fut naturel qu'elle voulût en retrouver ou eu revoir, dans sa nouvellepatrie, une sorte de contre-épreuve. Le palai* du Luxembourg offre une ré|iétition trop sensible du mode des constructions florentines, pour qu'on puisse y mécominitre l'esprit qui en reproduisit à Paris l'imitation. Marie avoit habité à Florence, soit le palais de Médicis, soit le palais Pilli, devenu apn* la mort de son propriétaire le séjour habituel des grands-ducs de Toscane. Elle put désirer que le goût d'architecture de ce dernier servit de type au goût de celui qu'elle devoit habiter.
souvent répète , que 1 un ait ete une copie ue 1 autre. Imiter en tout ouvrage , c'est-à-dire suivre le* principe* , le goût et la manière de son auteur, ce n'est copier ni l'auteur ni l'ouvrage. L'idée de copier emporte avec soi celle d'une similitude qu'on peut appeler mécanique. Imiter, au contraire, dans le sens des beaux-arts, comporte l'idée d'une opération morale , c'eat-a-dire de l'esprit et de l'intelligence , surtout lorsque dan* l'imitation il s'agit de qualités que l'intelligence et l'esprit peuvent seuls delinir. Or, telles sont celle* que de Brosse voulut transporter du palais Pitti dans le palais du Luxembourg; et ces qualités furent celles de la grandeur, de la force et de l'énergie produite* par les masses de la <
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lion , par U solidité imposante de l'appareil et des matériaux.
Si l'on excepte, en effet, cet emploi Ae bossages clans lequel l'architecte français resta , quant au goût colossal (vovrr Bossage), fort inférieur à ce qui avoit pu lui servir d'exemple cbe* l'architecte florentin, on est obligé de dire que les deux édilices ont les plus grandes dissemblances dans le plan général, dans l'ensemble des diverses élévations; et cela tant pour l'extérieur que pour ce qui regarde les distributions intérieures.
De Brosse, sur qui étoit tombé le choix de la reine, ne négligea rien pour la satisfaire. Il lui composa plusieurs projets. Celui qu'elle préfera Tut adressé par ses ordres en Italie, et en d'autres pays encore, aux architectes les plus renommés, pour recueillir leurs observations. Il parolt qu'il obtint les plus honorables suffrages. Bernin, qui vit le bâtiment terminé, lors de son voyage à Paris, convenoit qu'il n'y avoit nulle part un isiLns ni mieux construit , ni plus régulier.
La plus grande dimension du palais du Luxembourg est de 180 pieds; la moindre, c'est-à-dire celle de la façade sur U rue, est de i5o pieds. Son plan général forme un carré presque exact, hors le prolongement qui donne sur le jardin , et toutes ses parlies ont une symétrie généralement exacte entre elles. Sa simplicité répond à sa régularité. Il consiste en une II II gllllllnl cour environnée de portiques, et flanquée dans ses angles de quatre masses de bàtimcns quadrangulaircs , qu'on appelle pavillons. Les vastes et S|iacieuses galeries qui font , au rez-de-chaussée , parcourir à couvert toute l'étendue du bâtiment [on en parle sans avoir égard aux changemens modernes), lui donnent un grand air de magnificence. La partie la moins heureuse de toute cette disjxnition consiste, sur le jardin, dans la répétition des deux pavillons qui, de ce côté, terminent la façade. Ces deux masses trop voisines des deux autres, dont elles ne semblent être que la doublure , se communiquent dans leur aspect une pesanteur réciproque. On les croirait ajoutées après coup pour augmenter le lural intérieur des ap|iartemcns.
beaucoup de causes ayant opéré dans les distributions intérieures de ce palais toutes sortes de ehangemens et de modifications, nous nous bornerons à parler de son extérieur, qui est resté intact. Or, cette partie , à laquelle on donne le nom d'élévation , est celle qui constitue plus spécialement l'architecture.
On peut considérer celle-ci sons deux rapports; savoir, la composition ou l'ensemble des masses, et ensuite leur décoration.
Sous le premier point de rue , ce palais mérite de grands éloges. On ne citeroit guère , en aucun mvs , un aussi grand ensemble qui offrit avec autant d'unité et de régularité un aspect à la fois plus varié et plus pittoresque , surtout dans sa façade d'entrée. Cet effet résulte de l'avaut-corps du milieu , couronné par
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cette coupole qui se trouve fort heureusement combinée avec les masses des deux pavillons d'angle , et sert ainsi de raccordement à leur hauteur.
De Brosse, en entremêlant sa composition de ces énormes pavillons, ne fit que suivre une des traditions des anciens châteaux forts dont la France éloit encore couverte. Mais ce qui auroit pu n'offrir que des masses disparates , et si l'on peut dire décousue*, comme cela se praliquoit autrefois , est devenu , au palais du Luxembourg, la source même d'une des beautés de sa conqiosilion dans l'ensemble et l'effet de l'élévation. Loin donc que l'homme de goût se plaigne de leur répétition , il regret te roit peut-être de ne ha t pas trouver, tant l'architecte a eu l'art d'en faire des objets nécessaires i l'ordonnance générale.
(^uant à la décoration de cette architecture, même esprit de régularité et d'unité. Les mêmes ordres régnent au dehors de l'édifice et dans toute son étendue, comme dans l'intérieur de la cour. Tout le rezde-chaussée est en arcades formées de piédroits ornés de pilastres plus ou moins accouplés, selon le i |>lus ou le moins de largeur du champ qu'ils occupent. L'ordre régnant partout au rez-de-cliausséc I est une sorte de prétendu toscan , coupé par des bossages , el de la manière la plus uniforme , dans le dc- H veloppement de tout l'édifice.
Le second ordre , ou celui du premier étage , se trouve appliqué avec la même uniformité en pilastres sur toutes les parties de trumeaux entre les fenêtres, et en colonnes adossées à toutes les niasses formant avant-corps. Cet ordre est dorique. Son entablement est orné de triglvphes et de métopes, dont la distribution est devenue toutefois asse» irrégulière, par l'effet de tous les ressauts partiel» qu'où ne pouvoit guère éviter dans un ensemble composé de tant de masses diverses. 1-es bossages qui régnent dans toute l'ordonnance de cet étage , au lieu d'être continus sur toute sa surfarc, sont a bandes alternatives , autant sur les trumeaux que sur les colonnes et 1rs pilastres. Partout les bossages ont leurs angles arrondis.
Cet emploi de bossages appliqués indistinctement à toutes les masses et à tous les détails du palais du LuxemlKinrg, lui donne un caractère en quelque sorte étranger au milieu des autres édilices de Paris. Nous avons dit que c'étnit là son véritable point de ressemblance avec le gont des mnnumens de la Toscane. C'est ici que jieuvent s'appliquer les considérations critiques dont nous avons donné un aperçu au mot bossage. ( Voyez à la fin de cet article. ) Pour mettre en exemple ce que nous n'avons exposé qu'en théorie, nous dirons qu'en adaptant le bossage au palais du Luxembourg, dans les arcades ou portiques, dans les massifset lestrumeaux, tous objets où la pierre ne signifie que ce qu'elle est et n'est la représentation d'aucun autre objet, ni d'aucun autre type étranger à elle, de Brosse auroit dû se dispenser de j décomposer les fùU de ses colonnes en tambours al-
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et en blocs quadrangulaires. Mai», nous l'avons déjà fait entendre , l'architecte de Marie de Médicis voulut lui rap|icler le palais Pitti.
C'est en comparant les doux palais sous le rapport du caractère et de reflet résultant de l'emploi du bossage, que de Brosse devra céder tout l'avantage à Animanati. Sans aucun doute l'architecte français, en arrondissant en tout et partout ses bossages , a émoussé, si l'on peut dire, la fière aspérité de ce
style , et affaibli son énergie : craignant de paroitre trop fort, il est tombé dans le lourd, cl il est resté
On pourrait encore expliquer par quelques autres raisons pourquoi telles manières, telles pratiques inspirées par la nature propre des matériaux d'un pays, conviennent moins au même emploi dans un autre pays, avec d'autres matières. Florence exploite dans ses carrières des matériaux énormes , dont les masses semblent devoir inspirer le genre d'un bossage colossal : on doute que h pierre de Paris soit aussi favorable à l'expression de ce genre d'appareil. Dans tous les cas, de Brosse eût peut-être mieux lait de tempérer encore son effet général par des parties lisses qui auraient produit de la variété et des oppositions qu'on désircroit et qu'on cherche en vain dan» cette grande construction.
Pendant qu'il élevoit le plus considérable de tous les palais en France après le Louvre , de Brosse érigeoit le plus beau frontispice d'église qu'on eût vu jusque alors à Paris. Je veux parler du portail de Saint-Gervais, qui fut bâti à cette époque, c'est-àdire en 1616. Ce fut Louis XIII qui en posa la première pierre.
Quelques reproches qu'on puisse faire au genre des devantures d'église ou portails à plusieurs étages et en placage , on est forcé d'avouer que l'architecture, au renouvellement des arts, ayaut hérité en ce genre de la procérité des élévations goUùqucs, ainsi que de l'inégalité de hauteur entre les nefs et les bas-côtés des églises , il y eut là , pour le sy stème antique et pour le principe de l'unité , un problème assex difficile à résoudre. De Brosse n'eut pas même ici à encourir le reproche d'un mauvais choix de composition. Celle qu'il adopta étoit commandée par la disposition et l'élévation de l'église gothique aux dimensions de laquelle il dut se conformer. Ajoutons qu'il sut encore, par la sévérité des formes et la régularité des détails de chaque ordre , introduire dans son ensemble un vrai mérite , qui lui a procuré uue réputation durable.
Ce portail présente les trois ordres grecs, le dorique, l'ionique et le corinthien.
Le premier ordre, ou celui d'en-bas , se compose
de huit colonnes doriques. Les quatre latérales (deux engagées d'un si 1 quatre qui forment l'i ,t à autant de pilastres. La saillie de l'architecte à le
de chaque coté) sout engagées vif du mur. Lesquat
d..ns I.' du
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d'un fronton qui couronne rentrée -de l'église. Cet ordre dorique est très - Conforme aux proportions données par \ ignola ; et, selon le système des ordres modernes , il a toute la gravité , toute la fermeté qui lui conviennent.
L'ordre du milieu, ou ionique, s'élève sur le même plan que le dorique. La priucipale différence de leur ajustement est dans l'entablement, qui au dorique est continu sur la porte , et dans l'ionique ressaute audessus de la grande fenêtre. Les piédestaux suivent aussi les ressaut» de l'entablement.
L'ordre supérieur, ou le corinthien, pose sur un piédestal dont la proportion est entre le tiers et le quart de la colonne. La composition de cet étage se borne à quatre colonnes, divisées aussi par une grande arcade ou fenêtre ceintrée ; elles posent à l'aplomb des colonnes de chacun des deux étages inférieurs. Cette disposition produit dans l'ensemble du frontispice un effet pyramidal qui semble avoir dû être inspiré par le corps de bâtisse de l'église.
Il serait aussi inutile qu'injuste de soumettre, sous le rapport du genre et du caractère constitutif des portails modernes, l'ouvrage de de Brosse à une critique dont l'objet seroit de lui faire un reproche d'avoir obéi à des convenances obligées, et dont il ne saurait répondre. Cela posé, il n'y a guère que des éloges à lui donner pour avoir su racheter le manque d'effet et l'insipidité d'un parti commandé , par un caractère bien prononcé de formes et de profils, et par un style assez mâle, quoique tendant à la lourdeur. Disons encore qu'il a su donner à sa composition plus de sagesse et d'harmonie qu'on n'en a vu depuis dans les nombreuses répétitions produites, à Paris, de ces sortes de frontispices. Ajoutons enfin qu'il faudrait, pour bien apprécier ce portail, le voir dégagé des habitations qui empêchent d'en embrasser l'ensemble.
La grande salle du Palais de Justice avant été consumée par un incendie en l()i8, de Brosse fut chargé de la reconstruire. Elle fut achevée en 16321, et mise dans l'état où nous la voyons aujourd'hui. Elle se compose de deux grandes nets collatérales, bâties en pierre de taille, voûtées de plein ccintre, et divisées 1 le sens de leur longueur par un rang d'arcades
qui posent sur des piédroits; elle ne reçoit de lumière indes voûtes ceintrées qui sont aux deux
que par les gra
extrémités de chaque nef : grande et 1 d'éclairer un vaste local. L'ordre dorique est applique a la décoration de ce double vaisseau. Généralement, à un certain nombre près d'irrégularités dans la distribution, soit des triglvpbcsde la frise, soit de quelques pilastres, ou y doit recounoitre un caractère bien soutenu, un parti large, un style grave, quoique tendant à la lourdeur et voisin de la monotonie. Mai* l'effet du graïul y domine , et cet effet d'e impose silence aux objections de détail.
Le dernier ouvrage célèbre de de Brosse est l'a- I, àdeux lieues de Paris. 11 futacbevé
en iGa.f. Se 7a -
ici que .... «ppr™ , .
el qui traverse le vallon qa'arrosc la rivière de Bièvre à Arcueil. Ces arcade*, qui sont au nombre de vingt, ont de 4 * 5 toises d'ouverture ; il faut toutefois entendre par-là des intervalles entre des contreforts. Dix seulement sont ceintrees, et trois parmi elles ont ete remplies, apparemment pour rendre la masse plus solide; précaution qui paroitroit inutile, si, dans de pareils travaux, le trop de solidité pouvoit jamais être regardé comme un excès. La longueur totale du conduit , depuis Rougis où est la prise d'eau , jusqu'au château d'eau près l'Observatoire, est de (i6oq toises.
De Braise ne négligea point d'appliquer à cette construction certains détails d'architecture qui ajoutent quelque intérêt aux soins qu'il prit de « solidité. L'aqueduc a un entablement orné de modillons , et qui règne dans toute son étendue; tout l'appareil est en pierrps de taille parfaitement jointes; une voûte en grandes pierres couvre le conduit de l'édifice, "s, sons plus d'un rapport , aux plus beaux i de ce genre.
MUANT (Libé«*l) vécut vers h- milieu du dix-septième siècle. Il fut architecte du roi et de l'académie d'architecture. Son nom cit moins connu que ses ouvrages auraient pu le lui promettre.
On ne sait pas avec certitude s'il faut lui attribuer exclusivement les dessins de l'église de l'hôpital connu sous le nom de Salpétrière. La Description de Paris prétend que, pour ce qui regarde la construction de l'édifice , les opinions se partagent entre Bruant et Le Veau.
On sait que Bruant partagea avec d'autres architectes la conduite de l'église des Augustins de U place des Victoires. Pierre LeMnet enavoit jeté lesfondemens; Bruant l'eleva hors de terre jusqu'à la hauteur de sept pieds.
Mais le plus grand ouvrage de cet architecte fut l'Hôtel des Invalides, dont il donna les plans et conduisit toute l'exécution , à La reserve du dôme, ouvrage de Jules-liardnuin Mansard, ajouté postérieurement à l'extrémité de l'église. Or, c'est cette partie, sans doute la plus magnifique et la plus brillante de tout l'ensemble , qui a pu contribuer à obscurcir le renom de celui qui n'eut à sa disposition que la partie utile.
Cependant il faut convenir, quand on parle du plan des Invalides, c'est-à-dire le plus étendu qu'on connoisse (il occupe dix-huit arpens de superficie), qu'il étoit difficile de réunir plus de rég commodité. On y admire les percéi l'architecte y a ménagées, la svmétrie entre tous les corps de Intiment, la belle distribution des cours, leurs dégagemens, leurs différentes issues, et la plus ingénieuse correspondance entre toutes les masses de ce grand ensemble. Il faut convenir que cette corrélation devoit être pour l'architecte la première et U
{ularité à plus de en enfilade que
BRU
plu* importante obligation dam) un cette nature, où, l'utile passant avant tout, la commodité du service devoit faire la loi suprême.
Nonobstant l'exigence d'un principe qui, sans aucun doute , fat celui de Bruant dans l'exécution de son édifice, il faut lui savoir gré d'avoir, en quelques parties et sur quelques points, fait servir l'obligation de la simplicité à un genre de beauté qu'on se plait à y reconnoitre. Telle est celle de la grande cour, qu'on appelle la Cour Royale, qui, par l'étendue de son plan quad l'angulaire , par la belle proportion des portiques à deux étages dont elle est entourée, par le caractère à la fois simple et noble de leurs arcades ,
de ce genre, et aurait peut-être obtenu le prix i eux , si les galeries formées par ce» | reçu des voûtes an lieu de sim " lives , qui rabaissent dans l'opinion la ' grande construction.
Il v a également lieu de regretter que Bruant n'ait pas imprimé un peu de ce même caractère à la principale façade du monument , qui , l
style oe l intérieur oont on vient ae. être l'architecte fut-il sonmis à des conditions fort étrangères à son art, comme, par exemple, à une multiplicité de chambres qui aurait exigé cette extrême quantité de jours et de percés extérieurs , contraires à tout effet et à ce bel accord qui doit régner entre les pleins et les vides. {Voyez HÔTEL elVa" Invalides.)
Quelques-uns ont attribué à Libéral Bruant, et d'autres à son frère aîné , un petit monument qui aurait mérité d'être cousené : on veut parler du frontispice d'un bâtiment qui servoit de bureau à la corporation des marchands drapiers, rue des Déchargeurs, à Paris, et dans lequel la sculpture et l'architecture avoient assez heureusement réuni leurs ressources. Il n'en reste plus qu'une gravure , qu'on trouve dans l'Architecture française , par Jacques- François Blondel , ton». III , liv. v, n" a.
BRUCE (Guillaume). Nous trouvons le nom de cet artiste dans la liste des meilleurs architectes de l'Angleterre. Ce qu'on sait de lui , c'est qu'il vivoil dans le dix-*eptième siècle, et qu'il bâtit au comniendu dix-huitième, c'est -à-dire en 1702, le
Le res-dc-chauasée de ce palais 1 tique, une salle et quatre beaux appartemens. On voit au milieu un grand escalier octogone, qui conduit au premier étage. La façade du bâtiment est ornée de bossages taillés dans une belle pierre. Les fenêtres, bien espacées, y ont une bonne proportion. Au-dessus de l'entablement règne une balustrade ornée de vases et de statues. Une belle coupole , bâtie en pierre, s'élève du milieu du bâtiment, pour servir de couverture a l'escalier. Ces sortes de dômes
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sont a saei multipliés en Angleterre. Pourquoi, en effet , les coupole* ne seraient-elles pan convenablenient placées dans les palais, pour éclairer, soit l'escalier , soit d'autres sortes de locaux? Elles servent d'ailleurs à la décoration du dedans comme du dehors. C'est en conséquence de cette pratique qu'un auteur italien a exprimé le désir qu'on employât en Italie la forme de coupole'en place de celle de ces belvédères qui surmontent les maisons ; et, pour mieux dire, que les belvédères fussent construits en
sieurs autres murailles furent d'aqueducs et de
BRU 23g d'antiquité ; mais de nom elles aux dépens de* débris
BI\ I MU Ml M. Cette ville antique d'Italie , sala grande Grèce , en M esta pie et sur le 1-ord de la mer, n'offre plus, dans la modeste ville de Brindes, qui lui a succédé , qu'un petit nombre de mooumens de son ancienne richesse.
On y fait voir des pilotis que l'on dit avoir été plantés par César pour fermer son port lorsqu'il y assiégea Pompée. C'est ce qui en commença la destruction , par les amas de sable que ces pilotis retinrent.
antique , ayant fait partie d'une maison que l'on'dit, dans le pays, avoir appartenu à Cicéron. Mais qui pourrait ajouter foi à de pareilles traditions?
Dans la vérité , il n'existe plus rien de l'antique Bruntiujtum, excepté les restes de deux colonnes qui
L furent élevées l'on ne saurait dire en quel temps, 'une des deux n'offre plus d'entier que son piédestal ; un fragment du fût de la colonne , brisée et reni probablement par l'effet d'uu tremblement de : , est reste comme suspendu et posé en travers sur ce piédestal. L'autre colonne , intègre et bien [ conservée dans son entier, se fait admirer plus encore par cette conservation , par sa hauteur, qui est de 5t. pieds, et par la beauté de son marbre blanc, que par le mérite de ses proportions : son fût a trop de hauteur pour son diamètre. Le chapiteau offre une composition remarquable d'allégories : chacun de ses angles est soutenu par une figure de Neptune ; les volutes sont formées par des tritons , et les quatre face», ou celles qui répondent aux quatre grands côtés du taiHoir, sont occupées chacune par une figure de femme. Ce chapiteau symbolique étoit surmonté d'un piédestal qui , selon toutes les probabilités, dut servir de support a une statue ; maintenant il ne supporte qu'un mauvais entablement.
Il a été fait plus d'une conjecture sur l'ancienne destination de ces deux colonnes. La moins invraisemblable est que, a une époque quelconque, ce monument aurait pu avoir deux objets : l'un , de rappeler le souvenir de quelque victoire navale ; l'autre, de servir en quelque sorte comme de terme à la célèbre voie Appienne , qui venoit aboutir à MUR , et de la manière dont put être signalé I le point de départ de la première
BRUÎiELESCHI, né en t375, mort en 1444, descendoit d'une famille ancienne de Florence , et qui comptoit quelques hommes célèbres daus les scieuces, et d'autres qui avoient exercé d'honorables professions. Son père, scr BruntUetco di Lippo Lapi, étoit notaire. Il donna au nouveau-né le nom de son bisaïeul, PhUippo.
Le jeune Philippe fut destiné de bonne benre a l'état de son père, ou à celui de son bisaïeul, qui étoit médecin. Un le fit instruire dès son plus bas âge dans tous les genres de connoissances qui tieuvent conduire à l'une ou à l'autre de ces professions. Mais l'étude des belles-lettres ne servit qu'a donner a son esprit une direction qui n'étoit pas celle qu'on s'en étoit promise, lue aptitude naturelle à toutes les choses d'adresse, une rare et précoce inteli tous les travaux de la main , éloient des équivoques d'une vocation qui contrarioit les projets de ser Brunelesco. Cependant il ne voulut pas combattre l'inclination de son fils, et il le plaça cher un orfèvre.
L'art de l'orfèvrerie étoit alors à Florence tout autre chose que ce qu'il est le plus souvent chez nous et de nos jours. Cet art se boit intimement, et patune multitude de procédés , et par le nombre , la grandeur et le genre de ses productions, à tous les arts du dessin. Il étoit surtout (ainsi que le fait voir l'histoire de celte époque) l'apprentissage et l'ccote de la sculpture. Le jeuue Bruncletchi, en se livrant aux travaux qui font la partie commerciale du travail des métaux , ne les avoit regardés que comme des moyens applicables aux oeuvres du génie.
Le* charmes de l'art de sculpter eurent bientôt captivé sou goût. La liaison qui s'etnit formée entre lui et Donatello, jeune élève encore , mais destiné à être le premier sculptent* de son siècle, lui inspira le désir d'en devenir l'émule. Il le fut en effet, dans un ouvrage où Donatello ne put s'empèdber de recon-
ra supériorité. Enfin ses progrès dans la sculpurent tels, qu'il fut compris au nombre des sept compétiteurs qui se disputèrent l'e
portes de brome du baptistère de Florence. Il aurait même obtenu la primauté , si Lorenio Ghiberti ne se fût pas trouvé parmi le* concurreos. Ce manque de succès fit, au reste, beaucoup moins de tort à la réputation de son talent que d'honneur à la générosité de sou caractère. A peine , eu effet , les ouvrages des couteudans furent-Us exposés , qu'on vit Bruneicscht et sou ami Donatello s'empresser de proclamer leur vainqueur. Ils firent plus, ils sollicitèrent rn s» faveur l'entreprise exclusive de l'ouvrage : BruntUsthi, refusa même tout partage avec Ghiberti.
Il pareil qu'il entrait dès- lors dans ses dësurs de gloire d'en obtenir une qu'il ne partageât avec au-
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cun autre. Les études qu'il avoit faites en géométrie, en optique, en mécanique, lui avoient ouvert les avenues de plus d'un genre d'art, et le mettaient à même de choisir celui qui lui promettroit une primauté hors de toute contestation. L'architecture lui offrait cette perspective. Donatello, ayant formé le projet d'aller à Rome, acheva de le décider dans cette résolution. I-es deux amis partirent pour y étudier les grands modèles, l'un de la sculpture, l'autre de l'architecture antique, alors oubliée dans son ancienne patrie et méconnue de toute l'Europe.
Aujourd'hui que, l'antiquité avant reconquis son empire, le goût de bâtir, en chaque pays, s'est modelé sur les erremens et les «livres des Grecs et des Romains, la vue de ces modèles originaux ne saurait produire par un contraste aussi frappant cet étonnement dont, il y a cinq siècles, dut être saisi l'homme de génie qui en éprouva subitement U révélation. Encore de nos jours n'est-il donné à aucun artiste doué de quelque sensibilité, d'éprouver sans une vive émotion les premières impressions de ces monumens que tant d'idées, de souvenirs, de circonstances, et le seul prodige de leur existence, recommandent à son admiration.
Mais quand on pense combien, au temps de Bru~ neleschi, il existait encore de ces grands monumens de l'antique Rome, qui depuis ont succombé, ou sous le poids des années, ou par tous lesagens de destruction qui accélèrent le travail du temps, on peut se ligurer ce que dut éprouver alors l'artiste passionné qui se vit transporté dans cette espèce d'ancien monde, dont rien n'avoit pu lui faire prévoir les merveilles. L'histoire, en effet , nous le représente comme frappé de stupeur a la vue d'un spectacle aussi nouveau. La force de l'étonnemcnt sembloit lui avoir aliéné l'esprit. Abîmé dans l'admiration, il laissoit égarer ses veux et ses pas sous les voûtes et dans les détours de ces ruines, dépositaires de l'antique gloire du peuplerai. On aurait pu lui appliquer ce que Ammicn rapporte de Constance à la vue du forum de Trajan : Jfterebat altonitus per giganteos contextus circumftrens menlcm, nec relatu affabiles, nec ntrsùs mor. talibus appetendos.
Revenu de cette première impression , Brunelesehi ne connoit plus le repos : il oublie les soins de la vie , les heures des repas et du sommeil ; il n'a plus d'autre besoin que celui de lever des plans , de mesurer les édifices antiques, d'en retrouver, par des fouilles, les dimensions exactes, d'y rechercher les vrais caractères des ordres , d'y retrouver enfin ce système de raison , d'intelligence et d'harmonie qui devoit rétablir et perpétuer son autorité. L'ambition de devenir le restaurateur de l'architecture et de placer son nom a coté de celui de Giotto ardeur;
■écuniaires. Donatello éloit re- • à Florence ; Bruneleschi eût été obligé de l'y suivie, si sa première profession d'orfèvre ne lui eût
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procuré les moyens de prolonger le cours de ses études à Rome.
Lu motif particulier l'y retenoit , c'étoit le secret favori de son ambition. Il ne l'avoit communiqué a personne, j»s même à Dooatello, son ami le plus intime.
Depuis long-temps Bruneleschi méditoit en silence l'exécution d'une entreprise pour laquelle son génie l'avertissoit qu'il était né : c'étoit de réunir par une immense coupole les quatre nefs de Sainte-Maricdes-Flcurs à Florence ; c'étoit, en prenant pour point de départ le summet de cet édifice, d'y élever une voûte , non pas en bois de charpente , nuis en pierre et en matériaux solides , et de lui donner une dimension proportionnée a sa largeur et a la grande hauteur du reste de l'église. Ln tel projet passoit alors pour un de ces tours de force dont il n'etoit permis qu'à l'imagination de faire les frais. Bruneleschi n'v voyoit qu'une difficulté dont la science devoit triompher.
Il comprit donc qu'aux études qu'il avoit déjà faites à Rome sur les principes, les règles et le goût de la véritable architecture, il lui falloit ajouter celles qui donnent ce savoir sans lequel les créations du génie courent le risque de se perdre dans la région des illusious. Ce fut sur la science de la construction qu'il se proposa d'interroger désormais les monumens de l'antiquité. Il se mit à rechercher, dans le matériel de ces ouvrages , les raisons de leur solidité, les moyens de leur exécution, les rapports de leurs masses, les procédés de la mise en oeuvre de leurs matériaux, les secrets de leur liaison, de leur transport, de leur pose, les lois mécaniques d'après lesquelles on calcule la force des poussées et celle des résistances, c'est-a-dire le degré jusqu'où va la hardiesse, et où commence la témérité.
C'étoit au prix «le ces travaux que Bruneleschi achetoit le droit de se croire digne d'une entreprise qui, depuis long-temps, étxiit l'objet de tous ses vœux. Le terme de ses études devoit être celui de son séjour à Rome. En 1407, une maladie mit fin à ces laborieuses recherches, et accéléra son retour dans sa patrie.
Dans cette même année fut convoquée à Florence une assemblée d'architectes et d'ingénieurs, pour délibérer sur la meilleure manière de termiuer l'église de Sainte-Marie-dcs-Fleurs. Bruneleschi y fut a]^ pelé. Trop adroit pour laisser deviner son projet, il M contenta d'en faire pressentir quelque partie. Il fut d'avis que, en attendant la solution de la question principale, on élevât toujours de quinxe brasses le soubassement de la coupole à venir, qu'on pratiquait une large lunette dans chacune des huit faces de ce icment, autant pour décharger les reins des des nefs, que pour faciliter la construction future. Son avis fut suivi , et l'ouvrage qu'il avoit m. us, il |r fut entrepris.
Charmé d'avoir donné le premier mouvement à
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cette vaste opération , il employa plusieurs mois à la composition de ses modèles. Bientôt il apprit qu'on songeoit à une reunion nouvelle de constructeurs pour une décision finale II quitte alors subitement Flo-
:, et retourne a Bruneleschi savoit qu'on est souvent porté à esti- ' de loin ceux qu'on néglige de près ; son absence devoit le faire rechercher : il ne se trompoit pas. A peine étoit-il parti, qu'on se rappela la supériorité de sa raison et de ses discours, et l'ascendant qu'il avoit pris dans la première conférence sur tous ses coin|>étiteurs. On pressentoit que le sort de l'entreprise dépendoit de lui , ou le pria de hâter son retour; il se rendit à cette nouvelle assemblée.
Elle u'étoit composée que d'hommes timides par le sentiment de leur inexpérience, plus encore que par la connoissanec des diHicultés. Tout le temps se
où chacun à l'envi s'exagérait les obstacles. On n'étoit ingénieux qu'à créer de nouveaux dangers et à les grossir. Il n'eut mit dans les vues de Bruneleschi ni d'augmenter ni de trop diminuer les craintes, ainsi que le montre le discours fort adroit qu'il Ht dans cette assemblée , et que l'histoire nous a conservé.
« Je ne vous dissimulerai point , dit-il , toute la » grandeur des difficultés attachées au projet qui vous h occupe; c'est le propre des grandes choses d'être » difficiles. J'entrevois même ici des obstacles, et plus » grands et en plus grand nombre que vous ne l'avez » peut-être imaginé. Je doute que jamais 1rs anciens » aient osé mettre à exécution une voûte d'une aussi » terrible étendue que celle qu'où projette. J'ai beau—
■ coup médité sur les moyens d'en armer convena- » blement la construction extérieure et intérieure , » pour y travailler avec sûreté ; mais la largeur et la •• hauteur de l'édifice m'effraient. Si notre voûte » pouvoit être circulaire, j'emploierais la méthode » suivie par les anciens dans le Panthéon ou la Ro- » tonde. Mais ici nous avons huit pans auxquels nous » devons nous assujettir, par conséquent huit chaînes » de pierres à élever, auxquelles il faudra lier le reste ••de la construction. La chose devient plus difficile, ■•et personne n'en est plus convaincu que moi. A » Dieu ne plaise , cependant , que je désespère ! Qui
■ doute que le grand auteur de toute science , en » l'honneur de qui doit s'élever ce temple magni- « fique , ne puisse envoyer la force , l'intelligence et m le génie a celui qui sera choisi pour uue telle en- •• t reprise? Quant à moi qui n'en suis poiut chargé, » à 'quoi puis-je vous être utile? Si la chose me re- » gardoit seul , j'avoue que je me sentirais le courage •• et me croirais les moyens d'en venir à bout , sans » tant de difficulté. Mais comment pourrois-je vous » les indiquer ces moyens , n'ayant encore rien d'ar- » rèté à cet égard. Mon avis est donc , que lorsqu'on » voudra procéder définitivement à l'exécution de ce ■• grand projet, on ne se contente pas des idées que
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» je pourrai proposer, mais qu'on assemble de toute* » les parties de l'Europe les plus habiles nui 1res <L- ■ l'art ; qu'on soumette à leurs délibérations contra- » dictoires tous les points de la difficulté, et qu'enfin » on se détermine |»ur celui qui proposera les expédiens les plus simples, les plus convenables, et qui » s'annoncera par la plus grande rectitude d'esprit et • de jugement. »
Son avis fut adopté. On savoit qu'il avoit fait un modèle , et l'on aurait désiré qu'il en donnât counoissanec , ce à quoi il se refusoit. Politique adroit, autant qu'artiste savant, il ne chcrcltoit qu'à se dérober à la curiosité pour l'exciter davantage. Supposant des lettres qui l'appeloient à Rome, il parvint a éluder k-s propositions prématurées qu'on lui faisoit. Il partit. Ce troisième voyage devoit être encore employé à recueillir de nouveaux renforts pour le grand combat qu'il avoit provoqué.
Déjà s'étoient réunis de toute part à Florence (en 1420) les architectes les plus renommés de l'Europe. Il en vint de France, d'Angleterre, d'Allemagne et d'Espagne, ainsi que de toutes les contrées de l'Italie. Les plus habiles dessinateurs de la l'oscane dévoient également assister à cette importante consultation, liruneleschi arrive enfin. Il s'étoit de trouver dans cette grande réunion, ne de rivaux, mais beaucoup de témoins de son
Quiconque se représentera ce qu'étoil alors l'art de bâtir, réduit par toute l'Europe aux conceptions et aux procédés du gothique, et considérera la nouveauté d'une voûte aussi élevée, et d'un tel diamètre que sa grandeur n'a point été surpassée depuis, ne s'étonnera point de la ftiiblesse ou du ridicule des projets qui furent présentés dans cette nombreuse assemblée. C'étoit à qui enchérirait d'ignorance et de merveilleux. Les uns proposoieut d'élever des pilirrs d'où seraient partis des arcs qui soutiendraient la charpente destinée a porter le poids de la coupole; d'autres conscilloient d'établir un grand pilier dans le milieu, qui auroit reçu les retombées des voûtes d'arête, et auroit donné au dôme La forme d'un pavillon; quelques-uns n'ituaginoient rien de mieux que de former une montagne de terre qui eût servi d'échafaudage à toute la bâtisse : on jetterait dans cette terre un grand nombre de pièces de monnaie: l'ouvrage fini , on pourrait se reposer sur la cupidité de La multitude, du soiu île faire disparaître et d'culever l'échafaudage.
Bruneleschi n'avoit pas prévu que le vrai savon devoit perdre sa cause devant un tribunal d'ignorans, qui se condamneraient eux-mêmes s'ils lui rendoient justice. Lorsqu'il eut fait part de son projet, il dut s'apercevoir de sa méprise. On le railla quand on l'eutendit proposer d'élever à la hauteur de 3C)o pieds une coupole de 1 3o pieds de diamètre. On ne le comprit pas quand il dit qu'il ferait deux coupoles inscrites l'une dans l'autre, et de manière à laisses entre elles un assez grand vide. Mais on l'injuria, on
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le traita tout haut d'insensé, quand il eut affirme que pour ceintrer ces immenses voûtes il n'cmploieroit aucune espèce de soutien ou de forme intérieure de
charpente.
Bruneleschi crut un moment le fruit de ses travaux perdu. La consultation qu'il avoit provoquée n'avoit fait que multiplier les doutes et augmenter l'irrésolution parmi les consuls et les intendans de la fabrique. Mais uu es|K>ir restoit encore , c'étoit dans leur division. Bruneleschi ne desespéra pas d'en tirer parti. Bien eonvaiucu qu'il n'y avoit rien à gagner avec des hommes préoccupés et dans une assemblée tumultueuse, sur qu'il étoit d'avoir la vérité pour lui, il ne voulut plus en exposer le succès aux discussions et aux décisions d'une multitude aveugle et partiale.
Il se mit doue à attaquer partiellement, c'est-àdire endoctriner chacun de ceux qu'il n'avoit pn convaincre réunis en assemblée. Il encouragea les uns, persuada les autres, et lit entrevoir à chacun d'eux, avec quelques parties de ses dessins, le secret d'une méthode fort simple , et que nul ne soupçonnoit, à raison même de sa simplicité. Dans une réunion nouvelle, il obtint ainsi de n'avoir plus de contradicteurs.
Son modèle en relief étoit encore un mystère dont il n'avoit fait la révélation à personne. Sa découverte une fois rendue publique avant le moment favorable, aurait perdu de son prix. H falloit auparavant avoir obtenu de chacun l'aveu de sou impuissance. En effet, comme on l'a dit, le premier secret de Bruneleschi étoit dans la simplicité même de son procédé de construction, dont tous ses rompétiteurs ignoraient les véritables élémens. Habitués aux légèretés de forme de la bâtisse gothique , ils ne savoient autre chose qu'élever très-haut, a l'aide d'arcs-boutans, îles mura évidés par toutes sortes de découpures , des voûtes en tiers-point formées de petite maçonnerie légère, et dont la poussée se trouvoit divisée et répartie sur plusieurs points. Or il s'agissoil avant tout , dans l'érection de la coupole projetée , d'établir un nouveau système de bâtir, eu vertu duquel la construction tonte seule , dans cette vaste circonférence et avec sa prodigieuse portée, se servît à elle-même et d'échafaudage et de point d'appui. C'est là ce que le modèle en relief aurait démontré aux yenx les moins experts. C'étoit toutefois ce que Bruneleschi se contentait de montrer en dessin, et de prouver par le raisonnement.
A force de persistance et de démonstrations, il réduisit enlin ses adversaires au silence, et il obtint les suffrages de ses juges. Son premier soin fut de dissijier de plus en plus les alarmes des préposés de la fabrique, par un exposé fidèle et abrégé des moyens qu'il se disposoit à mettre en œuvre.
Cependant la réserve qu'il n'avoit pas cessé de garder, et le mystère qu'il faisoit de son modèle en relief , lui valurent un retour de méfiance de la part de ceux qu'il avoit en quelque sorte forcés de le croire
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il sur parole ; on ne lui permit d'élever l'ouvrage que jusqu'à la hauteur de douze brasses. C'étoit un essai qu'on vouloit faire de sa capacité. Cette épreuve eût été capable de le rebuter, si l'ambition du succès , plus forte que l'amour-propre, ne lui eût fait dévorer ce désagrément.
l'ne contrariété plus sensible lui étoit encore réservée. L'envie, réduite un moment au silence, reprit I bientôt son activité. Elle va semant partout que l'honneur de la ville est compromis par le choix d'un architecte unique, comme s'il y avoit disette d'artistes capables d'entrer en partage de l'entreprise ; qu'il est d'ailleurs imprudent de confier à un seul la destinée d'un si grand ouvrage ; que la honte d'un manque de succès rejaillirait sur toute la ville ; qu'il importe à son honneur de donner à Bruneleschi un collègue qui , en surveillant ses travaux, rassure l'opinion publique. L'envie se fit écouter. Qui le croirait ? Ce même Lorcnzo Ghiberti, dont Bruneleschi avoit été jadis le rival et avoit refusé de devenir l'associé, accepta le partage honteux d'un ouvrage auquel il n'avoit en rien concouru, et dont sa seule incapacité aurait dû l'exclure.
A cette nouvelle Bruneleschi ne se possède plus | il veut rompre son modèle, brider ses dessins ; il ailoi t en un instant détruire le fruit de vingt ans de recherches et de travaux. L'idée de partager avec un autre la gloire de sou invention lui étoit insupportable. On le vit tout près de dire un dernier adieu à Florence. Ses amis calmèrent ce premier transport ■ et parvinrent à le retenir. Mais l'espoir de se venger ' de Ghiberti en mettant son ignorance au grand jour, fit plus que les instances de ses amis. Il procéda dès> I lors à l'exécution d'un nouveau modèle en relief, et I selon la plus rigoureuse exactitude des proportions et des détails de la coupole projetée. Ce devoit être le régulateurde toutes les opérations. Ghiberti voulut I en avoir conuoissauce. Sur le refus qu'il éprouva, il en entreprit de son côté un autre. Cette discorde alloit devenir funeste, si Bruneleschi n'eût bientôt fait jouer la manœuvre qu'il méditoit pour mettre un terme à cette rivalité.
I ne feinte maladie fut le piège qu'il tendit à l'incapacité de Ghiberti, qui |M*udaut son absence restoit seul chef des ouvriers et ordonnateurdes travaux. Sou embarras, ses fréquentes indécisions trahirent hieutôt sou insuffisance; de grossières erreurs achevèrent de la rendre sensible à tous les yeux. Bruneleschi fut enlin nommé seul architecte et directeur en chef de tout l'édifice.
Dès ce moment il y donna tous ses soins. Nul détail n'échap|>oit , soit à sa vigilance, soit à sa prévoyance. Il dirigeoit chaque ouvrier, et ne se fioit qu'à lui seul du choix comme de l'emploi de tous les matériaux. On ne plaroit ni une pierre ni une brique qu'il ne l'eût examinée lui-même. Chaque jour on le voyoil inventer de nouvelles machines pour simplifier les procédés ou abréger les opérations de la bâtisse. Il
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avoit remarqué que plu» les travaux s'élevoient, plus les ouvriers perdoient de temps en voyages fatigans. 11 remédia a cet inconvénient en établissant sur la voûte de l'église des abris commodes, et approvisionnés de tout ce qui étoit nécessaire aux besoins de la vie.
Le secret de Bruneleschi étoit devenu celui de tout le monde, car son grand modèle étoit exposé en public. On ne se (assoit pas d'y admirer la rare intelligence avec laquelle l'artiste, embrassant les plus grands et les plus petit» rapports, avoit calculé avec tant de justesse les dégagemens intérieurs, les ouvertures pour la lumière, les couduits pour l'écoulement des eaux, les montées, les rampes, et prévu jusqu'aux moindres besoins. Ce qui fixoit surtout l'attention, c'étoit le système de la coupe des pierres, de leur liaison , de ce juste équilibre des forces qui , se combattant pour s'accorder, dévoient produire la solidité de ce grand ensemble.
Mais déjà l'ouvrage étoit assez avancé pour qu'on pût admirer comme fini, dans le monument même, tout ce que le modèle n'offrait qu'en esquisse. Bruneleschi eut, avant de mourir, la satisfaction de voir sa coupole acbevée, à la réserve de l'extérieur du tambour, pour la décoration duquel il avoit laissé des dessius qui furent perdus, et à l'exception de la lanterne, qui devoit être l'amortissement de tout l'édifice. {Voyez la description de ce monument , au root CocpOLr.)
Nous ne donnerons ici que les mesures principales de cette coupole. Elle a en diamètre, dans le vif de son tambour, i3o pieds. Sa hauteur, depuis la corniche du tambour jusqu'à l'œil de la lanterne, est de ia5 pieds. Du solde l'église au sommet de la croix on compte 33o pieds. Avant CCtte coupole , il n'avoit été rien construit d'aussi grand, d'aussi élevé. Le dôme de Saint-Marc à Venise, crlni de la cathédrale de Pise, ont, quant à la construction, aussi peu de rapport avec elle qu'ils en sont éloignés sous le point de vue de la dimension. Elle ne le cède, et seulement de fort peu , qu'à la coupole de Saint-Pierre à Rome. 11 est probable encore que la disposition des deux voûtes emboîtées, si l'on peut dire , l'une dans l'autre, au dôme de Florence, aura servi de guide à Michel-Ange, qu'il a imitée au dôme du Vatican. On sait quel res]>cct il avoit pour le chef-d'œuvre de Bruneleschi. Il avoit coutume de dire qu'il étoit >liificile de l'imiter, impossible de le suqtasser. Michel- Ange ponvoit seul faire mentir son éloge.
Cette grande et célèbre entreprise, malgré les embarras et les soins multipliés qu'elle suscita à Bruneleschi, fut fort loin d'occuper sa vie entière. La célébrité qu'elle lui acquit le fit rechercher pour tous les grands travaux qui eurent lieu de son temps, soit en architecture, soit en ouvrages de construction proprement dits. En effet, il n'entendoit pas moins bien l'architecture militaire que la civile.
Appelé à Milan par le duc Philippe- Marie, H y donna les plans d'une forteresse. Celle de Vico Pisano,
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I les deux citadelles de Pise, appelées, l'une la Vieille, l'autre la Neuve; les fortifications de Ponte a Mare, et la forteresse du port de Pesaro, qui furent aussi construites sur ses dessins, sont les preuves de l'étendue comme de la diversité de ses talens.
Le grand -duc Comc de Médicis le chargea de bâtir à Fiesolcs l'abbaye des chanoines réguliers, ouvrage qui , selon l'inscription placée sur les murs de cette maison , lui coûta cent mille écus romain». Bruneleschi profita très-habilement du site occupé par cette abbaye sur une montagne, pour réunir à l'agrément de l'aspect tous les accessoires d'utilité qu'exigeoit l'établissement; ce qu'il lit au moyen des constructions pratiquées sur la pente de la montagne, qui procurèrent, d'une part, une assiette de niveau à tout le corps de lut i ment, et donnèrent, d'autre part , le moyen d'y répartir les dépendances et les pièces commandées par le besoin
A peu près vers le même temps , s'élevoit à Florence l'église de Saint-Laurent, sur les projets d'un homme plus versé dans les lettres que dans les arts du dessin. Jean de Medicis voulut avoir sur cet ouvrage l'avis de Bruneleschi. L'intérêt de l'art et
I l'amour de la vérité ne lui permirent pas de dissimuler
; ce qu'il en pensoit. L'ouvrage, qui n'étoit que commencé, lui fut confié , et cette telle basilique passe avec raison pour une de ses plus notables productions. S'il s'y est trouvé quelques incorrections , il faut les attribuer en partie à certains défauts de la fondation première,ct en partie à quelques erreursde ceux qui, après la mort de l'auteur, ont achevé l'entreprise. l)u reste, on ne peut qu'y admirer la disposition d'un plan régulier dans ses lignes, qui se raccordèrent avec beaucoup d'habileté à des données premières qu'il fallut conserver.
Bruneleschi adopta dans l'ordonnance et l'élévation de sa grande nef l'emploi d'arcades sur colonnes, dont plus d'un reste d'architecture antique des bassiècles lui avoit offert des modèl es assez nombreux. Cette pratique, au reste, se trouvoit assez naturellement applicable à la construction des églises modernes, dont la grande étendue demande aussi dans les intérieurs un exhaussement considérable. Mais ce qu'il faut remarquer ici, c'est ce qu'on n'avoit encore vu dans aucun monument moderne. Jusqu'alors la routine avoit employé les colonnes, soit telles qu'on les trouvoit toutes faites, soit telles que la localité comniandoit de les faire, c'est-à-dire, sans égard à la forme, au caractère, à la pro|x>rtion de chaque ordre Ici donc on vit paraître pour la première fois l'ordre corinthien avec toute la régularité de ses proportions , et avec toute l'élégante composition de son chapiteau à feuilles d'acanthe.
Corne de Médicis rhargea Bruneleschi de lui faire le modèle d'un magnifique palais. L'artiste accepta avec transport cette commande flatteuse. Il n'y mesura la grandeur de l'édifice que sur celle du maître
I qui devoit l'occuper. .Mais le plais parut trop vaste
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à Médicis; il n'on l'entreprendre , moins à raison de | Li dépense que par la crainte irévciller indiscrètement l'envie. BruneUschi brisa de dépit son modèle. Corne, dans la suite, se repentit de sa discrétion. >'ul n'apprécioit mieux que lui l'homme dont il avoit refusé l'ouvrage ; il avouoit n'avoir jamais connu dans aucun autre un esprit aussi intelligent et aussi élevé.
Si Drunrleschi eut quelquefois le désagrément de voir de belles entreprises échapper a son talent , il eut aussi plus d'une fois le déplaisir de ne pouvoir en terminer d'autres. Daus le nombre de ses ouvrages , il en est uu qui est resté jusqu'à nos jours sans être achevé. Je veux parler du jn-tit temple des Anges. C'est une rotonde , dans laquelle on voit que l'architecte s'étoit souvenu des temples circulaires antiques que l'on appelle, à Rome, l'un de Bacchus, l'autre de Sainte-Coustance. Ce qui subsiste encore aujourd'hui de cet édifice fait regretter qu'il eu soit resté à l'entablement. Ou voulut depuis le faire terminer |>ar l'académie du dessin, à laquelle on l'auruil donné pour v tenir ses séances. Ce second projet n'eut point encore d'exécution. Le monument est devenu une espèce de ruine livrée à l'intempérie des élémens et à la dégradation , que les plantes parasites y ;
BruneUschi se montrait dans le même temps aussi ingénieux mécanicien qu'il éloit savant architecte. Florence alors prenoit plaisir à de pieuses représentations, qui consistoient à donner une image du paradis. C'etoit une gloire immense, au milieu de laquelle on voyoit des personnages mobiles ligurant les anges et les bienheureux. Le prestige étoit produit par les effets combinés d'une multitude de lumières, qui , alternativement couvertes et découvertes avec la plus grande promptitude, jetoient beaucoup de variété sur ce spectacle. C'est à BruneUschi que Vasari attribue l'invention de ce genre de spectacle. Par un contraste assez bizarre , l'église du Saint-Esprit , qui lui servoit de théâtre, deriut la proie d'un furieux incendie.
Toutefois avant cet accident, qui la détruisit entièrement, cette église menaçoit ruine, et BruneUschi avoit été charge de la reconstruire sur un nouveau plan. Il lit le modèle en relief, sur lequel l'édifice fut Commencé par lui et termine après sa mort. L'église du Saint- Esprit est pour l'architecture la plus belle de Florence. Il ieu de plus simple et de mieux entendu que son plan. C'est véritablement une basilique antique, accommodée aux usages du christianisme. Su- |)éricure par M disposition ,i l'égli»cdc Saint- Laurent, elle l'emporte aussi par la praiiortiou générale et la régularité de l'ordonnance. Son ordre corinthien offre encore une imitation meilleure des ouvrages de l'antiquité. Certains défauts que la critique y a relevés, on les attribue aux méprises des successeurs de BruneUsthi.
Son nom avoil acquis une telle célébrité, que de i parts et dans les pays étrangers on lui
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doit des projets et des modèles de mon u me os. Le marquis de Mantoue l'appela pour présider à quelques ouvrages et pour construire des digues destinées à maintenir le Pô dans son lit.
Le pape Eugène IV demanda a Cômc de Médicis un architecte qu'il vouloit charger de la construction d'un édifice qui toutefois n'eut pas d'exécution; Côme lui adressa BruneUschi, avec une lettre conçue en ces termes : J'envoie, à foire Sainteté un homme d'une tetU habileté, qu'il serait capable de retourner U monde. L'extérieur de BruneUschi n'avoit rien de propre à justifier cette hyperbole; le pape, étonné du contraste, fous e'fes donc, lui dit-il, cet homme capable de remuer U monde? — Que foire Sainteté, répondit l'artiste, me donne un point d" appui , elle verra si je n'en viens pas à bout.
U semble qu'il y a une réciprocité d'action entre les grands hommes et les grandes entreprises. C'est ce que l'histoire nous montre en tous les genres ; c'est ce qu'où vit alors à Florence en architecture. Fn essor général fut bientôt donné à l'ambition qu'eurent de rirhes particuliers d'illustrer leur nom par la grandeur et la magnilicence de leurs habitations. Brune- Uschi devoit encore avoir l'honneur de construire le plus grand édifice de Florence après Sainte-Mariedes-Fleurs. Je |iarlc du célèbre palais Pitti , qui , augmentéMepuis par les soins d'Ammanali , est devenu le séjour des grands-ducs de Toscane.
On ne saurait douter que la Toscane moderne n'ait trouvé dans les ruines de ses antiquités , et surtout dans les carrières dont elle dispose , ce goût de constructions colossales en bossages qui domiiie dans toute son architecture {voyez Bo*s.iue) même avant l'époque de BruneUschi.
Quoi qu'il en soit des exemples et des raisons qui acciédilèrent ce goût à Florence , il faut reconnoitre que BruneUschi porta ce caractère de construction au plus haut degré dans sa façade du palais Pitti. Il falloit sans doute toute la grandeur qu'on admire dans cette masse , toute l'énergie et toute la fierté qui en imposent au spectateur , pour se faire pardonner la ]>esaute mouotouie d'une ligne de Intiment qui , dans une longueur de 5\o pieds , n'est percée que de 9.3 fenêtres. Il parait qu'alors le goût décoratif de l'architecture antique , de ses ordonnances , de ses détails d'omenieut , n'étoit pas encore entré dans les inventions un les compositions des hâtimens civils. Brune- Uschi aurait peut-être à rette époque contrarié le» habitudes de son temps et de son pavs, s'il se fût écarté d'un mode de construction qui , a la vérité , ne pouvait guère admettre les richesses et les agrémens des ordres. Plein des souvenirs de quelques-unes des grandis constructions de l'antique Rome, il paroitioit n'avoir voulu leur emprunter que Ips effets produits par les qualités de la force et de la solidité. Ainsi les grandes arcade» de l'aqueduc de Vaqua Afartia senihleroient lui avoir inspiré les grandes ouvertures ceintrées des trois étages du palais Pitti. Celles du l