‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 85 sur 258 · o CAB · texte numérisé non relu

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un lien rempli de siège* destinés à ceux qui s'asaembloient pour conférer des sciences, (f "/et Exedr».) On en trouvoit dans les gymnases, dans les thermes; maisVitruve nous apprend que cette pièce faisoit aussi partie des maisons particulières. Il en indique les proportions ; d'où l'on doit inférer que Yexedra n'étoit la qu'un cabinet de conversation. Cicéron vient encore à l'appui de Yitruve, lorsqu'il appelle Yexedra reliant ad coUoqurndum ; ce qui ne peut signifier que ce que nous entendons aujourd'hui par cabinet de conversation.

Il y a peu de chose à dire sur la décoration des cabinets chet les ancien». 11 ne nous est rien resté qui puisse nous apprendre s'il y régnoit un goût uniforme d'orneimns , et quel étoit le caractère particulier a cette sorte de pièces. On sait que les peintures nt Apollon et les Muses, qu'on trouve à la >lumedu Mus<tum <f Herculanttm , , „eule et même pièce ; et l'on est assex porté à croire que cette pièce fut un cabinet d'étude.

Quelle que soit la vraisemblance de cette présomption , on ne la donne ici que pour ce qu'elle est, et comme un exemple du genre d'ornemens et d'i gnries qui peuvent le mieux convenir à un dans l'acception ordinaire de ce mot.

Le cabinet , considéré comme lien d'étude ou de travail, est une des pièces essentielles et constitutives des apjartemens modernes.

Cette pièce doit être éloignée du bruit; c'est la condition la plus importante dans le choix de sa situation. Si cet avantage n'est point absolument déterminé par la disposition du Intiment , la place du cabinet est alors voisine de la chambre* coucher; mais, dans les grands appartrmen* , le MàVhff doH être précédé de pièces qui en prennent elles-mêmes le nom ; et il en faut deux ordinairement pour précéder le cabinet principal. On observera que la richesse y doit marcher par progression.

Le cabinet, pour être commode, est ordinaire- •nt accompagné de trois petites |>éèces, Yarrière- .binet, le cabinet secret et le serre-papier. V arrière-cabinet contient ordinairement les livres, m diminutif du grand cabinet , et en conséquence sa hauteur doit être relative à sa grandeur. C'est le moyen d'en tirer un double avantage. Dans la hauteur, on pratique un plancher qui procure un serre-papier, on l'on communique par un petit escalier placé au fond de F arrière -cabinet. L'entrée, perdue dans les lambris, sera par le dégagement, ou même par le cabinet. V arrière. -cabinet est consacré a la tranquillité et an travail du maître : personne n'y doit entrer. On n'y admet que l'ameublement le plus simple, et le luxe des ornemens y seroit déplacé.

Le cabinet secret est celui dam lequel on fait entrer les personnes qni ont quelque chose de particulier à dire. Cette pièce ne doit être ni grande, m e , ni somptueuse.

Le serre-papier est nne pièce où le

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les papiers dont on a besoin journellement ; car il y a encore un cabinet d'archives pour mettre les titres et les pièces essentielles d'une maison. Quant à l'ensemble du serre-papier, cette pièce sera carrelée en marbre ou en pierre de liais, pour éviter les insectes Il y aura dans le pourtour des corps d'armoires vitrées en grands carreaux de verre de Bohème; le tout fermé sous la même clef. On n'y pratiquera point de cheminée : le feu est trop dangereux dans «le pareils eudroit». L ne table et quelques sièges suffisent à l'ameublement de cette pièce.

Le cabinet proprement dit, ou lieu de travail et d'étude, ne sauroit avoir ni des proportions bien déterminées, ni des règles fixes de décoration. Sa j jr-andeur et son caractère doivent dépendre de la qualité du propriétaire , de la nature de son état , et du genre de ses occupations.

Si c'est un homme public , dont le cabinet doive être ouvert à tous ceux qui ont affaire à lui, cette pièce aura de la grandeur, et sera susceptible d'un goût de décoration simple et noble, et distincte de celle qui doit convenir au salon. Le salon est un lieu de conversation, de plaisir et de représentation. Il permet tous les genres de luxe dans l'ameublement et l'ornement ; mais tous ces objets seraient déplacés dans un cabinet tel que celui dont on parle. Destiné aux affaires graves et à recevoir des hommes de toute condition, il demande un st vie sage, et rejette tons les ornemens superflus. Il n'y faut rien qui puisse partager l'attention , rien d'incompatible avec la déceuce qu'on doit au public.

Ce caractère de simplicité n'exclut pas cependant toute espèce de di-coralion. Celle qui résulte particulièrement de l'architecture , de l'application des ordres, convient a ce genre de pièces. Mais , pour observer les véritables uuanres de caractère , on n'y le l'ordonnance sérieuse du dorique. Les t$ corniches et profils, si l'on y introduit d'autres ordres , seront tenus lisses, ou le moins découpé* qu'il sera possible. Les statues et Ira buste* pourront y trouver place ; mais le choix des sujets ou personnages n'y sera point indiffèrent. On rejettera toute ligure qui n'y entrerait que comme objet de curiosité. Les tableaux, tes bronzes , les bijoux, sont destinés à un autre genre de cabinets.

Si le cabinet de travail ou d'affaires exige un style de gravité et de noblesse , le cabinet d'étude permet pins de grâce et de légèreté dans ses proportions et dans le sty le de sa décoration. Des peinture» et de* ornemens allégoriques y figureront sans aucune disconvenance ; les objets même de simple curiosité pourront y être admis , de manière cependant qu'il n'en résulte point cette confusion capable de distrainl'esprit et l'attention «le l'homme qui étudie. En général , le goût seul de l'architecte peut disposer de la forme et de la décoration des cabinets ; et tous les préceptes qu'on peut donner à cet égard sont subor-

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donnes à trop de convenances particulières, pour qu'on puisse en faire des lois générales.

L'exposition des cabinets ne dépend pas moins de la diversité de leurs usages. Il est essentiel de placer les cabinets de travail et d'étude au levant , ceux de livres et de tableaux au septentrion , le jour étant plus égal de ce côté , comme on l'a déjà dit. Il convient aussi que leur hauteur corresponde à leur diamètre, et qu'on y faisc, autant que possible, venir le jour d'en haut ; ce qui |«-ocure deux avantages : la premier, que l'on gagne de la surface pour ranger les livres et les tableaux ; le second , que les ouvrages de l'art y reçoivent une lumière plus uniforme; qu'enlin on est moins exposé à la distraction dans ces sortes de pièces, où le recueillement est nécessaire.

Caunm d'antiqcités ET de médailles. Le cabinet de médailles et d'antiquités doit avoir en dimension, pour son plan, un parallélogramme qui aura une fois et demie en longueur ce qu'il peut avoir en largeur. On ne saurait lui donner un jour trop sévère : celui de l'orient est le plus favorable. Il y aura plusieurs belles armoires, artistement rangées et garnies de petits tiroirs , daus lesquels seront placées les médailles. Dans le surplus de la pièce , régneront des tables de marbre blauc le long des murs, sur lesquelles on disposera les bronzes et autres morceaux. L'ensemble de cette pièce tiendra de l'ordre dorique. Les croisées, les portes, les trumeaux, les niasses enfin, doivent en avoir les proportions ainsi que les profils. I-c caractère général exige de la sévérité ; toutes les formes doivent être prononcées énergiquement , et d'un style aussi simple que mâle.

CmmU i>*histoi»e ?iattr. elle. Il doit former une belle galerie. Ordinairement, si c'est un cabinet particulier, il se trouve pratiqué en aile, c'est-à-dire, qu'il ne fuit pas partie de l'enfilade principale des appartemens de société, et la garde en est confiée à des personnes sûres qui veillent à sou entretien.

Peut-être est-il à désirer que les jours y viennent d'en haut, on au moins du dessus des corps d'armoires qui doivent être dans tout le pourtour. On |MMirroit donner à chacun de ces corps d'armoires le genre d'ornement propre aux objets qu'ils renferment , quoiqu'ils soient tous égaux en nasse et en coinpartinicns pour le besoin de la symétrie. Par ce . moyon , a la senlc inspection de chaque partie , on counoîtroil ce qu'elle doit contenir. Toutes ces ar-

ren ferment. Toutes les portes en doivent bien fermer, et être garnies de grands cari eaux de verre, pour éviter la poussière et faciliter la jouissance du spectateur.

Les bas de ces armoires formeront , à hauteur d'appui , des espèces de buffets en corps avancés de 647 pouces. La tablette destinée à couvrir cette partie sera en marbre blanc, et procurera l'avantage de

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pouvoir y poser différons objets, en attendant qu'ils soient placés, ou pour les voir de plus près. C'est un moyen aussi de donner retraite aux corps qui ont un grand volume et qui demandent une plus grande place.

Tout ce local sera en carreaux de marbre ou de pierre de liais : on doit préférer ce genre de carrelage au parquet. Si ceux qui ont à y travailler se plaignent du froid, une légère dépense de tapis à mettre sous les tables, corrigera en partie cet inconvénient. Le carreau a l'avantage d'amasser moins de poussière, et de ne pas servir de refuge aux rats et aux souris ; la petite fraîcheur qu'on lui reproche est un moyen d'écarter les insectes que le parquet entretient , et dont on ne saurait trop se défendre clans un pareil lieu.

La variété des objets qni composent un cabinet d'histoire naturelle , semble s'opposer à toute espèce de décoration étrangère. Le* richesses de la nature, rassemblées avec goût , semUent n'admettre ancun partage avec celles de l'art. Peut-être seroit-U dihV cile d'y introduire une disposition d'ordonnance régulière, et capable de fixer l'attention du spectateur. Si elle avoit lieu , on croit que l'ordre ionique serait celui qui conviendrait à la nature de cette pièce ; du moins, au défaut d'ordre , on appliquera à la disposition générale et à toutes ses parties les proportions ioniques ; le caractère moyen de cette ordonnance sera le plus analogue au caractère tout à la fois riche , simple et varié, qui est celui d'un cabinet d'histoire naturelle.

A côté de cette pièce, on en ménagera une on plusieurs autres moins grandes, garnies seulement de tablettes pour servir et même pour travailler aux différentes préparations.

Cabinet de tableacx. Ce genre de pièces n'a |ias paru, jusqu'à présent , susceptible de recevoir mie décoration particulière d'architecture ; du moins il serait difficile d'en citer uu qui réunisse au mérite et au choix des tableaux celui d' mie comiiositioii d'architecture analogue et régulière. On ne s'occupe presque dans les cabinets de tableaux que de la symétrie dans la manière de les placer relativement à leur grandeur, ou de l'ordre dans lequel ou doit les classer par rapport aux sujets ou aux diverses écoles.

Le* grands cabinets de tableaux se divisent oulinaircmeut en différentes salles, où les tableaux de chaque école trouvent une place partie ulière. Lechoix de la meilleure méthode à suivre en ce genre u'est pas du ressort de cet article , et la description dis plus fameux cabinets serait encore plus déplacée ki ; mais on ne saurait trop recommander à ceux qui sont chargés de la disposition de ces pièces, île les éclairer par en haut : cette méthode est indispensable. (/'or« Galerie.)

Cabinet considéré comme diminutif de chambre. On appelle souvent du mot cabinet toute petite pièc*

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