‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 84 sur 258 · LATÉRAL · texte numérisé non relu

LATÉRAL

BUTTER , v. a. C'est opposer aux efforts latéraux d'une partie d'édifice, une buttée suffisante.

On a mal défini ce mol dans plus d'un ouvrage didactique, eu disant que c'est, par le moyen

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d'un are ou pilier buttant, tont retenir ou empêcher la poussée </* un mur. Lu mur est fait pour résister à la poussée, et jamais pour l'occasioner; c'est pourquoi il a besoin , dans certaines circonstances, d'être soutenu. Ainsi on doit dire: C'est, parle moyen d'un arc ou pilier buttant, empêcher la poussée d'une voûte ou l'ecartement d'un mur. Tous ceux qui ont copié le dictionnaire de Daviler, tels que Corneille, Roland de Virlovs, BlondeJ, etc. ont fait la même faute.

BYZANTIUM, Byrance. {F. Cosstaktisoplf..)

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CABANE, s. f. On donne ce nom a toute bâtisse chrtive faite de matières communes et légères, le plus oitlinairenicut de liois, ou de terre cutromèlée avec le bois, et couverte soit en rbaume, dans les campagnes , soit en plauches , dans les villes , ou de toute autre matière économique.

La cabane, de quelque manière qu'on la considère, à quelque usage qu'elle serve , dans quelque |m vs et dans quelque temps qu'on s'en figure l'emploi , et quelle que soit sa forme , est toujours l'ebaucbe première ou la répétition vulgaire de constructions plus arbevées nu plus importantes.

Noos n'aurons pas à nous oecu|icr ici de cette seconde espèce de cabanes que produisent , dans l'état •le civilisation jierfectionnée , ou le* nombreux usages d'une infinité de besoins, ou les foibles moyens des pauvres lubitans de la campagne. L'article cabane ne peut trouver place dans uu dictionnaire d'architecture que sous un rapport abstrait et théorique , c'est-àdire eu tant que l'objet exprime par ce mot présentant , dans l'origine de toute société , un essai ou une ébauche de construction , c'est là qu'il est possible de vw le germe dont la surcession îles idées et des efforts a pin» tard amené le développement.

On n'a pas la prétention de rendre cette théorie applicable à tous les genres de bâtir chez tous les jieuples de la terre ; on ne peut non plus donner connoiteunec de toutes les variétés que les cabanes on les demeures premières de toutes les sociétés ont dû éprouver, «-Ion une multitude de causes locales. Ces counoisaances rétroactive* sont peut-être même devenues impossibles, faute de traditions suffisantes chez le plus graud nombre des pWipWa, B peut y avoir eu toutes sortes de variétés dans là formation de ces cliétives demeures ; et Vitruve nous donne, sur ces variétés en diflerens pavs, des notions qui suffisent a prouver qu'eu bien des lieux ce premier germe a pn rester stérile pour l'art , comme les faits nous le dé-

B n'en fut pas de même en Grèce. Noos pouvons , et par les notions de l'histoire, et par les traditions de tout genre , et par les témoignages de sou architecture , affirmer que les demeures primitives de ce pavs furent fabriquées en bois. Ainsi Thucydide nous apprend que les caltanc* de l'Attiquc étoient f d'un assemblage de Ijois de clur|iente. Ces i lions de bois pouvoient se démonter à voluuu.- , ma transporter, et se redresser ailleurs. Dès que la guerre du Peloponèsc fut déclarée, Pcriclès ordonna d'abattre dans toute l'Attiquc les maisons de bois , et d'en dé|H»cr les matériaux à Athènes , afin de les soustraire au feu de l'ennemi. (Thucydide, liv. 11.)

Le tvstrme selon lequel on est cnutraiut d'avouer que l'art de l'architecture grecque la ]ilu. perfectioanée se constitua est évidemment , dans toutes ses parties, une image représentative de tous les élément d'une composition naturelle en bois de charju-utc. B est donc beaucoup moins question de prouver cette représentation de la cabane grecque dans l'architecture grecque , que de moutrer comment et pourquoi aucune autre manière de cabane n'anroit pu produire ce qui distingue cette architecture ; c'eslà-dirc, d'uue part, la propriété imitativu, de l'autre la vertu proportionnelle. Qu'on cite, d'après l'autorité des faits nu celle des h\ |M>thèses, toutes les manières connues ou supposantes de fabriquer les demeures primitives appelées cabanes; he bien, ni les huttes formées de branchages et de feuillages, ni les enduite de terre, ni les cavités artificielles ou naturelles, ne seraient susceptibles de devenir des modèles on ne dit pas perfectibles , mais même propres à

Qu'y auroit-il eu a imiter par l'art des temps postérieurs, dans des ouvrages que leur nature seule privoit de tout ce qui peut donner prise aux calculs, aux combinaisons, aux rapports variés des parties cotre elles ? B n'y avoit qu'une seule matière ( le bois) , une (celle des assemblage»), nu seul

CABESTAN, s. m. C'est une espèce de treuil place verticalement , et qui se meut au moyen de leviers qu'on appelle barres. On donne encore le nom de vùtda à cette machine. Les nurini l'appellent cabestan lorsqu'elle est fixe, et

, comme celle dont on le» ports et dans les bat inscris. Dans lart , on ne distingue le cabestan du vinda, qn'en que ce dernier est plus petit. Quoique tout ce que os dirons dans cet article convienne à toutes les M de cabestans, nous n'avons cependant pour ici que le cabestan mobile. Cette machine est

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ensemble (celui des parties saillantes et rentrantes) , un seul rapport nécessaire (celui des objets portes et des corps porta ns) , qui pussent se perpétuer et se reproduire dans une autre matière, telle que la pierre, et lui procurer un œuvre de rapports déjà combinés, d'espaces déjà déterminés, d'élévations déjà formées.

Peut-être est-ce là une des meilleures raisons que I on puisse donner tic la grande extension et de la perpétuité de l'architecture grecque : c'est qu'elle seule a eu ce qu'il faut appeler un système qui ne fut pas • un œuvre du hasard ; c'est qu'elle seule est née d'un germe fécond en combinaisons. Elle seule a trouve dans la cabane, qui fut son type primitif, un tout déjà lié par des rapports nécessaires , un ensemble composé de parties subordonnées au principe de la nécessité , un modèle susceptible de se prêter à ce qu'il y a de plus grand dans l'art de bâtir et à ce qu'il y a »le plus léger, de plus délicat ; susceptible , enfin , de s'accommoder aux nécessités de tous les pays et de tous les climats.

Lors donc qu'on met en avant , dans l'architecture grecque , ce qu'on appelle la cabane, comme arant été son modèle, on voit bien qu'il faut se garder'd'imaginer qu'il soit question là de l'habitation agreste que l'on appelle ordinairement de ce nom , surtout à l'égard de l'état agricole.

Notre cabane modèle n'est qu'un système de théorie fondé sur les faits primitifs sans doute, mais devenu plutôt une sorte de canon fictif à la fois et réel, auquel on peut toujours rapporter, |x>ur en vérifier la raison plus ou moins nécessaire ou probable, toutes les modifications que l'on voudrait apporter soit aux formes reçues, soit aux emplois nouveaux qu'on se proposeroit d'en faire. Oui , ce tvpc , qu'on ne doit jamais perdre de vue , sera la règle q«i redressera tous les abus que tantôt une ambitieuse innovation , tantôt une routine aveugle, sont dans le cas d'intrn— «luire dans l'art ; c'est par sa vertu puissante qu'une critique habile en saura bannir ces usages dépraves , ces écarts vicieux auxquels , plus que tout autre art , l'architecture est exposée. Ce précieux tvpe sera toujours comme une sorte de miroir enchanté dont l'art perverti ne sauroit soutenir l'effet , et qui , en lui rappelant sa véritable origine, peut toujours le rappeler à sa vertu

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d'un usage fort ancien ; il en est parlé dans les Questions de mécanique d'Aristote, et dans Vitruve, liv x , chap. 4. Aristote la désigne par le mot *vy„, et Vitruve l'appelle ergata.

Les Italiens font beaucoup d'usage du cabestan, et le nomment argano. Combiné avec des poulies de renvoi , il leur tient lieu de grue, de chèvre et de singe. On s'est servi avec avantage de celte machine pour élever et transporter les plus grands fardeaux, tels que les obélisques de Rome, le fameux rocher qui fait le piédestal de la statue de Pierre-le-Grand à Saint-Pétersbourg , une des grosses pierres qui forment les angles du fronton de la nouvelle église de Sainte-Geneviève, etc.

Ce qui doit particulièrement déterminer à préférer le cabestan à toutes autres machines lorsqu'il s'agit d'une très-grande niasse, c'est que, dans aucuu cas , les agens qu'on y emploie ne courent de dangers. On jicut appliquer aux cabestans des hommes ou des chevaux : l'effort qu'ils produisent dépend du rapport qu'il y a entre le diamètre du treuil et la

longueur!

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treuil du cabestan mobile est placé dans un blage de charpente auquel en donne , en plusieurs endroits, le nom de chèvre. La forme de cet assemblage varie selon les pays.

Le treuil du cabestan ordinaire est un cylindre terminé d'un bout par une tète carrée, percée de denx mortaises l'une au-dessus de l'autre, et qui se croisent à angles droits. Dans ces mortaises on enfile des barres, auxquelles on applique les hommes ou les chevaux qui doivent faire tourner le treuil. L'antre bout du cylindre se termine par un tourillon qui sert à fixer par en bas le treuil dans la chèvre. On adapte ce tourillon dans un trou rond du même diamètre , percé dans un madrier, lequel est arrêté sur les pièces de bois qui forment la base de la chèvre. Le treuil est maintenu dans le haut par un autre madrier entaillédemi-circulairement, qui le butte en sens contraire de l'effort.

Lorsqu'on veut se servir du cabestan pour transporter quelque fardeau, on commence, l" par l'arrêter à un point fixe avec un cordage en plusieurs doubles, attaché aux pieds de deiTière de la chèvre : quand il ne se trouve pas de point fixe à portée, on plante alors de forts pieux pour en servir ; 1° on prend un câble dont la grosseur soit proportionnée à la masse qu'on veut transporter; après lui avoir fait faire plasieurs tours sur le treuil, on attache un de ses bouts au fardeau, et l'on fait tenir l'autre par un homme qui est assis par terre.

A mesure que les hommes appliqués anx barres dn cabestan font tourner le treuil, la partie du cible attachée au fardeau se roule sur ce treuil , tandis qne celle qui est tenue par l'homme assis se développe ; de sorte qu'il y a toujours le même nombre de tours sur le treuil. C'est pour faciliter ce développement qu'on place un homme à terre : il doit tenir le câble

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assez ferme pour l'empêcher de glisser sur le treuil. |..i force qu'il faut pour cela n'est pas bien considérable ; car, d'après des expériences faites sur un treuil de 1 5 pouces de diamètre, et sur un câble de ?. pouces de grosseur, on a trouvé que, lorsque le cible fait trois fois le tour du treuil, l'homme qui en tient le bout peut, en agissant avec 5o livres de force , faire équilibre à un effort de 12 mille, et à 3o mille si le cible fait quatre tours.

La partie du râble qui s'enveloppe sur le treuil | d'un cabestan, à mesure qu'on tire un fardeau , s'élève, à chaque tour, de son épaisseur; d'où il résulte qu'après un certain nombre «le tours, le câble ne trouve plus de place pour continuer de s'envelopper. On est alors obligé d'arrêter le cabestan et de lâcher le câble pour le faire descendre, alîn qu'il puisse s'envelopper de nouveau; c'est ce que les ouvrier» appellent choquer.

Cette nécessité d'arrêter le cabestan pour choquer est un des iuconvéniens de celle machine. Eu 17^), l'académie des sciences de Paris |H-o|<osa aux mécaniciens un prix sur ce sujet. On trouva dans les nié- 1

fort ingénieuses, mais trop compliquées pour la pra- | lique , et sujettes d'ailleurs à plusieurs iuconvéniens.

L'cx|»édicnt le plus simple pour rendre le mouvement du cabestan continu est «le faire un treuil conique , et d'y ajuster par devant un rouleau qui maintienne toujours le câble à la même hauteur.

In autre inconvénient des cabestans ordinaires, c'est que les barres qui enfilent le treuil étant placées l'une au-dessus de l'autre, les hommes qui v sont appliqués n'agissent pas avec un égal avantage. Pour remédier a cela , on a imaginé de faire une espèce de moyeu dont le trou est carré, pour l'ajuster à la tète du treuil, qui elle-même a la même forme. On perce autour de ce moyeu six ou huit mortaises ponr y adapter autant de leviers. Ces! de cette manière qu'éloient faits les cabestans avec lesquels on a transporté le fameux rocher de Saint-Pétersbourg et ceux dont on s'est servi pour tourner les groupes de Monte-Cavullo à Rome, en 1 783. Par celte disposition , les hommes agissent tous à la même hauteur et avec un égal avantage. 11 est d'expérience (tue les hommes appliqués aux barres d'un cabestan y portent une force moyenne de 5o livres, parce qu'ils ajoutent à la force des bras une partie de la |iesantcur du corps, eu s'appuyant contre les barres. Ils peuvent supporter ce travail pendant deux heures environ, au bout duquel temps il faut les relayer.

Nous allons, d'après ces notions, tâcher dévaluer le plus grand effort qu'on puisse faire avec un cabestan; et afin de rendre ce calcul plus intéressant, nous k'appliquerous à un des cabestans qui ont servi a transporter le rocher de Saint-Pétersbourg, du poids de plus de trois millions, y compris les équipages qu'on étoil obligé de traîner à la suite.

Selon les relations du comte de Carbury , qui fut |

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char|;é de diriger relie o|x'ration, deui rn/ir.,i,in 1 . I mus chacun par trente— deux hommes , étoient suffi- I sans pour le faire marcher dans les chemins à peu I près de niveau. Comme les cabestans avoient 8 barj res, il se trouvoit quatre hommes à chacune. Ces barres avoient 8 pieds de long depuis le centre du treuil. Les hommes étoient placés de manière que le centre d'impression de la force avec laquelle le* premiers agissoient, étoit à 9 pouces du bout de la barre; . les autres étoient a 18" pouces l'un de l'autre : ce qui donnoit un levier moyen de 5 pieds , a l'extrémité duquel ou peut imaginer que la force des trentedeux hommes étoit réunie. Cette force étant évaluée à raison de 5o livres pour chacun, donnera 1600 livres pour la valeur entière de cette force, qui décrira à chaque tour une circonférence de 3 1 pieds 3 septièmes , tandis qu'il s'enveloppera 4 pieds 5 septièmes de câble sur le treuil.

Le fardeau u'étoit pas immédiatement attache au câble; il répondoit a des moufles triples, qui ne faisoient parcourir à » masse que la sixième partie de b longueur du câble dont le treuil s'enveloppoit , c'est-à-dire, 9 pouces 3 septièmes; de sorte que le chemin que jwreouroit la puissance étoit à celui qu'elle faisoit faire au fardeau comme 3| pieds 3 septièmes est à q pOKCM 3 septièmes , c'est-à-dire , comme un est à .}3. Or ou démontre eu mécanique, que, dans le cas d'équilibre, il faut que la force motrice soit au poids en raison inverse des espaces parcourus; d'où il résulte que les hommes appliqués aux barres du cabestan dont nous venons de parler, produisoient un effort j-i fois plus grand que la force naturelle avec laquelle ils agissaient. Celte force ayant été trouvée égale à celle de 1600 livres, l'effort de chacun des deux cabestans de Saint-Pétersbourg sera (>8,8oo; ce qui fera 137,600 pour les deux, c'est-à-dire, la 2?.0 partie du poids du fardeau. Il est vrai qu'il ne s'agissoit pas de le soulever, mais seulement de le traîner; et que, pour faciliter cette opérai, 'u , on l'avoit placé sur des boules de métal qui rouloient daus des coulisses de même matière: de sorte que le frottement étoit le moiudre possiblo. Comme il peut se trouver des circonstances où l'on soit bien aise de savoir comment des rouleaux peuvent diminuer le frottement, nous allons rapporter le résultat de plusieurs expériences que nous avons faites à ce sujet.

Pour traîner sur un plan horizontal , formé par des pièces de bois , une pierre pesant un millier, il a fallu environ les deux tiers de son poids. Lorsque la même pierre a été posée sur des rouleaux de bois de 3 pouces de diamètre, il n'a fallu que la 4°* partie de son poids pour la faire aller, et la 5o* quand elle a été sur des rouleaux de 6 pouce*, (foyex Rouleau.) I n peu moins de la f>o* partie du poids de la pierre a sulli pour la faire mouvoir sur des boules de 6 ponces de diamètre, ajustées dans des coulisses d'un diamètre égal ; ce qui prouve que les boules produisent

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M autant de frottement que le» rouleaux. Celé comte de Carbury dit qu'il n'a pas pu faire mouvoir «ou rocher sur de» rouleau» de fer, quoiqu'il y employât le double de la force qui le faisott aller étant |>osé sur de» boule». Voici, suivant nous, quelle» peuvent être le» raisons qui ont empêche le succès de cette tentative. La première est que le» rouleaux sont sujet» a plier sous le fardeau lorsqu'il» ne roulent pas entre deux superficie» plane», uniformes et également dures : une fois qu'ils sont courbe», il n'est plus possible qu'ils tournent, surtout quand la masse est d'un grand poids ; la seconde raison , c'est que les rouleaux sont exposes à se tordre, s'ils sont plus charges d'un coté que de l'autre ; la troisième, enfin , c'est qu'il est très-difficile de diriger les rouleaux de manière qu'ils soient bien parallèles entre eux, et toujours perpendiculaires a la route que le fardeau doit suivre, bous un poids aussi énorme que l'étoit le rocher de Saint-Pétersbourg , tous ces obstacles ont dû être insurmontable» : ainsi il n'est pas étonnant que le comte de Carbury ait été forcé de renoncer a employer des rouleaux.

De tout ce que nous venons de dire, il résulte que pour faire mouvoir ce rocher sur des boules incompressibles, posées dans des coulisses qui auraient la même propriété , et qui seroient fixée» de manière à être invariables , il n'auroit fallu que la 5o* partie de son poids; c'est-à-dire, qu'un seul cabestan auroit - ii Mi Cependant ceux qui savent ce que c'est que de mouvoir de grands fardeaux ne pourront disconvenir qu'il a fallu au comte de Carbury , qui a dirigé la manœuvre , beaucoup d'art et d'intelligence pour avoir réussi avec deux seuls cabestans; d'autant plus qu'il lui étoit impossible de se procurer des matières capables de résister à la pression d'un poids aussi énorme , et de fixer les coulisses de manière qu'elles fussent invariables. Le succès du comte de Carbury a de quoi surprendre, si l'on compare le» moyen» simples qu'il a mis en usage à ceux qu'a employés Fontana pour transporter l'obélisque de Saint-Pierre à Rome : quoiqu'il ne pesât pas un million avec toutes ses armatures, il ne fallut pas moins de }" catalans, de 618 hommes et de 70 chevaux.

On peut regarder l'effort produit par les cabtstant du comte de Carbury comme le plus grand qu'on puisse attendre de semblables machines, eu égard aux matières dont on peut les former.

CABINET, ». m. C'est le nom d'une pièce destinée à l'étude , a la serre de» papier» , à la garde des curiosité» , et à dirers autre» usages de société dont

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elle suite.

Les anciens a voient , comme nous, plusieurs genre» de cabinets , et plus d'un nom pour en exprimer la destination.

Pline emploie souvent le mot de eubiculum dans

rentnm , de manière à faire croire qu'il étoit souvent le synonyme de ce que l'on entend par cabinet. Adneetitur angulo eubiculum in apside curvatum, quad ambitum jolis feneslris omnibus sequilur. Parieti ejus in bibliotbeca speciem armarium insertum est, quod non legendos iibros, sed lectitandos capit. Dan» l'angle est une pièce.... nui contient des armoires remplir» de livres choisis. L'étoit, comme on le voit , dans la maison de Pline, ce que nous appellerions cabinet de lecture. Le même mot de eubiculum s'applique de même à un grand nombre d'autres pièces dont l'usage et la destination n'ont pas dû le - rendre différentes de celles auxquelles nous appliquons aujourd'hui le mot de cabinet. {Payez CUMCULUM. )

Mais le véritable cabinet, chez le» ancien», s'appeloit tablinum. ( Pojrez ce root. ) Du moins, quelle que soit l'étyroologic de ce mot, il semble être le terme générique , et celui qui répond le plus à la siification 1

Cihcation vague que * uns disent que le tablinum étoit un lieu orué de tableaux ; les autres qu'il étoit destiné à serrer les papiers ou les titres, que les Latins appeloient tabulas; 1rs autres que c'étoit simplement un lieu lambrissé de menuiserie et de planches, qu'on nommoit aussi tabulas ; d'autres veulent que ce ne soit qu'uoe salle. Cette dernière prétention se trouve combattue par la proportion même que \ itruve donne au tablinum.

« Il faut , dit-il , donner au cabinet les deux tiers de la largeur du vestibule , s'il est de 20 pieds ; s'il est de 3o à 4o , on ne lui en donnera que la moitié ; s'il est de ^o a 5o, on divisera cette largeur eu 5, dont on donnera 3 au cabinet. l>es petits vestibules ne doivent pas fournir les mêmes proportion» que les grands. Si l'on suivoit les proportions des grands vestibule» dans les petits cabinets, les ailes de» vestibules ne seroient d'aucun usage ; si, au contraire, on se servent des proportions des petits vestibules pour les grands, le» ailes et les cabinets seraient trop vaste». ■• On voit que le tablinum , réduit quelquefois à 1 3 pieds par les proportions de \ itruve, eût été beaucoup trop petit pour une salle, et qu'on ne peut le traduire autrement que par le mot de cabinet.

« Sa hauteur, continue Vitruve, doit, sou» poutre, être égale à sa largeur, quand on aura ajouté à celleci la huitième prtie. L'enfoncement des plafonds doit ajouter a cette hauteur la sixième partie de sa largeur. «

Le cabinet de» tableaux s'appeloit aussi d'un non» particulier, pinacotheca. Vitruve n'en détermine pas les proportions; il se borne à dire qu'ils doivent être spacieux, et à recommander de les tourner vers le nord, parce que ces lieux ayant besoin d'une lumière toujours égale, ne peuvent l'obtenir que par cette direction , la seule qui ne fasse point éprouver les variations sensibles du soleil et des nuages. On donnoit le nom à'exedra à des lieux que ~»-- M— L —

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