ALA
percé en manière de canon de soufflet , qu'on ajuste a vis sur une tige soudée sur la touche du tuyau d'un jet d'eau , et qui en détermine la grosseur. Il y a trois sortes d'ajutages , des simples , des composés et a Vépargne. Los premiers sont ordinairement élevés en cône, et percés d'un seul trou. Les ajutages composés sont aplatis au-dessus, et percés sur la platine de plusieurs trons, de fentes ou d'un faisceau de tuyaux , qui forment des gerbes et des girandoles. Les ajutages à l'épargne sont bouchés dans le milieu , et ouverts tout a l'end >nr. M Mariote prétend que les ajutages simples percés d'un seul trou sur une platine de enivre, causent moins de frottement aux bords que ceux qui sont formés en «me. (Voyez le Traité au mouvement des eaux de cet auteur.) Il veut encore que la platine de ces ajutages n'ait que deux ou trois lignes d'épaisseur, afin que le frot-
d'attention, qu'un jet sortant d'un gros s'élève souvent plut haut que quand il sort i th , quoique ces denx ajutages soient fournis par le même réservoir et la même conduite, sans trop s'écarter des proportions ordinaires. Les ajutages simples, de même que les composés, donnent un jet proportionné à leur ouverture ; mais les ajutages à l'épargne dépensent moins d'eau que les autres, et donnent un jet plus gros. Ils ont encore cet avantage sur les premiers , qu'on leur fait prendre plusieurs figures, comme de gerbes, de pluie, de soleils, de bouillons, de girandoles, etc. Pour former les gerbes, on les perce de plusieurs trous à l'opposite les uns des autres ; on y soude plusieurs petits ajutages, qui , réunissant l'eau , forment une gerbe. En aboutissant le tuyau de I' 'ajutage , en l'arrondissant et en le perçant nettement , on forme des bouillons. {Voyez Boi Enfin, lorsqu'on veut faire pa-
roître le jet plus gros et blanc comme la neige, on fait passer l'eau par-dessus le jet pour le noyer, mais il perd beaucoup de sa hauteur. C'est eu général une perte qu'on fait lorsqu'on veut varier la forme des jets. Aussi l'auteur de la Théorie pratique du jardinage préfère à tous les ajutages ceux qui n'ont qu'une sortie : ils sont plus commodes , moins sujets à se boucher, l'eau eu sort plus nettement, et file plus haut. A l'égard de la dépense , elle est à peu près égale dans les différeus ajutages; c'est ce qu'on peut vérifier en suivant les calculs que cet auteur a faits pour s'en assurer. [Voyez le chap. vm de l'ouvrage ci-de.su» cité.)
AIX , ville antique. (Voyez Aqv.i sexti.e.)
ALABASTRITE, s. f. Espèce d'albâtre, c'est-adire , de concrétion d'une nature gypseuse, qui a une demi-transparence.
L'alabastrite se travaille facilement , et prend un assez beau poli , mais moins vif que celui du marbre. Ce poli a toujours ce qu'on appelle un œil graisseux.
employé à faire des vescs, et ils s'en
ALB
sont aussi servi pour garnir les châssis des fenêtres en guise de verre. L'église de San-Miniato, a Florence, est encore aujourd'hui éclairée par de semblables carreaux , formés de tables très-minces d'alabastrite. .Néron avoit fait bâtir avec cette pierre un temple de la Fortune , où l'on ne pratiqua aucune fenêtre , parce qu'une lumière suffisante passoit au travers de Y alabastrite, qui en formoit les murs et la tare. (Voyez Spécclaiie-pierile.)
ALAQUE. (Voyez Plinthe et Oirlet.)
ALB
croit que sont indubitablement de la première espèce , les restes qu'on dit être ceux du temple de Jupiter Lalialis , bâti au sommet de Monte-Cavo par Tarquin le Superbe , et où se célébroiciit les Fériés Latines : le tout se réduit aujourd'hui à quelques grands blocs de pierre provenant soit des soubassemens du temple , soit des fortifications dont le haut de la montagne et le temple pouvuient être entourés. Entre divers fragmens épars en ces lieux , on a remarqué quelques débris de corniches et dé colonnes renversées, qui paroissent indiquer un ordre toscan. Les colonnes avaient des bases et des tores.
Il en est qui veulent encore mettre au nombre des ouvrages latins ou toscans le tombeau qu'on trouve sur la voie Appiennc , et qu'on appelle , sans savoir pourquoi, le tombeau des Horaces. On sait même, au contraire par Tite— Live, que leurs restes furent ensevelis en des lieux différeus. On a trouvé quelque analogie entre la disposition des cinq pyramides de ce tombeau, et la description par Pline, d'après Varron , du premier étage du tombeau de Porsenna à m, et on en pourrait tirer quelque conséi d'imitation du goût toscan , si l'on ne devoit s , du texte même de Pline , que cette description est plus ou moins fabuleuse.
Voici celle du toml>eau d'Albano.
ALBA , ALBANÎO. La ville moderne de ce dernier nom , à douze milles de Home , a succédé , dans la suite des temps, a l'antique et fameuse ville d'Albe, de laquelle les Romains tiroient leur origine, et qu'ils détruisirent l'an de Rome 88. L'ancienne Alba s'élevoit , à ce qu'on croit , entre la montagne appelée aujourd'hui Monte— Cavo, et le lac nommé Lago- CasteUo. Il y a plus d'une opinion différente a cet
Long-temps après sa destruction , et du temps de Pompée , s'éleva une nouvelle ville d'Albe fort différente de l'ancienne. Elle dut l'existence à l'emplacement des Casernes ou du Castrum-Pralorium, situé dans ce canton. Les vivandiers et d'autres sortes de marchands s'y établirent, attirés par le commerce qui avoit lieu avec les troupes. Il faut donc, dans ce qu'on voit, en ces lieux, de débris d'antiquité , bien distinguer ceux qui offrent les caractères d'une haute antiquité, d'avec les ruines qui datent des siècles des
de
s élèvent cinq pyramides circulaires, et qui ont la forme d'une meta, une a cliaquc angle, la cinquième au milieu des quatre. Celle-ci a un diamètre plus fort, et s'élevoit au-dessus des autres, qui ont dix pieds de diamètre dans le bas. De ces cinq pyramides,
consiste en un noyau ou massif composé de cailloux maçonnés avec de la pouzzolane ; le revétiasement est en pierre de Péperino. Il reste encore les vestiges de la partie inférieure des deux autres pyramides. Nous ne ferons aucune conjecture sur l'époque de la construction de ce tombeau , que l'on est porté généralement a attribuer aux temps de la république.
Il en est de même de l'Emissaire du lac d'Albano, un des grands ouvrages de ces temps, et dont on trouvera la description au mot EMISSAR1UM {Emissaire.)
Les monumens dont on va indiquer les restes appartiennent a des temps postérieurs.
Autour du lac d'Albano , on voit deux creusées dans la montagne. L'une des deux est avec régularité , et décorée d'architecture. On que c'étoient des Nymphies. (fuyez ce mot.)
Les alentours A'Albano sont encore peuplé restes d'antiquités. En entrant dans la ville, on voit comme le squelette d'un amien édifice, qui fut trèsprobablemcnt un sépulcre. Il est aujourd'hui dépouillé de ses ornemens, et tout hérissé de blocs de marbre enclavés dans la construction. Ces arrachemens prouvent qu'il fut autrefois tout revelu de marbre. La forme pyramidale de son massif indique encore qu'il étoit décore de plusieurs ordres de colonnes en retraite l'un sur l'autre , à la manière des édifices apytelît Septizones. Or, selon Nardini, ou donnoit ce nom à toutes les constructions de ce genre, quoiqu'elles eussent moins de sept étages, (y oyez Septizone.)
Le tombeau de Polazzuola , un des plus précieux restes d'antiquité qu'on voie a Albano, est presque entier et bien conservé, a l'exception de quelques sculptures endommagées sur l'un de ses côtés. Il est bâti en pipérino. Sa chambre a été taillée dans le massif. Ùne py ont été
ces du soubassement sont décorées de faisceaux ges six par six. On y voit sculptés le Leetisternium , le Sceptre d'ivoire , avec le Globe et l'Aigle au bout. Ces attributs , ou ces marques de dignité , ayant pu appartenir aux rois, aux consuls et aux empereurs, on ne saurait en conclure rien de précis sur la nature du personnage auquel fut élevé ce tombeau , ni par conséquent sur l'époque de sa construction.
L'empereur Domitien eut un palais considérable au pied de la montagne d'Albe ; les bâtimeti» dont il se composoit avoient renfermé ceux de Clodius et ceux de Pompée. On en voit encore quelques dans les ruines d'un amphithéâtre ,
m ALB
serve d'eau qui K troave an milita des jardin* de l'Abbaye de Saint- Paul. Les conduit! qui y portoient l'eau sont encore entiers, et ils sont revêtus d'un enduit aussi poli et awri dur que le marbre.
Il existe encore à Albano des fragtnens de Tbermes , qu'on appelle aujourd'hui Cetto-Major. Cette dénomination, qui paroît venir des deux mots Ceila- Magni, et la portion de la ville actuelle sur une partie de la maison de campagne dn grand Pompée, font supposer que ces Thermes purent lui appartenir. Plusieurs f ravinera très- riches d'entablcmens , de corniches et de chapiteaux sont des témoins de l'ancienne magnificence de ces lieux.
ALBARIUM-OPUS. D'après un passage de Vitruve, ch. \, l 7, où il recommande d'employer, dans un plafond , l'albarium-opas, ou bien un autre stuc (tectorium), on doit penser que l'albarium—opus n'étoit pas, comme quelques-uns l'ont pensé, un simple blanchisse ment de lait de chaux , nuit bien un enduit de stuc , fait avec 1a poussière du marbre le plus blanc de tous. On en trouve beaucoup de ce L'enre dans les revétemens des constructions antiques. Il consistoit en une dernière couche d'un enduit fort mince , qu'on appliquoit par-dessus les enduits de ciment moins fin et moins poli.
L'albarium-opus se trouve employé aux Thermes <T Agrippa. Ils étoient revêtus, en partie, de ce stuc, et en partie de terre émaillée. L'emploi de cette sorte de stuc dans un édifice , où l'on paroit avoir admis le plus grand luxe alors connu pour de semblables locaux, prouve au moins que c'était un enduit précieux. Il est à croire, en effet, qu'on lui donnoit le poli , et qu'il avoit l'apparence du 1
ALBATRE, s. m. Pierre calcaire formée par concrétion , ce qui empêche qu'on trouve souvent a en exploiter de grands morceaux. Il faut bien la distinguer de l'alabastrite. ( fojrcz ce mot.) L'albâtre offre un très-grand nombre de couleurs. Lorsqu'elles sont formées par couches arrondies, on l'ap|>elle albâtre nuis, ou agatalo. On donne le nom A' albâtre fleuri à celui qui se distingue par la variété de ses couleurs et des dessins qui s'y forment."
On reconnott ordinairement , en fait d'art on de décoration en architecture , deux sortes d'albdtre, l'oriental et le commun. Le premier est celui dont h matière est la plus Ane , la pins nette , la plus dure , et dont les couleurs sont les plus vives. Il est beaucoup plus recherché , et d'un plus grand prix que le On trouve de ce dernier dans plusieurs de France , en Lorraine , en Allemagne , Italie , où l'on en a , il y a peu d'années , ouvert une carrière , près de Terracina. On en exploite aussi près de Civita-Pecchia.
Les Lg> ptiens , d'après ce que nous apprennent leurs ouvrages , se plureut a employer cette matière.
* , près de Tbèbes , on troavoit de 1 W-
ALB
bâtrt, mais qui , pour la beauté , n'approchoit ni de ceux de la Caramanie , ni de ceux des autres régions orientale*. On peut vériher cette notion , dans une statue égvptienne , jadis à la villa Albani, aujourd'hui au muséum du Louvre. La différence de ces deux qualités d'albâtre y est très-sensible ; la partie infecte la statue, qui est d'un style vraiment
que la partie supérieure , qui a été restituée et refaite d'un albâtre vraiment orientai.
De ce dernier albâtre, on voit , i Rome , un grand nombre de beaux ouvrages antiques , tels que statues, vases, urnes, cuves, colonnes, etc. Un des phu précieux, est la grande urne cinéraire, haute de 3 pieds, qui a été trouvée vers la fin du dernier siècle, près du tombeau d'Auguste. On a supposé qu'elle avoit pu renfermer les cendres de cet empereur. De cet albâtre, sont les deux grandes tasses de la villa Albani, qui ont 6 pied* 8 pouces de diamètre. Elle, furent trouvées près du Tibre , avec les fragmens de pins de dix autres. On présume qu'elles n'avoient reçu d'autre emploi que celui de figurer comme objets décoratifs ; car on n'y a découvert aucune ouverture par où l'eau auroit pu s'échapper. Cette même villa renferme, outre d'autres ouvrages antiques de cette matière, comme bustes, Thermes ou Hermès, une colonne d'albâtre oriental , de 16 pieds de hauteur. C'est la plus grande que l'on connoisse de cette matière. Vu la petitesse des morceaux et leur 1 on présume que les anciens , lorsqu'ils en I colonnes, ne les employèrent qu'a figurer l'architecture , mais simplement dans les intérieur*, comme objets précieux de décoration .
Dans l'Italie moderne , on emploie assez heureusement l'albâtre en placages ou revètissemens. Les morceaux veinés qu'on scie en dalles minces , et que l'on rapproche ensuite, produisent le même effet que celui des bois précieux dans la marqueterie. Les pilastres de la galerie de la villa f de *
ALBERTI - ARISTOTILE , autrement appelé
Ritloifo Fiorwanti, architecte et mécanicien, ctoit à Bologne, dans le t6* siècle. Il fut regardé comme le plu* grand mécanicien de son temps. On rapporte de lui eu mécanique de* entreprises étonnantes , et qui le firent passer pour un de ces prodiges dont la nature est avare. En effet , on le vit transporter à Bologne un campanile avec toutes ses cloches , depuis l'égli*e de Sainte -Marie, jusqu'à 35 pieds de distance. Dans la ville de Cento, il en redressa un autre qui penchoit de 5 pieds. Appelé en Hongrie, il construisit un pont très-ingénieux , et nt d'autres ouvrages , en récompense desquels il fut créé chevalier. Sa réputation se répandit jusqu'en Russie, où il