‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 10 sur 258 · ALBERTI · texte numérisé non relu

ALBERTI

ALB

architecte* moderne* , naquit en 1 3q3 , k Florence. Il descendoit de l'illustre et antique famille des A iberti. Fils de Loreuto, et neveu du cardinal Alberto de gli AWtrti, il trouva cher ses plus proches parons de cet exemples qui , dans la jeunesse, peuvent suppléer aux leçons ; nuis celles-ci ne loi manquèrent pas non plus, car il reçut de son père la meilleure éducation. La connoiasance qu'il acquit a fond des langues anciennes ne se borna pas à être , pour lui , une étude de mots ; elle devint la def avec laquelle il s'ouvrit toutes les sciences de l'antiquité. De là cet appétit de tous les genres de talens , ce désir d'an savoir universel, qui firent de lui un homme vraiment prodigieux. A la culture de l'érudition savante, il avoit joint celle de tous les arts d'agrément.

la peinture , et en ce genre il s'adonna particulièrement à l'art du portrait , et à la pratique de la perspective.

Visa ri rite , comme l'ayant vu , le portrait de Lton- BatiJtr Alberti, peint par lui-même. G est, dit-on , le suffrage des enfans qu'il ambitionnoit dans les portraits. Sans doute il est le plus décisif, s'il ne s'agit > de la ressemblance. Le temps a envié au peintre non moins suspecte de la postérité, l qu'exige ce genre ; il ne

i la peinture lui a deux obligations particulières. L'une repose sur son traité de l'art de peindre, divisé en trois livres, qu'il écrivit en latin , mais qui , depuis lui , traduits en italien , méritèrent plus d'une édition, et furent encore, dans le siècle suivant, ajouté, .a traité sur le même sujet, de Léonard de

! oeuvre de peinture , qu'un moyen ■ des effets de cet art , et qui , pour les i, en agrandit le domaine; je veux parler de i de l'optique et des vues enluminées , qui , soumises à la réflexion du miroir, rivalisent avec l'effet mente de la nature. L'habitude nous a aujourd'hui familiarisés aux prestiges de cette invention. Mais lorsqu'elle parut , elle excita et dut réellement exciter la plus vire admiration. 11 paraît en effet que son auteur a voit déjà porté ce procédé k une assez grande extension , ajoutant à l'illusion qui est dans s, l'accessoire mécanique de ces spectacles i , qui font arriver an plus haut point le presp.atôt que V\mtoùo* de U^r^lé: ^

«eu pat ions pour un autre. La le besoin de tout apprendre i à ses moindres habitudes , et jusqu'à ses I. Tantôt il recherchent la société des savans, et tantôt il se plaisoit parmi celle des ignorans , j'entends •les simples ouvriers. Convaincu qu'il y a toujours i a apprendre d'eux, il eo jouoit sou-

ALB 2f vent le personnage. Sous ce déguisement , il parcourait Les ateliers . les boutiques, s'enquérant aux travailleurs de leurs pratiques, dont il leur dérobent ainsi les secrets. C'était au reste pour les leur restituer, et avec usure ; car bientôt, de tous ces innocens larcins, qu'il faiaoit de côté et d'autre, sortaient quelques découvertes et de nouveaux procèdes i niques, qui eorichiasoient à la fois et les < leurs art».

Comment, entre tant de goûts divers, celui de l'archi lecture n'auroit-il pa> obtenu d'Alberti tinctioo particulière? Déjà plusieurs voyages e par lui en diverses contrées de l'Italie avoient

objet la recherche des ntooumens de l'a antique. Mais ce fut à Rome qu'il acheva d'en étudier Les principes, et de s'en approprier le style et la manière. Ce qu'il prouva doublement et par la pratique , et par la savante théorie de son Traité de l'art de bien bâtir, qui seul lui assurerait une des premières places parmi les maîtres de cet art.

Avant d'en rendre un compte très-succinct , il convient de passer aussi succinctement en revue les i nusnens dont il fut l'auteur.

Quatre ville* d'Italie , Rome , Florence, 1

et Rimini employèrent ses talens. A Rome, il

guère que des souvenu s de ses ouvrages. Le Nicolas V lui avoit confié quelques travaux, Bernard Rosselino, sculpteur et De ce nombre furent quelques au palais du pape , à l'église Sainte- Marie-Majeure , et encore la restauration de l'aqueduc de Vacqua y trgine, ou de Trevi. Alberti , sur la place de ce nom , avoit élevé la fontaine qui a disparu depuis, et à laquelle a succédé le magnifique théâtre d'eaux dû à la munificence de Clément XII, et au talent de Nicolas Salvi. Vasari possédoit Le dessin d'un autre projet d'Alberti pour Rome. C'était une galerie ouverte, dans la longueur de l'un et de l'autre côté du pont Saint-Ange, pour l'abri et la commodité des gens de pied. Cela se lioit aux vaste» idées qu'avoit conçues pour tout ce c, le pape Nicolas V, idées qui moururent i tife , le plu* grand amateur des arts et de l'a ture qu'aient eu les temps modernes.

Plus heureuse que Rome , Florence montre encore aujourd'hui des ouvrages fort remarquables de Leon-Batitln Alberti. C'est à tort qu'on a prétendu toutefois lui attribuer la façade de Santa-Maria-Novella. Le goût demi-gothique de son architecture suffit pour réfuter cette opinion. Ce qui a pu l'aceréest ce qui aurait dû la détruire : je veux dire la porte d'entrée de ce portail, composée et ite par Alberti , dans le meilleur goût et le» plus belles proportions.

Un autre de ses ouvrages , mieux fait encore pour constater combien son goût s'était éloigné des erremens du moyen âge , est la belle façade du palais dclla vigna ) , et la loggia qui est

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