V. Carreur
CARGE : Balle. (Halbert.) Mot à mot : charge. La balle de colporteur est une charge.
CARGO r : Cantinier. — Corruption de gargoter. V. Aide,
CAR
CAR
CARIBENER : V. Care.
CARLE : Argent. (Vidocq.) Forme française de Carolus, monnaie qu’on commença de frapper sous le roi Charles VIII. — « Le cidre ne vaut plus qu’un carolus. »
(01. Basselin.) — « J’ay une verge d’or, accompagnée de beaux et joyeux carolus. » (Rabelais, Pantagruel, 1. III, ch. XVII) V.Bayafe.
— On dit par corruption Carme.
CARLINE :La mort. (Vidocq.)
— Allusion au nez camus de Carlin. Jadis on appelait la mort camarde, parce qu’une tête de mort n’a pour nez qu’un os de très-faible saillie. On l’appelle aussi camuse pour la même raison.
CARLISTE : Dévoué à la monarchie de Charles X. On appelle de même Henri quinquistes les partisans du comte de Chambord (Henri V). — « Ah! ben oui!
carliste! M. Péguchet? Ben du contraire, il méprise ben trop les prêtres pour ça. » (H. Monnier.)
— « Il y avait alors à Sainte-Pélagie deux catégories, les carlistes et les républicains. (Chenu.)
CARME : Miche. (Halbert.)
CARME : Argent. Forme altérée de Carie.
CARNE : Abréviation de charogne. — « Un morceau d’ carne dur comme un cuir. » (Wado.)
CARNE : Mauvaise femme.
— Même étymologie. — « Je la renfoncerais dedans à coups de soulier... la carne. (E. Sue.)
CAROTTE : De couleur aussi rousse que la carotte. — On dit des cheveux carotte.
CAROTTE : Demande d’argent sous un faux prétexte. — « Des carottes! combien qu’y en a des bourgeois, et des huppés, qui ne vivent que de ça! » (Gavarni.)
CAROTTE (tirer une) : Demander de l’argent sous un faux prétexte. — « Nul teneur de livres ne pourrait supputer le chiffre des sommes restées verrouillées au fond des cœurs généreux par cette ignoble phrase : Tirer une carotte. » (Balzac.) — Génin et Littré y voient une allusion à la facilité avec laquelle on tire les carottes d’un terrain suffisamment préparé. Dans certaines acceptions, ce mot est ancien. Voir Carotter le service.
CAROTTE (tirer une) : Faire un mensonge pour connaître la vérité. (Grandval.)
CAR OTTE de longueur , d’épaisseur (tirer une) : C’est la préparer de longue main, ou la tenter sur une grande échelle.
Vivre de carottes ; Vivre en faisant des dupes.
CAROTTÉ : Dupé. — « M. de Rochegude, comme tous les petits esprits, avait toujours peur d’être carotté. » (Balzac.)
CAROTTER : Risquer peu.
Carotter, dans le sens de jouer mesquinement se trouve déjà dans le DictionnairedeTrévoux, 1771.
— « Un homme qui allait à la Bourse et qui carottait sur les rentes après s’y être ruiné. » Balzac.)
CAROTTER : Obtenir de l’argent en tirant une carotte : « Allons, va au marché, maman, et ne me carotte pas.» (Gavarni.) —
CAR
CAR
« Cela ne vaut-il pas mieux pour un garçon que de passer sa vie à carotter? » (E. Augier.)
CAROTTER, Carotter l'existence: Ne vivre que de carottes, c’est-à-dire vivre mesquinement.
— « Il se dépouillait de tout... Il sera très-heureux de vivre avec Dumay en carottant au Havre. »
(Balzac.)
CAROTTER leservice : Éluder sous de faux prétextes les obligations du service militaire. Pris dans ce derniersens,lemot paraît dater du moyen-âge. Dans le dictionnaire Roman Wallon de 1777, j’ai été surpris de rencontrer son ancienne forme : « Karotter : aller et venir dans une maison sans y rien faire. » — Ici karotter est certainement un péjoratif du vieux verbe karoler : sauter, gambader.