‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 112 sur 622 · CAROTTEUR, CAROTTIER · texte numérisé non relu

CAROTTEUR, CAROTTIER

Tireur de carottes. — « Allons, adieu, carotteur! » (Balzac.) — « Joyeux vivant, mais point grugeur et carottier. » (Vidal, 33.)

— « Les pratiques et les carottiers excellent dans ces honteux subterfuges. » (La Bédollière.) V. Repincer.

CAROUBLE : Fausse clef. (Grandval.) V. Esquintement.

CAROUBLEUR, caroubleur refilé : Voleur employant des caroubles fabriquées sur des empreintes livrées par des domestiques, des frotteurs, des peintres ou des amants de servantes. Il ne fait point d’effractions; il ne vole que l’argent et les bijoux. — « Le caroubleur qui va reconnaître les lieux pour les dévaliser ensuite.»

(Ph. Chasles.)

Caroubleur à la fan , — à Vesbrouffe : Il vole aussi avec de fausses clefs, mais au hasard, dans la première maison venue.

Caroubleur au fric frac: Voleur avec effraction. Il emploie au lieu de clefs un pied de biche en fer appelé cadet, monseigneur , ou plume. (Vidocq.)

CARQUOIS : Hotte de chiffonnier. (Colombey.) Ironie mythologique, car le chiffonnier est appelé aussi Cupidon. V. ce mot.

CARRÉ : Portion d’étage sur laquelle ouvrent les portes des divers logements. Sa forme est le plus souvent carrée.

CARRÉ (faire un) : Voler avec effraction dans les divers logements ouvrant sur un carré.

CARREAU, carreau de vitre :

Lorgnon monocle. — « M. Toupard, cinquante-deux ans, petite veste anglaise, chapeau capsule, un carreau dans l'œil. » ( Mémoires d’une Dame du monde, 60.)

CARRÉMENT : Franchement, sans formes obliques. — « Oh!

tu es rouge, et carrément, mon bonhomme. » (G. Droz.)

CARRER (se) : Se cacher. (Haîbert.) Mot à mot : se mettre dans un coin. V. Carruche.

CARREUR : Forme ancienne du mot charrieur. Il a la même signification. — « Le carreur qui escamote des pièces d’or ou d’argent. » (Ph. Chasles.)

CARROUBLE : V. Carouble.

CARRUCHE : Prison. (Grandval.) — Diminutif du vieux mot car : coin. (Roquefort.) Il est ancien lui-même, car on le retrouve

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dans le patois flamand. V. Canton.

CARRUCHE (comte de la) :

Geôlier. (Id.)

CARTAUD : Imprimerie. (Halbert.)

CARTAUDER : Imprimer. (Id.)

CARTAUDIER : Imprimeur.

CARTE (femme en) : Femme à qui la police délivre une carte de tille soumise. — « La fille en carte est libre, pourvu qu'elle se présente exactement aux visites des médecins. » (A. Béraud.)

CARTE (être en carte) : Être inscrite parmi les filles soumises.

CARTES (prendre des) : Chercher mieux. Mot à mot chercher des cartes plus belles, comme au jeu d’écarté. Se prend au figuré et en mauvaise part. — a Tu me disais: bon! bon! s'il n'est pas content, qu’il prenne des cartes !»

(Vadé, 1744.)

CARTE (revoir la): Vomir.

— On comprend l’ironie en se rappelant que la carte est la liste des mets choisis pour un repas.

C ART ON (de) : Sans valeur réelle. V. Miche , Occasion ( d ’). — Il y a longtemps que le carton symbolise une apparence trompeuse.

Saint-Simon appelait déjà le duc du Maine, roi de carton, c’est-àdire roi de cartes.

Céladon De carton,

Me prends-tu pour un’ lorette?

(H. Durand.)

CARTON : Carte à jouer. —

« Lorsqu’on a dîné entre amis, il faut bien remuer des cartons peints pour se dégriser. » (About.)

CARTON (donner le) : Faire jouer. — «. « Je n'ai point parlé des tables d’hôte où on donne le carton, c'est-à-dire où l’on fait jouer. » (Lespès.)

CARTON (graisser, manier, remuer, travailler, tripoter le) :

Jouer aux cartes. — Il y a, comme on voit, des expressions pour toutes les mains, sales ou non.

— « Ces quatre messiers qui tripotent le carton avec une grande habileté. » (Villemessant, 60.)

CARTON (maquiller le) :

Faire sauter la coupe.

CARTON SAVONNÉ : Pain blanc. (Rabasse.) Forme altérée de « larton savonné. »

CARTONNER : Jouer aux cartes. — « Eh! eh! vous avez un coup de pouce... Oui, je ne cartonne pas mal. » (E. Villars.)

CARTONNEUR : Joueur passionné. — « Ensuite la ravissante cartonneuse eut un instant de veine. » ( Vie paris. 66.)

CARTONNIER : Joueur de cartes. — « Pingaud sut le premier débrouiller l’art confus de nos vieux cartonniers. » (Alyge.)

CARVEL : Bateau. (Colombey.)

CASAQUIN (grimper, tanner, travailler le) : Kouer de coups.

— L’habit est pris ici pour le corps.

— « Je te tombe sur la bosse, je te tanne le casaquin. » (Paillet.)

— « Le premier ami de Pitt et Cobourg qui me tombe sous la patte, je lui grimpe le casaquin

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et lui travaille les côtelettes. »

(Lombard de Langres, 1783.) V. Bosse, Sabouler.

CASCADER : Trébucher, faillir.

Dis-moi, Vénus, pourquoi t’obstines-tu A faire ainsi cascader ma vertu ?

(La belle Hélène, 65.)

CASCADER : Faire des cascades. — « M11* Leprevost a-t-elle appris seulement à cascader? »

(J. Janin.) — « Je vais au couvent... Je suis fatiguée de cascader sur les planches. » (Villemot.)

CASCADES : Vicissitudes, folies. — « Sur la terre, j’ai fait mes cascades. » ( Robert Macaire , ch., 36.)

CASCADES : « Au théâtre ce mot dépeint les fantaisies bouffonnes, les inégalités grotesques, les lazzis hors de propos, les improvisations les plus fantasques. » (J. Duflot.) « La pièce a paru insuffisante à un public habituellement moins exigeant en fait de cascades dramatiques. »

(Monselet.)

CASCADEUR : Farceur, faiseur de cascades. — « Je puis dire que je suis chaquematin environné d’une douzaine de cascadeurs. » (E. Villars.)

CASCADEUSE : Femme galante, farceuse. — « La correspondance entre le prince et la cascadeuse n’a rien de compromettant pour l’amant. » (A. WolfF.)

CASCARET : Écu de trois livres (Fr. Michel.)

CASIMIR : Gilet. (Delvau.) Nomd’étolïe donné au vêtement.

CASQUE : Chapeau d’homme ou de femme, casquette. Ironie.

CASQUE A AUVENT : Casquette. (Petit dict. d’argot, 44.) — L’auvent est ici la visière.

CASQUE A MECHE : Bonnet de coton. — Allusion à la mèche qui le termine. — « Il dévoilera les mensonges cotonneux de madame et apportera dans le salon le casque à mèche de monsieur. »

(Th. Gautier.)

CASQUE (avoir son) : Être ivre, Mot à mot : avoir du vin plein la tête ou le casque, comme le prouvent les exemples suivants :

« Il me demande si je veux m’humecter, je lui dis que j’ai mon casque. » (Monselet.) — « Ils furent ensemble dans un cabaret boire quelques pots de bon vin...

si bien que ce malheureux Jean s’en donna dans le casque. »

(L’art de plumer la poule sans crier, xvme siècle.)

CASQUER : Donner de l’argent bon gré mal gré. — De cascaret, écu, V. Cavé, Pognon. — « Le petit Polonais casquera. Vive la Russie! » (Claretie.)

CASQUETTE : Chapeau de femme. — « Cré chien ! Loïse, t’as là une casquette un peu chouette. » (Gavarni.)

CASQUETTE : Ivre. Mot à mot, ayant son casque.

Ai-je manqué, soit à jeun, soit casquette,

De t’apporter ma soif et ma chanson ?

(Festeau.)

CASQUETTE :« Être casquette a un autre sens ; c’est manquer de distinction, c’est d’avoir dans

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les manières quelque chose de rude, d’un peu brutal, comme les gens dont la casquette est la coiffure ordinaire. » (Mané, 62.)

CASQUETTE : Argent perdu au café. — De casquer, payer. —

« Le café Voltaire, créancier du réaliste pour des casquettes pyramidales. » (Michu.)

CASSANTE : Noix, noisette.

(Grandval, Vidocq.)

CASSANTE : Dent. (Halbert.) Dans ces deux acceptions, l’effet est pris pour la cause. La noisette se casse et la dent casse.

CASSE : Bris accidentel de verres ou de porcelaine dans un !

café ou un restaurant. — cc Dans beaucoup de villes, le maître d’hôtel marié prend des pourboires, une part pour sa femme, une part pour ses enfants, une part pour la casse , etc. » (A. Luchet.)

CASSE : Rognures et raclures de pâtisseries vendues à deux sous le cornet par des pâtissiers.

CASSE (je t’en) : Ce n’est pas pour toi. (Halbert.) Mot à mot et ironiquement : je casse pour toi un morceau de ce que tu convoites.

CASSE-GUEULE : Bal public de dernier ordre, où on se bat souvent :

CASSE-NOISETTES : Tête dont le nez et le menton se rapprochent comme les pinces d’un casse-noisettes. La perte des dents donne souvent cet aspect aux figures de vieillards. — « Les flâneurs du quartier les avaient surnommés les deux Casse-Noisettes. » (Balzac.)

CASSE -POITRINE : « Cette boutique est meublée de deux comptoirs en étain où se débitent du vin, de l’eau-de-vie et toute cette innombrable famille d abrutissants que le peuple a nommés , dans son énergique langage, du Casse-Poitrine. » ( Pr.

d’Anglemont.) — « Ces demoiselles n'ont plus la faculté de se faire régaler du petit coup d’étrier, consistant en casse-poitrine,

vespetro, camphre et autres ingrédients. » ( ‘Pétition des filles publiques de Paris, 3o.) — Se disait autrefois du vin très-acide.

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