‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 133 sur 622 · CHIER DANS LA MALLE · texte numérisé non relu

CHIER DANS LA MALLE

Faire affront à quelqu’un. Mot à mot : chier dans sa poche. Autrefois malle signifiait poche.

Car aussi bien le monde a chié dans

ma malle.

(Dulorens, Satires, 1646.)

CHIER DU POIVRE : S’en aller au moment où l’on a besoin de services.

CHIFFARDE : Assignation.

(Halbert.) Mot à mot : vieille chiffe, vieux chiffon.

CHIFFARDE : Pipe. (Vidocq.)

CHIFFE : Commerce des chiffonniers. — « Aussi y a-t-il une espèce d’aristocratie dans la chijfe, ils comptent leur noblesse par génération ; il y a des chiffonniers de naissance et des parvenus. » (Pr. d’Anglemont.)

CHlFFERTON : Chiffonnier.

(Vidocq.) Changement de finale.

CHIFFON : Mouchoir. (Id.)

CHIFFON ROUGE : Langue.

(Halbert.) — Allusion de couleur et souplesse. V. Balancer.

CHIFFONNIER : Voleur de mouchoirs. V. Pègre.

CHIFFORNION : Foulard.

Dimin. de Chiffon.

CHIGNER : Pleurer. — « Ça lui fera du bien de chigner. »

(Balzac.) Abréviation de rechigner.

CHIMIQUE : Allumette chi-

CHI

CHI

mique. — Abréviation. — « Ouvre la blague, prends une chimique, allume ta pip e. y>(La Maison du Lapin-Blanc , typ. Appert.)

CHINER : Aller en quête de bons marchés. — « Remonenq allait chiner dans la banlieue de Paris. » (Balzac.)

CHINAGE (vol au) : Il consiste à vendre du doublé pour de l’or et à escroquer sur des échanges de bijoux.

CHINEUR : voleur au chinage. — « Ce sont généralement des méridionaux appelés chineurs ou charieurs qui exercent ce genre de vol. » (Rabasse.)

CHINEUR : « Les roulants ou chineurs sont des marchands d’habits ambulants qui, après leur ronde, viennent dégorger leur marchandise portative dans le grand réservoir du Temple. »

(Mornand.) — «Les chineurs sont ceux qui viennent à domicile offrir des étoffes à bas prix. » (L)u Camp.)

CHINOIS : Cafetier. (Almanach des Débiteurs , 5i.)

CHINOIS : Mot d’amitié. — « En mourant à Sainte-Hélène Napoléon disait en parlant de ses serviteurs : « Mes pauvres Chioc nois! je ne les oublierai pas. »

(Dr Antommarchi, Mémoires.)

CHINOIS : Homme singulier, bizarre d’aspect ou de caractère.

— Allusion aux Chinois de paravent et à leur aspect étrange. — « Parmi les badauds attirés à Parispourlesacre deNapoléon Ifr, on distinguait les présidents de cantons, bonnes gens pour la plu-

part, avec un air d’importance qui amusait les Parisiens; on les appelait des Chinois, en leur qualité de présidents de cantons. Cette mauvaise plaisanterie eut du succès. » (Lamothe-Langon, Souvenirs d’une femme de qualité, 3o.) — « Chinois, amène les liquides. » (Balzac, Père Goriot .)

— « V’ là mon Chinois qui se fâche. » (Monselet.)

CHIPER : Dérober de petites choses. — Forme de choper, prendre. — « En chipant les sept cent cinquante millefrancs. » (Balzac.)

CHIPETTE. V. Être (en).

CHIPEUR, CHIPEUS E :

Homme ou femme qui chipe. — « Chipeur comme un gamin de Paris. » (Balzac.)

CHIPIE : Femme revêche, querelleuse.

CHIQUANDART, CHI- QUART, V. Chicandard , chicard, chicarder.

CHIQUE : Supérieur, distingué. V. Chic.

CHIQUE : Église (Vidocq.) V.

Momir , Rebâtir.

CHIQUE (couper la) : Dérouter. — « De la réjouissance comme ça! le peuple s’en passera. C’est c’ qui coupe la chique aux bouchers. » (Gaucher.)

Couper la chique à quinze pas :

Se faire sentir de loin.

Poser sa chique : Mourir. — A l’usage de ceux qui ont chiqué du tabac toute leur vie.

Poser sa chique et faire le mort : Rester muet et immobile.

— Acception figurée du terme précédent.

CHO — io5 — CHO

CHIQUÉ : Ayant bonne tournure. — « Dis donc, Troutrou, nous ne sommes pas trop bien ficelés,. — Zut ! y en a de moins chiqués. » (Ladimir, 41.) — « Je leur en ferai des discours, et des chiqués. » (Chenu.) *

CHIQUEMENT: Avec chic.

CHIQUER : Faire avec chic, supérieurement.

Auprès d’elle Eugénie Nu-bras,

Nous chique avec génie,

Son pas.

(1846, P. d’Anglemont).

CHIQUER : Manger. — Vieux mot. — « Je me dispose à chiquer les vivres. » (B. Carême, 29.) — « Ne pourrions-nous pas chiquer un légume quelconque? mon estomac abhorre le vide. » (Balzac.)

CHIQUER : Dépenser. — « Il m’a fallu tout mettre en plan.

J’ons chiqué jusqu’aux reconnaissances. » ( Dialogue entre S 11 % on et Eustache , 36.)

CHIQUER (se) : Se battre.

(Grandval.) Mot à mot ; s’avaler.

Même racine que la précédente.

CHIQUEUR : Glouton — « On dit d’un homme qui mange beaucoup que c’est un bon chiqueur.»

(Dhautel, 08.)

CHIQUEUR : Artiste dessinant de chic, sans étudier la nature.

CHNIC : Eau-de-vie. V. Chenique.

CHOCNOSO , CHOCNOSOF, CHOCNOSOPHE, CH' >CNOSO- GUE, KOXNOFF : Brillant, remarquable. — » « Dans cette situa¬

tion, comment dire?... — Chocnoso... » (Balzac.) — Dans Pierre Grassou, Balzac écrit Chocnosoff.

— « Je m’en vais chez le restaurateur commander un dîner koxnoff. » (Champfleury.) — « C’est koksnoff, chocnosogue, chicardo, snoboye. » (Bourget, Chansons.)

— « Sa plume était chocnosophe, et ses goûts ceux d’un pacha. »

(Commerson.) — « Ce jeune provincial dont vous riez aujourd’hui aura une tenue moderne, chicarde, chocnosogue. » (L.

Huart.)

CHOLETTE : Demi-litre. — Double-cholette : litre. (Vidocq.)

CHOPER : Voler. (Vidocq.) — Du vieux mot choper : toucher quelque chose pour le faire tomber. Pierre d’achoppement est resté dans la langue régulière.

CHOPER : Prendre. — Se laisser choper. Se faire arrêter.

CHOPIN : Vol. (Grandval.) De choper. — « Quand un voleur fait de la dépense, c’est qu’il a fait un chopin. » (Canler.)

CHOSE, MACHIN : On appelle ainsi celui dont on ne se rappelle pas le nom. (Dhautel.)

— « Chose est malade... Qui ça, Chose? » (H. Monnier.) — « Figurez-vous que le petit Chose écrivait un journal. » (Balzac.) — La coutume est ancienne. Tallement des Réaux conte que « M. le Mage, conseiller à la Cour des aides, dit toujours Chose au lieu du nom. »

CHOSE (monsieur) : Le chemisier, dans l’argot desdébiteurs.

(. Almanach des Débiteurs , 5i.)

CHOSE : Dignité. — « Tu me

Page 1