CLE
Le cipal n’a rien à dire Aux entrechats de la vertu. »
, (Naquet.)
CIRE (voleur à la) : « Dans les cabinets de restaurant où l’argenterie n’a pas fait place au ruolz, il la plaque avec de la cire sous la table sur laquelle il mange. On crie au voleur; il demande à être fouillé et sort après avoir reçu les excuses du patron.
Un compère vient ensuite se placer à la même table et décolle les objets. » (Rabasse.)
CITRON : Note aigre. — «Trois citrons à la clef. » (Nadar.)
CLAIR : Œil. — Allusion à l’éclat du regard. — « Allumez vos clairs et remouchez. » (Balzac.)
CLAQUE : Réunion de claqueurs, de compères. — Oublié par le Dictionnaire de V Académie, qui admet cependant Claquer et Claqueur.
CLAQUEDENT : Maison de tolérance. (Rabasse.) — Allusion aux maladies qu’on y gagne. Aller au pays de Suède et au royaume de Claquedent, c’était autrefois passer par les remèdes antivénériens.
CLAQUES (figure à) : Figure qu’on souffletterait volontiers. — « Oui, ces figures à claques, nous les caresserons. » (Cogniard.)
CLAQUER : Mourir. — « Malheur du diable ! mon pauvre adjudant s’est laissé claquer.» (Norme.)
CLAQUER : Manger. — Allusion au claquement des mâchoires.
CLAQUER : Dissiper. C’est manger pris au figuré. « Quand on s’est permis cette gourmandise, plus rien à claquer. » ( Commentaires de Loriot.)
CLARINETTE : Fusil d’infanterie. Du moment qu’on appelait le fantassin troubadour. (V. Troubade), on devait appeler son instrument clarinette. Les deux termes s’expliquent l’un l’autre. — « Quant au fantassin , il est obligé de porter un fusil de quatorze livres, aimable clarinette de cinq pieds. » (Vidal, 33.) — « Tout à l'heure les feux de deux rangs déchireront la toile, et nous verrons si vos clarinettes ont de la voix. » (Richard.) V. Agrafer , Toile.
CLAVIN : Clou. (Halbert.) Vieux mot.
CLAVIN, CLAVïNE, CLAVI- NEUR, CLAVINIER : Raisin, vigne, vendangeur, vignoble.
(Halbert.) Formes transposées de Calvin et Calvigne. V. ces mots.
CLÉ (à la), CLEF (à la) : Formule ironiquement confirmative qui s’emploie à propos de tout, pour caractériser l’emploi dominant de telle ou telle chose. Acception figurée de clé; marque réglant l’intonation de notes musicales. — « C’est bien cette
grande queue de vache mal peignée. Trop de chignon à la clé. »
(Villars.) — « Sa ville natale lui élève une statue; c’est fort naturel. Je trouve même qu’elle aurait pu le traiter avec plus de respect, et l’inaugurer tout seul, sans agriculture ni archéologie à la clef. » [Éclair, 72.)
COG
CLO - ioq -
CLICHÉ : Banal, connu. — Synonyme de Stéréotypé, et em prunté comme lui à la typographie. — « Tel est le discours cliclé que le vénérable baron a en réserve pour toutes les circonstances. » {Figaro.)
On dit : c’est cliché, pour c’est immuable, c’est connu. — Cliché se prend souvent comme substantif. V. Guitare.
Bientôt de la prison pour dettes
On sera, dit-on, affranchi.
Gare aux histoires toutes faites!
Ah ! que de clichés sur Clichy.
(Al. Flan, 67. )i
CLIQUOT : Vin de Champagne portant la marque de feue madame Cliquot.
Elle boit beaucoup de cliquot
Et bat volontiers la campagne.
(E. Villars.)
CLODOCHE : danseur de bal habile dans l’art de se désarticuler. Nom d’un ancien émule de Brididi à la mode dans les bals de Paris vers 1 S44. — « Les domestiques assurent avoir vu, au milieu d’une douzaine d’individus, un clodoche exécuter un cavalier seul dans le costume le plus primitif. » (A. d’Aunay, 75.)
CLOPORTE : Portier. — Calembour : clôt-porte. — « Jecon nais le truc pour apprivoiser les cloportes les plus farouches. »
(Montépin.) — « Qu’a dit le vil cloporte?... Le cloporte a dit :
C’est huit sous. » (Champfleury.)
CLOU : Prison. On ne peut pas en bouger plus que si l’on y était cloué. — « Je vous colle au
clou pour vingt-quatre heures. D (Noriac.) — cc Comme de juste, on ne vient pas se mettre au clou soi-même. » (E. Sue.)
CLOU : Mont-de-Piété. Mot à mot : prison d’objets engagés. — ce II avait mis le linge en gage; on ne disait pas encore mettre au clou. » (Luchet.)
CLOU (mettre au) : Vendre un objet, mettre au mont-de-piété.
(. Almanach des Débiteurs, 5i.)
CLOU DE GIROFLE : Dent cariée, dent bruneetamincie comme un clou de girofle. — « Madame Cramoisi demanda à Santeuil combien ils étaient de moines à Saint-Victor. — Autant que vous avez de clous de girofle dans la bouche, dit Santeuil, voulant parler de ses dents noires et gâtées. » ( Santoliana , 1764.)
CLOUER : Mettre en gage. — De clou , d’où dérivent aussi accrocher, clouer, déclouer et surclouer. (Engager, dégager et renouveler au Mont-de-Piété.) — « Jeune insensé, oublies-tu que nous avons passé le 20 du mois, et qu’à cette époque les habits de ces messieurs sont cloués et surcloués ? » (Murger.)
COCANGE : Coquille de noix.
— Le jeu de cocange ou de robignolle est un jeu tenu par les filous qui courent les foires.
COCANTIN : Homme d’affaires, intermédiaire entre le débiteur et le créancier. ( Almanach des Débiteurs, 5 1 .) t
COCARDE : Tête. — En prenant la coiffure pour la tête, on dit taper sur la cocarde, sur le pompon .
coc
— i io — COC
COCARDE (avoir sa) : Etre ivre, avoir le visage teinté comme une cocarde par un excès de boisson. — cc J’y voyais en dedans.
Todore ne parlait pas. Robert nous dit : « Vous avez votre cocarde. » (Monselet.)
COCARDIER : Homme zélé jusqu’à l'exagération de ses devoirs. Dénomination spéciale à l’armée. Le cocardier croit toujours avoir l'honneur de sa cocarde à soutenir. — « Cette vie de camp reposée estquelquefois troublée par des généraux nerveux ou cocardiers. » ( Vie parisienne , 65.)
COCASSE : Rusé. (Colombey.)
COCASSERIE : Drôlerie comique.
COCHON : Ladre, avare.
COCHON : Libertin, polisson.
COCHONNERIE : Charcuterie.
— « La viande de porc que lady Morgan, cette virago britannique, nomme de la cochonnerie. » (Ricard.)
COCHONNERIE : Acte indélicat. — « Le seul texte de ma lettre vous suffira pour répondre à toutes les cochonneries possibles; je vous constitue donc pour mon défenseur officieux. » {Lettre de Beurnonville, ambassadeur de France en Prusse, à M. Besta, Ier germinal an VIII.) — «Oscar, s'approchant avec dignité : Marquis, vous me faites là une cochonnerie qui ternira à jamais votre blason. » (Marquet.)
COCHONNERIE : Salauderie, aliment dégoûtant, préparé par des gens malpropres comme des cochons. — « Vous ne mangerez
pas de ça, c’est de la cochonnerie.
(Chenu.)
COCKNEY : Badaud. — Anglicanisme. V. Philistin.
COCO : Cheval. — « Ce grossier animal qu’on nomme vulgairement coco. » (Aubryet.) — « On entend la sonnerie de la botte, de la botte à coco, tu sais. » ( Vie parisienne, 66.)
COCO : Œuf de poule.
COCO : Homme digne de peu de considération. — « Joli coco, pour vouloir me faire aller. »
(Balzac.)
COCO : Nom d’amitié.
J’ vais te donner un p’tit becquau.
Viens, mon coco.
(. Dialogue entre Su\on et Eustache ,
chanson, 36.)
Si 1’ grand emp’reur d’vant vous défile Vous crîrez tous : Eh ! v’ià le coco. [Les Violettes et les Œillets, chanson,
août i5.)
COCO : Tête. — Allusion à la forme ovale de la noix de coco.
Mais, de ce franc picton de table,
Qui rend spirituel, aimable,
Sans vous alourdir le coco,
Je m’en fourre à gogo.
(H. Valère.)
COCO (dévisser le) : Étrangler.
COCO (se passer par le) : Manger. — Comparaison de l’estomac humain à celui du cheval. Le refrain populaire de la Botte à Coco en a donné l’idée à l’armée et au peuple.
COCODÈS : Jeune dandy ridicule. — Diminutif de coco pris en mauvaise part. — « Ohé! ce
coc