‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 142 sur 622 · COMMUNARD, COMMUNEUX · texte numérisé non relu

COMMUNARD, COMMUNEUX

Partisan de l’insurrection dite de la Commune de Paris, 1871.

— « Presque tous nos communards réfugiés à Genève y occupentdes fonctions en rapport avec leurs goûts.» ( Eclair , 72.) — Communard se prend adjectivement.

— • « Les Enfants du désespoir, tel est le titre d’une société secrète archi -démoc- soc- communarde qui vient de se créer à Genève. »

{Eclair, 17 mai 72.)

COMMUNIQUÉ : Communication officielle à un journal. Le mot date du second empire. — « La note suivanteaune couleur semiofficielle de communiqué qui n’échappera à personne. » {Eclair, août 72.)

COMPAS (ouvrir, fermer le) :

Activer, ralentir sa marche. — Comparaison des jambes aux branches d’un compas.

COMPER (de la) : S’évader de

CON

CON - 1 1 5 -

prison. (Rabasse.) Forme de camper.

COMPLET : Complètement ivre.

COMPTE (avoir son) : Être ivre, avoir soncomptede liquide.

COMPTE (avoir son): Mourir.

Mot à mot : finir le compte de ses jours. — « J’ai mon compte pour ce monde-ci. C’est soldé. »

(L. Reybaud.)

Son compte est bon , dit-on d’un coupable à punir, duquel on compte les méfaits.

COMTE DE CARUCHE, COMTE DE CANTON : Geôlier. (Vidocq.) V. ces mots.

COMTE DE CASTU : Infirmier. (Id.)

COMTE, COMTOIS : Niais.

(Id.)

Battre comtois : Mentir. Mot à mot : faire le naïf. On a voulu voir dans ce mot une allusion à la Franche-Comté, mais cette province n’y est pour rien. C’est un simple jeu de mots sur les trois premières lettres de comtois. — «Sans doute qu’elle bat comtois.»

(Decourcelle.)

C-O-N ; Lâche, niais. Mot à mot : homme qui n’a rien de son sexe. Se prononce soit comme un seul mot, soit en articulant séparément chaque lettre. Un ancien exemple de ce dernier genre de prononciation se trouve dans les Adages de Solon de Vosge (1576.)

CONDE : Maire.— Demi-condé :

Adjoint. — Grand-condé : Préfet de police.

CONuÉ : Permission. — Du

nom du maire qui la donne. — « On leur donne le condé de stationner sur certaines places. •»

(Stamir, 67.)

CONDÉ FRANC : Magistrat corrompu. (Vidocq.) Mot à mot :

condé affranchi. V. Affranchir.

CONDITION : Vol avec effraction. — « J’aurais besoin d’outil, j’ai une condition à faire.» (Beauvillier.)

CONDUITE (faire la) : Chasser avec voies de fait. Mot à mot :

reconduire.

Les Français-Anglais vont te faire la

conduite. (Layale, Chansons, 55.)

CONDUITE DE GRENOBLE (faire la) : Mettre quelqu’un à la porte. — « Sa grande visite au roi pour l’engager à faire la conduite de Grenoble à Montmorin età Duportail et à nommer d’honnêtes gens à leur place. » (1793 , Hébert.) — « Le populaire l’a attendu à la sortie et lui a fait ce qu’en style d’atelier on appelle la conduite de Grenoble. » ( Liberté , 16 mai 72.)

CONE, CONNE : Mort. (Grancival.) — De Connir, tuer.

CONFECTION : Vêtement sortant d’un magasin de confections. « — Un homme bien couvert, tout ce qu’il y a de mieux en confection. » (Marquet.)

CONFERENCIER: Personnage se faisant entendre dans les conférences publiques.

CONIR : Tuer. V. Connir.

CONJUNGO : Mariage. — Latinisme auquel nous devons déjà le mot conjoints. — « Un produit

CON

CON

de son premier conjungo. »

(Ricard. — cc Vous vous lancez dans le conjungo avec la fille d’une cabotine. » (Charles Hugo.) — « Car faut toujours que le prêtre boute son conjungo à tout ce tracas et que l'amitié finisse par là. » (Vadé, 1744.)

CONNAIS (je la) : Expression usitée pour dire : l’histoire que vous me contez n’est pas neuve, le tour que vous voulez me jouer m’est connu. — « La marquise :

Oh! mon Dieu ! que je suis malheureuse. — Le marquis ; Ah !

vous savez ! à la fin... Pas d'attaque de nerfs. Je la connais celle là. »

(L. de Neuville.) V. Mettre (le).

CONNAISSANCE : Maîtresse.

— « Ah ! vous avez une connaissance, monsieur ! » (Leuven.)

CONNASSE : Femme honnête.

(Halbert.) — Lesfemmes inscrites à la police donnent aussi ce nom à toutes celles qui ne le sont pas.

CONNERIE : Sottise.

Si je gémis sous les verrous.

C’est pour la conn’ri’d’un’ camproux ( cambrouse ),

Qui n’a pas su retenir son bagout.

(Chanson de Mouchabœuf, 65, manuscrit.)

CONNIR : Tuer. V. Sciage , Refaite , Trimballeur. — Du vieux mot caunir : trépasser.

CONOBLER, CONNOBRER, CONOMBRER : Reconnaître.

(Vidocq.) — ■ C’est connaître avec changement de finale. — Etre comblé: être reconnu. (Rabasse.)

CONSCRIT : Élève de première classe aux écoles Saint-Cyr et Polytechnique, — « Lorsque le

taupin a été admis, il devient conscrit , et comme tel, tangent à l'absorption. » (La Bédollière.

CONSCRIT : Homme naïf, inexpérimenté. — Allusion à la gaucherie des conscrits.

CONSERVATOIRE : Mont-depiété. (Vidocq.) — On y conserve les objets mis en gage.

CONSOLATION : Eau-de-vie.

— Ce mot dit avec une éloquence navrante ceque le pauvre cherche souvent dans un petit verre :

— l’oubli momentané de ses maux. — « Bon, il entre dans le débit de consolation. » (E. Sue.)

— Selon le général Trochu (l’Armée française en 67), « la consolation est une liqueur douce destinée à consoler les entrailles du buveur des violences du tordboyaux. »

CONSOMM. : Consommation.

Rafraîchissement. — Abréviation de consommation. — « Ces dames doivent être altérées par ladanse, ce dont elles ne disconviennent pas. Partant de là, il les supplie d’accepter une consomm. » (Mornand.) — « Ces messieurs ne jouent guère que la consomm en cinq secs, presque jamais en cinq liés (cinq points liés). »

(Boué de Villiers.)

CONTE BLEU : « Conte sans vraisemblance, comme ceux de la Bibliothèque bleue, ainsi appelée parce que les petits livres qui la composent ont des couvertures de papier bleu, et sont même quelquefois imprimés sur papier bleu.

Cette bibliothèque, très-connue dans les campagnes, sortit des presses de Jean Oudot, imprimeur

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