‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 148 sur 622 · V. Gratte-Couenne · texte numérisé non relu

V. Gratte-Couenne

COUENNE : « On dit d’un nigaud, d’un maladroit, d’un sot, qu’il est couenne. » (Dhautel).

— « Viens-tu? — Ah ben ! non.

— Ah ! que t’es couenne. » (Ourliac.)

COUENNE DE LARD: brosse.

(Vidocq.) — Allusion aux crins de la couenne du porc.

COUILLÉ : Niais. — De couillon. — « Un couillé j’ai remouché. » (Vidocq.) V. Plan.

COUILLON : Pour ce mot et ses dérivés, voyez Couyon.

COULAGE : Gaspillage, détournement commis par des subordonnés. — « Quel est le négociant habile qui ne jetterait pas joyeusement dans le gouffre d’une assurance quelconque cinq pour cent de toute sa production pour ne pas avoir de coulage. Eh bien !

la France ne paye que soixante millions, deux et demi pourcent,

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pour avoir la certitude qu’il n’existe pas de coulage. Le gaspillage ne peut plus être que moral et législatif. » (Balzac.) — « Le coulage est une mauvaise gestion des affaires du pays; il consiste à faire faire des travaux qui ne sont pas urgents ou nécessaires, etc. » (Balzac, 1841.)

COULAGE : petits détournements commis par la domesticité d’une grande maison ou d’un magasin. — Allusion au liquide coulant par les fentes d’un tonneau au détriment de son possesseur. — oc On ne se figure pas le coulage qui désolait notre caissier. » ( Almanach du Hanneton.) — « Il y a ce qu’on appelle le coulage, c’est-à-dire les objets dérobés par les employés euxmêmes. » (G. Vassy, 75.)

COULANT : Lait. (Halbert.)

COULE (être à la) : Être insinuant, sachant se couler entre les obstacles.

COULE (être à la) : Agir de complicité. — « Y a-t-il de la place dans votre boiter — Oui!

répond celui-ci qui est àla coule.»

(Cavallié.)

COULER (se la) : Aller doucement (Rabasse.)

COULEUR : Mensonge. — Il colore ou farde la vérité. — « Oh ! les peintres ! il n’y a pas à leur monter d’coups, ça connaît les couleurs. » (Lamiral, i838.)

COULEUR : Soufflet. — Il colore la joue.

Je bouscule l’usurpeteur Qui m’appliqua sur la face,

Comm’ on dit, une couleur.

(Le Gamin de Paris.)

COULE : Perdu sans ressources. Mot à mot : coulé à fond. — Terme de marine. — « Non, les étudiants de seizième année n’existent plus ; c’est une génération coulée. » (Privât d’Anglemont, 1 855.)

COULER (en) : Conter des mensonges. — « Tu nous en «.ouïes, ma mignonne. Va ! j’te connaissons. » ( Catéchisme poissard.)

COULER DOUCE (la) : Vivre confortablement. — « Ah ! je ne sais pas quand il se passera, mais j’ai un fier béguin pour toi. Tu la couleras douce avec moi, je t'en réponds. » (L. de Neuville.)

COULEUR LOCALE : Procédé littéraire fort à la mode depuis i83o. — cc La couleur locale consistait surtout à faire dire au personnage le nom de toutes les fabriques d’où sortaient les objets dont il parlait et à faire connaître de quelle matière étaient faits ces objets. On dirait : Ma bonne dague d’acier , mon pourpoint de brocart, mon justaucorps de Venise, absolument comme si aujourd’hui on faisait dire à un acteur : Donnez-moi mes bottes de cuir, ma canne de bois. » (Privât d’Anglemont.)

COULIANT : Lait. (Grandval.)

COULIANTE : Laitue. (Halbert.)

COULISSIER : Spéculateur jouant à la coulisse de la Bourse, c’est-à-dire en dehors du parquet des agents de change. — Privilège supprimé depuis 1860.

COULISSIER : De coulisses, théâtral. — « De là un besoin

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insatiable d'intrigues amoureuses et coulissières. » (Ricard.)

COULOIR : Bouche, gosier.

— Synonyme de corridor. Même allusion. V. Plomber.

COUP : Secret, procédé particulier. — On dit il a le coup pour il a le dernier mot du savoir faire , et il a un coup, pour il a son procédé a lui.

COUP A MONTER : Grosse entreprise à tenter, piège à tendre. — « Un coup à monter, ce qui, dans l’argot des marchands, veut dire une fortune à voler. » (Balzac.) V. Monter.

COUP DE BAS : Coup dangereux. — « Ces fats nous donnent un rude coup de bas. » ( Chansons , Clermont, 1 83 5 . )

COUP DE PIED (donner un) :

Aller jusqu’à un endroit déterminé.

Ne pas se donner de coups de pied : Se louer soi-même. — Mot à mot : ne pas se nuire.

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