‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 153 sur 622 · V. Raccourcir · texte numérisé non relu

V. Raccourcir

CRACHOIR : Bavardage, bavard. — Qiiel crachoir! Quel bavard !

CRACHOIR : Réquisitoire. V.

Bêcheur.

CRACHOIR (tenir le) : Tenir le dé de la conversation et ne pas le céder à d’autres, mot à mot :

ne pas lâcher le réquisitoire; accaparer le bavardage. (V. plus haut.) Qiiand il tient le crachoir , il en a pour longtemps, dit-on d’un bavard. Ce terme est ironique. — « N’étudiant aucune question à fond, mais se contentant de prendre de chaque chose une teinture superficielle qui permet de tenir convenablement un crachoir, — terme vulgaire, mais juste, — d’une heure ou deux. » (Paris- Journal, 72.)

CRACK (à) : « Cheval extraordinaire sur lequel on compte beaucoup. On dit le crack de l'écurie pour dire le meilleur cheval. » (Parent.) Angl. argot de courses.

CRAMPE (tirer sa) : Fuir. — « Elle a pris ses grands airs et j’ai tiré ma crampe. * (Monté-

CRA

CRE

pin.) — A aussi un autre sens qui n’est pas de notre ressort.

CRAMPER (se) : Se sauver.

Mot à mot : tirer sa crampe. V .

Pré , A b ouler.

CRAMPON : Importun aussi tenace qu’un crampon. — « Elle est assez jolie, cette femme.

Charmante ! mais quel crampon! » (L. Leroy.) V. Lâcher.

« Je vous fais mes adieux. — Je n’en suis pas fâché, vieux crampon, vieux gâteux! » (Tam Tarn.) De là, sans doute, l’origine de ce péjoratif.

CRAN (lâcher d’un) : Abandonner subitement. — « Nous vous lâcherons d’un cran. » — (Vidal, 33.)

CRAN (faire un) : Tenir bonne note.

CRANE : Hardi. — « Est-il crâne, cet enragé-là. » (P. Lacroix, 32.)

CRANE : Beau. — « C’est ça qui donne une crâne idée de l’homme! » (Gavarni.)

Mettre son chapeau en crâne :

Le mettre sens devant derrière, à la façon des tapageurs.

CRANE : Bon. — - « Quand j’étais sur la route de Valenciennes, c’est là que j’en avais du crâne du tabac! » (H. Monnier.)

CRANEMENT : Supérieurement. — « J’ai été maître d’armes... et je puis dire que je tirais crânement. » (Méry.) — « Elle prenait la brosse chez un peintre, et faisait une tête assez crânement. » (Balzac.) — « Je suis crânement contente de vous voir. » (E. Sue.)

ÇRAPAUD ; Homme petit,

chétif. (Dhautel.) — Gamin. — Pris souvent en bonne part. — ce Tiens! Potier, je l’ai vu du temps qu’il était à la Porte-Saint- Martin. Dieux! que c’crapaud-là m’a fait rire! » (H. Monnier.)

CRAPAUD : Bourse de soldat.

— Elle est inférieure à la bourse delà masse dite aussi grenouille, comme le crapaud l’est à la grenouille.

CRAPAUD : Cadenas. (Vidocq.)

CRAPAUD : Fauteuil bas. — cc Une bergère... Avancez plutôt un crapaud ! » (E. Jourdain.)

CRAPULOS, CRAPULADOS :

Cigare d’un sou. Mot à mot : le havane de la crapule. — Ironie à l’adresse des noms pompeux qui distinguent les cigares de la Havane. V. Infectados.

CRAQUELIN : Menteur.

(Grandval.) — De craque, mensonge.

CRASSE : Indélicatesse. — « Elle m’a fait des crasses. Toi, tu m’inspires de la confiance. »

(. Almanach du Hanneton, 67.)

CRÉATEUR : Peintre. (Vidocq.) — Il crée sur la toile.

CRÉATURE : Prostituée. — « Pour la grande dame qui se voit enlever ses adorateurs par une grisette, cette grisette est une créature. » (L. Huart.) — cc Mon mari a eu l’infamie de faire venir cette créature dans ma maison. » (Gavarni.)

CREBLEU, CRELOTTE : Jurons. — Abréviations de sacrebleu, sacrelotte. V. ces mots.

CRÉ CHIEN : Abréviation de

CRE

CRÉ

sacré chien, juron. — «Cré chien !

Loïse t'as là une casquette un peu chouette. » (Garanti.)

CREDO : Profession de foi. — Latinisme. — oc La meilleure réponse, c’est de publier le credo politique du vieux Cordelier. »

(C. Desmoulins, 1790.)

CRÈME : Superlatif, le meilleur ou la meilleure. — « Excellent!... Dis donc que c’est la crème des oncles, r (Beauvallet.)

CRÉ NOM : Juron. — Abréviation de sacré nom. V. ce mot.

CRÉPAGE : rixe. V. Crêper.

— « Un effrayant crépage de chignons s’en suivit. La police intervint. » (G. Yassy, 70.)

CRÊPER LE TOUPET, LE CHIGNON : Prendre aux cheveux, battre. — « Nous v’ia tous deux à nous crêper le toupet. »

(Letellier, 3g.) — Les femmes se crêpent le chignon.

CRÉPIN : Cordonnier. Mot à mot : enfant de saint Crépin, patron des bottiers et des cordonniers. — «Je défie bien le Crépin de me faire des bottes plus justes. » (La Correctionnelle.)

CRÉPINE : Bourse. (Vidocq )

— De crépin. — C’est, comme le crapaud, une bourse de cuir.

CRÉPON : a Des crépons, c’est-à-dire de ces petits paquets de crin que le beau sexe place sous ses cheveux pour les faire « bouffer. » ( Éclair , 10 mai 72.

CRÈS : Vite. (Halbert.)

CRESPINIÈRE : Beaucoup.

(Idem.)

CRÉTINISER : Abrutir. —

« Un Chazelle a vécu à vingtdeux sous par tête et s'est crétinisé. » (Balzac.) — « Tout le monde joue en France, dit-il; qu'est-ce que cela prouve : une seule chose : c'est que la France se crétinise au milieu ue cette frénésie de spéculation. » { Bour sicotiérisme.)

CREUSE : Gorge. (Idem.) — Voyez Creux.

CREUSER : Approfondir, en parlant de l’exécution d'une œuvre artistique ou littéraire. — C’est creusé se dit d’une chose fort étudiée. — Creuser son sujet, c'est le préparer avec soin.

CREUX : Logis, maison.

(Grandval.)

CREUX : Voix retentissante comme l’écho d’une caverne.

CREVAISON : Mort, chute. — « Cette rengaine du fiasco n’en dissimulait pas moins une crevaison spontanée. x> (Michu.)

CREVANT : Ennuyeux à périr, à crever.

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