‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 164 sur 622 · DEB · texte numérisé non relu

DEB

DÉB — i

Le raisinet coulait D’ son nez comm’ une rigole.

( Casse-Gueule , 1841.)

DARIOLEUR : Pâtissier faisant la pâtisserie commune ou dariole. — « Il y a même des darioleurs en chambre. »(Vinçard.)

DARK HORSE : Mot à mot cheval sombre; celui qui n’a pas encore couru et [dont le mérite est inconnu. » (Angl. Parent.)

DARON, DARONNE : Patron, patronne. Se trouve déjà avec le sens de vieux rusé dans le dictionnaire du vieux langage fran-

cois de Lacombe. — « Il était >

maître de tout, jusqu’à manier l’argent de la daronne. » (De Caylus.)

Daron , Daronne : Père, mère.

(Idem.)

Daron de la taille, de la rousse : Préfet de police.

Daronne du mec des mec :

Mère de Dieu. V. Rebâtir.

Daronne : Prune. (Halbert.)

DASBUGHE ; Roi. (Grandval.)

DAUFFE, DAUPHIN : Pince à effraction. V. Monseigneur.

DAUPHIN : Souteneur. (Halbert.) V. Mac.

DAUSSIÈRE : Fille publique.

(Idem). — Pour dossière.

DEAD HEAT : « Littéralement épreuve morte, course nulle parce que les deux concurrents sont arrivés sur la même ligne. » (Parent.)

DÉBACLER : Ouvrir. (Vidocq.) — Corruption de Déboucler.

DÉBACLER LA ROULANTE:

Ouvrir une voiture. (Grandval.)

DÉBALLAGE (au) : Au déshabillé. — « Il est accablé de rhumatismes, ce qui le fait ressembler, au déballage, à ces statuettes que vous avez sans doute remarquées dans la vitrine des bandagistes. » (Monselet.),

DÉBALLAGE (au) : Au sortir du lit. (Rabasse.)

DÉBALLAGE (être volé au) :

Reconnaître dans les charmes d’une femme aimée autant d’emprunts décevants aux ressources de la toilette. — « Cependant, au déballage, j’ai été si souvent volé. » (L. de Neuville.) V. Réjouissance.

DÉBALLER : Dénuder, exhiber. « On ne les confondra jamais avec la marchande jde plaisirs qui vient déballer en scène ses mollets et ses épaules. » (Villemot.-)

DÉBANQUER : Faire sauter la banque. — « Ils pourront à leur aise, avec l’argent des niais, faire quelque bonne rafle et débanquer , si c’est possible, la grande et la petite boursicoterie.»

{Boursicoter isme.)

DÉBARDEUR : Personnage de carnaval dont le costume rappelait les débardeurs de bois des quais de Paris. Il y avait des débardeurs mâles et femelles. — « Un don Juan fit au bal Musard la conquête d’un débardeur des plus coquets. » (E. Lemoine.)

Qu’est-ce qu’un débardeur !... Unjeune

front qu’incline

Sous un chapeau coquet l’allure masculine,

DÉB — i35 — DÉC

Un corset dans un pantalon,

Un masque de velours aux prunelles

ardentes,

Sous des plis transparents des formes

irritantes,

Un ange doublé d'un démon.

(Barthet, 1846.)

DÉBINAGE : Médisance. — « Compliments désagréables, indiscrétions et débinages. » (Commerson.)

DÉB NE : Déchéance, misère, pauvreté. (Dhautel, 08.) — « La débine est générale, je suis enfoncé sur toute la ligne. » (Montépin.) V. Tic.

DÉBINER : Décrier. — « On le débine, on le nie, on veut le tuer. » (A. Scholl.) — <c La robe était de taffetas recuit... — Trèsbien , débine la marchandise à présent. » ( Almanach du Hanneton, 67.)

Débiner le truc : Faire connaître le vol. (Rabasse.)

Débiner le truc : Révéler le secret.

DÉBINER (se) : Disparaître.

— « Quant à moi, je maquille une aff après laquelle j'espère me débiner pour m'éloigner de la rousse. » ( Patrie , 2 mars 52.)

DÉBINER (se) : S’affaiblir. — « Je me débine des fumerons. »

{Corsaire y 67.)

DÉBINEUR : Médisant, décrieur. — « De débineurs des tombolas des autres, nous sommes devenus partisans effrénés des loteries. ;>{Tam Tam, 75.)

DÉBLOQUER : Lever une consigne. V. Bloquer.

DÉBONDER : Aller à la garderobe. Le mot fait image.

DÉBOUCLER : Faire sortir de prison. (Vidocq.) V. Boucler.

DÉBOURRER : Déniaiser.

Mot à mot : dégrossir.

DÉBOUSCAILLER : Décrotter.

DÉBRIDER : Ouvrir. (Grandval.) La chirurgie emploie ce mot dans un sens analogue. V.

Temps.

DÉBRIDOIR : Clef. (Vidocq.)

DÉBROUILLARD : Homme qui sait se débrouiller. « Vous allez voir qu’il faut ouvrir l’œil, comme disent les débrouillards. »

(W. de Fonvielle, y 5.)

DÉBROUILLER (se) : Vaincre les obstacles. Dans l’armée et dans la marine, un homme qui se débrouille est un homme aguerri, qui sait son métier. — « Ce debrouilleq-vous est sacramentel dans la marine. On donne n’importe quelle mission à un officier, on lui indique à grands traits ce qu’il doit faire, puis on ajoute : Au surplus, monsieur, faites comme vous l’entendrez, débrouillez-vous. » (De Leusse.j

DÉCANILLER : Décamper.

Mot à mot : sortir du chenil (canil). — « Ils ont tous décamllé dès le patron-jacquette. » (Balzac.)

DÉCARADE (la) : Fuite générale. (Rabasse.)

DÉCARADE , DÉCARRE- MENT : Départ (Vidocq.) — • Jorne du décarrement : Jour de la mort. V. Bâchasse .

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