‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 166 sur 622 · V. Frime · texte numérisé non relu

V. Frime

DÉFRISER : Désappointer. — « C’qui les défrise, c’est un revenant qui vient en chemise couverte de sang. » [Le Solitaire, pot-pourri, 21.)

DÉFRUSQUER, DÉFRUS- QUINER : Déshabiller. (Vidocq, Grandval.) Mot à mot : ôter les frusques.

Elle le poursuivait alors Pour lui ôter son justaucorps Afin de le défrusquiner.

[Virgile travesti .)

DÉGEL : Mortalité. — « On connaît les effets dissolvants du dégel — « Il y aura un rude dégel. » (Watripon )

DÉGELÉE : Volée de coups.

— Même allusion que pour cuite.

— « Nous nous sommes battus jusqu’à la nuit, qui est venue mettre fin à la dégelée que nous avons donnée aux Autrichiens. »

(Général Christophe, Lettres, 09.)

DÉGOMMAGE : Ruine, destitution, usure.

DÉGOMMER : Surpasser. — « Nous pourrions très-bien jouer la revue de Bobino et dégommer les Esbrouffailles avec leurs poses plastiques » (Villars.)

DÉGOMMER : Destituer. — « Réélu!... Dégommé! » (Gavarni.)

DÉGOMMER (se) : Se faner, enlaidir. — Mot à mot : perdre son brillant. — «Je me rouille, je me dégomme. » (Labiche.)

DÉGOMMER (se) : S’entretuer.

Napoléon, c’ vieux grognard,

D’ ces jeux où l’on se dénomme En queuqu’s mots résumait l’art.

(Festeau.)

DÉGOTER : Trouver, découvrir. (Rabasse.)

DÉGOULINER : Couler doucement. — Onomatopée. M. Fr.

Michel a cité un exemple de ce mot au xvni® siècle. — « V’ià au moins la vingtième (larme) qui dégouline sur ma joue. » (Ricard.)

DÉGOURDI : Maladroit, engourdi. — Ironie.

DÉGOÛTÉ (pas) : Ambitieux.

— « Se dit en plaisantant d’un homme qui, sans avoir l’air de choisir, prend le meilleur morceau. » (Dhautel.) -* « Belle dame, vous êtes joliment jolie ce soir. Je souperais fièrement avec vous. — Tu n’es fichtre pas dégoûté. » (Gavarni.)

DÉGOÛTÉ (n’être pas) : Admettre des choses inadmissibles, n’être pas dégoûté quand on devrait l’être. V. Cassine.

DÉGRIMONER (se) : S’agiter, se débattre.

DÉGUÎS : Déguisement. (Vidocq.) — Abréviation.

DÉGUISER EN CERF (se) :

Courir comme un cerf, très-vite.

DELENDA CARTHAGO : Idée fixe de destruction, — Rappel de

DÉM

DEM

la guerre sans merci contre Carthage qui était devenue la règle politique de Rome. « M. Richard qui a fait de la démission des ministres son delenda Carthago revient à la charge. »

[Éclair, juillet, 72.)

DÉ LI CO QU ENTIERE¬ MENT : Délicieusement. — «Pour y retrouver un Arthur délicoauentieusement séducteur. » (E.

Lemoine.)

DELIGE : Voiture publique.

(Vidocq.) — Abréviation de diligence.

DEMAIN : Jamais. — Terme ironique. — Demain ne sera jamais aujourd’hui.

DÉMANCHER (se) : Se donner grand air ou grand mouvement.

Et d’ la façon dont j’ me démanche,

On nous verra r’quinqués à la papa.

(Duverny, i3.)

DÉMAQUILLER : Défaire. V.

Maquiller.

DÉMARGER : Partir, s’en aller la. Du vieux mot desmarcher, qui a le même sens.

DÉMARQUEUR DE LINGE :

Plagiaire. — « Nous sommes très-flatté que les journaux nous fassent des emprunts, mais nous aimons aussi, pour employer une expression consacrée dans le journalisme, qu’on ne démarque pas notre linge. » (G. Charavay, 66.)

DÉMARRER : Partir. Terme de marine. V. Ponton.

DÉMÉNAGER : Faire des extravagances, mourir. (Dhautel, 08.)

Déménager à la cloche de bois , à la sonnette de bois : Déménager furtivement en tamponnant la clochette d’éveil adaptée aux portes de beaucoup d’hôtels garnis.

Déménager à la ficelle : Déménager en descendant les meubles par la fenêtre à l’aide d’une corde.

DEMI-AUNE : Bras. — « Il y avait deux heures que je tendais ma demi-aune sans pincer un radis. » (Luc Bardas.)

DEMI-CERCLE (pincer au) :

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