MOI
basse.) Nous disons encore en ce sens point de mire.
MIRLIFLOR : Élégant à la mode de 1820. V. Œil de verre.
MIROBOLAMMENT : Merveilleusement. — « A meubler mirobolamment sa maison. »
(Balzac.)
MIROBOLANT : Merveilleux.
— « La cravate mirobolante. »
(E. Lemoine.) — « Je me sens d’une incapacité mirobolante. »
(Balzac.)
MIROIR A PUTAINS : Garçon d’une beauté vulgaire.
M1RZALE : Boucle d’oreilles.
(Vidocq.)
MISELOQUIER, MISELO- QUIÈRE : Acteur, actrice. (Vidocq.) Mot à mot : metteur de loques (costumes). V. Misloquc.
MISÉRABLE : Petit verre. Il possède moins de liquide que le Monsieur. V. ce mot.
MISERERE : Supplication.
Mot à mot : ayez pitié. — ■ Latinisme. — « La marchande à la toilette épie le moment où l’entreteneur se trouve là pour recommencer son miserere. » (A lmanacfi du Débiteur , 5i.)
MISLOQUE : Comédie. (Vidocq.) V. Miseloquier. — « Je joue la mislocq pour un fanandel en fine pégrenne. » (Balzac.)
Jouer les misloques : Jouer la comédie. (Rabasse.)
MISLOQUEUR : Acteur. (Rabasse.)
MISTON : V. Allumer.
MISTOUFLES (faire des) :
Tracasser, peiner quelqu’un.
(Rabasse.)
MITAINES (prendre des) :
Prendre des précautions. (Rabasse.) — C’est une variante de prendre des gants qui £ Je même sens.
MITRAILLE : Monnaie de cuivre. Altération du mot mitaille :
bronze (M. Age.)
Si celui-là fait danser ta mitraille, Tâch’ d’amasser quelques sous en secret.
(Debraux.)
MITRE : Cachot. (Vidocq.)
— Au moyen âge, le mitre était le bourreau.
MOBILE : Garde mobile, soldat de la garde mobile (i83o, 1848). — Une caricature de Traviès, datée de i83o, représente Mayeux s’échappant du domicile conjugal en criant: « Lâchez-moi, madame Mayeux, je suis de la mobile, n...de D... !» — « Qui sait comment cela eût fini si la mobile ne s’en fût mêlée? Brave mobile! » (L. Reybaud, 1848.)
M O B L O T : Garde mobile (1870-71). — Diminutif de mobile. — « J’ai vu passer un jeune sous-lieutenant de la garde mobile, et derrière lui un simple moblot. » (P. Véron.)
MODERNE : Fashionable.
— « J’t’en vas donner du goujat, moderne! » (Gavarni.)
MOELLE : Énergie. — « Or.
a de la moelle ou on n’en a pas.
T’as jamais eu de la moelle pour un décime. » (Monselet.)
MOITIÉ (la plus belle) : Le sexe féminin. Mot à mot : la plus
MOM
MON
belle moitié du genre humain.
On abrège aussi en disant la belle moitié. — « Je ne vois pas pourquoi on obligerait la belle moitié à vivre avec l’autre. »
(E. Villemot.)
MOINEAU : Homme de mince valeur. — Le moineau n’est pas un aigle. Si ce terme était ancien, l’allusion ne serait plus ornithologique mais monacale.
Au moyen âge, le moineau était un petit moine. — « Voilà un
beau moigneau pour se f . des
airs de qualité. » ( Catéchisme poissard , 40.)
MOKA : Café. — Ce nom de provenance est généralement ironique. — « Il s’achemine ensuite vers son café, y savoure le moka (chicorée pur-sang). »
(Phys, du Parapluie, 41.) V.
Café.
MOLANCHE : Laine. (Halbert.) Elle est molle au toucher.
MOLLARD : Graillon, expectoration laborieuse. Du vieux mot moller : s’efforcer.
MOLLASSE : Mou. — « Ils sont mollasses. » (J. Arago, 38.)
MOMAQUE, MOME : Petit enfant. — Du vieux mot momme :
grimace, qui a fait momerie ; les petits enfants en font beaucoup.
— « Les rats dont nous voulons parler sont des mômes. «(Paillet.)
Taper un morne : Commettre un infanticide. — « Car elle est en prison pour un môme qu’elle a tapé. » ( Lettre de Minder. Introduction.)
MOMIÈRE, TIRE-MOMES :
Sage-femme.
MOMIGNARD : Petit enfant.
Diminutif de môme. — « Elle entre avec un enfant dans un magasin et en faisant semblant de poser son mômignard à terre. » (Paillet.) V. Inférieur.
MOMIR : Accoucher. — « Ma largue aboulé de momir un mômignard d’altèque qu’on trimbalera à la chique à six plombes et mèche, pour que le ratichon maquille son truc de la morgane et de la lance. » (Vidocq.)
MONAC : Sou. — Abréviation de monaco. — « C’est là ce qui estouffe les monacs, aux poches les attache. » (Alyge, 5q.)
MONACO : Sou. — Appellation ironique dont il faut chercher la cause dans l’exemple suivant :
— « Honoré V, mort de dépit en 1841, de n’avoir pu faire passer pour deux sous en Europe ses monacos, qui ne valaient qu’un sou. » (Villemot.) V. Coller.
MONANT, MONANTE:
Ami, amie. (Vidocq.)
MONARQUE : Roi de cartes.
— « Ou si c’est un roi qu’elle relève, elle s’écrie : « Je pince le « monarque. » (Alhoy.)
MONARQUE : Pièce de cinq francs. (Grandval.) Allusion à l’effigie royale. — « Il va nous donner quéqu’vieux monarque pour y boire à la santé... » (Gavarni.)
MONNAIE DE SINGE : Grimace. — « Il la payait, comme dit le peuple, en monnaie de singe. » (Balzac.)
MONOCLE : Lorgnon à un œil. — a Adapte donc un mo-
MON
MON
nocle à l’arcade de ton œil gauche! » (Montépin.)
MONSEIGNEUR : Au xvinesiècle, ce mot désigne déjà une petite pince à forcer les portes. V.
le Cartouche de Grandval. — Jeu de mots. Quelle est la porte ne s’ouvrant pas devant Monseigneur? Si, comme l’affirme M.
Fr. Michel, on dit aussi Monseigneur le Dauphin, et par abréviation Dauffe, nous voyons encore là un calembour sur le dos fin de la pince qui permet son introduction. — « Le monseigneur est une barre de fer ayant la forme d’une pince à dépaver, mais plus petite (45 de haut, 25 de circonférence). Elle sert au malfaiteur à forcer une porte. On l’introduit près de la serrure, et, avec une pesée, on ouvre sans trop de bruit. » (Rabasse.) V. Caroubleur.
Bibi.
MONSIEUR : Entreteneur. V.
Amant de cœur. — « En argot de galanterie, le mot d’époux désigne l’entreteneur ; mais il n’est pas le seul. Suivant le degré de distinction d’une femme, elle dit : mon époux , mon homme, mon monsieur , mon vieux, monsieur chose, mon amant, monsieur, ou enfin monsieur un tel.
— Sauf dans la haute aristocratie, où l’on dit : Monsieur un tel, ce mot mon époux est général, il se dit dans toutes les classes. » (Cadol.)
MONSIEUR : Mesure de capa cité. — « Il existe de plus une certaine eau-de-vie dont le prix varie suivant la grandeur des petits verres. Voici ce que nous lûmes sur une pancarte : Le mon-
sieur, quatre sous ; la demoiselle, deux sous; le misérable, un sou. »
(G. de Nerval.)
MONSIEUR (faire le) : Trancher du maître, du fashionable.
— « Sa suffisance le fait haïr, il fait le monsieur. » (Hilpert.)
MONSTRE : Monstrueux. — « J’en ai assez de vos monstres de concerts. » (P. de Kock.) V.
Crapaud. — N’est pas toujours pris en mauvaise part. Une femme peut appeler monstre d’homme celui qu’elle adore.
MONSTRE : Colossal, monstrueux de grandeur. — « Elle lui apporte un bouquet monstre. »
(Alhoy.)
MONSTRICO : Petit monstre.
— a Ce petit monstrico! » (Balzac.)
MONT : Mont-de-piété. — Abréviation. — « Elle tient comme qui dirait un petit mont bourgeois.... elle prête sur gages et moins cher qu’au grand mont. »
(E. Sue.)
MONTAGE DE COUP : Action de monter le coup. V. Couper.
Mon vieux, entre nous,
Je n’ coup’ pas du tout Dans c’ montag’ de coup ;
Faut pas m’ monter 1’ coup.
(Aug. Hardy.)