‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 298 sur 622 · MOR — 247 — MOR · texte numérisé non relu

MOR — 247 — MOR

l’assassin. (Vidocq.) Mot à mot :

à la mort , a l’assassinat .

MORCEAU : Fille sale.

MORCEAU (enlever le) : Être plus mordant que dans ses propos.

MORCEAU (faire le) : Briller dans le détail, artistiquement parlant. — « Bien que Léopold Robert n’eût pas de grandes vues, il faisait très-bien le morceau. »

(Th. Silvestre.)

MORCEAU (manger le) : Dénoncer. V. Manger.

MORDANTE : Scie, lime. (Rabasse.) — Toutes deux mordent sur le bois et sur le fer.

MORDRE (ne pas) : Être sans force, sans esprit, sans talent.

On dit aussi : Ça ne mord pas pour exprimer l’impossibilité de faire croire ce qu’on dit ou d’emmancher une affaire. Expression empruntée aux pêcheurs à la ligne.

MORFE : Repas, mangeaille.

MORFIANTE : Assiette.

(Grandval.) — De morfier.

MORFIER, MORFIGNER, MORFILER : Faire, manger.

■ — Morfier est un vieux mot d’où les deux autres dérivent. —

« Calvi morhle sa dernière bouchée. » (Balzac.) V. Chêne.

MORGANE : Sel. (Vidocq.) — De Morganer. Le sel est un mordant. » V. Momir.

MORGANER : Mordre. (Idem.) *— Vieux mot.

MORICAUü ; Broc de vin.

(Vidocq.) — Allusion à sa couleur sombre.

MORILLO : Chapeau à petits bords. — « C’était le temps de la lutte de l’Amérique méridionale contre le roi d’Espagne, de Bolivar contre Morillo. Les chapeaux à petits bords étaient royalistes et se nommaient des morillos; les libéraux portaient des chapeaux à larges bords qui s’appelaient des bolivars. » (Victor Hugo.)

MORNANTE : Bergerie. (Halbert.)

MORNE : Mouton. (Vidocq.)

— Du vieux mot moraine :

laine.

M O R N É E : Bouchée. (Halbert.) — Ce doit être une abréviation de morganée. V. Morganer.

MORNIER : Berger. (Idem.)

— De morne.

MORNIFLE : Monnaie. (Colombey.)

MORNIFLEUR TARTE:

Faux-monnayeur.

MORNOS : Bouche. (Grandval.)

MORT, MORTE : Condamné,, condamnée. (Colombey.) V. Malade.

MORT : Enjeu augmenté après coup par le procédé de la poucette. (V. ce mot.) « Et surtout, s’écrient les banquiers : pas de morts! Traduction : Pas d’enjeux intempestifs. » (Cavaillé.)

MORT (faire un) : Jouer le whist à trois personnes, en découvrant le jeu d’un quatrième partenaire qui n’existe pas. —

« M. d’Ajuda proposa d’aller faire

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un mort avec le duc de Grand lieu » (Balzac.)

MORUE : Femme abjecte.

— « Vous voyez, Françoise, cc panier de fraises qu’on vous fait 3 francs; j’en offre 1 franc, moi, et la marchande m’appelle... — Oui, madame, elle vous appelle...

morue ! » (Gavarni.)

MOTS (avoir des) : Échanger des reproches. — « En rentrant du bal avec ton amant, vous avez eu des mets, et il t’a flanquée à la porte. » (Montépin.)

MOTTE : Maison centrale. — « On vient de tirer mon portrait et on va l’envoyer dans toutes les mottes et dans tous les loirs. »

( Lettre de Minier. Introd.)

MOUCHAILLER : Regarder.

(Grand val.)

MOUCHARDE : Lune. Elle moucharde les voleurs. V. Cafarde. — a Mais bientôt la patraque, au clair de la moucharde, nous reluque de loin. » (Vidocq.)

MOUCHE : Mauvais, vilain.

Abréviation de mouchique. — « Mouche , pour ceux qui ne comprendraient pas le langage parisien, signifie mauvais. » (Troubat.) « — Avez-vous été hier soir aux Variétés? — Toc. — Et Ambroise? — Mouche. » (Lemercier de Neuville.)

MOUCHE : Bouquet de barbe placé sous la lèvre inférieure Allusion à sa petitesse. — « Le ministre de la guerre vient de trancher la question du port de la mouche. » (Du Casse.)

MOUCHE (faire) : Tirer assez

juste pour aplatir la balle sur un point noir (mouche), au centre de la cible. — « Elles font mouche à tout coup et tuent les hirondelles au vol. » (A. Second.)

MOUCHES (tuer les) : Infecter. Mot à mot : avoir une haleine assez infecte pour empoisonner les mouches au vol. — On dit aussi tuer les mouches à quinze pas.

Tiens, Paul s’est lâché du col ;

Est-y fier depuis qu’il promène

Clara, dont la douce haleine

Fait tomber les mouches au vol.

(Cofinance.)

MOUCHER : Remettre les gens à leur place, éteindre leur insolence. — « Nous allons donc les moucher ces lanternes (journaux) qui peuvent faire croire à l’abrutissement général de la nation. » (La Mouchette, 68.)

MOUCHER : Frapper, battre.

— « Allons, mouche-lui le quinquet, çal’esbrouffera. » (Th. Gautier.)

MOUCHER : Tuer. Mot à mot :

éteindre la flamme de la vie. — « Aussi ne se passait-il guères d’heures sans qu’il n’y eût quelqu’un de mouché. » ( Mém . de Sully , xvie siècle.) — « Je l’enfile par un coup droit. Encore un de mouché. » (Randon.)

MOUCHER : Non, c'est que je me mouche, non, c’est que je tousse :

Négation ironique équivalant à une affirmation pour n’importe quel sujet.

MOUCHER (se) : « Les garçons de jeu se mouchent fréquemment au tapis vert, ce qui

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ieur permet d’escamoter un ou deux louis dans leurs mouchoirs.

L’expression est devenue proverbiale. On dit d’un garçon qui escamote un louis de quelque manière que ce soit : Il s’est mouché d’un louis. » (Cavaillé.)

MOUCHER DU PIED (ne pas se) : Agir en homme bien élevé, et non comme celui qui, après s’être mouché avec les doigts, efface du pied sa morve. — « Mais c’est des artistes, qui ne se mouchent pas du pied. » (Désaugiers.)

Pris ensuite au figuré pour signifier une supériorité quelconque, comme le prouve cet exemple : — «Ce petit vin colorié ne se mouche pas du pied. » (Moinaux.)

Le besoin de varier a fait dire dans le même sens : Ne pas se moucher du talon. — « C'est un gaillard qui ne se mouche pas du talon. » (P. de Kock.)

MOUCHERON: Enfant. — « La portière et son moucheron.»

Léonard, parodie, 63.)

MOUCHERON : Garçon de

marchand de vins. (Il voltige autour des tables des consommateurs.) « Une deuxième tournée est commandée au moucheron. »

(Ladimir, 42.)

MOUCHETTES (des) : Non.

« — Tu m’as volé? tu vas rendre!

— Des mouchettes! » ( Léonard, , parodie, 63.)

MOUCHIQUE : Vilain, mauvais. — Forme de moustique.

V. ce mot. « On s’en dégoise de mouchiques, quand les uns s’appellent feignants, les autr’s leur-

z’y répond’nt : muffs. » (Cabassol.) V. Gaffier.

MOUILLANTE : Soupe, morue. (Halbert.)

MOUILLÉ (être) : Être apprécié à sa valeur. (Colombey.) — Allusion aux tissusqu’on mouille pour voir s’ils se rétrécissent.

MOULE : Visage irrégulier.

Ironie.

MOULE A GAUFRE : Visage fort grêlé. — On sait qu’un moule à gaufre est criblé de trous. — « Le moule à gaufre qui tient en chef les destinées de Y Univers, » ( Tam-Tam , 76.)

MOULE DE GANT : Soufflet.

— La main est un moulede gant.

— « Te goberges-tu de nous? Je te bâillerai d’une paire de moules de gant. » (Vadé, 1744.)

MOULE EST CASSÉ, ON N’EN FAIT PLUS (le) : Se dit d’un personnage exceptionnel, inimitable.

MOULIN rMagasinde recéleur.

(Colombey.) V. Meunier.

Aller au moulin : Vendre du plomb volé. (Rabasse.) Mot à mot : allez chez le recéleur.

MOULINER : Bavarder.

(Idem.) — Allusion au tic tac perpétuel du moulin. — On appelle de même moulin à paroles un bavard.

MOULOIR : Bouche. (Halbert.)

— Elle moule les aliments.

MOURIR (tu t’en ferais)!

Tu t’en ferais crever! — Ces formules négatives s’emploient surtout contre ceux qui sont trop avides ou qui manifestent des

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