‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 314 sur 622 · PAL · texte numérisé non relu

PAL

PAN

paille, d’où l’expression couper dans la vaille. » (Cavaillé.)

a PAILLE AU CUL (avoir la) :

Être mis à la réforme. — On expose, d’ordinaire, avec un bouchon de paille, les objets à vendre isolément. — « La paille au cul, repassez la frontière, cafards. »

(La Paille au cul, 3-2.)

PAILLE DE FER : Dans le récit d’un combat, H. Monnier fait dire à un vieux sergent :

— «A toi, à moi la paille de fer.»

— Allusion au hasard qui expose chaque combattant à un coup de pointe.

PAILLER : Préparer une paille en battant les cartes. « Au baccarat banque, la taille substituée est paillée souvent à l’avance. »

(Cavaillé.)

PAIN? (Et du) : As-tu de quoi manger? — Donnez des conseils à un malheureux affamé, il vous ramène à la question par ces trois mots : Et du pain ? — Gavarni montre un masque abordant à l’Opéra un domino femelle, qui l’attend, binocle à l’œil : — « Pus qu’ ça de lorgnon, dit-il. Et du pain?» — La question déchire d’un seul coup les faux dehors de cette élégante qui n’a peut-être pas dîné pour acheter des gants.

PAIN-LA (Ne pas manger de ce) : Se refuser à vivre d’argent mal acquis.

PAIN ROUGE (Manger du) :

Vivre d’assassinats. (Halbert.)

PALADIER, PALLADIER :

Pré. (Halbert.)

PALETTE : Dent, main. (Colombey,)

PALLAS : Boniment de saltimbanque. — « Il salua les visiteurs qu’avait attirés la parade.

Bientôt il commença son pallas.»

(Champfleury.)

PALLAS (faire) : Faire des manières. — L’argot paraît s’être piqué là de connaissances mythologiques, car Minerve faisait parfois la renchérie. — « Au pré finira ton histoire, et là l’on n’y fait plus Pallas. » (Vidocq.)

PALOT, PALLOT : Paysan.

(Halbert.) C’est un mot de vieux français.

PALLOTTE : Paysanne. (Vidocq.

PALPER : Toucher de l’argent. (Dhautel, 08.)

PALPITANT : Cœur. (Halbert.) — C’est le cœur ému. V.

Battant, Coquer ,

PAMPINE : « Et toi où qu’ t’ iras, vilaine pampine, figure à chien, tête de singe. » (Dialogues poissards.)

PANACHE (faire) : « Tomber en passant par-dessus la tête de son cheval. » (Paz.) — Mot imagé.

PANA : « Vieux pana se dit d’un homme avare, laid et âgé. »

(Champfleury.) — Même étymologie que panas.

PANADE : Sans consistance, mou et délayé comme la soupe de ce nom. • — « Notre gouvernement est joliment panade ! »

(Ricard.) — Se prend aussi substantivement. « Oh la la! quelle panade que ce pauvre cousin Duraplas. » (E. Simon.)

PANADE : Objet repoussant,

PAN

PAN

femme laide. (Colombey.) Même origine que panas. •

PANAMA : Chapeau tressé avec des joncs que nos fabriques vont chercher à Panama. — « J’ai dû chanter contre la crinoline et m’égayer aux frais du panama. »

PANAS : « S’emploie dans le Dictionnaire de la Curiosité avec le sens de tessons, de loques, de débris de toutes sortes; ceux qui les vendent sont des panailleux. b (Champfleury.) — Vient du vieux mot panne : haillon.

PANDORE : Gendarme. — Nom d’un des gendarmes de la fameuse chanson de Nadaud. — « Il n’y avait plus à en douter, j’avais tous les Pandores de la contrée à mes trousses. » (Marx.)

PANIER : Voiture basse , à caisse d’oszer, à la mode vers 1860.

— « Ange! tu m’as transporté...

je suis homme à mettre à tes pieds un panier en pur osier. »

[Les Pieds qui r’muent , 64.)

PANIER A SALADE : Voiture de prisonniers. — « Ce surnom vient de ce que primitivement la voiture était à claire-voie de tous côtés. » (Balzac.) — « L'on nous fit entrer vingt-quatre dans un ignoble panier à salade. » (Chenu.)

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