‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 313 sur 622 · PA F · texte numérisé non relu

PA F

PACQUELINAGE : Voyage.

(Idem.)

PACQUELINEUR, NEUSE :

Voyageur, voyageuse. (Idem.)

PACSIN : Paquet. (Grandval.) — Changement de finale.

PAF : Eau-de-vie. V. Paffer.

PAF : Locution usitée pour indiquer une chose subitement et promptement arrivée, comme la chute d’un corps qui fait paf en tombant. — cc Voyant ça, paf!

il en tombe amoureux. » (Stop, 75.)

PAF : Ivre. — Abréviation de Paffé. V. Paffer . — cc Vous avez été joliment paf hier. » (Balzac.)

PAGNE : Secours envoyé à un détenu par un ami. (Vidocq.) — Abréviation de panier à provisions.

PAILLASSE : Sauteur politique. — Allusion à la chanson de Béranger.

Paillass’, mon ami,

N’ saut’ pas à demi,

Saute pour tout le monde, etc.

De là aussi le synonyme de Sauteur.

PAILLASSE : Ventre. — Les intestins s’en échappent comme la paille d’une paillasse. — cc Il s’est fait crever la paillasse, il s’est fait tuer. » (Dhautel, 08.)

PAILLASSE, PAILLASSE DE CORPS DE GARDE : Prostituée de dernier ordre. Comme les paillasses de corps de garde, elle change journellement de coucheurs. — cc Qu’es-tu, toi ? larronnesse, paillasse de corps de garde! » ( Dialogues poissards, xvme siècle.)

PAILLASSON : Homme fréquentant les paillasses. V. cidessus. — « Quand finirez-vous, libertin, de courir les catins ?

Encore, ce vieux paillasson, parl’t-il d’ morale en action ! » ( Catéchisme poissard .)

PAILLE : Dentelle. (Vidocq.)

— Elle est légère comme une paille.

PAILLE : Filouterie de jeu.

— C’est la même que le Pont. V.

Couper. — « Cette excavation qui a pour résultat de faire revenir les cartes dans l’ordre où elles se trouvaient, a reçu le nom de

PAFP’S : Souliers. (Rabasse.) Abréviation de Passif. V. 'Gouèpeur, Empaffe.

PAFFER, EMPAFFER : Enivrer. Mot à mot : remplir de paf.

— Le paf représentait au dernier siècle la goutte d’aujourd’hui. En voici de nombreux exemples. — cc Viens plutôt d’amitié boire avec nous trois un coup de pafte. » (Vadé, 1758.) — cc Voulez-vous boire une goutte de paf? — J’ voulons bien. — Saint- Jean , va nous chercher d’ misequier d’ rogome. » (L’Ecluse, 1756.) — cc II m’ proposit le paf. Ça me parlit au cœur si bien, que j’y allis — dans une tabagie de la rue des Boucheries, où que j’ bure du ratafia après le coco. » (Rétif, 177e Contemp., 178a.) — ce Au milieu de cette plèbe bariolée qui se paffe de vin bleu. » (Delvau.) — cc Nous allons à la Courtille nous fourrer du vin sous le nez, quand nous sommes bien empaffés. » (Vidal, 33.)

Page 1