PIO
PILER DU POIVRE (Faire) :
Terrasser quelqu’un plusieurs fois en le laissant retomber comme un pilon. — Même allusion pour ce qui regarde une autre partie du corps.
PILER LE BITUME : Raccrocher sur le trottoir qui est le plus souvent bitumé. On dit de même polir l’asphalte.
PILIER : Habitué de café ou d’estaminet, n’en bougeant pas plus que le pilier chargé de soutenir le plafond. — « Murger répondant à quelqu’un qui lui reprochait de tournerait pilier de café : Vous avez raison, car je soutiens ce qui m’écrase. » (P.
Véron.)
PILIER : Maître, commis.
PILLE : Cent francs. — Abréviation de pile de cent francs. — « Je ne manque pas le coche (l’occasion de voler) de deuxpilles chez un troquet. Premier sapement. Six mois. » (Beauvillier.)
PILOCHE : Dent. (Colombey.) Elle pile les aliments.
PILOIR : Doigt. (Colombey.)
PIMPELOTTER (Se) : Se régaler. — «Ellen’ haït pas degobichonner et de se pynpelotter. »
[La Correctionnelle.)
PIMPIONS : Espèces monnayées. — Vieux mot. — Le pimpion était une petite monnaie espagnole du xm® siècle.
PINCE (chaud de la) : Paillard. — Corruption de mot.
C’était un chaud de la pince,
Qui peuplait dans chaqu’ province
L'hospice d’s enfants trouvés.
(Festeau.)
PINCE-CUL : Bal public de dernier ordre. — Allusion aux licences qu’on s’y permet. — ce Ce bal inouï que l’argot téméraire de ses habitués avait surnommé le pince... » (P. Féval.) V. Casse-Gueule.
PINCEAU : Pied. — « Je lui détache un coup de pinceau sur la giberne. » (Monselet.)
PINCEAU: Balai. — Tous deux se ressemblent. — « Les hommes de corvée sont tous là prêts, le pinceau en main, je veux dire le balai en joue. » (Vidal, 33.) — « Tenant en main un pinceau, plus vulgairement appelé balai de bouleau. » (La Bédollière.)
PINCE -LOQUE : Aiguille.
(Halbert.) — Elle raccommode les loques.
PINCEZ-MOI ÇA: « Énorme nœud que les femmes portent au bas de la taille, dans le dos, et qui se complète par deux rubans très-larges , très-longs et retombant. » [Figaro, ier février 68.)
PIOCHER: Travailler assidûment. — « Tu peux piocher douze heures par jour. » (Reybaud.)
PIOCHER : Battre. — « Je te pioche, je te fais danser la malaisée. » (Paillet.)
PIOCHEUR : Travailleurassidu. — « Il y avait là de vieux piocheurs qui s’installaient à une table. » (G. Sand.)
P I O L E : Maison, chambre.
(Rabasse.) V. Piaule.
, PIOLET : Gobelet. (Halbert.)
PÏP — 2
PIOLLE : Cabaret. (Grandval.) — De pioller.
PIOLLER : S’enivrer. Vieux mot. — De piot : vin, boisson, qui se retrouve dans notre mot:
pépie.
PIOLLIER : Cabaretier .
(Grandval.)
PION : « C’est le nom du maître d’études... Le pion gagne un morceau de pain tous les jours et 400 francs tous les ans...
et il n’a pas d’autre perspective. »
(Ourliac, 41.)
PION : Ivre. — Du vieux mot pier : boire.
PIONCER : Dormir. — Forme de piausser. — « Nous nous sommes mis à pioncer, nous ne pensions plus à l’appel. » (Vidal, 33.)
PIOU , PIOUPIOU : Jeune fantassin. — Ce doit être le mot piéton avec changement de finales. — « Entre le jeanjean et le tourlourou, il y a un intermédiaire, le pioupiou. » (M. Saint- Hilaire.)
PIPE (Casser sa) : Mourir. — Ceux qui sont morts ne fument plus. — «Casser sa pipe: oh!
c’est déjà vieux! ça a de la barbe.
On a dit depuis casser son crayon et on dit maintenant lâcher la rampe , ou remercier son boulanger, ou dévisser son billard . »
(Villars.)