‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 334 sur 622 · PIO · texte numérisé non relu

PIO

PILER DU POIVRE (Faire) :

Terrasser quelqu’un plusieurs fois en le laissant retomber comme un pilon. — Même allusion pour ce qui regarde une autre partie du corps.

PILER LE BITUME : Raccrocher sur le trottoir qui est le plus souvent bitumé. On dit de même polir l’asphalte.

PILIER : Habitué de café ou d’estaminet, n’en bougeant pas plus que le pilier chargé de soutenir le plafond. — « Murger répondant à quelqu’un qui lui reprochait de tournerait pilier de café : Vous avez raison, car je soutiens ce qui m’écrase. » (P.

Véron.)

PILIER : Maître, commis.

PILLE : Cent francs. — Abréviation de pile de cent francs. — « Je ne manque pas le coche (l’occasion de voler) de deuxpilles chez un troquet. Premier sapement. Six mois. » (Beauvillier.)

PILOCHE : Dent. (Colombey.) Elle pile les aliments.

PILOIR : Doigt. (Colombey.)

PIMPELOTTER (Se) : Se régaler. — «Ellen’ haït pas degobichonner et de se pynpelotter. »

[La Correctionnelle.)

PIMPIONS : Espèces monnayées. — Vieux mot. — Le pimpion était une petite monnaie espagnole du xm® siècle.

PINCE (chaud de la) : Paillard. — Corruption de mot.

C’était un chaud de la pince,

Qui peuplait dans chaqu’ province

L'hospice d’s enfants trouvés.

(Festeau.)

PINCE-CUL : Bal public de dernier ordre. — Allusion aux licences qu’on s’y permet. — ce Ce bal inouï que l’argot téméraire de ses habitués avait surnommé le pince... » (P. Féval.) V. Casse-Gueule.

PINCEAU : Pied. — « Je lui détache un coup de pinceau sur la giberne. » (Monselet.)

PINCEAU: Balai. — Tous deux se ressemblent. — « Les hommes de corvée sont tous là prêts, le pinceau en main, je veux dire le balai en joue. » (Vidal, 33.) — « Tenant en main un pinceau, plus vulgairement appelé balai de bouleau. » (La Bédollière.)

PINCE -LOQUE : Aiguille.

(Halbert.) — Elle raccommode les loques.

PINCEZ-MOI ÇA: « Énorme nœud que les femmes portent au bas de la taille, dans le dos, et qui se complète par deux rubans très-larges , très-longs et retombant. » [Figaro, ier février 68.)

PIOCHER: Travailler assidûment. — « Tu peux piocher douze heures par jour. » (Reybaud.)

PIOCHER : Battre. — « Je te pioche, je te fais danser la malaisée. » (Paillet.)

PIOCHEUR : Travailleurassidu. — « Il y avait là de vieux piocheurs qui s’installaient à une table. » (G. Sand.)

P I O L E : Maison, chambre.

(Rabasse.) V. Piaule.

, PIOLET : Gobelet. (Halbert.)

PÏP — 2

PIOLLE : Cabaret. (Grandval.) — De pioller.

PIOLLER : S’enivrer. Vieux mot. — De piot : vin, boisson, qui se retrouve dans notre mot:

pépie.

PIOLLIER : Cabaretier .

(Grandval.)

PION : « C’est le nom du maître d’études... Le pion gagne un morceau de pain tous les jours et 400 francs tous les ans...

et il n’a pas d’autre perspective. »

(Ourliac, 41.)

PION : Ivre. — Du vieux mot pier : boire.

PIONCER : Dormir. — Forme de piausser. — « Nous nous sommes mis à pioncer, nous ne pensions plus à l’appel. » (Vidal, 33.)

PIOU , PIOUPIOU : Jeune fantassin. — Ce doit être le mot piéton avec changement de finales. — « Entre le jeanjean et le tourlourou, il y a un intermédiaire, le pioupiou. » (M. Saint- Hilaire.)

PIPE (Casser sa) : Mourir. — Ceux qui sont morts ne fument plus. — «Casser sa pipe: oh!

c’est déjà vieux! ça a de la barbe.

On a dit depuis casser son crayon et on dit maintenant lâcher la rampe , ou remercier son boulanger, ou dévisser son billard . »

(Villars.)

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