‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 342 sur 622 · V. Baite, Billon, Philippe · texte numérisé non relu

V. Baite, Billon, Philippe

POISSER : Arrêter. (Rabasse.)

— « Au bout d’un an, poissé avec une pesée de gigot que j’allais fourguer. » (Beauvillier.)

POISSER : Enivrer. Mot à mot :

s’imbiber à en devenir poisseux, gluant. — « Quand j’ai vu qu’il allait se poisser, je l’ai aidé à vider les bouteilles; c’était pour le sauver.» (La Correctionnelle.)

POISSEUR : Filou. (Rabasse.)

POISSON : Souteneur. — Abréviation de poisson d'avril, comme le prouve cet exemple :

« On appelle poisson d’avril un poisson qu’on nomme autrement maquereau, et, parce qu’on appelle du même nom les entremetteurs des amours illicites, cela est cause qu’on nomme aussi ces gens-là poissons d'avril. » (Dict. de Trévoux , 1771, art. Avril.) — « Jeune, beau, fort, le poisson ou barbillon est à la fois le défenseur et le valet des filles d’amour qui font le trottoir. » (Ganler.)

POISSON : Verre. — Du vieux mot poçon, tasse. — « J’ n’ suis pas trop pompette, viens, je régale d’un poisson.» ( Les Amours de Jeannette, ch. q3.) V. Camphre, Soiffer.

POI

POL

POITOU : Nulle chose. Mot à mot : point du tout. — Jeu de mots analogue à celui de Niort.

— « Tout esta notre usage. N’épargnons le poitou. » (Vidocq.)

POIVRE : Ivre. — Du vieux mot poipre : pourpre. — Une trogne de buveur s’empourpre volontiers. — « Je voyais bien qu’il était poivre. » (Monselet.)

POIVRE (Ch..r du) : S’enfuir.

POIVRE (Piler du) : V. Piler.

POIVRE ET SEL : « Être vieux et jeune ; poivre et sel, comme on dit de ces chevelures qui ne sont plus brunes et qui répugnent à devenir blanches. «(Monselet.)

POIVREAU : Vol commis par un poivrier. (Rabasse.)

POIVREAU : Ivrogne. — De poivre. — « Je me pique trop le nez, je préfère en finir avec mon existence. Ce sera un poivreau de moins. » ( Moniteur , 10 septembre 72.)

POIVREMENT : Payement.- Poivre, pris dans ce sens, doit remonter au temps reculé où on appelait épices ce qui était dû aux juges pour les frais de justice.

POIVRER : Vendre trop cher.

— On dit aussi : Saler. (Dhautel, 08.)

POIVRER : Donner le mal vénérien. — « Pour se venger d’un homme, elle prit du mal exprès afin de le poivrer. (Tallemant des Réaux, xvne siècle.)

POIVREUR : Payeur.

POIVRIER : Habitude d’intempérance. (Rabasse.)

POIVRIER : Homme ivre. V.

Trou.

POIVRIER : « Voleur dont la spécialité est de dévaliser les ivrognes. » (Canler.)

POIVRIER (Faire le; : Dévaliser les ivrognes. — « Fais-tu toujours le poivrier? — Si je le fais, ce n’est pas vous qui me prendrez. » ( Notes d’un agent.)

POIVRIÈRE : Femme malade, mot à mot : femme qui poivre. — « Va, poivrière de Saint-Côme, je me fiche de ton Jérôme. » (Vadé, 1744.)

POIVROT : Ivre. — Forme de poivreau.

Quand qu’allé rapplique à la niche Et qu’ nous sommes poivrots,

Gare au bataillon d’ la guiche!

C’est nous qu'est les dos.

(Richepin.)

POLICHINELLE : Canon d’eau-de-vie de même capacité que le poisson. C’est l’enfant (en argot. polichinelle) de la chopine.

— « Polichinel... C’est ainsi que les fiacres nomment une chopine en deux verres. » ( Cabarets de Paris, 21.)

POLICHINELLE : Nouveauné. — Comparaison de ses cris aigus à ceux de Polichinelle. — ■ « On lui donne cent francs, et il reconnaît le polichinelle. » (A.

Scholl.)

POLICHINELLE DANS LE TIROIR (Avoir un) : Être enceinte. — « Sais-tu ? lui dit sa femme, je crois avoir un poli-

POL

POL

chineîle dans le tiroir. Le mari comprend : la femme est intéressante. » (Figaro.) — <c La comtesse : C’est-il donc arrivé?

— La marquise : Un polichinelle. — La comtesse : Ciel ! — La marquise : Dans le tiroir, ma chère. — La comtesse : Pauvre petite. » (E. Villars, 66.)

POLIR L’ASPHALTE, Polir le bitume : faire le trottoir, raccrocher.

POLISSON : Bourrelet attaché au-dessus des hanches pour étoffer la croupe. A la mode vers 1823. — «Le polisson, c’était un mouchoir empesé que les dames plaçaient au-dessous de la taille pour donner de l’épaisseur à la démarche et .de l’ampleur aux tissus. » (Léo Lespès, 55.) V. Tournure.

Vainement, je voudrais vous dire Tout ce que cache un polisson.

(E. de Pradel, 23.)

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