POSER ET MARCHER DANS
S’embrouiller, se vendre. (Halbert.) — Allusion scatologique.
POSER UN GLUAU : Prendre, arrêter, emprisonner. — On connaît les effets de la glu. — « Mes anciens compagnons de vol s’étaient fait poser un gluau, et j’étais encore une fois isolé. »
(Lacenaire, 36.)
POSEUR, POSEUSE: Homme qui pose, femme qui pose. Se prend aussi adjectivement. — « Tutoyez les femmes, et si elles protestent contre vos privautés, insinuez brutalement que vous détestez les poseuses. » (Marx.) — « Ces jolis poseurs à vestons de velours. » (P. Véron.)
POSITIVISTE : Doctrinaire de l’école d’Auguste Comte qui a fondé la religion positive. — « Le citoyen Grossetête écrit pour dénoncer la conduite du député positiviste. » {Liberté.)
POSTE AUX CHOUX : C’est ainsi que dans la marine on appelle le canot qui sert, en rade, aux provisions.
POSTÉRIEUR : Derrière. - On dit aussi, par pure délicatesse, le bas du dos, le bas de l’épine dorsale, le bas des reins, les parties charnues, le bienséant, etc., etc.
POSTICHE : Parade de saltimbanque. — « Il s’était acquis une certaine réputation dans le boniment, la postiche et la pa rade. On nomme ainsi le prologue que les saltimbanques
POT
POT
jouent devant leur baraque. »
(Privât d’Anglemont.)
POSTICHE : Rassemblement sur la voie publique.
POSTILLON : <c Un postillon est une boulette de mie de pain pétrie entre les doigts et renfermant un avis adressé à un détenu. » (Canler.) — L’allusion se devine.
POSTILLON : <( On appelle postillon les cartes qui indiquent le début ou la tin d’une passe au baccarat-chemin de fer et à quel tableau aura lieu l’abattage au baccarat-banque. Au chemin de fer il y a autant de postillons que de passes, et l’ensemble des passes s’appelle des séquences. » (Cavaillé.)
POSTILLONS (Envoyer des) :
Crachotter en parlant. — « Les élèves de M. G. projettent ce qu’on appelle des postillons dans un certain monde. » (Marx.)
POTACHE, POTACH1EN :
Collégien. — Le premier mot est une abréviation. Allusion au chapeau de soie, dit pot à chien , porté dans les collèges avant le képi. — « Ecoutez, jeunes potaches, qui au lieu de décliner rosa la rose, allez vous balader. »
[Figaro, 75.) V. Bahut .
POT-AU-FEU : Casanier, arriéré. — « Ce n’est pas cet imbécile qui m’aurait éclairée... il est d’ailleurs bien trop pot-au-feu. »
POT-AU-FEU : «Les faux monnayeurs désignent leur creuset ou leur marmite à fusion sous le nom de pot-au-feu. » (Rabasse.)
POTARD : Apprenti pharmacien. — Allusion aux nombreux pots dont il est gardien.
POTASSE, POTASSEUR : Ce mot désigne un piocheur malheureux, candidat très-laborieux, mais échouant aux examens. — Forme de potache (?)
POTASSER : Travailler assidûment. — « C’est Chauvin.
Oncques ne l’ai vu depuis que nous étions cornichonsensemble au bahut et que nous potassions notre bachot. » (Vie parisienne, 66.)
POTEAU : Camarade. — « Bien réussi un pédé au chantage avec mon poteau Coconas. »(Beauvilliers.)
POTEAUX : Grosses jambes.
(Dhautel.) — Gavarnidéfinitainsi celles d’une danseuse qui ruine ses amants : « Deux poteaux qui montrent la route de Clichy. »
POTIN : Commérage. — « Le petit B. est au milieu des bavardages, des cancans, des potins. »
(Vie parisienne.)
POTIN : Bruit, querelle, chamaillerie. — « La séance de l’Assemblée a été calme... Un instant on nous avait annoncé qu’il y aurait quelque chose, ce qu’en termes de couloirs, on appelle du potin. » (Figaro, mai 75.)
POTINER : Commérer.
POTINEUR , POTINEUSE :
Commère mâle ou femelle.
POTINIER : Même sens que potineur. — « Le Parisien causeur, bavard, potinier que le moindre fait divers passionnait. »
(A. Wolff.)
POU
POU
POUCE! (Et le) : S’emploie pour dire : Il y a beaucoup plus que vous ne prétendez.
. POUCE (Donner le coup de) :
Etrangler.
11 y a aussi le coup de pousse du détaillant qui lui permet de vendre à faux poids avec des balances exactes.
POUCETTE : « Pratiquer la poucette, c’est augmenter son enjeu quand on est certain de gagner. A Paris, les grecs associés pour cette filouterie s’appellent des cousins. » (Cavaillé.) — L’argent s’avance à l’aide du pouce, d’où le mot poucette.
POUCHON : Bourse. (Halbert.) Forme de pochon : petite poche.
POUF : Chute, déconfiture.— « T es pertes que vos trous dans la lune, où vos poufs, pour parler le style du local , lui occasionnent. » (Vidal, 33.) V. Puf.
POUFFIACE : Femme sale, avachie.
POUIC : Rien. (Grandval.) — Du vieux mot^otc.-peu.
POUIFFE : Argent. (Halbert.)
POULAILLER : C’est le dernier étage du théâtre. Les spectateurs y sont juchés comme sur un perchoir. — «Des baignoires, du parterre, de l’orchestre et surtout de l’aérien poulailler. »
(Boué de Villiers.)
POULAINTE : Escroquerie sous prétexte d’échange. (Colom’oey.)
POULE D’EAU : Blanchisseuse. (Halbert.) — Se tient comme cet oiseau sur le bord des cours d’eau.
POULET D’iNDE : Cheval.— « Trois poulets d’Inde et puis monsieur feraient un fringant attelage. » (Vadé, 1755.)
POUPARD, POUPON : Vol préparé de longue main. — La comparaison n’a pas besoin d’explication. — « Un petit poupard que nous nourrissons depuis deux mois. » (E. Sue.)
POUPÉE : Prostituée. Elle s’achète comme un joujou. — « Je m’en fus rue Saint-Honoré pour y trouver ma poupée.»
(Vidal, 33.) — En 1808, on disah poupée à ressorts. Au dernier siècle, on appelait catins les poupées, et il est à remarquer que le synonyme a été pris au figuré dans la même acception.
POUPOULE : Mot d’amitié. — cc Reste avec ta poupoule. » (L.
Lemoine.)
POURRI : Vénal, corrompu.
— « Dans le cas où M. de la Baudraye serait acquis au gouvernement, Sancerre devenait le bourg pourri de la doctrine. »
(Balzac.)
POURRI : Rempli. — « Je suis une femme hors ligne, unique, pourrie de chic. « ( Vie parisienne , 66.) — « Quoique né roturier, de galbe il est pourri. » (Idem.)
POUSSE : Police. — Elle pousse les justiciables en prison. — « Archers , recors ,
exempts, et tout ce que la pousse a nourri de vaillant. »
(Grandval.)
POUSSE (Ce qui se) : L’argent.
Mot à mot : ce qui se pousse de la main à l’instant où l’on paye.