‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 349 sur 622 · POSER ET MARCHER DANS · texte numérisé non relu

POSER ET MARCHER DANS

S’embrouiller, se vendre. (Halbert.) — Allusion scatologique.

POSER UN GLUAU : Prendre, arrêter, emprisonner. — On connaît les effets de la glu. — « Mes anciens compagnons de vol s’étaient fait poser un gluau, et j’étais encore une fois isolé. »

(Lacenaire, 36.)

POSEUR, POSEUSE: Homme qui pose, femme qui pose. Se prend aussi adjectivement. — « Tutoyez les femmes, et si elles protestent contre vos privautés, insinuez brutalement que vous détestez les poseuses. » (Marx.) — « Ces jolis poseurs à vestons de velours. » (P. Véron.)

POSITIVISTE : Doctrinaire de l’école d’Auguste Comte qui a fondé la religion positive. — « Le citoyen Grossetête écrit pour dénoncer la conduite du député positiviste. » {Liberté.)

POSTE AUX CHOUX : C’est ainsi que dans la marine on appelle le canot qui sert, en rade, aux provisions.

POSTÉRIEUR : Derrière. - On dit aussi, par pure délicatesse, le bas du dos, le bas de l’épine dorsale, le bas des reins, les parties charnues, le bienséant, etc., etc.

POSTICHE : Parade de saltimbanque. — « Il s’était acquis une certaine réputation dans le boniment, la postiche et la pa rade. On nomme ainsi le prologue que les saltimbanques

POT

POT

jouent devant leur baraque. »

(Privât d’Anglemont.)

POSTICHE : Rassemblement sur la voie publique.

POSTILLON : <c Un postillon est une boulette de mie de pain pétrie entre les doigts et renfermant un avis adressé à un détenu. » (Canler.) — L’allusion se devine.

POSTILLON : <( On appelle postillon les cartes qui indiquent le début ou la tin d’une passe au baccarat-chemin de fer et à quel tableau aura lieu l’abattage au baccarat-banque. Au chemin de fer il y a autant de postillons que de passes, et l’ensemble des passes s’appelle des séquences. » (Cavaillé.)

POSTILLONS (Envoyer des) :

Crachotter en parlant. — « Les élèves de M. G. projettent ce qu’on appelle des postillons dans un certain monde. » (Marx.)

POTACHE, POTACH1EN :

Collégien. — Le premier mot est une abréviation. Allusion au chapeau de soie, dit pot à chien , porté dans les collèges avant le képi. — « Ecoutez, jeunes potaches, qui au lieu de décliner rosa la rose, allez vous balader. »

[Figaro, 75.) V. Bahut .

POT-AU-FEU : Casanier, arriéré. — « Ce n’est pas cet imbécile qui m’aurait éclairée... il est d’ailleurs bien trop pot-au-feu. »

POT-AU-FEU : «Les faux monnayeurs désignent leur creuset ou leur marmite à fusion sous le nom de pot-au-feu. » (Rabasse.)

POTARD : Apprenti pharmacien. — Allusion aux nombreux pots dont il est gardien.

POTASSE, POTASSEUR : Ce mot désigne un piocheur malheureux, candidat très-laborieux, mais échouant aux examens. — Forme de potache (?)

POTASSER : Travailler assidûment. — « C’est Chauvin.

Oncques ne l’ai vu depuis que nous étions cornichonsensemble au bahut et que nous potassions notre bachot. » (Vie parisienne, 66.)

POTEAU : Camarade. — « Bien réussi un pédé au chantage avec mon poteau Coconas. »(Beauvilliers.)

POTEAUX : Grosses jambes.

(Dhautel.) — Gavarnidéfinitainsi celles d’une danseuse qui ruine ses amants : « Deux poteaux qui montrent la route de Clichy. »

POTIN : Commérage. — « Le petit B. est au milieu des bavardages, des cancans, des potins. »

(Vie parisienne.)

POTIN : Bruit, querelle, chamaillerie. — « La séance de l’Assemblée a été calme... Un instant on nous avait annoncé qu’il y aurait quelque chose, ce qu’en termes de couloirs, on appelle du potin. » (Figaro, mai 75.)

POTINER : Commérer.

POTINEUR , POTINEUSE :

Commère mâle ou femelle.

POTINIER : Même sens que potineur. — « Le Parisien causeur, bavard, potinier que le moindre fait divers passionnait. »

(A. Wolff.)

POU

POU

POUCE! (Et le) : S’emploie pour dire : Il y a beaucoup plus que vous ne prétendez.

. POUCE (Donner le coup de) :

Etrangler.

11 y a aussi le coup de pousse du détaillant qui lui permet de vendre à faux poids avec des balances exactes.

POUCETTE : « Pratiquer la poucette, c’est augmenter son enjeu quand on est certain de gagner. A Paris, les grecs associés pour cette filouterie s’appellent des cousins. » (Cavaillé.) — L’argent s’avance à l’aide du pouce, d’où le mot poucette.

POUCHON : Bourse. (Halbert.) Forme de pochon : petite poche.

POUF : Chute, déconfiture.— « T es pertes que vos trous dans la lune, où vos poufs, pour parler le style du local , lui occasionnent. » (Vidal, 33.) V. Puf.

POUFFIACE : Femme sale, avachie.

POUIC : Rien. (Grandval.) — Du vieux mot^otc.-peu.

POUIFFE : Argent. (Halbert.)

POULAILLER : C’est le dernier étage du théâtre. Les spectateurs y sont juchés comme sur un perchoir. — «Des baignoires, du parterre, de l’orchestre et surtout de l’aérien poulailler. »

(Boué de Villiers.)

POULAINTE : Escroquerie sous prétexte d’échange. (Colom’oey.)

POULE D’EAU : Blanchisseuse. (Halbert.) — Se tient comme cet oiseau sur le bord des cours d’eau.

POULET D’iNDE : Cheval.— « Trois poulets d’Inde et puis monsieur feraient un fringant attelage. » (Vadé, 1755.)

POUPARD, POUPON : Vol préparé de longue main. — La comparaison n’a pas besoin d’explication. — « Un petit poupard que nous nourrissons depuis deux mois. » (E. Sue.)

POUPÉE : Prostituée. Elle s’achète comme un joujou. — « Je m’en fus rue Saint-Honoré pour y trouver ma poupée.»

(Vidal, 33.) — En 1808, on disah poupée à ressorts. Au dernier siècle, on appelait catins les poupées, et il est à remarquer que le synonyme a été pris au figuré dans la même acception.

POUPOULE : Mot d’amitié. — cc Reste avec ta poupoule. » (L.

Lemoine.)

POURRI : Vénal, corrompu.

— « Dans le cas où M. de la Baudraye serait acquis au gouvernement, Sancerre devenait le bourg pourri de la doctrine. »

(Balzac.)

POURRI : Rempli. — « Je suis une femme hors ligne, unique, pourrie de chic. « ( Vie parisienne , 66.) — « Quoique né roturier, de galbe il est pourri. » (Idem.)

POUSSE : Police. — Elle pousse les justiciables en prison. — « Archers , recors ,

exempts, et tout ce que la pousse a nourri de vaillant. »

(Grandval.)

POUSSE (Ce qui se) : L’argent.

Mot à mot : ce qui se pousse de la main à l’instant où l’on paye.

Page 1