‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 348 sur 622 · POR · texte numérisé non relu

POR

PORTE BIEN (Qui se) : Vigoureux, fort. — « Je lui fiche une paire de gifles qui se portaient bien. » (Petit Moniteur du 20 juillet 66.)

Il se porte bien se dit ironiquement d’un homme gris.

PORTEFEUILLE : Lit. — Le coucheur s’y glisse comme un papier dans un portefeuille. — « Il est temps d’aller nous glisser dans le portefeuille, comme disent les troupiers. » (A. Lecomte, 61.)

PORTE-MAILLOT: Figurante bonne à porter des maillots, mais incapable de jouer un rôle.

— « Je vous demande un peu !

une porte-maillot comme ça. »

(Gavarni.)

PORTE-MINCE: Portefeuille.

(Vidocq.) — Mot à mot : portepapier.

PORTE-MORNIF : Porte-monnaie. (Rabasse.)

PORTE-PIPE : Bouche. — « Si je lui payais la goutte, car il aime furieusement à se rincer le porte pipe. » (Vidal, 33.)

PORTE DE PRISON : Personne revêche. (Dauthel.) — «Les Avignonnais qui sont aimables comme des portes de prison. »

(Commentaires de Loriot.)

PORTE-POIGNE : Gant. (Rabasse.) C’est à la poigne qu’on le porte.

PORTE-TRÈFLE : Culotte.

(Vidocq.) — Mot à mot : porte de l’anus.

PORTÉE : Filouterie de baccarat. — « La portée consiste en un paquet de cartes préparées...

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de telle manière que le banquier ait pendant un certain nombre de coups un point supérieur. » (Cavaillé.)

PORTER (En) : Être trompé.

Mot à mot : porter des cornes.

— « Dis donc, Miroux..., de quoi donc que madame Miroux te fait porter? » (Gavarni.)

PORTER A LA PEAU : Exciter le désir. — « Cette créature porte à la peau. » (L. de Neuville.)

PORTRAIT : Figure. — Effet pris pour la cause. — « Je m’allonge. Mais v’ià-t-il pas ma patte gauche qui lâche le trottoir. Je m’étale et je me dégrade le portrait. » (Monselet.) — « Lord Seymour criait à Drake :

Tape au portrait, c’est-à-dire :

vise à la figure. » (Villemessant.)

POSE : Étalage mensonger, attitude maniérée, vaniteuse. — «L’amour platonique !... en voilà une pose ! » (Gavarni.)

POSER : Mettre en évidence. Le Dictionnaire de l’Académie admet le verbe poser dans le sens de « faire étalage, chercher à paraître ce qu’on n’est pas. » — «Voilà un ménage qui pose une femme. » (Balzac.)

POSER (Faire) : Mystifier. — «Il croyait toujours qu’on allait ce qui s’appelle le faire poser et se moquer de lui. » (Méry.)

POSER SA CHIQUE : Garder le silence. On a commencé par dire poser sa chique et faire le mort .

Le roi règne sans gouverner.

Si le nôtre, un jour, s'en écarte,

Qu’il aille interroger la Charte !

Elle lui répondra d’abord :

Pos’ ta chique et fais 1* mort.

(J. Leroy.)

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