‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 386 sur 622 · ROY - 322 — RUE · texte numérisé non relu

ROY - 322 — RUE

de police. Du vieux mot rouchin :

rosse, mauvais chevai. — « C’était l’agent de change que suivaient les roussins. » (Vidocq.) — «A quoi penses-tu ? tu bois avec des rousses. » (Chenu.)

ROUSSE : Police. — « Ils croient voir partout la rousse. »

(Paillet.)

ROUSSI : Mouchard de prison.

(Colombey.)

ROUSSIN : V. Rousse.

ROUSSINER : Faire arrêter par la police.

On vous roussine,

Et puis la tine

Vient remoucher la butte en rigolant.

(Lacenaire.)

ROUSTI (Être) : être arrêté.

(Rabasse.)

ROUSTIR : Escroquer. — « La plupart des banquistes ont un truc pour roustir les gonzes, c’est-à-dire une supercherie pour attraper les bonnes gens. » ( A voitures de Sharp, 1789.)

ROUSTISSEUR, EUSE :

Voleur, voleuse. — « On accuse donc c’te pauvre fille d’être une roustisseuse et d’avoir fait sauter l’argenterie. » (Voizo.)

ROUSTISSURE : Volerie, chose ne valant rien.

ROUSTURE : Homme en surveillance de la police. (Halbert.)

ROYALE : « Louis XIII rasait bien, et un jour il coupa la barbe à ses officiers et ne leur laissa qu’un petit toupet au menton. » (T. des Réaux.) De là sans doute ce mot, dit Monmerqué. La royale devint 17m-

périale sous le régime napoléonien.

RUBAN DE QUEUE : Longue étendue de route tranchant à l’œil comme un ruban sur la terre où ses courbures lui donnent l’aspect d’une queue d’animal. — « Comme ces grandes routes, rubans de queue de quatre ou cinq lieues de long qui, rien qu’à les voir toujours toutes droites, vous cassent les jambes. » (E. Sue.)

RUDE : Remarquable. — « Mon vieux sabre, tu peux te vanter d’appartenir à un rude lapin. »

(About.) V. Raide, Balle , Doux.

RUDEMENT : Remarquablement. — « Faut que je sois rudement malheureuse. » ( Vie parisienne, 66.)

RUE AU PAIN : Gosier. C’est par là que les aliments passent.

— « Commence, mon vieux, par arroser la rue au pain, dit la chiffonnière en remplissant le verre du voisin. » (C. Rabou.)

RUE DE RIVOLI : Six de jeu de cartes. (Alyge.) — Allusion à son aspect aligné et régulier.

RUER A LA BOTTE : Être susceptible. — Allusion aux chevaux chatouilleux qui ne peuvent sentir l’approche de l’éperon. — Terme de cavalier.

RUETTE : Gosier. Même allusion que dans rue au pain. — Dans le Compliment de Jérôme, Fanchon et Cadet, Jérôme, qui a chanté mal, dit : « Vous sentez qu’un homme n’a pas le passage de la ruette fait pour la musique. »

[Catéchisme poissard, 40.)

SAB

SAB

RUP, RUPART, RUPIN, RU- PINÉ : Élégant, homme riche, — Du vieux mot drup , drupe :

homme distingué. V. le Dict.

de Lacombe (1760). — « Madame, en v’ià un rup ! il m’a dit de garder la monnaie pour moi. »

(Jaime.) — « Pour enfoncer un rupiné je sers d’exemple. Malheur à qui contemple mon petit minois chiffonné. » (Mouret.) — Se prend adjectivement. — « Tu étais dans une société assez rup.»

(Montépin.) — «Faisons un bout de toilette ! que chacun soit rupin. » (Chenu.)

RURAUX : Les agitateurs de la

Commune donnaient ce nom aux membres de l’Assemblée nationale à Versailles. — « Hier, 3o mars, les ruraux n’ont point tenu de séance. Sont-ils retournés à la messe, sont-ils allés à vêpres, nous l’ignorons. » (Le Vengeur, 3i mars 71.)

RUSTIQUE : Greffier. (Halbert. )

RUSTIQUE (n’être pas): N’Stre pas vigoureux. Du vieux mot ruste : fort.

RUSTU : Greffe. (Halbert.)

RUTIÈRE : Raccrocheuse volant dans la rue. (Colombey.)

SABLE : Estomac. (Halbert.) — Vieux mot, d’où notre verbe sabler : boire.

SABLER : Assommer avec une peau d’anguille bourrée de sable. (Vidocq.)

SABOCHE : Homme qui déplaît. (Halbert.)

SABOT : Voiture, navire. — Triple allusion de forme.

SABOT : Violon. — «Jeune homme! emparez-vous de ce sabot. » (Dumersan.)

SABOULER : Battre, cogner.

— Vieux mot. — « Vous me saboulez la tête avec vos mains pesantes. » (Molière, Comtesse d’ Esc ar baguas .) — « Je te tanne le casaquin , je te saboule. »

j (Paillet.)

SABOULER : Crier. (Halbert.) Décrotter. (Vidocq.)

SABOULEUR: Décrotteur.

(Vidocq.)

SABOULEUX : Faux épileptique. (Vidocq.)

SABRE : Bâton. (Grand val.)

SABRENOT : Savetier. (Halbert.)

SABRER : Auner. (Id.) De sabre : bâton et par extension aune.

SABREUR, TRAINEUR DE SABRE : Militaire bruyant et fanfaron. — « Vous me faites pitié, tout sabreur que vous êtes. » (P. Borel, 33.)

SABRI : Forêt. (Halbert.) Ôn s'abrite à son ombre. V . Rebâtir.

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