‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 387 sur 622 · SAC · texte numérisé non relu

SAC

SABRIEUX : Voleur de bois.

SAC (avoir le) : Avoir de l’argent. Mot à mot : avoir le sac aux écus. — « A-t-elle le sac ?

Cela veut dire en langage des halles : A-t-elle de l’argent? »

(G. de Nerval.)

SAC (cracher dans le). V. Raccourcir.

SAC (donner le) : Mettre à la porte.

SAC (homme à) : « Le bailleur de fonds, c’est ce qu’on appelle en argot de théâtre, un homme à sac, sac d’argent bien entendu. »

(De Jallais, 1854.) — En avoir plein son sac : Etre complètement ivre. — « Laissons-le reposer, il en a plein son sac. » (Chenu.) — Mettre dans son sac : Dévorer un affront sans pouvoir le venger. — « Le montreur de bêtes fut donc obligé de mettre les calottes dans son sac. » (E. Sue.)

SAC -A- PAPIER : « A l’ouvrage, messieurs 1 Sac-à-papier !

on ne fait rien ici. » (Balzac.) — Juron exprimant l’ennui d’être dans une situation embrouillée.

Sac -à-papiers se. disait autrefois de la réunion des pièces d’un procès qui se plaçaient dans un sac de toile.

SACRE : Argent. (Halbert.)

SACRE : Sergent de Ville. (Id.) Acception figurée de sacre qui signifiait jadis oiseau de proie.

SACREBLEU, SACREDIEU, SACRELOTTE , SACRISTIE , SACRÉ NOM, SACRÉ TON¬ NERRE : Jurons chargés d'exprimer indifféremment la colère, la joie, la surprise ou le chagrin.

— On a dit ensuite Saprebleu, Saprelotte ; puis, en abrégeant, Crebleu, Crelotte, Prelotte, Pristie, Nom d’un ..., etc., etc.

L’idée d’évocation divine fut d’abord contenue dans toutes ces locutions. On prenait Dieu et les choses sacrées à témoin de tel ou tel fait; Sacré nom d’un petit bonhomme s’adresse à Jésus enfant. Aujourd’hui on prononce ces jurons à propos de tout, sans penser à leur signification primitive fort défigurée, il est vrai, par les abréviations qu’a entraînées le désir de satisfaire à l’habitude, sans avoir l’air de blasphémer.

SACRÉ CHIEN : Eau-de-vie et par extension : feu, flamme artistique ou littéraire. — « Vous nous râperez le gosier avec le trois-six et le sacré chien dans toute sa pureté. » (Th. Gautier 33.) — « Les voilà parties chez Caplain où elles demandent un demi-septier de sacré chien. »

(Vadé, 1788.) V. Chien.

SACREMENT : Sacrement du mariage. — cc Oscar m’offrit le sacrement. » (Festeau.)

SACRISTAIN : Amant ou mari de maquerelle. (Vidocq.) V.

Marlou.

SACRISTIE : Juron. V. Sacrebleu.

SAFRAN (Accommoder au) :

Faire une infidélité conjugale.

— Allusion de couleur. — « Je ne suis pas fâché qu’elle ait accommodé au safran ce voltigeur de Louis XIV. » (E. Augier.)

SAINDOMME : tabac. (Rabasse.)

SAL

SAL

SAINT-GEORGES : Cavalier et tireur d’épée aussi accompli que l’était le chevalier du même nom au xvme siècle. « Tu passes dans le monde pour un Saint- Georges. » (Ricard.)

SAINT-JEAN (Être de la) :

Etre bête et crédule. « Oh ! je ne suis pas de la Saint-Jean ! je ne prends pas des crapauds pour des grenouilles. » (P. de Kock.)

SAINT-JEAN (n’être que de la) : Être de qualité inférieure.

SAINT-JEAN (faire le) : Oter son chapeau pour donner un signal à ses complices. (Colom-, bey.)

SAINT-LAZ (confrérie de) :

Monde de la prostitution. — On sait que la prison de Saint-Lazare lui est spécialement affectée.

Abréviation. — « De Saint- Laz je connais toute la confrérie. »

(L. de Neuville.)

SAINTE N’Y TOUCHE : Jeune fille qui fait la sainte et qui n’a pas l’air d’y toucher, qui se tient avec affectation en dehors de tout ce qui est mondain. « Je serais désolé de ne trouver parmi les jeunes personnes que des saintes n’y touche ou de petites grues. »

(E. Villars.)

SAIS (tu) : Locution fréquemment employée et précédant toujours une menace ou un avertissement peu agréable. « Ah ! tu sais, baise cadet... (baise mon c-1). Garçon! deux litres de vieille ! » (Zola.)

SALADE : Fouet. (Colombey.) Il vous sale.

SALAMALEC : Salutation

cérémonieuse. Importation arabe. — Une caricature de Grandville (i83o) représente le fusilier Dumanet dans le harem du dey d’Alger, avec cette légende : « Assez de salamaleck comme ça... qu’on m’apporte de suite vingt sultanes, avec le brûle-gueule du dey. »

SALADE : Réponse. — Jeu de mots. Il y a une espèce de salade qu’on nomme raiponce. — « Voilà notre dernier mot. Nous attendrons ta salade. » (Vidocq.)

SALBIN : Serment. (Halbert.)

SALBINER : Prêter serment.

SALÉ (morceau de) : Enfant nouveau né. (Rabasse.)

SALER : Faire payer trop cher. — Même allusion que dans épicier. — « Les Chamouillez ont paré une de leurs chambres dans l’espoir de la louer à un prix salé. » (E. d’Hervilly.)

SALER : Critiquer, gronder vivement. — Allusion à l’action mordicante du sel. — « N’oubliez pas que vous m’avez promis d’oublier votre douce bonté, et salez-moi bien cet article. »

(Geoffroy, Journal des Débats.

— Lettre à Mme de Valory, io.)

SALIÈRES: Cavités pectorales.

(Dhautel.) Mot à mot : cavités aussi prononcées que celles d’une salière. — On dit d’une femme maigre décolletée qu’elle montre ses salières. — « Je me vois refuser un quadrille par la petite G... qui a un million dans chacune de ses salières. » ( Vie parisienne, 66.)

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