SAP
SALIN : Jaune. (Halbert.)
SALIR : Vendre un objet volé. (Rabasse.) Forme altérée de Solir.
SALIVERGNE, SALIVERNE :
Écuelle, salade. (Vidocq.)
SALLE DE PAPIER : « C’est, en argot théâtral, une salle remplie à l’aide d’entrées de faveur.
Allusion aux billets donnés. »
(Hostein.)
SALLÉ A LA BANQUE (demander du) : Veut dire demander de l’argent d’avance dans une imprimerie. (Moisand, 41.)
SALONNIER : Critique d’art chargé par un journal de parler de l’exposition artistique annuelle dite Salon de peinture.
« Voici les noms des Salonniers de la Presse Parisienne pour l’exposition de 1876. » ( Vie littéraire.)
SALSIFIS : Doigts. — L’allusion n’a pas besoin de s’expliquer. « Je lui serre d’avance et cordialement les salsifis. » (Tam- Tam, 76.)
SANG DE POISSON : Huile.
(Vidocq.)
SANGLIER : Prêtre. — Jeu de mots. Le sanglier ou sans-glier est le sans-diable. (V. Glier.) Allusion à la mission divine du prêtre qui est d’enlever les condamnés au démon? V* Hariadan.
SANS CHASSES : Aveugle.
Mot à mot : sans yeux.
SANS-CŒUR : Usurier. (Vidocq.)
SANS CONDÉ : Clandestinement, sans permission. Condé
est un vieux mot du Nord qui à le sens de pièce officielle.
SANS-CULOTTES : Républicain terroriste dont les jambes dédaignaient les culottes courtes.
— Après avoir désigné le costume, le nom de sans culottes désigna l’opinion. — « Mais le sansculotte Jésus n’a pas dit dans son livre. » (Camille Desmoulins, 1790.)
SANS-DOS : Tabouret. (Vidocq.) — Le tabouret est sans dossier.
SANS LE SOU : Pauvre. — «Farnèse fit un mouvement ; elle avait senti le sans le sou. »
(Jaime.)
SANTU : Santé. (Grandval.) — Changement de finale.
SAP : Cercueil de sapin. Abréviation. — « Avant d’être mis dans le sap. » (Festeau.)
SAPEMENT : Condamnation.
« Au bout d’un an, poissé !...
Deuxième sapement. » (Beauvillier.)
SAPER : Condamner. Mot à mot : abattre. V. Copeaux.
SAPERLIPOPETTE : C/est un saprelotte délayé. « Mais saperlipopette ! que ça ne nous amène pas un nouvel Empire! » (A..
Karr, 76.)
SAPIN : Planche. (Halbert), et par extension, cercueil.
SAPIN : Soldat. (Colombey.)
SAPIN : Fiacre. — On lit dans un pamphlet de la révolution de 1 789 ( VA pocalypse ) : —
« M. Desmoulins, l’abbé Noël, MM. de Beaumont et Keralio avaient loué pour toute la soirée
SAU
SAU
un sapin national pour se faire voir dans la promenade. »
SAPIN (sentir le) : Faire pressentir une mort prochaine. — On dit : Voilà une toux qui sent le sapin. — Usité dès 1808. — « Pliée en deux par une toux qui sonnait joliment le sapin. »
(Zola.)
SAPREBLEU, SAPRELOTTE:
Jurons. — C’est le sacrelotte et le sacrebleu des gens qui ne veulent pas sacrer , par scrupule de conscience. « Jouissons de notre reste , saprelotte ! » (De Goncourt.)
SAPRISTI : Juron. Forme de sacristi due à la même cause que ci-dessus.
SARDINES : Galons de sousofficier. — Allusion de forme et de brillant. — « L’un portait la sardine blanche. » (Nadaud.)
SATISFAIT : Député conservateur , satisfait de l’ordre de choses.
SATOU, SATTE : Bois, bâton, forêt. —Vieux mot. V. Greffier.
SATOUSIER : Menuisier. (Vidocq.)
SAUCE (donner une) : Gronder. (Dhautel.) — On dit de même : bien accommoder quelqu’un.
SAUCÉ : Mouillé jusqu’aux os. (Dhautel.)
SAUTER : Puer. (Halbert.) — Ça saute est un augmentatif de ça danse. Allusion aux vers produits par la décomposition.