‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 405 sur 622 · TEN · texte numérisé non relu

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TAUPES (Royaume des) : « Il est au royaulme des taupes, il est mort. » (Oudin, 1640.)

TAUPIER : Égoïste. (Idem.)

TAUPIN : Élève de mathématiques spéciales. — « Le simple taupin, le candidat qui se présente à la colle d’admission à l’École polytechnique, possède déjà des connaissances supérieures.» (La Bédollière.)

TEINT (bon) : Véritable, authentique. — Allusion aux étoffes mauvais teint qui ne durent pas. — On dit mauvais teint pour faux , mensonger. — « Une vraie comtesse ?... Tout ce qu’il y a de meilleur teint. » (Brunesœur.)

TEINTÉ : Enluminé par l’ivresse.

TEINTURIER : Marchand de vins frelateur. — « Enfoncé Desnoyer le teinturier et son vin ! »

(E. Bourget, 1845.)

TEINTURIER : cc Tous les hommes politiques ont besoin d’avoir auprès d’eux des soushommes politiques ou des supérieurs qu’ils consultent, qu’ils laissent écrire ou qu’ils s’assimilent .. Dans le style des affaires publiques, ceux qui exercent cette influence s’appellent des teinturiers, parce qu’en effet ils se chargent de donner de l’étoffe à des hommes d’État des couleurs différentes.» (Roqueplan.)

Il y a aussi des teinturiers littéraires. On lit dans les Mémoires secrets (25 sept. 1775) : «La comtesse de Beauharnais a fait j présenter une come'die. Elle a été

reçue : on ne doute pas que le sieur Dorât ne soit son teinturier. »

TEMPÉRAMENT (à) : A crédit. Mot à mot : en tempérant l’obligation de payer. « Vous me payerez quand vous pourrez, à tempérament. » [Alm. du Hanneton , 67.)

TEMPLE : Manteau. (Colombey.)

TEMPS (voir le coup de) :

Prévoir à temps pour parer. — Terme d’escrime. (Dhautel, 08 )

En deux temps : En un instant. — Terme d’escrime. — « En deux temps, j’ remouque et j’ débride. » (Halbert.) — « En deux temps sa lessive est faite. »

[Le Casse-Gueule , ch. 41.)

Prendre des temps de Paris signifie, au théâtre, préparer ce que l’on a à dire par une pantomime pour augmenter l’effet. Le mot a été inventé par des comédiens de province. (Gouailhac.)

TENANTE : Chopine. (Halbert.)

TENIR (en) : Aimer d’amour.

— « Est-ce de l’amour ? Alors, il faut qu’elle en tienne furieusement, puisqu’elle fait de tels sacrifices. « (Ricard.)

TENIR (se), TENIR SUR SES PIEDS : Être bien composé, bien agencé. Se dit d’une œuvre littéraireou dramatique. — « Passez-moi le manuscrit : ça a l’air de se tenir sur ses pattes. »(Al>n. du Hanneton, 67.)

TENIR (se) : Se bien conduire, se faire respecter. C’est l’opposé de se laisser aller.

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TERNAUX : Châle de la fabrique Ternaux. — « Elle prit un schale de coton ; — le ternaux était au... Mont-de-Piété.» (Ricard.)

TERRER : Tuer. — Mot à mot : enterrer. — « Dans dix ans, je reviendrai pour te terrer, dussé-je être fauché. » (Balzac.)

TERRIÈRE : Raccrocheuse hantant les terrains vagues. (Rabasse.;

TÊTARD : Homme de lettres.

(Rabasse.)

TÊTE (faire sa) : Prendre de grands airs, — a Tu y gagnes d’avoir l’exercice une fois de plus par jour pour apprendre à faire ta tête. » (Vidal, 33.)

TÊTE CARRÉE, TÊTE DE CHOUCROUTE : Allemand. — « On ne résiste pas à tant d’attraits. La tête du baron, une tête carrée pourtant, tourne. » (E.

Villars.)

TÊTE DE TURC : Plastron, homme en but à toutes les attaques. — Allusion à la tête de turc couronnant les mécaniques sur lesquelles on frappe aux jours de foire pour éprouver la force de son poing. — « M. Duvergier de Hauranne est écouté.

Mais comme il faut une tête de turc à l’Assemblée, le général X... devient le souffre douleur.» ( Paris-Journal .)

TÊTES DE CLOUS : Caractère usé. — « Un journal, tiré sur papier à sucre, avec des caractères flétris du sobriquet

de têtes de clous. » (Vilîemes* sant.)

TÉZIGUE : Toi. V. Zigue.

THIÉRISME : Sympathie pour la politique de M. Thiers. — «Ce journal flotte entre ledroit divin, le radicalisme, l’orléanisme et le thiérisme sans se brouiller avec l’Empire. » (Giraudeau.)

THOMAS : Baquets faits en forme de petits tonneauxdéfoncés par le haut... avec des oreilles en fer de façon à être tran sportés et vidés facilement. — Équivoque sur les mots vide Thoma de l’hymne populaire de Pâques. — « Ce serviable meuble est baptisé du nom de Thomas. » (A.

Lecomte, 61.) On l’appelle aussi job. — « Parmi les consignés occupés à passer la jambe a Thomas (vider les baquets d’urine.) » (La Bédollière.)

THUNE : Argent. V. Bille , Tune.

TIGNASSE, TIGNE : Chevelure en désordre. — Du vieux mot tigne : teigne. V. Aplomb.

TIGNE (la) : Le monde. (Rabasse.)

TIGRE : Groom. — « Leur chapeau à cocarde noire, leurs bottes à retroussis, leur veste bleue et leur gilet bariolé, couvrent des gamins arrachés au plaisir de la pigoche. » (A. Deriège, 1841.)

TIGRE : « Le rat débute et danse un pas seul; son nom a été sur l’affiche en toutes lettres; il passe tigre et devient premier, second, troisième sujet. » (Th.

Gautier.)

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TIP : Prophétie, annonce de tipster.

TIPSTER : Homme faisant métier d’annoncer à des abonnés les succès probables sur les champs de courses. Littéralement : prophète. (Parent.) Angl.

TIQUER : Voler à la care. (Colombey.)

TIRADES : Fers de forçat.

(Rabasse.) Ils sont tirés par la jambe.

TIRAGE (il y a du) : c’est long, c’est difficile. — Terme de cocher. Plus le chemin est rude, plus le cheval tire. — « Autrefois il avait eu joliment du tirage. Mais le travail menait à tout. » (Zola.) — « On tirait au sort. Un tire, prend un bon numéro... Courage, les autres! Moi, j’en suis sorti sans trop de tirage. » (Flair.)

TIRANT : Bas. — On le tire pour le mettre. — « Ses tirants et sa montante, et son combre galuché, son frusque, aussi sa lisette. » (Vidocq.)

TIRANTE : Jarretière. (Halbert.)

TIRANT RADOUCI : Bas de soie. ( Petit Dict. d’ Argot, 44.) — Jeu de mots.

TIRE ( faire la) : Voler à la tire. — « Ils font la tire à la chicane, en tournant le dos à celui qu’ils dépouillent. » (Du Camp.)

TIRE-BOGUES : Voleur de montre. (Vidocq.)

TIRE-FIACRE : Viande dure.

(Rabasse.)

TIRE-JUS ; Mouchoir (08).

TIRE-MOMES : Accoucheuse.

V. Afome. — Autrefoison disait madame Tiremonde. Le. Dictionnaire de Trévoux donne cette expression comme proverbiale.

TIRER : Passer, achever. — Un troupier libérable dans un semestre dit : « J’ai encore six mois à tirer. »

TIRER : Voler à la tire. — « Vous commencez par tirer en valade, puis au grand truc vous marchez en taiïant. » (Lacenaire, 36.)

Tirer le chausson : S’enfuir.

(Moreau Chr.)

TIRER (se la), SE TIRER :

S’enfuir.

TIRER A LA LIGNE : Amplifier dans le seul but de gagner plus d’argent.

TIRER D’ÉPAISSEUR (se) :

Sortir d’embarras. ( A Imanach des Débiteurs. 5i.)

TIRER DE LONGUEUR (la):

Abréviation de tirer une carotte de longueur.

TIRER LA FICELLE : Passer à un autre, comme les montreurs de diorama qui tirent la ficelle pour amener un autre décor. — « Sur leurs discours, crois-moi, tir’ la ficelle. » (Debraux.)

TIRER L’ÉCHELLE : Cesser par impossibilité d’aller plus loin. Mot à mot : de monter plus haut. Très-usité quand on termine une énumération de choses étonnantes.

TIRER L’ŒIL : Attirer l’œil.

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