‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 474 sur 622 · CAI · texte numérisé non relu

CAI

ÇA (il a de) : Il a de l’argent, il a du courage. — ELLE A DE ÇA : Elle a des appas. (Rigaud.)

— IL Y A DE ÇA : Il y a de l’argent.

CABANDE,CABOMBE : Chandelle. — Jargon d’ouvrier. (Rigaud.)

CABASSER: Bavarder.-— CA- BASSEUR: Cancanier. (Delvau.)

— Du verbe cabosser : bosseler, pris au figuré.

CABOCHARD : Tête. — Augmentatif de Caboche. V. Rien.

CABOCHON : Contusion. ( Id .)

CABOMBE : V. Cabande.

* CABOT : Chien. V. Cabo, p. 67.

* CABOULOT : Étymologie :

Vieux mot qui a signifié d’abord cabane , puis guinguette.

CACA : Double-quatre de dominos. (Rigaud.) — Redoublement de la première syllabe de quatre.

CACHE-MISÈRE : Vêtement boutQnffé jusqu’au menton, pour dissimuler l’absence de chemise. (Delvau.)

CACHE-FOLIE : Postiche en cheveux (Rigaud), caleçon. (M.

Tourneux.)

CACHEMAR, CACHEMINCE, CACHEMUCHE : Cachot. (Rigaud.) — Changement de finale.

CADAVRE : Corps. — Ironie philosophique et religieuse. — « SE METTRE QUELQUE CHOSE DANS LE CADAVRE :

Manger. » (Delvau.)

CADOR : Chien. CADOR DU QUART : Secrétaire du commissaire. Jargon de voleurs.

(Rigaud.) V. Chien de commissaire, Quart d’œil. — Du mot de langue d’oc cadel : petit chien.

CAD R AT IN : Chapeau de haute forme. (Boutmy.) — Allusion à la forme du cadratin d’imprimerie.

CAGE : « A Paris, l’ouvrier a donné le nom de cage à tout atelier recouvert de vitres. » (Ladimir.)

CAGNE : Agent de police. — Pour cogne. (Rigaud.)

CAHUAH : « Par ce nom, les soldats qui ont été en Afrique désignent le café. » — POUSSE- CAHUAH : Eau-de-vie. Mot à mot : pousse-café. (D. Lacroix.) — Ce doit être un équivalent du mot indigène.

CAILLASSE : Caillou. Argot du peuple. (Delvau.) — Changement de finale.

CAILLOU : Nez. {Id.)— Allusion de forme.

CAISSE D’ÉPARGNE : La bouche. (Id.) — Jeu de mot des buveurs qui y font des versements

CAL

CAM

quotidiens. — On le peut prendre ironiquement aussi, car c’est là que se place tout l’argent du pauvre monde.

CALANCHER : Mourir. Argot de vagabonds. (Delvau.) — Augmentatif de caler : ne rien faire. La mort est le repos éternel.

CALANDE : Promenade. Jargon de voleurs. (Rigaud.) — Mot à mot : action de caler (ne rien faire). V. page 71.

CALANDRINER LE SABLE :

Traîner sa misère. Argot de voyous. ( Id .) — Diminutif du verbe calandrer : presser, lustrer. Le terme de polir le bitume (faire le trottoir) rappelle exactement la même image.

CALENCE : Manque d’ouvrage. Jargon d’ouvrier. (Rigaud.) — Mot à mot : action de ne rien faire, de caler.

* CALER : Rester sans ouvrage par nécessité, et non par paresse. (Boutmy.) — Du vieux mot de langue d’oc calar : discontinuer.

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