‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 510 sur 622 · DOS · texte numérisé non relu

DOS

les navires demeurent à flot, à marée basse, retenue que l’eau est par des écluses fermées. »

(J. Amero.)

*DODO (faire son) : Dormir.

— « Popol qui boira du lolo, qui fera son dodo pour ne point avoir du bobo. » (E. Bourget, ch.)

■'‘DODO : Lit. « Le dodo avait filé chez les revendeurs du quartier. » (Zola.)

DOIGT DE MORT : Salsifis.

(Rigaud.) — Allusion de forme et de couleur.

DONNE : Regard. Jargon de voleur. — La donne souffle mal :

le regard n’est pas franc. (Id.)

DONNER (se la) : Se battre.

(Id.) — Mot à mot : se donner une volée.

DONNER CINQ ET QUA¬ TRE : Donner deux soufflets, dont l’un, le soufflet de revers, avec les quatre doigts de la main, pouce en dehors. (Delvau.)

DONNER SUR LE BIFFE- TON : Lire l’acte d’accusation.

(Rigaud.) — Mot à mot : donner sur le chiffon de papier, le lire.

DONNKR UN REDOUBLE¬ MENT DE FIÈVRE : Révéler un nouveau méfait à charge. (Delvau.)

DOS : Souteneur. Abréviation de dos vert. V. p. 145. — « Jadis on l’avait vu vivre pendant trente ans de marmite en marmite. Plus d’un des jeunes dos et des plus verts l’imite. » (Richepin, 77.)

DRO

DOUANIER : Absinthe. - Allusion à l’uniforme vert des douaniers. (Rigaud.) — Ce doit être l’absinthe pure.

DOUBLE-SIX : Poseur. — Celui qui a le double six aux dominos pose le premier au commencement de la partie.

(Rigaud.)

DOUCE (se la passer) : Même sens que le précédent. — « Un bon zig qui se la passe douce. »

(Goncourt.)

DOUCEUR (le mettre en) :

Tromper ou voler en flattant.

(Rigaud.)

DOUILLET (jamais), JAMAIS DOUILMINCE : Innocent. — Argot de voleur. (Idem.)]

^ DOUILLETTE : Figue. (Id.) — Elle est molle.

DOUILLURE : Chevelure.

(Delvau.)

DRAGUE : Fonds de commerce de saltimbanque. (Id.) Pour drogue. V. Dragueur , p.

* DRAGUEUR : Saltimbanque.

(Michel.) — Pour drogueur.

* DRINGUE : Pièce de cinq francs. (Id.)

' DROGUE : « Vieille drogue, tu as changé de litre... Tu sais, ce n’est pas avec moi qu’il faut maquiller ton vitriol. (Zola.)

* DROMADAIRE : On appelait ainsi les vétérans ayant fait la campagne d’Égypte. (D. Lacroix).

ÉCO

ÉCL

DUC DE GUIGHE : Guicheter. (Delvau.) Jeu de mots.

DUMANET : Soldat crédule, du nom d’un type de caricatures qui date de la prise d’Alger. (Id.)

DUR A AVALER : Dur à croire. ( Id .)

DURE : Maison centrale. (Id.) — On sait que son régime paraît plus dur aux détenus que la déportation.

DURE (voler à la) : Voler après avoir frappé la victime pour l’étourdir, (Id.)

ÉBOUFFER (s’) : Rire aux éclats. (Delvau.) — Abrév. du vieux mot : s’ébouffer de rire (de bouffer : Souffler, enfler).

ÉCACHER : Écraser. (Id.). — Vieux mot.

ÉGARBOUILLER : Aplatir.

(Id.) — On dit plus souvent écrabouiller.

* ÉGARBOUILLER (s’) : Se sauver. Acception étendue du verbe précédent. On s’aplatit, on se réduit à rien pour mieux se dérober.

ÉCHAUDÉ (être) : Être exploité par un marchand. (Delvau. 1 Son synonyme être écorché est une image du même genre.

ÉGHINEUR : Journaliste échinant d'habitude. V. Echiner , p.

ÉCHOPPE : Atelier. V. Sabourin.

ÉCLUSER : Pisser. (Delvau.) — Pour lâcher l’écluse (p. 214), bien qu’il ait par le fait un sens

contraire, car écluser , c’est retenir l’eau dans certaines conditions.

ÉCOPAGE : Choc, coup, réprimande, petit profit, art d’arriver tard dans une maison pour s’y faire inviter à dîner. ((Rigaud.)

* ÉCOPER, ÉCOPPER : Avoir la mauvaise part. — Allusion à l’ennui causé par la corvée de canotage qui consiste à écoper (vider l’eau d’un bateau au moyen d’une écope).

ÉCOPER : Boire. (Rigaud.) — Le gosier joue ici le rôle de l’écope.

* ÉCORNÉ : On appelle ainsi l’inculpé parce qu’il est maltraité (écorné) par le ministère public (écorneur).

ÉCORNER LES BOUCARDS :

Fracturer les vitres de boutiques. (Halbert.)

ÉCOUTE S’IL PLEUT : Silence! (Rigaud.) — Quand on écoute, on ne peut faire aucun

bruit.

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