‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 534 sur 622 · GOD · texte numérisé non relu

GOD

GICLER : Jaillir. (Rigaud.) — C’est un vieux mot encore usité dans nos patois. On y retrouve le jaculare latin.

GIGOT : Cuisse (Delvau) ; mains larges. (Rigaud.)

GIGUE : Jambe, femme longue et maigre. (Delvau.) — Vieux mot conservé par nos patois et donné par le dict. de Littré.

‘GILBOCQUE : (Transposition.) — Voyez p. 1 9 1 , après Giberne.

GILQUIN : Coup de poing.

(Rigaud.)

‘GIRONDE : Fille perdue.

(Halbert.)

GIRONDIN : Dupe. — Argot | de camelots. (Rigaud.)

GIRONDINE : Femme très gentille. (Delvau.)

GITE (dans le) : Ce qu*il y a de mieux. — Allusion au gîte à la noix qui passe pour la meilleure partie du bœuf. (Rigaud.)

GIVERNER : Vagabonder de nuit. (Delvau.)

GLACE (passer devant la) :

Voir une fille de maison sans payer, parce qu’on est son amant.

(De Goncourt.) — Perdre des consommations au jeu dans un café.

(Rigaud.)

GLAIVE : Guillotine. — GLAI- VER : Guillotiner. ( Id .)

GLOCHETTE : Poche. (A.

Pierre.) — Est-ce en souvenir de la clochette attachée jadis à la poche sur laquelle les tireurs apprentis se faisaient la main?

GLOUSSER : Parler. (Delvau.) — Animalisme.

GLUANT : Enfant à la mamelle. (IJ.)

GLUAU : Crachat. (Rigaud.)

GLUAU (poser un) : Arrêter.

* G N I AF : C’est, à proprement parler, l’ouvrier cordonnier. Voyez Pignouf, p. 280.

Gnaf se trouve dans les dictionnaires du patois normand de Du Méril, et des patois du Centre de Jaubert.

GNON : Meurtrissure, blessure. (Delvau.) — S’écrivait nion dans le compte rendu d’un procès de parricide (mars 1879).

GOBAGE : Amour. (Rigaud.)

GOBELIN : Gobelet, dé à coudre.

GOBE-PRUNE: Tailleur. (Michel.) — Ce vieux mot confirme notre étymologie de pique-prune (p. 282). C’est bien une comparaison de mouvement.

GOBELOT : Ciboire. (Id.)

GOBER SON BCEUF : Être furieux. (Delvau.) — Mot à mot :

être comme un bœuf enragé.

GOBET : Vaurien (ld.)\ quartier de bœuf. (Rigaud.)

GOBIN : bossu. (Id.) — Vieux mot qui se dit encore en patois picard. Brantôme rapporte qu’un duc de Mantoue était appelé le gobin , à cause de sa bosse.

* GODARD : Forme de gaudard qui devait être un dérivé du vieux verbe se gaudir : se réjouir, qui a fait gaudissard. Nos

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exemples confirment ce sens. V.

‘GODILLER .-Exemple: « Plus on est de gentilshommes, plus on godille... Vous trouverez dans mes salons les plus beaux noms... en femmes. Depuis la marquise de Fumeterre jusqu’à la baronne de Lune rousse. »

(Faillet.)

‘GODILLOT : Conscrit. (Rigaud.)

* GODILLOT : Soulier. « J’ai attendu que le carreleur ait raccommodé un de mes godillots. »

( Tam-Tam , 76.)

* GOFFEUR : De goff : forgeron. (Bretagne.)

* GOGO : Semble être à proprement parler celui dont on se moque, qu’on goguenarde. Je ne crois pas que gogo ait ce sens dans l’exemple de Villon.

GOGOTTE : Faible, mou, niais. (Delvau.) — C’est un dérivé de gogo. V. p. 195.

GOGOTTE : Mauvais yeux, j {Id.) — Corruption du mot cocotte qui a dû désigner d’abord des yeux gonflés, dits à la coque.

GOLGOTHER : Poser en martyr. Allusion au Golgotha biblique. (Delvau.)

GOMBERGER : Compter. {Id.) — C’est une forme de comberger.

‘GOMMEUX : Joli. C’est le iubstantif pris adjectivement dans le sens de à la mode. — 1 Quand il trouve une chose à ion goût, il ne dit plus : elle

est jolie, il dit : elle est gommeuse. » (Hennique.)

GONDOLÉ : Tordu, recroquevillé, faussé. Se dit d’un homme comme d’un chapeau.

— « Quéq’qu’t’as donc fait hier, t’as l’air tout gondolé. » {Le Sublime, 72.) En patois poitevin, on dit : il est en gondole d’un objet courbé par la chaleur. En Limousin, un chapel de gondola est un vieux et mauvais chapeau.

* GONZ ESSE : Femme, amante. (Delvau.)

GORET : Premier ouvrier cordonnier. {Id.) — Animalisme.

GORGE : Étui. Jargon des voleurs. {Id.) — La gorge a, par le fait, la forme d’un étui.

GORGNIAT : Homme malpropre. {Id.)

GOSSEUR : Conteur de gosses.

GOUGNOTTAGE, GOU- GNOTTER : Acte de gougnotte, agir en gougnotte. (Rigaud.) V. ce mot p. 197.

GOUILLE (envoyer à la) :

Envoyer promener. (Delvau.) — Gouille se dit en patois pour mare , bourbe (Centre).

GOUILLON : Gamin. {Id.)

GOUJON : Dupe. — Elle mord à l’hameçon de ceux qui l’exploitent. {Id.)

GOUJON : Souteneur. (Rigaud.) — Variante de poisson.

GOUJON (lâcher son) : Vomir. {Id.)

GOU

GRA

GOUJONNER : Duper. (Delvau.) — Allusion de pêche.

GOUR : Pot. (Halbert )

* GOURBI : Ce mot n’est pas si arabe qu’il en a l’air quand on voit gourbin signifier clayonnage en patois briançonnais, et panier en Provence. Et un gourbi n’est qu’une hutte clayonnée.

GOURD : Friponnerie. Argot de voleur. (Michel.) — Pour goure. C’est l’action de gourer ; tromper. V. p. 197.

GOURGOUSSER : Se plaindre, récriminer. (Boutmy.) — C’est un équivalent du provençal gour goulhar , gourgoutar : murmurer (en parlant d’un liquide) qui répond au gargouiller français.

GOURGOUSSEUR : Grognon.

(Boutmy.)

GOURRER, GOURREUR.

(Michel.) — Voyez, Gourer, Goureur, p. 197.

GOUSPINER : Vagabonder.

(Id.)

GOUSSER : Manger. (Id.)

GOUT DU PAIN (faire passer le) : Tuer. On trouve Perdre le goût du pain : mourir, dans le Dictionnaire comique de Leroux.

(18e s.) — « Tous les jean-f .

qui voulaient faire perdre le goût du pain aux braves montagnards. » (1793, Hébert.) — « V’ià la guillotine qui se met à jouer. On enlève le goût du pain au monde. » (H. Monnier.)

GOUTTE (donner la) : Donner à têter. (Rigaud.)

GOUTTE MILITAIRE : Ancienne gonorrhée. (Id.)

GOUTTIÈRE (lapin de):Chat.

(Id.) — Voyez Gibelotte.

GOUVERNEMENT : Épée à l’École polytechnique. (Delvau.) — C’est l’État qui la donne.

GRAFFAGNADE : Mauvais tableau, commerce de mauvais tableaux. (Rigaud.)

GRAFIN : Chiffonnier. (Id.) — Il grafigne (gratte) avec son crochet.

GRAILLONNEUSE ; Blanchisseuse par occasion. (Delvau.)

'GRAIN : Piècededixsous. (Id.)

* GRAIN : Émotion produite par un extra de boisson. — « Un petit grain de temps en temps, ça vous remet. » (Le Sublime.)

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