GUA
« Si j’ai mon gras, je ne veux pas qu’un de ces pouilleux-là me chaparde ma croix... » (A.
Bouvier, 69.)
GRASSE : Coffre-fort. Argot de voleur. (Rigaud.) — Elle renferme le gras (argent). V. page
GRATE : Abréviation de gratification. (Boutmy.)
GRATIS : Crédit. Jargon de marchand. (Rigaud.)
GRATON : Rasoir. (Delvau.)
GRATOUILLE : Gale. (. Id .)
GRAVEUR EN CUIR : Savetier. (Rigaud.)
GRELOT : Voix sonore. — Il va toujours comme le cheval de poste faisant tinter son grelot.
— « Chaud là ! En triomphe l’orateur ! Quel grelot ! » (Le Sublime.')
GRENOUILLARD : Grand baigneur, buveur d’eau. (Rigaud, Delvau.)
GRENOUILLER : Boire de l’eau. (Delvau.) — Mot à mot :
faire comme les grenouilles.
GRÉS : Cheval. (Michel.)
GRIBLAGE : Plainte. (Delvau.) — C’est une forme de criblage.
GRIFFARDE: Plume. (Rigaud.) — Elle sert à griffonner.
GRIFFER : Voler. (Delvau.)
GRIGNON : Juge. Argot de voleur. (Rigaud.)
GRILLEUSE DE BLANC :
Repasseuse. (Delvau.) — Allusion au fer chaud et au linge.
‘GRIMÉ : Arrêté. (Halbert.)
— GRIMER: Arrêter. (A. Pierre.)
GRIMOIRE: Code pénal. (Delvau.) — M. Rigaud dit grimoire mouchique.
GRINGUE : Pain. Jargon du peuple. (Rigaud.) — Forme intervertie de grigne. Le pain se grignotte.
GRISAILLE, GRISE : Sœur de charité. (Delvau.) — Allusion à sa robe.
GRONDIN : Porc. (Michel.)
GROS LÉGUME : Officier supérieur. (Rigaud.) — Allusion à la graine d’épinard.
GROS LOT : Mal de Naples.
(Delvau.)
GROSSE CAVALERIE : « C’est ainsi que s’appellent les scélérats les plus déterminés du bagne. » (Sers, 45.) — Acception figurée. Cette grosse cavalerie est cuirassée contre le remords et la crainte.
GROSSE CULOTTE : Ivrogne beau parleur. V. Sublime.
GROULE, GROULASSE : Apprentie, petit souillon. (Rigaud.)
— Du mot provençal groula qui a le même sens.
GROUPER : Arrêter, saisir.
(Michel.) — Abrév. à’ agripper.
GUANO : Excrément quelconque. (Delvau.) — Allusion au guano chilien.
HAB
HAB
GUELTER : V. Guelte, page
GUENON : Patronne. (Rigaud.) — Pendant du singe.
GUETTE : Gardien. (Delvau.) — Vieux mot.
GUEULARDE : Poche. (Hal-
‘GUEULE (faire sa) : « Dis donc, Marie, bon bec, ne fais pas ta gueule. » (Zola.)
GUEULE DE BOIS : Ivresse.
(Delvau.)
GUEULE D’EMPEIGNE : Palais habitué aux liqueurs fortes.
( Id .)— Mot à mot : gueule de cuir.
GUEULE DE RAIE : Vilain visage. (Rigaud.) — La raie est un poisson d’aspect repoussant.
GUEULÉE : Repas, hurlement. (Delvau.)
GUIBONNE : Jambe. — Dérivé de guibon. — « J’ sais tirer la savate avec mes guibonnes. »
(Richepin, 77.)
GU IC HE : Cheveux, rouflaquettes.
Quand j’ veux tromper mes guiches, J' m’en vas faire une pleine eau.
(Richepin )
GUIMBARDE: Porte. Rigaud.)
¥GUINAL : Marchand de chiffons en gros. — Grand Gmnal :
Mont-de-piété. {Id.) Mot à mot:
juif et grand juif.
GUINALISER : Faire l'usure.
(Id ) — Mot à mot : faire acte de juif. Voyez Guinal, p. 2o3.
GUINCHE : Bal de barrière.
— Halbert donne guinche avec le sens généralisé de barrière.
— GUINCHEUR : Habitué de bal. (Delvau.)
GUINCHER : Danser. (Id.) — Dans les patois du Centre, gaincherve ut dire baisser la tète , se mettre de travers, ce qui équivaut à cancaner et ce qui a fait guinche (bal, sauterie). — Dans le Berri, on dit encore qu’on va aux assemblées, fêtes de villages pour guinguer : danser.
GUINGUETTE : Grisette.
(Delvau.) — Elle guingue volontiers. Voyez Guinchcr.
HABILLER : Préparer pour ! mander. (Rigaud.) — Abrévia-
l’étal. — Argot de boucher. (Delvau.)
HABILLER : Médire, répri-
tion de bien habiller qui se dit ironiquement un peu partout et presque toujours de cette façon ; il Va bien habillé.