‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 548 sur 622 · MANGER SUR L’ORGUE · texte numérisé non relu

MANGER SUR L’ORGUE

La musique n’y est pour rien.

L'orgue est ici pour lorgne, qui veut dire en argot lui et le dictionnaire de Vidocq, en mettant une apostrophe mal à propos, 3

MAN

jusqu’ici obscurci le sens. Voyez Orgue.

* MANGEUR DE BLANC (page 23o) : le terme est long et cependant ce n'est qu’un abrégé. On disait d’abord mangeur de blanc à la cuiller . Cette forme primitive en révèle plus long que nous ne pourrions le faire sur l’allusion contenue dans les six mots. — Allusion qui va droit aux moyens d’existence du souteneur de filles.

MANICLE (frère de la) : Filou. (Michel.) — Pour manique.

MANIQUE : Pratique du métier. — Terme de compagnonnage. — <( Il parle manique du matin au soir. » (Le Sublime.) — La manique fut d’abord une pièce de cuir destinée à protéger la main ou le poignet de certains ouvriers. Ainsi, en terme de compagnonnage, lescordonniers en vieux s’appelaient-ils compagnons de la petite manique.

MANNEQUIN DE MACHA- BÉE : Corbillard. (Rigaud.) — MANNEQUIN DE TRIMBAL- LEUR DE REFROIDIS : Corbillard. (Delvau.) — Mot à mot:

panier de morts, panier de croque-morts.

MANNEZINGUEUR : Habitué de cabaret. (Delvau.)

MANNSTRINGUE, MANS - TRINQUE : Voyez Manestringue ci-avant et page 23 1.

* MANQUE (à la) : A gauche

79 — MAQ

(Colombey) ; mauvais, laid. (Ri¬

MANUSCRIT BELGE : Texte imprimé donné à une imprimerie comme réimpression. — Allusion au grand commerce de contrefaçons que faisait jadis la Belgique. (Boutmy.)

MAQUA, MAQUECÉE’: Maquerelle. (Michel.) — Maquecée est une abréviation de marque de cé. Voyez ce mot page 235.

Maqua date du dernier siècle.

* MAQUILLER : Farder. — On a cité comme ancienne forme de ce mot un passage de la chanson d’Antioche (xme s.) :« barbe sanglente et vis masquilliés. »

— Mais masquillié me semble signifier plutôt ici coupé, tailladé que rouge. Ne disait-on pas masquelier pour boucher au moyen âge. On a cherché encore avec assez de vraisemblance la racine de maquiller dans le latin maculare : barbouiller. Mais il ne faut pas oublier que maculare faisait en langue d’oil maculer et en langue d’oc macular. Mieux vaut donc se résigner à considérer maquiller comme une acception du vieux mot Maquiller :

faire , tripoter , maquignonner , qui se disait maquilloner. — De maquilloner à maquiller , la distance est trop courte et le sens offre trop d’analogie pour qu’on aille chercher plus loin. A titre de renseignements, rappelons que le dialecte bas-limousin a le verbe maquilhar (brouiller) et le substantif maquilhage ^tripotage).

'MAQUILLEUR : Tricheur.

MAR

MAR

(Rmaud. Vovez JUuut- rh.'ug’e et \îasu:Ue. page 55 1.

MARAILLE : Monde. Argot a.

voleur, IJ.)

MARAUDER : Prendre de?

vcvageurs en dehors du règlement. Argot de cochers ne dnere Del vau . — Pour e-. .ter les sentions de contrôle, ils roulent n vide, cherchent des voyageurs dans la rue. comme le maraudeur cherche nés rruits aux arbres.

MARAUDEUR : Cocher qui maraude. Rigzud.)

MARBRE : Grand comptoir d'atelier admpremerie . sur lequel on trouve rangées nés parties composées de livre ou de journal, en attendant la mise en pape. De là les expressions u.

sur le marbre : avoir en réserve : être ncr le i-narbre : être prêt a passer. Boutmv. — Allusion au marbre en; a dû d’abord recouvrir le comptoir en question.

MARCHAND D'EAU CHAU¬ DE : Limonadier. Rigzud

MARCHAND D'EAU DE JA- VELLin : Marchand de vir.. li

— Allusion a la mauvaise eaude-vie ; elle brûle comme l'eau ce javelle.

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