‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 556 sur 622 · MOR · texte numérisé non relu

MOR

MONSTRE : Livret d’opéra ébauché par le compositeur (Delvau); — Canevas de livre.

(Rigaud.)

MONT (petit) : Commissionnaire au Mont-de-piété. (Delvau.) — Le petit mont bourgeois cité page 245 est l’entreprise d’un simple prêteur.

MONTAGE : Abréviation de Montage de coup. (Boutmy.) — - V. p. 245.

MONTAGNARD : Partisan des doctrines de la Montagne.

(Voyez ce mot.) — « Aux braves montagnards et aux jacobins. » (Hébert, 1793.)

En 1848, on donna ce nom au corps provisoire qui remplaça d’abord la garde municipale.

Allusion au képi rouge, à la longue cravate rouge et à l’écharpe rouge qui composaient son uniforme avec une blouse bleue. Chenu publia un pamphlet contre les montagnards de Caussidière. C’était le nom qui était donné aussi à cette garde, à cause du nouveau préfet.

MONTAGNARD: Beignet, cheval de renfort. (Delvau.) — Ce dernier est destiné à gravir les côtes. L’autre avait ce nom parce qu’on lui avait donné une teinte rouge. Allusion politique.

MONTAGNE : Parti républicain avancé. — Allusion à la place qu’il occupait sur les gradins les plus élevés de l’ancienne Convention nationale.

MONTER: Préparer une pièce nouvelle. C’est aussi un anima-

lisme introduit par l’argot de sport qui progresse en France.

— «A l’Opéra , M. Halanzier vient de monter Jeanne d’Arc...

Pas de commentaires, n’est-ce pas? » (Le Tintamarre , 76.)

MONTER UN SCHTOSSE :

Mentir. (Rigaud.) — C’est littéralement monter un coup , car stoss veut dire en allemand coup de fleuret. Germanisme.

MONTRETOUT (aller à) : Aller à la visite. Argot de fille soumise. ( Id .) — Jeu de mots sur le nom de lieu et sur l’examen exigé.

MONTREUIL : Pêche. V. p.

MONUMENT : Chapeau de haute forme. (Rigaud.)

MONZU : Mamelle. (Michel.)

MORBAQUE : Enfant désagréable. (Delvau.) — Même étymologie que pour Morbec.

MORBEC: Vermine. (Rigaud.)

— C’est morp..., avec changement de finale.

MORCEAU DE PATE FERME : Écrit lourd. (Id.) — * Allusion à l’aspect présenté par le texte qui n’a ni alinéas ni phrases courtes.

MORESQUE : Danger. (Michel.) — Forme de Morasse. V.

MORICAUD : Charbon. (Id.)

— Allusion de noirceur.

* MORNIFLE : Soufflet.— Vieux mot. (Id.)

MORNINGUK : Monnaie. (Ri-

MOU

MOU

gaud.) — C’est Momifie (V. p.

247) avec changement de finale.

MORNE : Manuscrit à imprimer. Argot d’ancienne librairie.

(Michel.)

MORVIAU : Nez, morve (Delvau), petit morveux. (Rigaud.)

MOU ENFLÉ : Grossesse.

(Id.)

MOUCHARD : Portrait peint.

(Delvau.)

MOUCHARD A BECS : Réverbère. (Michel.) — V. Moucharde , p. 248.

MOUCHE : Espion de police.

— En 1455, les gueux ou coquillards de Dijon disaient déjà mouschier à la marine, pour dénoncer à la justice. On connaît l’indiscrétion des mouches ; elles se fourrent partout. — Dans une brochure de circonstance qui parut en 1625 (le Marchand arrivé sur les affaires du temps), on enjoint aux cabaretiers de frauder les droits de perception en ayant du vin chez leur voisin et n’allant en chercher que la nuit « pour n’estre pas veuz des mouches de ce pais icy qui valent pire que des guespes d’Orléans. »

MOUCHE (la) : L’administration delà police. (Rigaud.)

MOU CHIQUE A LA SEC¬ TION : Mal noté dans son quartier. (Michel.) — Le mot de section semble être ici contemporain de notre première révolution. En ce cas, moue hi que serait mouchardé avec changement de finale. Plus tard, par extension, il

aurait signifié laid, mauvais.

Voyez mouchique et mouche, pages 248 et 249.

MOUCHOIR : Pistolet. (Michel.) — On le cache dans la poche comme un mouchoir et on s’en sert pour moucher...

les autres, c’est-à-dire pour les tuer.

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