PL A
PLO
PLANCHE : Femme plate et froide. (Rigaud.)
PLANCHER : Quitter un ami de prison. (Id.) - Mot à mot :
laisser en plan.
PLANCHES (avoir fait les) :
Avoir été ouvrier tailleur. (Delvau.) Allusion à l’établi. — On sait que avoir paru sur les planches se dit pour avoir été artiste dramatique. Voyez brûler les planches.
PLANQUE A LARBINS : Bureau de placement. — Planque à plombes : Pendules. — Planque à sergots : Poste de police. — Planque à suif : Tripot. — Planque à tortorer : Restaurant. — Planque aux atigés : Hôpital. (Rigaud.)
Dans toutes ces acceptions, planque a le sens de lieu clos , ce qui donne, en suivant l’ordre de nos termes : lieu a domestiques , — à heures , — à sergents , — à Grèce (assemblage de grecs. Jeu de mot. Le suif est plein de graisse). — à manger , — aux malades.
PLAQUER : Venir (A. Pierre), — cacher. (Halbert. — Doit être une abrév. de emplanquer.
PLAT A BARBE : Hausse-col d’officier. — Il est échancré et se place au-dessous du menton.
(D. Lacroix.)
PLATRE : Mauvais compositeur d’imprimerie. (Boutmy.) — Abrév. de emplâtre (V. p. i52).
PLATS A BARBE : Grandes oreilles. (Id.) — Allusion de forme.
PLATUE : Galette. (Halbert.) — Elle est plate.
PLETTE : Peau. (Id.) — Pour pellette. De pellis : peau.
PLIS! (des) : Interjection négative comme Des navets ! Des nèflles ! (Id.) — De nouvelle date, elle doit faire allusion aux plis et aux draperies innombrables qui ont surchargé de 1872 à 1878 derniers les jupes féminines. — Les lanciers! était un néologisme du même genre. V.
PLOMB : Je citerai encore ici M. Justin Améro, qui fait ces réflexions très sensées et très amusantes :
« Il a été un temps où je me demandais d’où pouvait bien provenir le nom de plomb donné dans les restaurants de Paris à certains entremets d’un goût fort agréable. Ces entremets sont appelés « plomb » tout court, ou « plomb de cabinet, » plomb de ceci, plomb de cela. (J’ai oublié leur dénomination exacte.)
Comme ces sortes d;entremets sont d’une nature un peu lourde, je soupçonnais que leur nom générique de « plomb » était une allusion à leur qualité, et comme un avertissement pour les estomacs faibles.
Mais je finis par découvrir que ce « plomb, » qui m’avait tant donné à réfléchir, venait tout simplement de plum qui en anglais se prononce pleume, et que ce fameux « plum » signifiait prune , raisin sec , raisin de Corinthe. Je découvris aussi que le mot pudding (en anglais fran-
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cisé «.pouding))) ajouté à « plum »
désignait cette sorte de baba dont les Anglais ont tant raison de raffoler, — baba, dont on présente à Paris la contrefaçon sous l’horrible dénomination de « plomb L »
PLOMB (manger du) : Être tué d’un coup de feu. — « C’est peut-être moi qui vas manger du plomb. » (A. Bouvier, 69.)
PLONGEUR : Laveur de vaisselle. (Rigaud.) — Ses bras plongent dans l’eau grasse.
PLOTTE : Bourse. (Halbert.) — Pour pelote. V. Pelot.
PLOUSE : Paille. (Halbert.)
PLUC : Butin. (Michel.)
son poignon. » (Huysmans, 79.^
POIGRE : Poète. (Michel.) — Changement de finale.
* P O I N T : Pièce d’un franc.
(Id.)
* POINT DE COTÉ : Agent des mœurs. (Rigaud.)
POINT DE JUDAS : Treize.
(Michel.)
POINTE (être) : Avoir sa pointe. (Rigaud.) V. p. 288.
POIQUE : Littérateur. Jargon des voleurs. (Id.) — Ce doit être le Poigre de M. Fr. Michel.
POIREAU : Sergent de ville 1 en station. — Faire le poireau :
; attendre. (Id.)
PLUMARDE : Paillasse. (A.
Pierre.) — Doit être la forme primitive de Plumade.
PLURE : Manteau. (Halbert.) — Pour Pelure.
PLUS! (il n’en faut) : En voilà assez. Locution mise à toutes sauces. (Rigaud.)
PLUS FINE : V. Fine , p. 175.
‘PLUS SOUVENT! « Vous n’iriez point, disait-il en ajoutant un mot patois qui équivaut à notre inimitable plus souvent ! Vous le dites, mais vous ne le feriez point. » (George Sand, Lettres d’un Voyageur.
Lettre 111% 1834.)
POCHETÉ : Niais. (Rigaud.)
* POIGNON : « Ce n’est pas trop tôt ! On va donc toucher
! ‘POISSE: Voyoucratie. — Poisseux : Voyou. (Id.) — Ce qui est sale poisse.
* POITOU : Public. (Id.)
POIVRE : Poisson (Michel) ; poison. (Colombey.) — Le second sens paraît être le seul admissible, car il se complète par le verbe poivrer (empoisonner), V.
p. 289. Il y a dans poisson un 5 de trop.
POIVRE : Eau-de-vie. — Allusion au poivre qu’on y met pour lui donner plus de force apparente. « Avec vingt centimes de poivre d'assommoir, il est gris. » (Le Sublime , 72.) — De là peuvent venir les mots poivreau, poivrier (ivre d’eaude-vie). Mais alors il faudrait supposer que poivre est une
S. L’Anglomanie dans le français. Paris, Baudry. In-12 (1 fr. 20 cent.).
roN
POS
abréviation de poivreau , car il signifie aussi ivre.
POIVRIER : Débit de mauvaise eau-de-vie. (Rigaud.)
POIVRIÈRE : Route. (Michel.) — Poivre veut dire ici poussière.
POMMADE : Déconfiture. (Rigaud.) — La pommade fond.
‘POMMADIN : Garçon coiffeur. ( Id .)
POMME A VERS : Fromage de Hollande. (Michel.) — Allusion à sa rondeur et à sa croûte rouge.
POMME DE CANNE FÊLÉE (avoir la) : Déraisonner. Mot à mot : avoir la tête fêlée.
* P O M P E : Retouche à un vêtement. (Rigaud.)
POMPE (avoir de la) : Avoir assez de travail. (Boutmy.)
POMPER : Travailler vite et pour peu de temps. ( ld .)
POMPIER : Refrain classique qui est le signal de tout chahu (tapage) en règle. On dit piquer un pompier. Argot des écoles.
POMPIER: Mouchoir. (Rigaud.) — Il pompe le nez.
PONDANT : Correspondant chargé de faire sortir un écolier.
Argot des écoles.
PONEY : Billet de cinq cents francs. Argot de courses. (Rigaud.)
PONIFFE : Synonyme de Magnusse. (Halbert.) Voyez en être,
* POPOTE : Réunion d’officiers ou de soldats pour manger en campagne. (D. Lacroix.) — On dit se mettre en popote.
PORTANCHE : Portier. (Michel.) — Changement de finale.
‘PORTEUSE : Main. V.
Frères de l’attrape.
PORTIER : Cancanier. (Delvau.) — Allusion aux cancans de la loge.
PORTION : Fille publique.
Jargon de soldats. On dit tomber sur la portion. (Rigaud.) — • C’est mot à mot : tomber sur la viande. On appelle ainsi dans l’armée, le morceau de viande assigné à chacun avec sa soupe.
POSITION : Malle. Jargon de voleur. (Rigaud.) — Le voyageur est jugé souvent d’après sa malle.
POSSÉDÉ : Eau-de-vie. (Michel.) — Mot à mot : endiablé.
Allusion à son feu.
•POSTICHE : Plaisanterie.
(Boutmy.) — Faire une postiche : Faire des reproches, {ld.)
POSTIGER : Rassembler une postiche. (Rigaud.) V. p. 294.
POSTILLON D’EAU CHAU¬ DE : Infirmier militaire. (D. Lacroix.)
POSTILLON D’EAU CHAU¬ DE : Mécanicien. — C’est avec la vapeur d’eau chaude qu’il fait galoper sa machine. — « Va donc, postillon d’eau chaude! »
( Le Sublime, 72.)
POSTILLONNER : Crachoter en parlant. (Delvau.)
POU
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POSTURE (en) : Apothicaire.
— Allusion de seringue. (Michel.)