‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 597 sur 622 · RUS · texte numérisé non relu

RUS

rousse-caigne (chienne rousse) comme on l’a cru jusqu’ici. — La finale cailler qu’on retrouve dans lanscailler et mouscailler , n’a rien de commun avec caigne.

Elle a le sens de projeter.

ROUSPÉ TANCE : Mauvaise humeur. (Rigaud.) — Au xviri® siècle, faire le pet signifiait déjà faire mauvaise mine. V. p. 275.

ROUSPÉTANCE : Agent des mœurs. (Id.) — Mot composé de rousse et de pet, qui donne au mot Rousse un caractère plus menaçant. V. p. 2j5.

ROUSPONT : Souteneur exploitant les pédérastes. (Michel.) — C’est le même mot que rouspant (p. 32i), mais le sens est différent.

ROUSSE A LA RENACHE :

Police secrète non commissionnée. (Halbert.) — Mot à mot :

police à la tromperie. — Halbert appelle aussi arnaque un agent de la sûreté. M. Rigaud donne rousse à l’arnac : police de sûreté (c’est une forme $ arnaque).

ROUSSI : Mouchard, contrôleur, inspecteur. (Rigaud.) — Dérivé de rousse. V. p. 322.

■ROUSTI : Ruiné. (Id.)

ROUST1SSEUR : Parasite, carottier. (Id.)

ROUSTISSURE: Mauvaise plaisanterie. (Delvau.)

ROVEAU : Gendarme. (Halbert.) — Pour roueau. V. Rouen.

RUBIS SUR PIEUX : Argent comptant. (Michel.)

*RUP : Etymologie. Rup semble venir du vieux français drup.

Outre Lacombe que nous avons cité page 323 , le glossaire de Barbazan cite à ce propos un vers de Coquillard qui ne laisse aucun doute :

Sots, singes, drups, dupes, niais.

Drup semble à Barbazan une forme de dru qui signifiait :

« gaillard, bien en point, » et qui a pu se prendre au figuré pour désigner des gens riches.

— Rup peut aussi être plus simplement une altération de huppé (homme riche) qui est un vieux mot.

RUPIN : Fameux. (Halbert.)

RUPIN : Malin. (Rigaud.)

RUPINE : Dame bien mise.

(Halbert.)

RUSQUIN : Écu. (Id.) — Semble une abréviation du terme populaire saint frusquin : argent, fortune.

SAB

— i iG —

SAF

SABACHE : Simple. (A.

Pierre.) — Pour Saboche.

SABLE (être sur le) : Être en disponibilité. Jargon des souteneurs. Allusion à leur nom de poisson. (Rigaud.)

SABLENAUT : Cordonnier.

(Michel.) — Pour sabrenot (page 323).

SABLON : Cassonade. (Id.)

— Elle ressemble à du sable.

SABOCHE : Mauvais ouvrier.

— SABOCHER : Travailler trop vite. (Delvau.) Dérivés de sabot.

SABORD (jeter un coup de) :

Vérifier Louvrage. Jargon d’ouvriers. (Rigaud.) — Mot à mot :

jeter un coup d’œil. Un sabord est un œil pour le navire.

SABOT : Objet démodé, vieux, hors de service (Rigaud); mauvais violon, mauvais billard, homme aimant à dormir. (Del¬

SABOT : Mauvais ouvrier. — « Combien gagne-t-il? — Huit sous l’heure ! — Un sabot, quoi ! »

(Huysmans, 79.) — Allusion au sabot avec lequel on marche moins bien qu’avec le soulier.

SABOURIN : Maladroit. — « Il n’y a que des sabourins dans son échoppe. » {Le Sublime, 72.) — Doit venir de sabrer. V. sabreur.

SABRE (coup de) : Grande bouche. (Rigaud.) — Allusion à la largeur d’une blessure de coup de sabre.

SABRENAS : Gâcheur, mauvais ouvrier. (Michel.)

SABRENOT : Savetier. Allus:on à leur sabre ou tranchet.

(Halbert.)

SABREUR : Ouvrier travaillant vite et mal, (Rigaud.) — Du verbe sabrer qui veut dire mot à mot : travailler à coups de sabre, c’est-à-dire à coups pressés sans ordre.

SAC PLEIN (avoir le) : Être ivre. (Delvau.)

SAC A OS : Maigre. (Rigaud.) — Le sac est ici la peau.

SAC AU LARD : Chemise.

(Delvau.) — Le lard désigne ici le corps humain.

SACQUER : Renvoyer, mot à mot : donner son sac à quelqu’un. — « T’es toujours noceur, tu te seras fait sacquer. » {Le Sublime.)

SACRISTIE : Lieu d’aisances.

Jargon de voleur. (Rigaud.)

SAFFRE : Gourmand. (Michel.) — Vieux mot.

SAFRAN (aller au) : Dissiper son bien. (Delvau.)

SAL

Page 1