‹ Dictionnaire historique d'argot; des excentricités du language, augmentée d'un supplément, mis à la hauteur des révolutions du jourChapitre 89 sur 622 · BOUGON, BOUGONNE · texte numérisé non relu

BOUGON, BOUGONNE

Grognon, grognonne. — On dit dans ce dernier sens : madame Bougon. Du vieux mot: bouquer , gronder.

Car toujours madame Bougon Fait carillon,

Et le torchon

Braie en tout temps dans ma pauvre

maison.

{Les vrais Rigolos, almanach chan-> tant pour 1869.)

BOU

BOU

BOUGRE : Mot à noter comme ayant perdu sa portée antiphysique. Ce n’est plus qu’un synonyme de garçon. On dit : un mauvais bougre, un bon bougre.

— « Lorsque nous aurons ici un millier de bons bougres, nous tiendrons la queue de la poêle. »

(Delahodde, i85o.) — V. Grognard.

BOUGREMENT : Très. — Pris en bonne comme en mauvaise part.

BOUILLANTE : Soupe.

(Halbert.) — Les soldats donnent aussi ce nom à la soupe qu’ils mangent deux fois par jour. Rien de mieux choisi que cette appellation dans le temps où elle était servie dans des gamelles à cinq ou six hommes; car celui d’entre eux qui aurait attendu qu’elle refroidît risquait de n’en point manger. La soupe est aussi appelée mouillante.

BOUILLON î Restaurant où on peut borner sa consommation à une tasse de bouillon de 20 centimes. — « Vous avez manifesté votre horreur pour les établissements quevous appelez des bouillons. » (A propos des calicots, 1 86 j .)

Les bouillons ne datent pas de 1860. Une vingtaine d’années avant, un prédécesseur de Duval avait fondé à Paris des bouillons hollandais , mais il fut moins heureux.

BOUILLON :« Mot en usage dansla librairie pourpeindre une opération funeste. » (Balzac.) — « Ce sont eux qui ont bu le bouillon que je destinais à mon libraire. Je croyais le ruiner et je

l’ai enrichi. » ( Biographie des Quarante , 1826.)

BOUILLON : Exemplaires non vendus d’un livre ou d’un journal. « — On appelle rendre le bouillon , en style de vente, rapporter au journal les numéros qu’on n’a pu vendre, et que l’administration vous reprend. »

(Vallès, 1866.)

BOUILLON : Désastre financier. — « II a bu un fameux bouillon : il a fait une perte considérable. » (Dhautel, 1808.) — « La liquidation fut si complète qu’elle se changea e.n un parfait bouillon. » (Philippon, 1840.) — Le métier est rude à la Bourse, sans parler des soucis et des bouillons. » (Mornand.)

BOUILLON : Pluie torrentielle. — «Il va tomber du bouillon, pour dire une averse. » — (Dhautel, 1808.) — « Je sais ce que c’est qu’un bouillon, j’allons être inondé. » (Désaugiers.)

BOUILLON (boire le) : Mourir. — Allusion au dernier bouillon que boit un noyé. — « Ce n’est pas la peine que vous essayiez de vous sauver, vous boirez le bouillon comme nous. »

(Éclair, 23 juin 1872.)

Page 1