‹ Dictionnaire historique d'argot (volume 2)Chapitre 121 sur 474 · BOUGON, BOUGONNE · texte numérisé non relu

BOUGON, BOUGONNE

Grognon, grognonne. — On dit dans ce dernier sens : madame Bougon. Du vieux mot : bouquer, gronder.

Car toujours madame Bougon

Fait carillon,

Et le torchon Di\.lc en tout temps dans ma pauvre maison.

[Les vrais Rigolos, almanach chantant pour 1869.}

BOU

BOU

liOCGRE : Mot à noter comme ajrant perdu sa portée antiphysiqae. Ce n'est plus qu'un synouyme de garçon. On dit : un mauvais bougre, un bon bougre.

— « Lorsque nous aurons ici un millier de bons bougres, nous tiendrons la queue de la poêle. »

(Delahodde, i85o.) — V. Grogvuord.

BOUGREMENT : Très. — Pris en bonne comme en mauvaise part.

BOUILLANTE : Soupe.

(Halbert.) — Les soldats donnent aussi ce nom à la soupe qu'ils mangent deux fois par jour. Rien de mieux choisi que cette appellation dans le temps où elle était servie dans des gamelles à cinq ou six hommes; car celui d'entre eux qui aurait attendu qu'elle refroidît risquait de n'en point manger. La soupe est aussi appelée mouillante^

BOUILLON : Restaurant où on peut borner sa consommation à une tasse de bouillon de 20 centimes. — c Vous avez manifesté votre horreur pour les établissements que vous appelez des bouillons. » \A propos des calicots, 1861.)

Les bouillons ne datent pas de 1860. Une vingtaine d'années avant, un prédécesseur de Duval avait fondé à Paris des bouillons hollandais f mais il fut moins heureux.

BOUILLON :« Mot en usage dans la librairie pour peindre une ofjëration fiineste. » (Balzac.) — « Cesont eux qui ont bu le bouillon que yt destinaia à mon libraire. Je croyais le ruiner et je

Taî enrichL > {Biographie det Quarante f 1826.)

BOUILLON : Exemplaires non vendus d'un livre ou d'un journal, c — On appelle rendre le bouillon f en style de vente,, rapporter au journal les numéros qu'on n'a pu vendre, et que l'administration vous reprend. »

(Vallès, 1866.)

BOUILLON : Désastre financier. — « Il a bu un fameux bouillon : il a k\l une perte con* sidérable. » (Dhautel, 1808.) — a La liquidation fut si complète qu'elle se changea en un parfait bouillon. » (Philippon, 1840.) — Le métier est rude à la Bourse, sans parler des soucis et des bouillons. » (Mornand.)

BOUILLON : Pluie torrentielle. — a II va tomber du bouillon, pour dire une averse. » — (Dhautel, 1808.) — «Je sais ce que c'est qu'un bouillon, j'allons être inondé. » (Désaugiers.)

BOUILLON (boire le) ; Mourir.—-Allusion au dernier bouillon que boit un noyé. — « Ce n'est pas la peine que vous essayiez de vous sauver, vous boirez le bouillon comme nous. »

(Éclair, 23 juin 1872.)

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