BOUILLON AVEUGLE
Bouillon sans graisse. Mot à mot : sans yeux.
BOUILLON D'ONZE HEU- RES : Noyade, empoisonnement.
BOUILLON DE CANARD ; Eau.
Jamais mon gosier oe se mouille Avec du bouiUou de canard. (Daièa.)
BOU
BOU
BOUILLON POINTU : Uvement. — Double allusion à sa canule et à son contenu. — « Dieu \ qu'est-ce que je sens? — L'apothicaire, ^ujj^nf sa pointe : C'est le bouillon pointu. > {Parodie de Zaïre.)
Le meilleur looch et le meillear topique, Cest on bouillon pointu. (Festeau.)
BOUILLON POINTU : Coup de baïonnette. — « Toi, tes Cosaques et tous tes confrères, nous te ferons boire un bouillon pointu. « (La3rale, i855.)
BOUIS : Fouet. (Halbert.)
BOUISBOUIS : Marionnette.
Onomatopée imitant le cri de Polichinelle. — «Le Téritable magicien est celui qui ensecrète les bouisbouis. » (Privât d*Anglemont.)
BOUISBOUIS : Petit théâtre, tripot. — De bouis : cloaque, maison de boue, (Dhautel.) — c Le bouis-bouis est le café-concert qui a pour montre un espalier de femmes. Le théâtre qui en étale est un bouis-bouis. »
(1861, A. Daunay.)
M. Th. Gautier écrit bouigbouig, — « Ces tréteaux sans prétention qu'on nomme des bouigsbouigs dans un nom peu académique maisqui finira parprendre place au Dictionnaire. » (Th. Gautier.)
BOUISER : Fouetter. (Halbert.)
BOULANGER : Diable. fVidocq.) — Ironie de couleur. II est aixssi noir que le boulanger est bit ne, et il met au/of/r de l'enfer.
— Moreau Christophe donne frec ce sens la Boulangère,
BOULANGER : Charbonnier.
— Ironie de couleur» Le noir. est mis pour le blanc.
BOULANGER (remercier son)t V. Mourir. — Même allusion que dans perdre le goût du pain. V.
Pipe {casser sa).
BOULE : Foire, fête (Vidocq.)
BOULE : Tête. — Elle est ronde comme une boule. — c Vu l'épaisseur de ces boules de cam* pagnes. j> (Balzac.) — <c Ils ont la boulenoirecomme de l'encre.»
(Cogniard, i83i.) — c Bonne boule, n'est-ce pas? figure respectable. > (L. Reybaud.) — «Polissonne de boule, en fais-tu des caprices! » (Les Amours de Moyeux, i833.)
BOULE (perdre la) : Perdre la tête, devenir fou. (Caillot, 182g.)
— « Et six cents gredins prétendent changer tout cela avec une boule dans une urne! C'est le cas de dire qu'ils perdent la boule! 1^ (Félix Pyat, 187 1.)
BOULE DE LOTO : Œil saillant et rond , comme une boule de loto.
BOULE DE NEIGE : Nègre.
— Ironie de couleur.
BOULE DE SON : Figure tachée de rousseurs, qui ^nt ap« lées aussi taches de son.
BOULE DE SON : Pain dft munition. — Il contenait autrefois beaucoup de son.
BOULE JAUNE : Potiron. (Co* lombey.)
BOULENDOS : Bossu. (Vi-
BLA ^ 46
malisme.— cMoiy j'ai carotté un blaireau... > (U Bédollière.)
BLMREAU I ER: Peindre avec trop de fini» abuser du pinceau de blaireau qu'on a entre les mains. — « Aussi sa peinture est-elle femeuseoient blaireautée. » (La Bédollière.)
BLANC : Vin blanc. — « Allons, vivement 1 du blanc à un franc ! 1» (La Bédollière.) — On dit aussi Petit blanc.
BLANC : Légitimiste désirant le retour du drapeau blanc.
BLANC : Pièce d'un franc.
(i85f . Almanach des débiteurs.) — Allusion de couleur.
BLANC (n'être pas.) - Être en mauvaise passe. Mot à mot : être noirci par une accusation quelconque. — a La v'ià morte, j'sis pas blanc. » (Rien^i, 1826.)
BLANCHISSEUR: Avocat.
(Colombey.) Il lave l'accusé.
BLANQUETTE : Argenterie.
(Vidocq.) - Monnaie blanche.
(Grandval.)
BL AN QUETER : Argenter.
(Colombey )
BLARD , BLAVARD : Châle.
Mot à mot : grand mouchoir. — Augmentatif de Blave.
BLAVE, ÔLAVIN : Mouchoir.
(Vidocq.) — Diminutif du vieux mot blave : bleu. — Les mouchoirs à carreaux bleus sont encore fort en usage, surtout chez les priseurs.
BLAVE : Cravate. (Rabasse.)
BLAVINISTE : Voleur de mouchoirs. V. Butter, Pègre.
BLO
BLÉ (du) : De l'argent. (Rabasse.)
BLEU : Conscrit. — Allusion à la blouse bleue de la plupart des recrues. — «Celui des bleus qui est le plus jobard, s (La Barre.)
. BLEU, PETIT BLEU : Gros vin dont les gouttes laissent des taches bleues sur la table. ~aLa franchise arrosée par les libations d'un petit bleu, les avait poussés l'un l'autre à se faire leur biographie. » (Murger.)
De ce vin, qu'à tort Ton renomme^ Qui grise eu abruti&&aut rhomoie.
Et qu'où veud pour du petit bleu, J'en goûte uu peu. (H. Valère.)
BLEU : Très-îrrîté, très-stupéfait. — Allusion à la teinte que les sentiments excessifs amènent sur les figures sanguines.
BLEU (bailler tout) : Rester stupéfait. — Même allusion que ci-dessus.
BLEU (pays, royaume du) t Pays imaginaire et radieux comme le ciel bleu si contemplé par les poètes. — a La guerre même devient un spectacle agréable, et l'on nage dan.s le royaume du bleu. » (J. Richard.)
BLEUE (colère) : Colère violente. — Même allusion que cidessus. — « La li'térature et la musique l'ont fait entrer dans des colères bleues. » {Vie parisienne, 1866.)
BLOC: Prison. — On y est bloqué. — « Prenez trois gommes et menez cette fille au bloc. »
(V. Hugo.)
BLOCKAUS : Schako anciea
BOU
BOU
dans la vie. — « Us boulottaient l'existence, sans chagrin de la veille, sans souci du lendemain. »
(De Lynol.)— « Pourvu que nous ayons de quoi boulotter tout doucement, je serai content. »
(Friès.)
BOULOTTER : Être en bonne santé. — Même image dans ça roule. V. Rouler,
BOULOTTER : Prospérer, fructifier, s'arrondir. — « Voilà deux cent mille francs qui ne rapporteront rien... Il resterait donc cent mille francs à faire boulotter. » (Balzac.)
BOULOTTER : Assister. (Vidocq.)
BOULOTTER : Manger. (Halbert, Rabasse.)
BOUM :Crî par lequel le garçon de café annonce qu^il a entendu Tordre du consommateur.
— c Ces satanés garçons 1 Avezvous remarqué quel sourire narquois ils ont presque toujours sur les lèvres lorsqu'ils toisent la pratique et surtout l'habitué! Va, mon bon homme, ont-ils l'nir de dire... abrutis-toi dans cette atmosphère délétère d*aIcool et de tabac. Prépare- toi une précoce viei l lesse . . « Versez. . . Bou m / . . . Ce boumt lui-même n'est-il pas une ironie ? Boum ! c'est comme la parodie du bruit du canon.
Boum /cela fait penser aux grands carnages. Boum! boum! Défiezvous... Le café, c'est le tueur en détail! » (P. Véron.).
BOUQUINE : Barbe poussant sous le menton comme celle du bouc. Une mazarinade de 164g (l'illustre barbe) fait un crime
au cardînal de sa barbe bouC'* quine,
BOURDON : Prostitué. (Hal-* bert.)
BOURGEOIS : Bourg. (Idem.)
BOURGEOIS : « Les grands seigneurs, si toutefois vous voulez bien en reconnaître, compren* .
nent dans cette qualification de bourgeois toutes les petites gens qui ne sont pas nés, — Le bourgeois du campagnard, c'est l'habitant des villes. ^ L*ouvrier qui habite la ville n'en connaît qu'un seul : le bourgeois de l'atelier, son maître, son patron. — Le bourgeois du cocher de fiacre, c'est tout individu qui entre dané sa voiture. Chez les artistes, le mot bourgeois est une injure, et la plus grossière que puisse renfermer le vocabulaire de Tatelier.
Le bourgeois du troupier, c'est tout ce qui ne porte pas l'uniforme. Quant au bourgeois proprement dit, il se traduit par un homme qui possède trois ou qua tre bonnes mille livres de rente. »
(Monnier, 1840.)
BOURLINGUER : Avancer avec peine dans la vie, se remuer sur place. Ce terme vient de la marine où un bâtiment bourlingue lorsqu'il lutte inutilement contre la grosse mer. — « Dans ce pays que j'ai sillonnjé dans tous les sens, où j'ai bourlingué déjà pendant dix ans. » (A. Lecomte, 61.;
BOURRICHON (se monter, se charpenter le) : S'illusionner, se monter la tête. — « As- tu fini ?
Des nerfs! Est-ce à ton âge qu'on se charpente le bourrichon. > (Monselet.) —ftSylvia ;Tu ne tî montes pas facilement le bo'.i?-
BOU
BOU
richon, mon chéri. — Dorante :
Pas si pante. » (L. de Neuville.)
BOURRIER : Ordure, fumier.
—Vieux mot. — «Je nesuisqu'un bourrier de la rue. » (Balzac.)
BOURRIQUE (tourner en) :
Abrutir. — « Cest ce gueux de Cabrion qui Tabrutit... Ille fera bien sûr tourner en bourrique. »
<E. Sue.)
BOURSICOTER : Jouer à la Bourse. — Se dit aussi pour :
amasser une petite somme, un boursicaut,
BOURSICOTEUR, BOURSI- COTIER, BOURSIER : Homme qui jo\ie à la Bourse. — « Boursier hardi, coulissier intrépide.»
(Festeau.) ~ « L'esprit est inutile à un boursicotier; de cœur, il n*en faut pas du tout; d'argent, on peut s'en passer au besoin; mais ce qu'il lui faut surtout et avant tout, c'est de l'audace, beaucoup d'audace et une certaine habileté de calculs et d'intrigues qui lui assure toujours un gain, même lorsque des événements imprévus peuvent lui faire subir une perte. » {Boursicotier isme.)
BOURSICOTIÉRISME : « Le boursicotiérisme est l'art de jouer, de parier, de spéculer en Bourse, quelquefois sans argent, comme sans probité; en d'autres termes, le boursicotiérisme est Tart de surprendre habituellement le bien d'autrui par un ensemblede moyens non prévus par la loi ou insaisissables à la justice. » (Idem.)
BOUSCAILLE : Boue. (Vidocq.) Addition de finale.
fiOUSCAILLEUR : Balayeur.
BOUSIN : Tapage.
Quand on entend le refrain
D'un infernal bousin, Cent fois pis que le sabbat.
{Chanson des canotiers,)
BOUSIN : Maison mal femée, lieu de débauche. Mot à mot :
maison de bouse ou de boue. — tt Cette maison est un vrai bousin; pour dire qu'elle est mal gouvernée et que chacun y est maître. » (Dhautel, 1808.)
BOUSINER : Faire du tapage, du bousin.
BOUSINEUR : Tapageur, faiseur de bousin, — ' « Est-on bousineur dans ce bahut-ci i — Pas trop; le sous-directeur est sévère !
— Ça m' l'enfonce... » [Les Institutions de Paris, 1 858 )
BOUSSOLE : Cerveau. — Il dirige l'homme comme la boussole dirige le navire : u J*ai ça dans la boussole. Ainsi ne m'en parlez»
plus. » (Vidal, i833.)
Perdre la boussole : Devenir fou.